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Vous en parlerez à votre cheval...
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30 juin 2011

Fin

Onze ans, et jamais encore je n'avais complètement arrêté. Onze que je le côtoyais quotidiennement et que je le chérissais tendrement.

Il y a deux ans, j'ai atteint mon apogée, et depuis j'étais passée de l'autre côté de la barrière. Ce n'était pas une pente descendante, non. C'était juste un autre point de vue.

Point de vue que j'ai eu une chance inouïe de connaître. Point de vue que j'ai appris à apprécier, puis même à aimer. Oui. C'est pourquoi, quand j'ai eu la confirmation que ce serait non pour l'année prochaine, j'ai eu comme une petite déchirure.

J'ai eu mal, et je me suis sentie un peu bizarre. Et mes yeux ont un peu piqué. Deux larmes ont coulé, puis ont séché immédiatement. L'envie de me manque pas, de pleurer, c'est juste que c'est idiot.

La semaine dernière, j'ai fait du latin pour la dernière fois.

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19 juin 2011

C'est du chinois

Voici, mot à mot, le contenu des photocopies des cours que je suis censée apprendre pour demain :

Le pinyin utilise l'alphabet latin avec les valeurs phonétiques de l'albanais.

Composition interne des caractères -> 11 traits pour le caractère cong = "coeur, oreille, cheminée" -> donne le signe "intelligent". Mais seulement "coeur" et "oreille" ont des valeurs sémantiques. Valeur phonétique uniquement pour "cheminée".

Perso, j'aimerais voir le rapport entre "coeur", "cheminée", "oreille" et "intelligent" !

Sinon, je dois aussi retenir des trucs sur les langue thaï-kadaï, aïnou, mandchoues, le haut-sorabe, l'ossète, le tadjik, les caractères devanagari, le mordve, l'oudmourte, le chleuh ; le drehu et le nongone situent toujours le locuteur par rapport à la mer (dans les indices spatio-temporels de la situation d'énonciation) ; baoulé, nom d'une langue en Côte d'Ivoire signifie "enfant mort" ; savoir écrire 67 toisons de montons en cunéiforme... Autant de choses faciles à caser dans une conversation de tous les jours !

25 mai 2011

Avancée pédagogique

Cécile, venue dîner hier, m'a fait découvrir truc absolument génial.

Des profs d'histoire à Hawaï, afin de faire rentrer certains concepts et quelques dates dans le crâne de leurs élèves obtus, se sont lancés dans une expérience des plus extraordianires : il font des clips. Oui oui, des clips. Comme dans "clip musical". Pour être plus précis, ils reprennent des chansons - des hits, même - dont ils modifient les paroles pour les adapter à un fait historique. Et non contents du résultat, ils ajoutent à la performance vocale la performance "filmique". Le résultat est assez bluffant !

Pour les fans de Lady Gaga, la Révolution française sur l'air de Bad Romance:

Où l'on sent l'exaspération des enseignants (il suffit de lire le commentaire de l'auteur : "You will never, EVER forget the date of the Norman invasion and the Battle of Hastings after watching this. Ever."), Guillaume le Conquérant sur l'air de Sexyback de Justin Timberlake :

Et enfin, just for fun, un délire préhistorique et archéologique, sur l'air de Toxic de Britney Spears :

20 mai 2011

Il n'y a pas plus tenace que la chanson qui vous trotte dans la tête le matin, alors que vous n'avez même pas encore ouvert les yeux et que votre réveil vous serine depuis dix minutes. Cette chanson-là, vous aurez beau faire, elle vous reviendra sur le bout de la langue toute la journée, et ce pendant une semaine si vous êtes chanceux, plus si vous ne l'êtes pas (j'ai le souvenir douloureux d'un ouragan qui m'avait collé au cerveau pendant un long mois en terminale...).

Et ce matin, celle qui a élu domicile dans mon humble ciboulot, n'avait rien de la balade discrète qu'on fredonne en dégustant son porridge. Non. C'était du lourd - ou devrais-je dire "c'est", parce qu'à mon avis, j'en ai pour un petit moment.

[Je voulais insérer ici une image pour illustrer et rendre ce post un peu moins triste, mais je pense que vous allez être suffisamment traumatisés, je ne vais pas en rajouter. Cela dit, ce ne sont pas des monstres.]

Vous savez ce qu'est Super Junior, maintenant, à moins que vous ne soyez nouveau lecteur, fraîchement débarqué sur ce blog (auquel cas, il est encore temps de fuir). Vous vous doutez qu'ils ne sont pas seuls interprêtes ès niaiseries dans ce curieux pays qu'est la Corée. Et que s'il y a des boys bands, il existe également leur pendant féminin, à savoir les sympathiques girls band.

Là où les choses se gâtent, c'est quand le boys band reprend et parodie une chanson de girls band. Une chanson à la "mélodie" facile et au rythme simple, le genre bien commercial qui adhère facilement aux neurones. Comme, évidemment, je ne fais jamais les choses à moitié, c'est sur Youtube que j'ai découvert cette chanson, donc la vidéo qui va avec. (De toute manière, la chanson n'existe qu'en version live, de façon à faire profiter tous les téléspecteurs des hurlements des midinettes en folie.)

Bref, la coréïte aiguë est revenue, sentant sans doute l'approche et arrivée imminente des examens... Et comme je suis sympa, je vous laisse la vidéo, pour que vous aussi vous puissiez chanter le matin dans votre cuisine.

N'empêche, ils ont des T-shirts avec une inscription en hangeul !

Et comme je suis encore plus sympa, je vous épargnerai la vidéo de l'original (mais vous pouvez toujours aller voir par là ce que ça donne en version Girl's generation - oui, ce n'est pas l'originalité qui étouffe ceux qui baptisent les groupes coréens, m'enfin).

J'essaye de me soigner, même si c'est difficile. Pour l'instant, le seul remède que j'aie trouvé est la playlist de bandes originales de bollywoods, que ma soeur m'a rapportée d'Inde...

30 avril 2011

Minuit sonne

Il est minuit. Vautrée sur mon lit, le clavier sur les genoux, je lutte contre le sommeil.

Une demi-tablette de chocolat gît sur la table. Ma concentration bat de l'aile.

Encore quatre articles à lire pour ce soir.

Polysémie. Ambiguïté. Traduction. Cooccurrences. Graphes. Calcul de recouvrement de sens.

Tout ça a le mérite de me faire oublier ce poids que j'ai dans l'estomac, ce poids lancinant qui me donne envie de pleurer, sans raison. Un poids que je n'ai pas envie de nommer désespoir, mais à qui cette appellation irait très bien.

Je lutte chaque minute pour ne pas sombrer, pour ne pas laisser tomber. C'est épuisant.

Seule une idée fixe me tient : un jour, il faudra mettre un coup de pied dans la fourmilière. Il faut faire quelque chose pour que ces formations mensongères deviennent ce qu'elles affirment être.

Je me noie en eau trouble. Mais je ne suis pas seule. Je me sais accompagnée par mes camarades d'infortune. C'est un peu - égoïstement - rassurant.

Alors je lutte. Et j'essaye de ne pas m'affaiblir.

Garder courage, travailler, pour s'en sortir. Parce qu'il le faut.

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28 mars 2011

Expérience

Il était une fois, au fin fond d'un immense empire du centre de l'Europe, un monarque illuminé et un peu fou. Ce monarque, que nous prénommeront Ulrich pour plus de facilité, se posait beaucoup de questions existentielles. Parmi ces questions, il y en avait une en particulier qui le taraudait jour et nuit.

Quelle est la langue naturelle de l'être humain ? Il est bien connu que nous parlons la langue que nous apprend notre mère - ou à la limite, notre nourrice, dans le milieu de notre Prince. Mais si l'enfant n'a aucune influence, quelle langue parlera-t-il ?

Afin de répondre à cette interrogation douloureuse, Ulrich décida de mettre au point une expérience. Il choisit parmi ces fidèles sujets une vingtaine de nourrissons. Il les isola. Il élut quelques nourrices, afin que ces bébés bénéficient des meilleurs soins, mais avec pour consigne le silence absolu. Il ne fallait en aucun cas leur parler. Ainsi, il pourrait observer la langue qu'ils parleraient entre eux.

Résultat : non seulement ces enfants ne surent jamais parler, mais encore ils moururent tous très vite.

Conclusion (de la prof) : le langage fait de nous des êtres humains en cela que nous ne sommes humains qu'en relation avec d'autres humains. Autrement dit, sans langage et sans communication, pas d'humanité et une vie limitée, voire inexistante.

PS : cette expérience est véridique. On apprend des choses intéressantes à la fac !

14 décembre 2010

Deuxième dieu de mon Panthéon: J-S Bach

Hier soir, après une journée éreintante, j'ai été me réfugier dans la douce chaleur des Bouffes du Nord, aux côté de ma p'tite Mutti et de ma chère Cécile. Deux heures et demi d'enchantement pour mes oreilles lasses d'entendre des gamins chahuter.

Les Concertos brandebourgeois, un paradis pour les oreilles. Sur instruments d'époque, vue de la corbeille, un délice pour les yeux.

La langueur des violoncelles et violes de gambe m'endort, et je m'éveille aux applaudissement. J'ai dormi de ce sommeil irréel qui nous surprend dans toute salle de spectacle. Le silence religieux qui entoure les musiciens, l'obscurité qui apaise après l'agression des néons métropolitains, et la chaleur agréable qui vient panser les griffures du froid. Un sommeil qui nous prend sans prévenir, mais qui nous garde une oreille ouverte, pour recueillir les envoûtantes mélodies de Bach. Ce sommeil suivi d'un réveil que l'on ne voudrait jamais voir s'achever, un réveil où l'on ne sais plus où l'on est, tout en le sachant; un réveil environné d'une musique divine.

Les rayons tombent de la coupole sur les violons élégants, sur les cors scintillants, sur les flûtes agiles, sur le clavecin virtuose. Les mouvements se succèdent et m'enchantent.

8 novembre 2010

Dégoût

Je me sens malade. Je n'ai pas mal au crâne, ni même à la gorge. Non, je me sens nauséeuse. Il me donne envie de vomir.

Il a une façon de penser et d'exprimer les choses – ou de ne pas les exprimer – qui me donnent juste envie de croire qu'il n'est pas celui que je connais. Que l'homme dans lequel j'ai cru si longtemps, que la personne en qui j'ai eu confiance et dont j'ai été fière toutes ces années n'est pas celui qui aujourd'hui se croit tout permis sous le seul prétexte que ça lui fait plaisir.

Il pense que sa femme et ses enfants, ce n'est pas pareil. Drôle de définition et de conception de la famille. Parce que selon lui la famille, ce n'est pas un tout*?

Qu'un homme de son âge se défausse ainsi de ses responsabilités, qu'il renie aussi facilement un engagement pris il y a vingt-cinq ans, ça ne me donne pas envie de croire en l'humanité. Que les hommes soient capables de telles bassesses, alors qu'un enfant qui fait la même chose est puni, est tout simplement impensable.

L'homme est barbare. La civilisation n'est qu'un vernis trop vite gratté. L'homme est un égoïste. La société n'est qu'un leurre, où chacun se lorgne, attendant que l'opposant attaque le premier. Chacun défend son « bonheur », mais à quel prix!

Il y a des jours où l'humanité est laide. Hideuse. Et lui est un des éléments de cet ensemble le plus en-dessous de tout.

Il fait pitié.


* Ce n'est pas aux homosexuels qu'il faudrait interdire le mariage, c'est aux gens comme lui.

8 octobre 2010

Lassitude

La Paresse est - dit-on - mère de tous les vices.

Je n'y crois pas. La Paresse serait trop fatiguée d'avoir à porter des enfants, d'avoir à les élever dans son sein. La Paresse attend que ça passe.

La Paresse a quelque chose de la lâcheté.

La Paresse a horreur du conflit, de la violence, de l'alter-cation. La rencontre avec l'Autre l'épuise. La rancœur, la rancune sont trop d'efforts, elle préfère oublier en se noyant dans le Léthé. Elle cueille la fleur du pavot pour ne plus penser.

Le pardon, pour la Paresse, n'est pas un véritable pardon. C'est plutôt une fuite, une élision. Elle le prodigue avec générosité, son pardon qui confine à l'indifférence. Elle ne veut pas voir le mal, parce que c'est douloureux. Et la douleur est épuisante.

La Paresse rêve au sommeil. La Paresse ferme les yeux et refuse de voir. Elle se contente de ce qu'elle a. Ou qu'elle n'a plus.

Parfois, elle en souffre. Les Autres ne comprennent pas toujours, et son flegme finit par l'isoler. Mais elle a fait assez d'efforts pour le moment. Elle n'ira pas plus loin.

La Paresse n'est pas mère de tous les vices. La Paresse pourrait engendrer la Paix. Une paix égoïstement égocentrique, un esprit apaisé pour lui-même, en lui-même, qui ne tiendrait pas compte du reste du monde. Mais une forme de paix malgré tout.

4 octobre 2010

Du bonheur de trier des livres

Ce matin, une indéfectible bonne humeur m’habitait. J’avais écouté “Lemon tree” sur toute la durée du trajet, et j’allais m'emmitoufler dans le silence et la poussière du CDI. J’allais avoir quelques heures rien que pour trier des livres et mettre de l’ordre dans des bibliothèques! Ô joie félicitesque! (En plus, j’en suis au rayon littérature, où on ne jette rien - à l’exception de quelques vieux Larousse violets et dépiautés.)

Une impression de “oh... c’est déjà fini” s’est emparée de moi lorsque j’ai quitté le collège, tout à l’heure. Parce que quatre heures de CDI, c’est trop court. Et maintenant, je vais devoir patienter jusqu’à lundi prochain pour continuer mon rangement et mon tri. Lundi prochain me semble à une éternité de maintenant!

Heureusement, mon collègue prend soin de mon enthousiasme et m’a confié l’achat de quelques bouquins. C’est pourquoi, cette semaine, entre deux heures de cours à la fac, j’irai traîner mes guêtres chez Gibert.

(Et quand j’ai vu qu’à la fin de sa liste, il avait ajouté mangas/BD, je ne me suis plus sentie de joie! Un immense couinement s’est élevé en moi! C’est qu’il ne sait pas à qui il a affaire, le pauvre! Bientôt dans nos rayons De cape et de croc et Blacksad! On va redonner un peu de jeunesse à ce CDI, que diable!)

(Et mes nouveautés ont eu du succès: aujourd’hui sont partis Oh boy! et Complot à Versailles^^)

((PS: c’est impressionnant la quantité de Claudel qu’on trouve dans ce collège! Claudel et Péguy...))

3 décembre 2007

L'insomnie se poursuit...

THREE NAMES YOU GO BY:
01. Laure
02. Loche
03. Inci

THREE SCREEN NAMES YOU HAVE HAD:
01. L'âne-onyme
02. Clio
03. Inci

THREE THINGS YOU LIKE ABOUT YOURSELF:
01. Ma paresse
02. Savoir cuisiner
03. Savoir conduire (^^)

THREE THINGS YOU HATE ABOUT YOURSELF:
01. Mon envie
02. Ma jalousie
03. Ma timidité

THREE THINGS YOU DON'T UNDERSTAND:
01. La philosophie
02. La politique
03. L'économie

THREE THINGS THAT ANNOY YOU:
01. Les maux de ventre
02. La philosophie
03. Ma timidité

THREE THINGS THAT SCARE YOU:
01. Les gens
02. Les maux de ventre
03. Le bus

THREE OF YOUR EVERYDAY ESSENTIALS:
01. Manger
02. Traîner sur internet
03. Le latin/ le grec

THREE THINGS YOU ARE WEARING RIGHT NOW:
01. Mes babouches
02. Mon pyjama
03. Mes lunettes

THREE THINGS ON YOUR DESK:
01. Mon ordinateur
02. Une tonne de paperasses
03. L'Archiviste de Schuiten & Peters

THREE THINGS YOU SAY THE MOST:
01. Merde
02. Ca va?
03. Hello!

THREE OF YOUR FAVORITES SONGS AT THE MOMENT:
01. This is Halloween
02. Let go
03. Double trouble

THREE PEOPLE YOU SPEND THE MOST TIME WITH:
01. Soria, à la fac
02. Mes parent, à la maison
03. Ces derniers temps, el Teckel

THREE THINGS YOU LIKE ABOUT YOUR CLOSE FRIENDS:
01. Ils m'acceptent comme je suis
02. Ils aiment mes compils de musique nulle
03. ... ce sont mes amis!

THREE THINGS YOU CAN'T DO:
01. Une dissertation de philosophie
02. Chanter l'Hallelujah de Rufus Wainright juste
03. Supporter mon frère plus de trois heures d'affilée

THREE OF YOUR FAVORITE HOBBIES:
01. Blogger (écrire ET lire)
02. Ne rien faire
03. Dessiner

THREE THINGS YOU WANT REALLY BAD RIGHT NOW:
01. Des vacances
02. Du temps pour faire tout ce que j'ai envie de faire
03. Aller au cinéma

THREE CAREERS YOU'RE CONSIDERING:
01. Quelque chose...
02. ... avec du latin...
03. ... et du grec...

THREE PLACES YOU WOULD GO ON VACATION:
01. Limeuil
02. Florence
03. Edinburgh

29 septembre 2011

Soutenance

La soutenance des mémoires de notre promo a eu lieu ce matin. Hier matin, nous étions trois à avoir rendu le mémoire. Ce matin, nous sommes huit à passer sur l'échafaud au tableau. Nous n'étions pas très frais, puisque tous, nous avons plus ou moins passé la nuit à préparer les transparents pour l'oral.

Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs, mais chez nous, tous les élèves de la promotion assistent aux soutenances. Sont également présents des élèves de M1 venus voir comment ça se passait, les redoublants de M1 venus nous encourager, et tous les profs qui ont pu se libérer. La salle contient donc entre vingt et trente personnes, dont celles du fond bavardent, les fumeurs se lèvent régulièrement et j'en passe.

Les uns à la suite des autres, nous passons au tableau. Une fois les petits problèmes techniques réglés ("j'ai un Mac mais pas d'adaptateur VGA - mon ordi n'a plus de batterie - je n'ai pas fait en format PDF..."), les exposés s'enchaînent. Cette année, les sujets sont variés, et ma foi, fort intéressants. Même ceux qui ont dû travailler sans l'appui de leur directeur (qui ne répond pas aux mails pendant les vacances - ni avant ni apès d'ailleurs) s'en sont sortis honorablement.

On lit le stress dans les tics verbaux ("en fait - donc - en fait - en fait - donc"), dans les mains moites qui ont du mal à savoir dans quel ordre faire défiler le diaporama, dans les visages au regard fuyant, tournés vers l'écran, dans l'espoir d'être oubliés par le jury.

Au bout de trois heures, tout le monde sort : le jury délibère. Le temps passe. On imagine que les profs ont fui par une autre sortie. Ou qu'ils se sont entretués. Ou qu'ils sont en train de déjeuner sur nos mémoires, pendant que gargouillants, nous attendons les résultats.

Enfin, la porte s'ouvre. Les notes sont révélées : tout le monde obtient la moyenne (et passe en M2). Sourire généralisé, pour fêter ça, on va déjeuner dans le parc de Cluny. Il y en a qui sont partis, d'autres qui ont envie de partir, et ceux qui, indéfectibles, restent à la Sorbonne. Journée un peu à part, mais désormais, je peux dire que je suis en vacances ! (Jusqu'à lundi.)

13 octobre 2010

Jour de grève

Le séminaire du matin avait été annulé, et je prenais mes aises dans mon appartement. J'avais rendez-vous avec une ancienne élève de cours particulier afin qu'elle me rende des livres, mais pas avant midi et demi.

A neuf heures, C*mplétude me tire du lit pour me demander si je veux donner un cours d'allemand au Plessis-Robinson. De ma voix pâteuse, je réclame qu'on enlève de suite cette commune et cette discipline de mon profil.

A onze heures, mon frère me textote qu'il doit être à Bastille vers une heure et demi: on peut se retrouver? Évidemment. Qu'il descende à Saint-Michel, j'y serai.

Je sors de chez moi. Jour de grève. 2/3 pour la 13 et 1/2 pour la 10, ça devrait le faire. Ligne 13 déserte, ou presque, c'est bon signe. Il y en a toutes les trois minutes, on voit à peine la différence. Duroc, ligne 10. Et là, je savais que j'aurais dû descendre à Montparnasse pour marcher jusqu'à Saint-Mich', je le savais. Dix minutes d'attente, quai bondé. C'est bizarre, parce que l'attente n'est pas beaucoup plus longue que d'habitude, mais la foule est dix fois plus dense. Il y a des mystères que l'on n'explique pas. Une voix annonce un délai de vingt minutes entre chaque rame. Ah oui, d'accord. Là c'est carrément plus long que d'habitude.

Bref, je finis par me retrouver à Saint-Michel, récupérer mes livres et retrouver mon frère. Nous avons trois quarts d'heures pour aller dans une petite rue derrière Bastille. Il me sort tout sourire que le blocus de son lycée a un avantage: il peut aller sur Paris pour prendre des cours de danse. Certes. (Et ses camarades qui pensaient qu'il se dévouait pour aller manifester!)

Le métro, pour aller à Bastille, ne me tente guère. Et à pied on y sera dans les temps. On casse la croûte devant Notre-Dame et on repart. Traversée de l'île de la Cité, puis de l'île Saint-Louis. On remonte le boulevard Henri-IV jusqu'à la place de la Bastille (avec son génie sur lequel il pleut des cordes dans Les Chansons d'amour), on prend la rue de la Roquette, toute mignonne, puis on cherche le passage Thiéré avant de déboucher sur un autre passage encore plus minuscule. Ce quartier est vraiment sympa.

J'abandonne mon adelphe au bout de la rue et repart, mais par un autre chemin. Je finirai bien par me retrouver. Rue Charonne. Rue du Faubourg-Saint-Antoine. Une avenue dont j'ai oublié le nom mais qui mène tout droit jusqu'à la gare d'Austerlitz. C'est là que j'ai repris le métro (avec la 10 bondée et la 13 déserte - cette inversion des proportions est déstabilisante).

Pour résumer: Saint-Michel - Notre-Dame - Saint-Louis - Bastille - Austerlitz. A pied. Pour ne pas prendre le métro, ou le moins possible. Et pour le plaisir de marcher sous le soleil de l'automne, dans l'air frais et limpide.

6 décembre 2006

6

Bonne Saint Nicolas! Chez nous, on ne la fête pas ou peu, mais je crois que dans certaines régions elle est bien plus importante que Noël... Pour tout le monde, voici les paroles d'une chanson que vous avez sûrement apprise à l'école.

Les trois petits enfants

Ils étaient trois petits   enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.

  S'en vont un soir chez le boucher:
  - Boucher voudrais-tu nous loger ?
  - Entrez, entrez petits enfants,
  Y'a de la place assurément.

  Ils n'étaient pas sitôt entrés,
  Que le boucher les a tués.
  Les a coupés en p'tits morceaux,
  Mis au saloir comme des pourceaux.

  Saint Nicolas au bout d'sept ans
  Vint à passer dedans ces champs,
  Alla frapper chez le boucher:
  - Boucher, voudrais-tu me loger ?

  - Entrez, entrez, Saint Nicolas,
  Il y a d'la place, y n'en manque pas !
  Il n'était pas sitôt entré
  Qu'il a demandé à souper.

   - Voulez-vous un morceau de veau ?
   - Je n'en veux pas, il n'est pas beau !
   - Voulez-vous un morceau d' jambon?
   - Je n'en veux pas, il n'est pas bon !

  Du petit salé, je veux avoir
  Qu'y a sept ans qu'est dans le saloir !
  Dès qu'le boucher entendit ça,
  Hors de la porte, il s'éclipsa.

  Boucher, boucher, ne t'enfuis pas !
  Repens-toi, Dieu te pardonnera !
  Saint-Nicolas alla s'asseoir
  Dessus les bords de ce saloir.

  - Petits enfants qui dormez là
  Je suis le grand Saint Nicolas,
  Et le saint étendit trois doigts,
  Les p'tits se r'lèvent tous les trois

  Le premier dit : J'ai bien dormi !
  Le second dit : Et moi aussi !
  Et le troisième, le plus petit :
  Je croyais être au Paradis !

25 mai 2011

Sur le vif

L'odeur sucrée des roses, en plein soleil, sur le chemin de la mairie.

Les pleurs d'un enfant dans le ras-le-bol ambiant de la préfecture de police.

Le regard de veau d'un élève, quand je lui demandais pour la millième fois de se taire et d'écouter le cours (sans effet).

La sensation du sable qui s'infiltre dans mes sandales.

L'excitation, plus que l'anxiété, due à mon exposé sur le hangeul ; l'envie de poursuivre pendant des heures cette présentation.

Le violon qui joue une gigue irlandaise, au premier étage de mon immeuble. Son perçu entre deux portes, dans l'escalier.

19 mai 2010

Traversée

Il est dix-sept heures trente, je sors du train. À Saint-Lazare la foule est dense à cette heure-ci. L'idée-même de la ligne 13, bondée, débordant de corps suants et poisseux, me donne la nausée. Je n'ai guère envie de descendre sous terre alors qu'il fait aussi lourd. L'air est doux, un peu collant. Je me mets donc en marche. Une idée fixe en tête: rejoindre la Porte de Vanves à pied, sans autres plans que ceux que je trouverai sur les bouches de métro et les arrêts de bus. Il est dix-sept heures trente, je sors de la gare Saint-Lazare.

Je m'avance un peu au hasard dans ces rues larges et fourmillantes. Sur le boulevard, ou la rue, ou l'avenue, dont j'ignore le nom, les voitures se pressent dans une cacophonie assourdissante. En attendant de trouver chemin plus calme, le Dies irae tente tant bien que mal de couvrir le boucan.

Je m'avance au hasard. Je sais que je dois aller vers le sud, en quasi-ligne droite. Malheureusement, où trouver le sud quand on sort d'une gare aussi grande? Alors je prends les rues en suivant mon flair. Je me retrouve place de la Madeleine. Pas trop mal: c'est la station suivante sur la 12. Prochaine étape: Concorde. En suivant ainsi le trajet de la ligne 12, je finirai bien par me retrouver sur la rue de la Convention, ou même Porte de Versailles.

Je prends un boulevard, au hasard. Large. Une trouée de lumière. Derrière, l'imposante Madeleine. Devant, la place de la Concorde s'ouvre à mes regards. Superbe. Si je passe par les Tuileries, je retrouverai la passerelle du Musée d'Orsay, et Solférino, sur la 12. C'est pas mal. Je poursuis. Les Tuileries, l'ombre des arbres, les contre-allées désertes. Et le passage sous la rue, la passerelle qui enjambe la Seine. À droite, le Grand Palais, le pont Alexandre-III. Le soleil qui raye les nuages sombres. À gauche, dans un camaïeu de gris, au loin, les tours de Notre-Dame. Saint-Michel est à gauche. Il faut que j'aille tout droit. Rue Solférino, c'est bon, je suis dans la bonne direction.

Puis arrive le sixième arrondissement. Je prends des rues au hasard, je retrouve quelques noms connus: Vaneau, je suis sur la 10, Babylone, ah, la 12 et la 10 se croisent, il faut que je continue tout droit, vers le sud. Sèvres, on est pas loin d'une station de métro. Vaugirard! Enfin! Je connais cette, j'y fais cours, et j'ai déjà fait le trajet à pied jusque chez moi. Malheureusement, c'est une des rues les plus longues de Paris, et je ne sais plus trop de quel côté la prendre. Une station de Vélib' arrive à point nommé. Petit plan de quartier, et hop! Je réalise alors que je ne suis qu'à Montparnasse, et qu'il me reste encore pas mal de chemin... Qu'importe, je continue.

Rue de Vaugirard. Mon sens de l'orientation est gêné, j'ai l'impression que je ne vais pas dans la bonne direction. Lorsque j'arrive sur le boulevard du Montparnasse, impossible de retrouver cette rue de l'autre côté. Alors je prends Falguière, sur la 12 également. Je ne devrais plus être loin de Pasteur. J'avance et commence à m'inquiéter: me serais-je trop éloignée? Quand soudain, une rue large, des marronniers en son centre: le boulevard, ou la rue je ne sais plus, Pasteur. Je traverse. Je vois un 95 à contre-sens, c'est bon signe: il passe juste à côté de ma rue.

Je poursuis, toujours un peu au hasard. Je commence à avoir mal aux pieds. Ça commence à faire long: déjà une heure et demie que je marche. Une rue au nom bizarre, à gauche, les lignes de Montparnasse qui coupent le quartier. Une rue affiche « XVe Arrondissement », je souris. Je croise la rue Littré, la rue Platon. Et je me retrouve le long des voies de chemin de fer. C'est un peu la zone, il n'y a pas un chat. Ça fait déjà belle lurette que j'ai fait taire la musique à mes oreilles, pour profiter des bruits de la ville. À gauche, une halle aux huîtres. Tout à fait. L'odeur de poisson m'assaille, et je m'empresse de continuer. Je ne devrais plus être très loin.

Soudain, une barre d'immeubles qui me semble familière. Un panneau qui indique la ceinture ouest. Des arbres, de grands acacias. Le bruit qui s'est apaisé. Je suis tout près! Mon pas s'accélère, le cheval sent l'écurie, comme on dit. À droite, encore à droite. Dans mon impasse, cette odeur unique d'acacias et de glycine, les jardins débordant de feuillage et de fleurs. Cette impasse, c'est chez moi, et je suis arrivée.

J'ai marché deux heures. Il me reste trois étages à monter.

11 mai 2010

Caelum in caput nostrum cecidit...

Java. Cela faisait plus d'un mois et demi que nos dignes professeurs nous parlaient de ce projet. Plus d'un mois et demi que nous demandions des détails, et que nos questions restaient sans réponse. Aujourd'hui, la sentence est tombée: créer un arbre binaire organisé équilibré à partir d'une liste de cinq mille mots, rendre un rapport de minimum dix pages, dans lequel nous allons expliquer tout ce que nous sommes censés avoir compris (encore faudrait-il qu'on parvienne à un résultat pour avoir compris) et le tout pour dans... deux semaines! Ils se foutent de nous, il n'y a pas d'autres mots. Oh, et j'oubliais, un projet à rendre pour il y a deux semaines, que la prof est persuadée de nous avoir demandé mais dont personne n'avait pris note, ajouté sur nos frêles épaules déjà brisées sous le poids du fardeau. Comme si on était des super-programmeurs! Non mais franchement.

Et pour vendredi, "indécidabilité de l'arithmétique", c'est parti! Même mon correcteur orthographique ne connaît pas le mot "indécidabilité". Le problème d'un tel sujet d'exposé, c'est que c'est à la fois trop précis et trop large. Qu'entend-on par arithmétique? Dois-je définir le problème de la décidabilité? Ou est-ce que si je me contente de dire que l'arithmétique est indécidable, ça passe? Quelque chose me dit que ce ne sera pas suffisant...

Et bien sûr, les contrôles de mes élèves à corriger, les devoirs sur table à préparer, ainsi que les cours, supporter ces quiches bavasser pendant que je leur explique la poésie du subjonctif présent et la magie de la proposition infinitive. Endurer ces "Madame" à longueur d'après-midi. Et en rêver la nuit!

Il fait froid dans mon appart'. Je veux un poisson rouge. J'ai la flemme de me faire un chocolat chaud.

Ma sœur arrive dans une heure et demie.

J'ai envie de me plaindre.

Et de lire One Piece. Et d'écrire.

27 avril 2010

Déménagement en cours

Après cinq jours sous le soleil de Bretagne, à boitiller pour cause d'entorse, et un petit week-end "famille" dans le Perche (avec grands-parents, oncles et tantes, cousins, cousines, leurs conjoints et leurs enfants), je reviens sous le soleil francilien, pour déménager. Un studio dans le XVème. Les trois étages sans ascenseur vont se faire sentir au moment de monter le lit et la table...

21 novembre 2006

A ma mie

Marie
Ma Mie
De vue
Je vous avais perdue.
Mon coeur brisé
Etait désespéré
Et maintenant
Ranplanplan
Que vais-je faire?
Prendre le ferroviaire
Je suis à Invalides
Et mon coeur avide
Se languit
De... [reprise]

"Vers" composés lors d'une de nos nombreuses escapades dans la capitale, le jours où nous avons couru après un malheureux appareil photo, où nous avons fait la connaissance de La Boétie et où nous avons découvert que les banques fermaient le samedi après-midi...
Petites chansons d'alors:

27 novembre 2011

Transcription

OUAIS il va pouvoir ranger ses-ses beaux vélos parce que comme d'habitude je suppose que dans-ans s- dans sa garde-robe entre guillemets il aura emporté un vélo jaune un vélo vert un vélo rouge + comme d'habitude EUH: + qu'il assortit d'ailleurs à: + à son cuissard et à son maillot c'est superbe vous savez Franck hein c'est un garçon qui est très élégant + voilà + on va vous donner très rapidement le-e-le classement général Boardman {pron=[bORman]} donc bien sûr en tê:te + à quatre secondes exactement Olano EUH Jalabert: EUH: donc des-des garçons qui sont EUH: vous l'avez compris tout-à-fait dans la course + EUH: au maillot jaune EUH peut-être dès demain soir pourquoi pas avant + EUH de pénétrer sur le territoire français imaginez + un-un Laurent Jalabert EUH: demain + EUH + qui gagne EUH + qui grapille quelques EUH secondes de /modifications,bonifications/ dans les sprints intermédiaires EU- + ou qui gagne EUH tout simplement + EUH l'étape et + on verrait EUH non seulement le-le maillot EUH le maillot

Tout ceci est absolument fascinent. Le rapport est à rendre ce soir avant minuit. Je suis fatiguée d'avance.

15 janvier 2012

Jargon mathématique

Estimation, algorithme, topologie, somme pondérée, moyenne, probabilité, gaussienne, logarithme, grandient... Les mots semblent une litanie sans fin de syllabes, à peine articulées, heurtant l'oreille et nous plongeant dans un silence dubitatif et dans l'expectative. Probabilité conjointe maximale. L'expression est lâchée. Ce pourrait être une insulte que nous n'y verrions que du feu.

Cet être mou et qui se croit investi d'une sacro-sainte autorité mais qui ne parvient même pas à avoir le respect de ses étudiants a peut-être l'intention d'empêcher toute question ou protestation en nous noyant dans son jargon technique et d'une laideur à pleurer.

Aridité, sécheresse. Nous sommes dans le désert des statistiques. Ou des probabilités. Le tout appliqué à la parole. Saupoudré de formants, de spectres, de pitch, de hertz, de nanosecondes. La linguistique est peut-être une discipline sévère et rigide, mais jamais je n'avais imaginé qu'on pourrait la rendre aussi vide, aussi désincarnée.

C'est triste.

24 juin 2010

Odorat

L'escalier de bois craque sous mes pas. Il est dix heures et demie. L'odeur d'humidité ou de poussière je ne sais pas trop imprègne les couloirs. Cette odeur qui finira par signifier que je suis chez moi. Pour l'instant, je l'apprivoise, peu à peu. Dans le hall d'entrée flotte un reste de parfum à la vanille bon marché et de tabac froid. Dehors, le soleil chauffe déjà.

L'odeur coutumière du train, ou plus exactement du RER C. Même les rames pour Versailles et celles pour Saint-Quentin portent des nuances différentes. Dans les transports, la sueur agresse les narines. Touristes massés et bruyants. Les accordéons attaquent en bande sur cette ligne, et détruisent le fragile équilibre de vos neurones. La migraine se fait sentir. Qu'ils cessent, pitié !

La place d'armes brille comme la carapace luisante d'un gigantesque scarabée. Les pavés disparaissent sous la foule des touristes et badauds venus prendre le soleil et s'emplir de culture. Avec mon frère, nous traçons notre route vers les tréfonds du parc, là où nous savons que le silence se fait davantage entendre. Les gravillons crissent sous la semelle, la lumière fait ciller. Le long des charmilles, la fragrance reconnaissable entre toutes des balades de notre enfance avec les grands-parents. Les feuilles suintent leur parfum sous le chaud soleil.

Dans le bosquet de la reine, il n'y a presque personne. Les buis sont plus odorants que jamais. La pelouse n'est pas aussi bien entretenue qu'ailleurs. Dans un coin, un passage vers un recoin ombragé. Dans l'herbe folle, nos pas réveillent le thym. La sortie nous conduit à l'orangerie.

Au milieu des bacs, il n'y a personne. Les promeneurs préfèrent les photos vue-d'en-haut à la réalité tangible et sensorielle d'une promenade parmi les orangers. Ils sont en fleurs. Les corolles blanches sont exquises. Parfum sucré, doux. Qui me rappelle mon voyage - il y a longtemps - en Espagne, avec les autres grands-parents. Dans les grands halls de pierre, immenses, vides en cette saison, règne le doux murmure de l'humidité, comme seules le recèlent les caves. Nos pas résonnent. Nous poursuivons. 103 marches, je suis formelle. Théo a perdu le compte.

Austerlitz, la Pitié-Salpêtrière. Été comme hiver, il y a les clochards, les ivrognes, tous les démunis qui règnent dans le square, sous la rame du métro, et leur odeur aigre qui les suit lorsqu'on les croise. Le cours commence, les figures de style dansent. L'odeur du thé, dans ma tasse.

Ce soir, la vaisselle dans mon évier sent le graillon, et j'ai les mains qui sentent la lessive...

4 mai 2010

Rentrée difficile

En moins de vingt-quatre heures, la température a brusquement chuté. Je pensais pouvoir mettre au placard mon manteau d'hiver pour les six prochains mois, au moins, mais non, j'ai été obligée de le ressortir.

S'ajoute à ce temps peu clément, une classe de troisièmes impitoyables. Qui profitent de cinq minutes d'intercours où je m'absente pour donner les carnets aux surveillants et passer un coup de fil urgent (livraison de LibreBoîte oblige) pour se barrer en courant. "Mais Madame, y a quelqu'un qui a été à la vie scolaire qu'a dit qu'y avait pas cours!" Bien sûr... J'étais là y a cinq minutes et je ne ferais pas cours à l'heure suivante? Surtout que personne n'est descendu à la vie scolaire. M'enfin. Ce genre de réaction débile ne me donne que plus envie de mépriser ces morpions.

Et la livraison de la LibreBoîte, avancée au jour même sans préavis. Il faut être à son domicile en attendant le livreur, qui passera "entre 9h et 19h". Bien... Je n'étais pas chez moi. Mais j'ai finalement réussi à mettre la main sur mon colis, et j'ai une connexion internet! (J'avais déjà le réseau wifi du quartier, mais ce n'est pas pareil ^^).

Alors hier soir, je me suis vautrée devant trois épisodes de la série Sherlock Holmes. Et à vingt-trois heures, je me suis brusquement rappelé que j'avais un devoir sur table à réviser.

Vivement la fin de la semaine...

(Pour la peine, je vais aller à Gibert tout à l'heure, na.)

26 juin 2014

Outre-Atlantique, troisième escale

Sur la septième avenue, le traffic est dense ce matin. Taxis, bus, camions de livraison klaxonnent et slaloment; les piétons se massent en direction de la gare. J'attends le car pour Baltimore.

Le bus, réfrigéré, me lâche dans la chaleur suffocante de la banlieue de Baltimore. C'est quasi-désertique, ou c'est du moins l'impression que l'on a quand on arrive de Manhattan. Au bout du parking, un hôtel, où je demande comment rejoindre le centre-ville. On  m'indique le McDo: ça tombe bien, j'ai faim. Je finis par trouver l'arrêt de bus. Trois quart d'heures plus tard, j'ai quitté la banlieue et rejoint le port avec ses grands hôtels. La climatisation du hall me tombe dessus sans crier gare. On me donne une chambre au douzième étage.

Ce soir, alors que je dînais tranquillement au fond de mon lit devant quelques épisodes de Castle (la grande surface bio du coin propose un buffet de salades fort intéressant), l'orage a éclaté. Les éclairs flashent dans le ciel, le tonnerre roule puis éclate juste au dessus, amplifié entre les immeubles. En bas, les arbres ploient sous le vent, les piétons courent se mettre à l'abris. Bientôt le déluge vient frapper aux fenêtres.

24 juin 2014

Outre-Atlantique, première escale

Faisons original : c'est depuis l'Adirondak, perdu au milieu de nulle part, tout au Nord des Etats-Unis, que je vais vous conter la première étape de mon voyage outre-Atlantique. Arrivée jeudi dernier à Montréal, en tout début d'après-midi, après un trajet sans surprise, j'ai pu profiter d'un temps splendide adouci par un petit vent frais des plus agréables avant de descendre vers le Sud où m'attendent des températures aux allures suffocantes.

Le vol m'a permis d'échanger quelques banalités avec un voisin Québécois fort disert, et de découvrir trois films récents pour passer le temps (Minuscule - sympathique, - Le Quai d'Orsay - très bien adapté de la bande dessinée éponyme - et Yves Saint-Laurent - intéressant avec de belles images). L'arrivée a eu ses surprises (les bagages arrivés avant les passagers, qui nous attendent sur un tapis immobilisé, le douanier qui me demande de déclarer la valeur de mon poster pour le colloque...), mais une fois en centre-ville, j'ai pu me vautrer sur la première étendue herbeuse que j'ai croisée et m'endormir.

Vendredi j'étais seule pour parcourir les rues de Montréal et (re)découvrir son atmosphère. J'ai donc suivi les conseils d'une amie et choisi de visiter le centre d'histoire de la ville. Grand bien m'en a pris. J'ai appris énormément d'éléments historiques à travers maquettes des différents types d'habitations et biographies de femmes et d'hommes ayant eu une relation privilégiée avec Montréal. Une exposition temporaire à la scénographie des plus ingénieuses présente la ville des années folles, sous l'éclairage des différents traffics qui pouvaient s'y faire. Scandale! est son titre. Après un déjeuner dans le Vieux-Montréal, j'ai opté pour une visite au Château Ramezay, maison du gouverneur datant du XVIIe siècle et présentant de nouveaux éléments sur l'histoire de la province québécoise. En bonus, une exposition sur les crimes célèbres de l'époque et leurs châtiments.

Samedi, j'ai suivi K., l'ami qui m'héberge, sur le belvédère du Mont-Royal. Nous redescendons à pied vers le centre-ville avant de nous arrêter au Musée des Beaux-Arts. Si les collections ne sont pas transcendantes, le musée en lui-même vaut le détour. Salles spacieuses, exposition aérée, canapés moelleux et organisation pertinente. Le musée présente quatre bâtiments, auxquels on accède par le sous-sol. Le premier offre une collection d'art international du Moyen-Âge au XXIe siècle. A l'exception d'un James Tissot que j'ai eu la joie de voir dans son environnement d'origine (je l'avait découvert lors d'une exposition à Paris), rien ne m'a vraiment marquée. Cependant, les audioguides, gratuits, proposent une playlist assortie aux oeuvres, présentant ainsi une histoire de la musique parallèle à l'histoire de la peinture. Très agréable le Jean-Chrétien Bach devant un Gainsborough! Le deuxième pavillon offre une collection d'art du Québec des plus intéressantes. L'ordre chronologique est de mise ici aussi, mais je découvre avec intérêt des artistes locaux (inuits ou colons). Enfin les deux derniers bâtiments présentent une collection de mobiler et d'artéfects archéologiques à l'intérêt limité. En sortant, six heures plus tard, nous nous posons sur le campus de l'Université McGill.

Dimanche, c'est jardin botanique. Le soleil chauffe. Les rosiers en fleurs embaument. Les serres recèlent des trésors de lianes et de fleurs étranges. Le jardin japonais apaise avec les clapotis de ses ruisseaux. Les rhododendrons et azalées ne sont plus en fleurs, mais la promenade sous les pins, les pieds qui s'enfoncent dans l'humus, est des plus agéables. Le jardin chinois, conçu en Chine et importé par bateau en pièces détachées, présente quelques bonzaïs à l'âge vénérable de 215 ans. Le potager, le jardin de monastère, le carré des plantes toxiques, nous permettent d'évoquer des souvenirs d'enfance, culture de pomme de terre et compote de rhubarbe. Après le déjeuner, nous traversons l'avenue et nous rendons de l'autre côté du stade olympique, au biodôme. Ce que c'est ? Quand j'y ai mis les pieds, je n'en avais aucune idée. Puis j'ai découvert qu'il s'agissait de serres immenses, reconstituant différents environnements. La forêt tropicale a vite fait de nous mettre en eau, mais les aras s'ébrouant dans les arbres immenses, les crocodiles se chauffant au bord de l'eau ou encore les grenouilles aux couleurs incroyables dans leur vivarieum ont raison de notre réticence. Plus loin, la région montagneuse du Canada nous montre castors et loutres. Le lynx s'est caché. La zone du Labrador voit danser quelques manchots et macareux. Absolument réussi !

Aujourd'hui lundi, j'ai pris l'Adirondak pour New York. Difficile de partir quand il reste tant à voir.

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