Titre: La Loi du roi Boris
Auteur: Gilles Barraqué, illustrations de Catherine Meurisse
Editeur: Nathan

D'abord, j'ai vu "illustré par Catherine Meurisse". Cette charmante illustratrice m'avait déjà séduite avec ses Hommes de Lettres, lorsqu'elle m'a offert un Marcel serrant une madeleine géante contre son coeur en dédicace.

Ensuite, la quatrième de couverture offrait, au-dessus du résumé, en rouge et en gras "Une seule lettre vous manque, et tout est dépeuplé". Le résumé, parlant d'un roi s'ennuyant qui, pour passer le temps, déclare la guerre à une lettre de l'alphabet, a fini de me convaincre.

Et si ce n'était pas assez, l'exergue:

Ferventes pensées envers ce cher Perec,
Subtil barbichu, baron d'Oulipo, toujours parmi nous !

La Loi du roi Boris

La Loi du roi Boris a été à la hauteur de mes espérances. Ce récit n'a pas été sans me rappeler Petit Homme et les princesses de Yack Rivais. Boris III interdit dans son royaume l'usage du e, et voilà les habitants privés de crevettes, de beurre, de pêches... Le premier Ministre devient Officiant principal, le boulanger pâtissant... Sous peine de se voir un doigt tranché, il est interdit de prononcer ou d'écrire le trait banni.

Le peuple rit d'abord. Puis se rebiffe. Kléber de Mettemberg, premier Ministre rebaptisé après la réforme Kobor di Mottomborg, mène la résistance, à l'aide de ses filles Hélène et Thérèse, ainsi que de sa femme, Edmée. La devise ? "Que l'e !" La règle ? Que des e, des traits bannis et profanes.

Les jeu sur le fond et la forme est savoureux. Le lecteur guette la faute, cherche le e qui se serait glissé malencontreusement dans un discours officiel. En vain. On s'amuse de l'absurdité de la situation.

Drôle, intelligent, délirant, ubuesque. Farce linguistique et bel hommage à l'Oulipo.