Journée plus tranquille ce jour-là, nous nous sommes rendues à pied à l'ancien chalet de mes grands-parents. La route du Château est étroite et empruntée par les voitures, nous faisons donc attention à rester bien visibles. A droite, autrefois, il y avait des chèvres dans ce terrain, les arbres en ont gardé les cicatrices même si les chèvres ont disparu. Un hôtel trois étoiles a vu le jour, "La Ferme de Cupelin".

P1030383

Ma mère me décrit tout ce qui a changé, ce qui est resté intact. J'étais trop petite pour avoir observé tout ça, à l'époque, mais certaines choses reviennent. Enfin, au détour d'un virage, la fontaine, au bas du chemin du Bulle. Les têtards sont toujours là. La saison est tardive, ils ont leur quatre pattes. Celui que ma mère a attrapé se sauve par petits bonds au creu de sa main.

P1030388

Plutôt que de continuer sur la route, j'opte pour le chemin, dont le goudron a été récemment refait. Contrairement aux nombreux endroits que nous avons vus, ici les haies sont drues. J'avais remarqué que les jardins étaient rarement limités, laissant les terrains s'entremêler et la vue offerte. Dans ce quartier, c'est tout l'inverse. Les habitants cherchent à disparaître. Et le vainqueur n'est autre que l'ancien chalet familial.

P1030390

A l'époque, on le voyait de loin, et sa vue sur le Mont-Blanc était unique. Aujourd'hui il est dévoré par d'énormes haies de thuyas. Les arbres ont tellement grandis que la vue doit être mangée par leur branches. Afin de jeter un oeil, nous sommes obligées d'entrer dans l'allée. Le chalet n'a pas vraiment changé. Les roses trémières fleurissent toujours le long du garage. Mais le jardin est étouffant, et les franboisiers ont disparu.

P1030392

En redescendant, nous visitons Cupelin. Les potagers, la chapelle, les vieux chalets... Je me sens chez moi, je n'ai pas envie de repartir.

P1030413