Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

13 octobre 2010

Jour de grève

Le séminaire du matin avait été annulé, et je prenais mes aises dans mon appartement. J'avais rendez-vous avec une ancienne élève de cours particulier afin qu'elle me rende des livres, mais pas avant midi et demi.

A neuf heures, C*mplétude me tire du lit pour me demander si je veux donner un cours d'allemand au Plessis-Robinson. De ma voix pâteuse, je réclame qu'on enlève de suite cette commune et cette discipline de mon profil.

A onze heures, mon frère me textote qu'il doit être à Bastille vers une heure et demi: on peut se retrouver? Évidemment. Qu'il descende à Saint-Michel, j'y serai.

Je sors de chez moi. Jour de grève. 2/3 pour la 13 et 1/2 pour la 10, ça devrait le faire. Ligne 13 déserte, ou presque, c'est bon signe. Il y en a toutes les trois minutes, on voit à peine la différence. Duroc, ligne 10. Et là, je savais que j'aurais dû descendre à Montparnasse pour marcher jusqu'à Saint-Mich', je le savais. Dix minutes d'attente, quai bondé. C'est bizarre, parce que l'attente n'est pas beaucoup plus longue que d'habitude, mais la foule est dix fois plus dense. Il y a des mystères que l'on n'explique pas. Une voix annonce un délai de vingt minutes entre chaque rame. Ah oui, d'accord. Là c'est carrément plus long que d'habitude.

Bref, je finis par me retrouver à Saint-Michel, récupérer mes livres et retrouver mon frère. Nous avons trois quarts d'heures pour aller dans une petite rue derrière Bastille. Il me sort tout sourire que le blocus de son lycée a un avantage: il peut aller sur Paris pour prendre des cours de danse. Certes. (Et ses camarades qui pensaient qu'il se dévouait pour aller manifester!)

Le métro, pour aller à Bastille, ne me tente guère. Et à pied on y sera dans les temps. On casse la croûte devant Notre-Dame et on repart. Traversée de l'île de la Cité, puis de l'île Saint-Louis. On remonte le boulevard Henri-IV jusqu'à la place de la Bastille (avec son génie sur lequel il pleut des cordes dans Les Chansons d'amour), on prend la rue de la Roquette, toute mignonne, puis on cherche le passage Thiéré avant de déboucher sur un autre passage encore plus minuscule. Ce quartier est vraiment sympa.

J'abandonne mon adelphe au bout de la rue et repart, mais par un autre chemin. Je finirai bien par me retrouver. Rue Charonne. Rue du Faubourg-Saint-Antoine. Une avenue dont j'ai oublié le nom mais qui mène tout droit jusqu'à la gare d'Austerlitz. C'est là que j'ai repris le métro (avec la 10 bondée et la 13 déserte - cette inversion des proportions est déstabilisante).

Pour résumer: Saint-Michel - Notre-Dame - Saint-Louis - Bastille - Austerlitz. A pied. Pour ne pas prendre le métro, ou le moins possible. Et pour le plaisir de marcher sous le soleil de l'automne, dans l'air frais et limpide.

Posté par incitatus à 08:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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