Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

22 mars 2012

Poussière et lumière

Je devais rattraper mes heures, que j'avais mises de côté pour passer une soutenance toute naze et sans intérêt aucun. Je devais y être à dix heures.

A neuf heures tapantes, j'entrais au collège. Une heure d'avance, peu m'importait : pour la première fois depuis bien longtemps, je n'avais aucune obligation. Mardi, j'avais joué les tornades blanches sur le bureau, jeté les trois quarts des paperasses, et fait un tri complet - ou presque - du rayon Orientation.

Aujourd'hui, armée de mes deux mains et du paquet tout neuf de Patafix gentiment cédé par le secrétaire, j'ai refait la déco. Ces murs tout blancs, qui tirent vaguement sur le gris, se sont parés des quelques posters et affiches que j'avais ramenés du Salon du Livre ou que nous avions reçus par courrier. Finis le scotch qui ne tient pas, et les punaises qui plient tant le mur est dur ! J'ai libéré les vitre, laissant entrer la lumière, et caché la grisaille derrière les couleurs.

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A chaque section son affiche : affiche du Louvre pour 7.Art, le plan reconstitué d'Olympie pour 9.Histoire-géo, lutte contre le sexisme pour 3.Sciences sociales, la croix qu'on nous a imposée devient utile au-dessus de 2.Religion, et le renard de l'école des loisirs fera l'affaire en 5-6.Sciences (on a tellement peu d'ouvrages spécialisés en sciences que sciences dures et sciences et techniques sont réunies en un seul et même rayonnage). Tout le reste se retrouve au-dessus des romans, plus l'affiche d'Angoulême pour les bandes-dessinées. Il ne manque qu'un philosophe au-dessus du raron 1.

Après ça, j'ai continué le tri et le rangement, avant de reprendre mon travail d'informatisation du fonds. Aujourd'hui, j'ai fini économie, politique et sociologie.

Et j'ai pris le temps de discuter paradoxes temporels avec mes élèves du club BD qui se sont insurgés contre la fin trop ouverte de La Traversée du temps. C'était amusant de voir leur réaction, qui aurait très bien pu être la mienne il y a quelques années. ("C'est nul, il se sont même pas embrassés ! - Y a une suite, hein Madame ? - Mais on sait pas comment ça finit !" J'aime mes élèves, je ne vous l'ai jamais dit ?)

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Je suis repartie à l'heure du thé, un peu après même. J'étais bien. Fatiguée, les pieds endoloris, mais je me suis sentie bien comme trop peu souvent ces derniers mois. J'avais laissé mes soucis dans la poussière du CDI et le temps d'une après-midi, j'ai pu oublier angoisses et tensions.

Lundi commence mon stage : je n'aurai plus le temps de m'adonner à ce genre d'occupations saines.

Posté par incitatus à 22:33 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur Poussière et lumière

  • Début du stage demain alors ? Mais ça va bien se passer !!!
    Ah, et faudra qu'on retourne au Salon du Livre : il me faut l'affiche renard de l'école des loisirs ! lol

    Posté par la marmotte, 25 mars 2012 à 01:07 | Répondre
  • >> la marmotte

    XD L'année prochaine ^^

    Posté par inci, 25 mars 2012 à 10:59 | Répondre
  • Ta photo de patafix me fait à chaque fois penser à un clavier d'ordinateur un peu déglingué, un genre de clavier mou à la Dali... J'aime bien l'idée en tous cas d'un ordi qui ne soit plus seulement menaçant et sombre (oui j'ai une relation étranger avec mon ordinateur)

    Posté par Mo, 26 mars 2012 à 13:57 | Répondre
  • >> Mo

    J'ai remarqué que la relation que l'humain a avec un ordinateur varie énormément d'un individu à l'autre (et d'une machine à l'autre).
    Il y a les aventuriers qui n'ont peur de rien et à la moindre contrariété éventrent la bête d'un coup de tournevis.
    Il y a les joueurs, qui vont tester tout et n'importe quoi, et formater l'engin jusqu'à ce qu'un jour il rende l'âme.
    Il y a les peureux qui n'osent toucher à rien, par crainte de "tout casser", et répètent à longueur de temps que "ça marche pas".
    Il y a les scolaires, qui font tout comme il faut et pas plus : ce sont eux qui utilisent l'ordinateur comme les marchands et les garanties le veulent. Ils ne prennent pas de risque, mais exploitent malgré tout les capacités de la machine.
    Etc etc.
    Je comprends qu'un ordinateur soit angoissant, "menaçant et sombre", comme tu dis. Personnellement, je le vois ainsi quand j'ai peur de faire une bêtise. Mais ça ne dure jamais bien longtemps. Il suffit d'apprivoiser l'animal, et il prend des airs surréalistes
    Ton image est jolie.

    Posté par inci, 26 mars 2012 à 20:26 | Répondre
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