Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

21 octobre 2011

Sociologie et émotions

Cette année, j'ai deux matières vraiment nouvelles, qui m'effrayaient un peu à cause de leur forte composante linguistique et le risque que l'on avait d'y lire plein d'articles universitaires (et de fait, ce sont les seules disciplines où l'on nous demande de lire des articles), et qui finalement se révèlent passionnantes malgré tout. D'une part parce que les profs sont absoluments géniales, chacune dans son genre, et d'autre part parce qu'elles abordent la linguistique d'un point de vue biaisé, et nous offrent un regard complètement neuf sur la langue.

1/ Sciences affectives et affective computing. Drôle de bête. Dans l'intitulé on trouvait aussi "cognition", mot qui me fait bondir à chaque fois et me donne envie de partir en courant.

En réalité, pour l'instant on a parlé beaucoup de psychologie, de neurobiologie (je ne sais pas s'il convient de retenir toutes les parties du cerveau qu'elle nous a nommées), d'intelligence artificielle (les robots, c'est bien ^^), mais très peu de l'inguistique. Bien sûr, on va y venir. Mais une chose est certaine, il y a des théories de l'émotion très esthétiques. Voyez plutôt celle de Plutchik :

plutchik_scriptol_fr

2/ Sociolinguistique. Passionnant. La prof a l'art de nous poser des questions auxquelles on n'avait jamais pensé, ou qu'on n'avait jamais jugées compliquées avant d'essayer d'y répondre. Exemple ? Combien de mots connaît-on ? Est-ce que l'illéttrisme, c'est grave ? Ou ce genre de choses. On a parlé des DOM-TOM, des immigrés, des langues de France, des ouvriers, de la mutation du travail. Et on a à lire un article sur langues croisées et transgenres ("Crossing Genders, Mixing Languages", de NiKo Besnier).

Pour la première fois de ma vie, je prends plaisir à lire des articles et à me creuser un peu la cervelle et à participer en classe (bon, en même temps, on est cinq, et on se connaît tous, donc l'enjeu n'est pas non plus insurmontable). Et la prof nous a parlé d'un documentaire, Les Roses noires, que j'ai regardé hier : très beau et extrêmement intéressant. Des jeunes filles des banlieues (Marseille et 93 essentiellement) parlent de leur langue, de leur vie dans la cité. Absolument passionnant.

Sinon, je vais devoir créer une ontologie (un modèle conceptuel) de la mythologie gréco-romaine, annoter trois minutes de commentaire sportif (deux commentateurs radio sur le tour de France, tout à fait inintéressant, et même crispant, et trois minutes c'est TRES long), transcrire une minute de vidéo (encore plus long : la prof nous a dit qu'en moyenne, elle mettait 45h pour une minute de film...) et d'autres projets encore, dont je n'ai pas le sujet.

Posté par incitatus à 08:07 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur Sociologie et émotions

    J'ai commencé à regarder les Roses Noires c'est passionant ! Ce qu'elles racontent sur le "langage des bonhommes" c'est saisissant ...

    Posté par Marion, 21 octobre 2011 à 19:25 | Répondre
  • >> Marion

    N'est-ce pas ? Et la façon dont elles se comportent en garçon pour se faire respecter. La vision qu'elles ont de leur propre langage aussi : celles qui l'ont modifié pour être plus féminines, celles qui s'adaptent pour trouver du boulot, celles qui l'aiment parce que c'est le leur, une part de leur identité... La petite à capuche est chouette je trouve.

    Posté par inci, 21 octobre 2011 à 21:33 | Répondre
  • La roue des émotions me laisse songeuse : crois-tu qu'avoir atteint la sérénité qui décolore les affects négatifs veut dire qu'on ne connaît plus alors de joies extatiques ? A moins que l'extase soit moins forte que la joie et la sérénité parce que plus proche des émotions violentes ?

    Posté par mimylasouris, 22 octobre 2011 à 17:44 | Répondre
  • >> mimy

    En fait (ceci n'est qu'une traduction de la figure originale), les émotions fortes, sont réparties sur deux axes : l'un positif/négatif et l'autre actif/passif. Elle décrit non pas quelque chose vers lequel on doit tendre, mais les émotions détectées dans le discours. En fait, elle tente de modéliser ce qu'on peut déceler dans des corpus (audio, visuels ou audiovisuels), et de catégoriser les émotions qui existent. Elle est nuancée, ce qui est un gros avantage par rapport aux théories précédentes qui regroupaient tout autour de cinq ou six émotions fondamentales.
    Et une chose est sûre : certains choix sont contestables. Mais je trouve cette modélisation très jolie ^^

    Posté par inci, 22 octobre 2011 à 19:52 | Répondre
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