Une L3 en M2
C'était le vendredi où
je sortais de deux heures de grec hypokhâgneux (mais si,
souvenez-vous). En temps normal, je n'ai pas cours le vendredi, mais
là, j'avais décidé d'ajouter deux heures de
conférence sur les supports de l'écriture. Pourquoi?
Tout d'abord, parce que le sujet m'intéressait. Et puis parce
que le conférencier en question était un prof que
j'avais eu l'an dernier. Cette conférence était
destinée aux Master 2 de lettres: j'avais donc en sus
l'occasion d'étudier de plus près cette espèce
en voie de disparition étrange.
18h-20h. J'avais bien choisi mes
horaires... Mais bon.
Amphi Michelet. J'ai découvert un
amphi encore plus inconfortable que l'amphi Richelieu. Si si. C'est
possible. Parce qu'en plus de l'absence de tablette pour écrire,
il y a absence de place pour les genoux. Si vous avez des jambes de
taille moyenne à grande, vous êtes bon pour gigoter
toute la conférence durant pour trouver une position moins
inconfortable qu'une autre. Mais bon.
Mais bon. J'ai fait une grande découverte: les élèves de Master ne sont pas d'une race supérieure. Non non. En fait, ils sont comme les élèves de Licence, en moins nombreux. Je m'explique. Et pour m'expliquer, je vais donner un exemple. À côté de moi, une élève, normale apparemment. Elle passe les dix premières minutes à échanger des propos tout-à-fait intéressants avec ses voisins, tandis que le professeur s'efforce de faire sa conférence. La demi-heure suivante, elle corrigea les copies qu'une de ses amies lui avait fait passer (ça sert toujours d'écouter les conversations voisines). Enfin, la feuille de présences passa: elle imita quatre ou cinq signatures – certainement des camarades absents pour de bonnes raisons, hum – rangea ses affaires, et s'en fut, en toute discrétion.
Concluons, mes amis, concluons: ne soyez pas effrayés à l'idée d'aller en master – oui, comme ça d'un coup, le Master perd sa majuscule... Et priez pour que les gentils administrateurs ne vous organisent pas de conférence à Michelet, le vendredi de 18h à 20h.