Le téléphérique, rouge dans mes souvenirs et blanc aujourd'hui, s'élance au-dessus du vide. Les sensations se réveillent, je ne les ai pas oubliées. L'impression de tomber, la secousse au niveau du pilône, l'émerveillement. La vue est splendide. Arrivées en haut, le panorama est gigantesque.

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La marche est difficile. La côte est raide et en plein soleil, les cailloux du chemin sont glissants. Je me réfugie dans un rythme de tortue, regarde mes pieds et longe la clôture électrifiée du champ, dans l'herbe. De temps à autre, les clarines résonnent non loin de là, mais les vaches restent invisibles.

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Au niveau du restaurant d'altitude, une souche à l'ombre me tend les bras. Je me pose un instant, essayant de reprendre mon souffle. Ma mère propose de redescendre, mais j'ai envie de continuer, voir ce qu'il y a plus loin. Tous les dix pas, la vue change. Nous sommes plus haut, plus à l'ouest ou plus au sud, peu importe. Jamais l'oeil ne se pose sur les mêmes montagnes.

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Alors nous poursuivons un peu, jusqu'aux télésièges. Là, nous rendons les armes. Les herbes folles ont l'air confortable. Une petite sieste s'impose dans les graminées, les pieds face au Mont Joly ou je ne sais quel autre sommet.

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Avant de repartir, nous assistons au départ de deux parapentes. "Plouf", comme je disais étant petite, ils se sont jetés dans le vide, déployant leurs ailes multicolores au-dessus de la vallée.

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Le soir, le soleil couchant rosit le massif des Miages.

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