Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

16 novembre 2010

Poussée par ma gourmandise

Cannelle, gingembre, noix de muscade, clous de girofle... Quatre épices jetés un peu au hasard, sans doute parce que leur nom m'a séduite avec leur air de contrée lointaine, dans le velouté poudré du cacao amer. Le lait mousse et bouillonne. Il est temps. L'ingrédient magique est prêt: l'agar-agar est saupoudré délicatement dans le liquide parfumé.

Bientôt, j'aurai un superbe flan aux arômes d'hier pour accompagner ce temps monochrome, et le tout sans déborder de mes limites pas si draconiennes que ça mais assez contraignantes malgré tout.

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29 octobre 2010

Pour une bouffée d'air marin...

... j'étais prête à faire huit heures de train dans la journée, prête à affronter les grèves et les travaux, prête à prendre l'autocar entre Rennes et Vannes. Mais il faut reconnaître que le jeu en valait la chandelle!

À Rennes, alors qu'un foule impressionnante attend le car pour se rendre qui à Vannes, qui à Lorient, le ciel est gris, l'air froid et humide, se transformant de temps à autre en cette espèce de crachin très anglais. Malgré tout, j'ai bon espoir: Vannes est au bord de la mer.

Photo0508Lorsque l'autocar arrive, le ciel présente des morceaux de bleu, le soleil inonde le parvis de la gare, l'air est doux et sent bon les vacances. Je ne suis là que pour la journée, mais je compte bien en profiter le plus possible. Mes grands-parents sont là, qui m'attendent sur le quai.

L'après-midi, nous allons voir le Golfe. Les eaux grises baignées de soleil, l'air qui sent bon l'iode et le large, les pins tordus qui donnent cette allure unique aux côtes. Respirer à pleins poumons, fermer les yeux sous les caresses du soleil, profiter de cette unique journée de vacances, avant de retourner sur Paris. Ne penser à rien, oublier les questions des grands-parents sur mon père, ne pas écouter leurs allusions et ne pas faire attention à leur discours sur la religion. Juste apprécier l'instant.

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La mer. Le soleil. Ces nuances de gris uniques. Ce paysage accidenté qui donne envie de rester là, à le contempler pour le reste de sa vie.

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Le soleil. La mer.

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08 octobre 2010

Havre de paix

Dans mon appartement, la fuite, la vaisselle sale, le ménage, les vêtements et le bureau qui déborde. Les problèmes d’APL, de loyer, d’assurance. Toujours téléphoner, toujours être aux aguets. La patience s’use. J’ai besoin de paix.

Alors ce matin, j’ai pris le tram plus tôt que prévu. J’étais attendue à onze heures pour les soutenances de stage à la fac. A neuf heures j’étais lové dans le CDI.

A cette heure-ci, il est fermé le jeudi. Ce n’est pas mon horaire, et mon collègue est en cours. Je tourne ma clef dans le serrure et j’entre. L’air est froid et humide et empli d’une très forte odeur de poussière et de vieux livre. Les murs gris. Pas de lumière.

Je suis épuisée. Deux nuits que je ne dors pas. Mon cerveau est en mode automatique. Je m’installe au bureau et commence, dans un mouvement mécanique, à enregistrer les nouveaux exemplaires de One Piece et Tir Nan Og dans la base de données.

A onze heures un peu passées, je suis à Saint-Michel. Puis, le cours de l’après-midi a été supprimé. Ni une ni deux, je retourne au CDI. Il y a du monde, mais je n’entends même plus le vague brouhaha des élèves.

Ici, mon travail est apprécié. A deux cents pour cent. Alors pourquoi me priverai-je de ce qui me plaît? Je fais des heures sup’ non payées, mais je n’en ai cure. Je me paye moi-même en calme et apaisement. Je me sens bien, là, dans ce froid, ce gris et ces livres. Je suis un peu dans mon domaine. Ou du moins, dans le royaume de mon collègue, qui m’en a laissé les clefs, et tous les droits.

Là, j’oublie l’administration, j’oublie la plomberie, j’oublie le téléphone. Et je tourne les pages jaunies des ouvrages trop vieux. Et je me fais un plaisir d’offrir Death Note et Nils Hazard aux élèves...

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05 octobre 2010

Écarlate

Je n'arriverai pas à dormir cette nuit. Ou plutôt, si, je finirai par m'endormir, comme chaque soir, mais rongée par l'angoisse, les dents serrées et grinçant, me mordant la langue. Le ventre noué, les intestins entortillés, les sourcils froncés par l'anxiété.

Que va-t-il advenir? Comment cela va-t-il se passer? Cela va-t-il se régler vite? Autant de questions sans réponse. Ma mère me renvoie à mon père. Mon père n'est pas là et ne pourra s'occuper de ça que plus tard. Alors je n'ai plus qu'à me débrouiller par mes propres moyens, comme souvent depuis plusieurs mois.

Le téléphone est devenu la personne la plus fiable de mon entourage. En septembre, c'était pour l'assurance, le propriétaire, le syndic, la mutuelle, l'université. Demain matin, ce sera pour la CAF et la banque.

La banque. Pourvu qu'elle ne bloque pas ma carte bleue! Les pires scenarii s'offrent à mon imagination devenue trop fertile cette nuit. Les antécédents parentaux me préviennent qu'on peut s'attendre au pire avec de tels requins. Le sourire carnassier du conseiller s'élargit derrière mes paupières closes et alourdies de larmes angoissées.

Je n'arriverai pas à dormir cette nuit. La lumière rouge du moins devant les centaines, sur mon relevé de compte m'en empêchera.

***

Les_cinq__cus_de_BretagneEn attendant, je mets en place l'organisation d'un club BD au collège. Même s'il ne voit jamais le jour, il aura au moins eu le mérite de me changer les idées cette nuit.

Je suis censée préparer les exercices de conjugaison, mais impossible de me concentrer sur ce genre de chose.

Je m'en vais terminer Les cinq écus de Bretagne - je ne compte plus le nombre de lectures qu'a subi ce vieux Livre de poche dont les pages jaunis se détachent toutes seules! Philippa doit être la seule personne qui arrive encore à me faire rêver en ce moment... (Oui, Philippa est une personne, dans mon esprit brumeux et rongé de fatigue.)

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24 juin 2010

Odorat

L'escalier de bois craque sous mes pas. Il est dix heures et demie. L'odeur d'humidité ou de poussière je ne sais pas trop imprègne les couloirs. Cette odeur qui finira par signifier que je suis chez moi. Pour l'instant, je l'apprivoise, peu à peu. Dans le hall d'entrée flotte un reste de parfum à la vanille bon marché et de tabac froid. Dehors, le soleil chauffe déjà.

L'odeur coutumière du train, ou plus exactement du RER C. Même les rames pour Versailles et celles pour Saint-Quentin portent des nuances différentes. Dans les transports, la sueur agresse les narines. Touristes massés et bruyants. Les accordéons attaquent en bande sur cette ligne, et détruisent le fragile équilibre de vos neurones. La migraine se fait sentir. Qu'ils cessent, pitié !

La place d'armes brille comme la carapace luisante d'un gigantesque scarabée. Les pavés disparaissent sous la foule des touristes et badauds venus prendre le soleil et s'emplir de culture. Avec mon frère, nous traçons notre route vers les tréfonds du parc, là où nous savons que le silence se fait davantage entendre. Les gravillons crissent sous la semelle, la lumière fait ciller. Le long des charmilles, la fragrance reconnaissable entre toutes des balades de notre enfance avec les grands-parents. Les feuilles suintent leur parfum sous le chaud soleil.

Dans le bosquet de la reine, il n'y a presque personne. Les buis sont plus odorants que jamais. La pelouse n'est pas aussi bien entretenue qu'ailleurs. Dans un coin, un passage vers un recoin ombragé. Dans l'herbe folle, nos pas réveillent le thym. La sortie nous conduit à l'orangerie.

Au milieu des bacs, il n'y a personne. Les promeneurs préfèrent les photos vue-d'en-haut à la réalité tangible et sensorielle d'une promenade parmi les orangers. Ils sont en fleurs. Les corolles blanches sont exquises. Parfum sucré, doux. Qui me rappelle mon voyage - il y a longtemps - en Espagne, avec les autres grands-parents. Dans les grands halls de pierre, immenses, vides en cette saison, règne le doux murmure de l'humidité, comme seules le recèlent les caves. Nos pas résonnent. Nous poursuivons. 103 marches, je suis formelle. Théo a perdu le compte.

Austerlitz, la Pitié-Salpêtrière. Été comme hiver, il y a les clochards, les ivrognes, tous les démunis qui règnent dans le square, sous la rame du métro, et leur odeur aigre qui les suit lorsqu'on les croise. Le cours commence, les figures de style dansent. L'odeur du thé, dans ma tasse.

Ce soir, la vaisselle dans mon évier sent le graillon, et j'ai les mains qui sentent la lessive...

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05 juin 2010

Certamen In Concordia Europae Regionumque Orbis

La chaleur plombait Paris et chacun de mes pas. Je n'avais pas vraiment envie de quitter les couloirs obscurs du métro, seul endroit de la capitale où la chaleur est supportable. Le RER B ne vaut guère mieux que la ligne 4, à croire qu'ils continuent à mettre le chauffage même en plein été. Lorsque j'émerge boulevard Saint-Michel, du bon côté, le soleil me tombe dessus sans crier gare. Les touristes sont partout, impossible de faire deux pas sans en bousculer.
Finalement, je trace ma route. Le Panthéon, le lycée Henri IV. Dans le cloître, ils arrosent la pelouse: ça sent bon la terre. Lorsque j'arrive dans la salle, je prends une chaise au dernier rang (l'année dernière j'étais eu premier rang, et je n'ai pas très envie de retenter l'expérience) et attends. Mado arrive avec une heure de retard, le discours est passé, ainsi que les prix de culture. On arrive aux prix des versions, enseignement supérieur. Les accessits sont distribués, je n'ai pas encore été appelée. Mon sourire s'agrandit au fur et à mesure. L'année dernière, j'étais deuxième accessit, j'ai donc fait mieux. Troisième prix. Quatre copies ex aequo. Un nom tombe, ce n'est pas le mien. Un deuxième. Un troisième. Mon cœur accélère. Et le quatrième, le mien. J'ai gagné deux places!
Après la fin de la remise des prix, je discute avec Mado. Et un type suant, étudiant dans un institut universitaire privé, qui est en quête "de bons conseils" et "de bonnes adresses". Si tu veux des pistons, coco, c'est pas moi qu'il faut venir trouver. M'enfin, après qu'il m'a expliqué que c'était dommage que j'aie abandonné toute idée de religion parce que ça éclaire nos vocations, et que je lui ai répondu en souriant que j'avais trouvé d'autres moyens de m'éclairer et que je vivais très bien sans aller à l'église, je m'en retourne chez moi, les pieds brûlants et la tête légère.
Et j'ai un bon pour aller chercher un Budé, boulevard Raspail. Respect!

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19 mai 2010

Traversée

Il est dix-sept heures trente, je sors du train. À Saint-Lazare la foule est dense à cette heure-ci. L'idée-même de la ligne 13, bondée, débordant de corps suants et poisseux, me donne la nausée. Je n'ai guère envie de descendre sous terre alors qu'il fait aussi lourd. L'air est doux, un peu collant. Je me mets donc en marche. Une idée fixe en tête: rejoindre la Porte de Vanves à pied, sans autres plans que ceux que je trouverai sur les bouches de métro et les arrêts de bus. Il est dix-sept heures trente, je sors de la gare Saint-Lazare.

Je m'avance un peu au hasard dans ces rues larges et fourmillantes. Sur le boulevard, ou la rue, ou l'avenue, dont j'ignore le nom, les voitures se pressent dans une cacophonie assourdissante. En attendant de trouver chemin plus calme, le Dies irae tente tant bien que mal de couvrir le boucan.

Je m'avance au hasard. Je sais que je dois aller vers le sud, en quasi-ligne droite. Malheureusement, où trouver le sud quand on sort d'une gare aussi grande? Alors je prends les rues en suivant mon flair. Je me retrouve place de la Madeleine. Pas trop mal: c'est la station suivante sur la 12. Prochaine étape: Concorde. En suivant ainsi le trajet de la ligne 12, je finirai bien par me retrouver sur la rue de la Convention, ou même Porte de Versailles.

Je prends un boulevard, au hasard. Large. Une trouée de lumière. Derrière, l'imposante Madeleine. Devant, la place de la Concorde s'ouvre à mes regards. Superbe. Si je passe par les Tuileries, je retrouverai la passerelle du Musée d'Orsay, et Solférino, sur la 12. C'est pas mal. Je poursuis. Les Tuileries, l'ombre des arbres, les contre-allées désertes. Et le passage sous la rue, la passerelle qui enjambe la Seine. À droite, le Grand Palais, le pont Alexandre-III. Le soleil qui raye les nuages sombres. À gauche, dans un camaïeu de gris, au loin, les tours de Notre-Dame. Saint-Michel est à gauche. Il faut que j'aille tout droit. Rue Solférino, c'est bon, je suis dans la bonne direction.

Puis arrive le sixième arrondissement. Je prends des rues au hasard, je retrouve quelques noms connus: Vaneau, je suis sur la 10, Babylone, ah, la 12 et la 10 se croisent, il faut que je continue tout droit, vers le sud. Sèvres, on est pas loin d'une station de métro. Vaugirard! Enfin! Je connais cette, j'y fais cours, et j'ai déjà fait le trajet à pied jusque chez moi. Malheureusement, c'est une des rues les plus longues de Paris, et je ne sais plus trop de quel côté la prendre. Une station de Vélib' arrive à point nommé. Petit plan de quartier, et hop! Je réalise alors que je ne suis qu'à Montparnasse, et qu'il me reste encore pas mal de chemin... Qu'importe, je continue.

Rue de Vaugirard. Mon sens de l'orientation est gêné, j'ai l'impression que je ne vais pas dans la bonne direction. Lorsque j'arrive sur le boulevard du Montparnasse, impossible de retrouver cette rue de l'autre côté. Alors je prends Falguière, sur la 12 également. Je ne devrais plus être loin de Pasteur. J'avance et commence à m'inquiéter: me serais-je trop éloignée? Quand soudain, une rue large, des marronniers en son centre: le boulevard, ou la rue je ne sais plus, Pasteur. Je traverse. Je vois un 95 à contre-sens, c'est bon signe: il passe juste à côté de ma rue.

Je poursuis, toujours un peu au hasard. Je commence à avoir mal aux pieds. Ça commence à faire long: déjà une heure et demie que je marche. Une rue au nom bizarre, à gauche, les lignes de Montparnasse qui coupent le quartier. Une rue affiche « XVe Arrondissement », je souris. Je croise la rue Littré, la rue Platon. Et je me retrouve le long des voies de chemin de fer. C'est un peu la zone, il n'y a pas un chat. Ça fait déjà belle lurette que j'ai fait taire la musique à mes oreilles, pour profiter des bruits de la ville. À gauche, une halle aux huîtres. Tout à fait. L'odeur de poisson m'assaille, et je m'empresse de continuer. Je ne devrais plus être très loin.

Soudain, une barre d'immeubles qui me semble familière. Un panneau qui indique la ceinture ouest. Des arbres, de grands acacias. Le bruit qui s'est apaisé. Je suis tout près! Mon pas s'accélère, le cheval sent l'écurie, comme on dit. À droite, encore à droite. Dans mon impasse, cette odeur unique d'acacias et de glycine, les jardins débordant de feuillage et de fleurs. Cette impasse, c'est chez moi, et je suis arrivée.

J'ai marché deux heures. Il me reste trois étages à monter.

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09 janvier 2009

Nix

- J'aime, une fois l'an, à me souvenir du goût de la neige, et de son discret parfum. -

Lundi

Je ne commence qu'à quatorze heures, alors je me tire du lit tranquillement à neuf heures. J'ouvre les yeux difficilement, et je m'étonne du silence qui règne sur la maison. Je sais que mon père est encore en vacances: il doit dormir. Mais le vide de la cuisine m'inquiète: ma mère n'est pas levée, ce n'est pas normal. Je m'en vais alors lui demander si elle ne commence pas à neuf heure et demi d'habitude. Si. Ah. Brusquement, je réalise que mon frère doit encore dormir comme un bienheureux, lui qui était censé commencer les cours à huit heures. Je vous dis ça, mais ce n'est pas tout à fait vrai: la première chose qui m'a frappée quand je me suis levée, c'était ces flocons qui tombaient dru sur le jardin, cette légère couche de sucre glace qui saupoudrait la forêt. Et toute la journée, je me suis étonnée de voir que la neige continuait, sans se décourager, de tomber sur le sol gelé. Le soir, dans mon jardin, la couche était épaisse, et mes pieds s'enfonçaient avec délice dans l'allée encore vierge de pas.

Mardi

Ce jour, pas d'aller-retour en transports, pas d'aller-retour pour la fac. Ce jour, je dois travailler pour mes devoirs sur table du lendemain. C'est pourquoi à neuf heures, je suis lovée dans le canapé, blottie dans le plaid en patchwork, et je regarde les deux derniers épisodes de Robin Hood. À onze heures, j'attaque mon grec moderne, avant de sombrer dans une sieste qui me conduira jusqu'à midi. Dehors, tout est blanc, et au déjeuner, ma mère me fait le récit du court trajet en voiture qu'elle a effectué. À dix-sept heures trente, je dois être chez mon élève, à un quart d'heure en voiture. C'est le crâne farci des conseils maternels et la peur au ventre que j'ai pris pour la première fois le volant sur les routes enneigées. Même pas mal! (Juste une belle onglée pour avoir gratté la neige du pare-brise sans gants.)

Mercredi

Il fait encore nuit quand je quitte la maison, et après avoir entendu crisser avec un plaisir non feint la neige sous mes pas, dans le jardin, je découvre avec stupeur que les trottoirs de la ville sont de véritables patinoires. Plus de peur que de mal, certes, mais tout de même. À Paris, la déception de voir le square de Cluny fermé « pour cause d'intempérie » me fait perdre le sourire. J'aurais tant aimé traverser le jardin aux simples poétiquement saupoudré de blanc!

Jeudi

Cette nuit, il n'a pas gelé. Mais la soupe glisse presque plus que les larges plaques de verglas. Ce que je n'aime pas avec la neige, c'est quand elle commence à fondre: on se dit que c'est fini pour l'année, et on n'est jamais sûr de la prochaine averse de flocons. Et l'herbe pointe son nez sous la couche de plus en plus fine, la terre répand ses traînées marronnasses sur la blancheur auparavant immaculée. On dit que la neige c'est pur, mais en réalité, elle l'est de façon tellement éphémère que je ne vois que les traces de pas, le sel, les ornières boueuses et les détritus. La neige, c'est beau lorsqu'elle tombe et couvre tout. Après, quand elle s'étiole lentement en une lente agonie, c'est triste.

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06 mars 2007

Flic flac floc

bouclettes
Cheveux frisottés
Lunettes mouchetées
Pieds noyés
Chaussettes trempées

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10 décembre 2006

Label rouge

Chroniques marocaines /6/

P1010096Avez-vous déjà mis les pieds dans le marché d'un mellah? Et bien ce n'est pas triste. Dans des ruelles alambiquées s'entassent légumes, épices, olives, poissons et... poulets! Vivants, évidemment. Dans les cages, sous les étals, des poulets, blancs, piaillent, se battent, s'ébattent. Quel remue-ménage! Ici, les poulets, on les pèse vivants, on les égorge devant vos yeux, puis on les plume, saigne, vide en direct! Ceci est une preuve de la fraîcheur de la viande, certes, mais pas du client! L'odeur des parages vous retourne l'estomac, vous pâlissez à vue d'œil, vous tentez vainement de couvrir votre nez avec une manche ou un coin d'écharpe. La fuite est impossible: devant, un groupes de femmes qui discutent le prix de la semoule, derrière, des salades, des tomates, des courgettes, des grenades... sur les côtés, dés poulets, des carcasses de bœuf. Heureusement, le guide a ouvert la voie, la fuite est rendue possible, vous échappez aux vapeurs pestilentielles.

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