Titre: Dora et Dora, l'année suivante à Bobigny
Auteur: Ignacio Minaverry
Editeur: L'Agrume (2012 et 2013)

La cueillette de cette année au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil s'est révélée fructueuse (au grand dam de ma banquière). Je commencerai donc par la lecture d'une bande dessinée (ou roman graphique, comme vous voulez, je ne suis pas sectaire) qui m'avait déjà intriguée il y a quelques mois chez Gibert. Cet ouvrage, en deux volumes, s'intitule Dora (non, pas l'exploratrice), le second volume portant le sous-titre "L'Année suivante à Bobigny".

Dora

Il s'agit d'un drôle de mélange: tout à la fois quête initiatique et documentaire historique, avec des accents de roman d'espionnage, s'ajoute à la suite des questions sur l'amour, la sexualité, la politique. On pourrait penser que ça fait beaucoup pour un seul livre. Mais au contraire, tous ces aspects se croisent et s'enrichissent les uns les autres.

Le trait est simple, noir et blanc au contraste bien marqué, qui n'est pas sans rappeler celui de Marjane Satrapi ou Kiriko Nananan. De temps en temps, une touche de couleur vient faire violence à l'harmonie de la page.

Quant à la narration, elle évolue. Le point de vue interne de la protagoniste entrecoupé de textes d'archive dans le premier volume se fait chorale dans la suite. Trois narratrices prennent tour à tour la parole, racontant une histoire à trois voix. Trois histoires qui s'entrecoupent et se rejoignent dans les quartiers de la cité HLM. La quête du passé et la chasse aux nazis perdent un peu de terrain, l'actualité de la guerre d'Algérie prend corps dans la banlieue communiste, où les jeunes des bidonvilles luttent et grandissent.

On suit l'histoire non seulement parce qu'elle est riche et intéressante, mais aussi parce qu'elle est bien racontée et qu'on s'attache à ses personnages.

Petit bonus: on ne lit pas tous les jours de la bande dessinée argentine !