Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

23 janvier 2007

De magia verborum

djinn2Démon ou farfadet,
Je ne sais.
Informe, ambigu, il
Négocie avec votre âme.
Noir ou blanc,
Sait-on jamais?

Un tout petit mot, cinq lettres insignifiantes. Et pourtant, tout un monde contenu dans cette simple graphie, cette sonorité si exotique. Ce mot qui résonne, tinte à mes oreilles. Un grelot, des bracelets d'argent qui s'entrechoquent sur une peau mate. Une première vision, puis une seconde. Un lutin facétieux qui joue des tours, un esprit incarné dans le corps d'une courtisane. Des couleurs chaudes, des parfums épicés. La fraîcheur d'une oasis, l'ombre d'arbres aux essences étrangères.

Des Z, Y, W, N, J et D qui s'additionnent sur ma réglette. C'est à moi de jouer. Que faire? Pas une seule voyelle à l'horizon. L'idée frappe tel l'éclair. Une vision. Il faut que je vérifie. 'Djinn'; mot compte double. Le lutin est alors un petit génie sympathique. J'adopte ce mot aux lettres rares et aux consonances si légères.

Une femme. Des voiles. Un trait sûr, simple et pur. Des couleurs chatoyantes. Irrésistiblement, je suis attirée. J'égraine les pages, je feuillette. J'achète. Je lis, je dévore. Une femme, habitée par un djinn. Un drôle de pouvoir: elle est incapable d'éprouver le moindre sentiment. Puis son démon la trahit et elle est prise à son propre jeu. Je n'en aime ce mot que davantage.

Un mot rare, oriental, coloré, chaleureux. Un simple mot, tout petit, à deux facettes. Un mot scintillant. Un mot magique...

ICI, un poème de Victor Hugo, assez impressionnant, intitulé "Djinns".

Posté par incitatus à 01:13 - Commentaires [14] - Permalien [#]
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Commentaires sur De magia verborum

  • ^^

    Posté par Marion, 23 janvier 2007 à 16:34 | Répondre
  • Non décidement Frangipane c'est pas poètique... XD
    Très bien cette note Loch !!
    Promis j'arrète de changer de pseudo toutes les cinq minutes !!!

    Posté par Elendili, 23 janvier 2007 à 20:48 | Répondre
  • Mais j'aime bien tes pseudos... De toute manière, je te reconnais en règle générale asse vite! Si je n'en change pas, c'est par pure flemme.

    Posté par incitatus, 23 janvier 2007 à 20:59 | Répondre
  • Un petit passage, un petit mot, uns petite parole..arrivée par hasard depuis un blog que tu fréquentes, et intriguée par ton pseudo, me voilà, ravie de découvrir un très beau blog...
    A bientôt

    Posté par Coumarine, 24 janvier 2007 à 08:34 | Répondre
  • Merci pour le compliment...
    Mon pseudonyme intrigue? Ah... Il est vrai que les chevaux fréquentent peu la toile en général...

    Posté par incitatus, 24 janvier 2007 à 16:52 | Répondre
  • Ho !

    Un poème de Hugo que je n'avais lu,
    Grand merci à toi ma chère et tendre tortue.

    Posté par Delasin, 25 janvier 2007 à 09:38 | Répondre
  • De rien. Je ne le connaissais pas non plus avant cette heureuse recherche sur la toile...

    Posté par incitatus, 25 janvier 2007 à 23:28 | Répondre
  • C'est carrèment un exercice de style que ces vers qui s'allongent puis se rétractent. Hugo est magique, parfois !
    Merci !

    Posté par filaplomb, 26 janvier 2007 à 08:30 | Répondre
  • Parfois est le mot... Parce que dans le cadre d'une colle de littérature, "Les Misérables" ne sont perçus que comme un pavé indigeste que je n'ai toujours pas ouvert, ce qui risque de me coûter cher... Mais il est vrai que ce poème est particulièrement beau.

    Posté par incitatus, 26 janvier 2007 à 17:28 | Répondre
  • "pavé indigeste" ! espèce de...de...misérable ^^

    Posté par Delasin, 28 janvier 2007 à 17:28 | Répondre
  • excellent!
    je suis misérable, d'autant plus que je n'ai pas ouvert le bouquin... mais je crois que de toute manière, je suis irrémédiablement en retard, alors, je m'en vais m'attaquer à ce qui viens après: les lumières (qui a dit que je ne faisais que ce qui me plaisait?)

    Posté par incitatus, 28 janvier 2007 à 17:40 | Répondre
  • Tu me manquais.

    Posté par Delasin, 24 février 2007 à 15:00 | Répondre
  • Toi aussi...

    Posté par inci, 24 février 2007 à 21:30 | Répondre
  • Comme.

    L'étrangeté d'une seconde rencontre avec quelqu'un qu'on reconnait. C'est semblable au soleil du printemps qui débute ; ça rappelle de vagues souvenirs.

    Posté par Delasin, 25 février 2007 à 18:07 | Répondre
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