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Vous en parlerez à votre cheval...
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9 février 2011

Liste livresque

EDIT : après relecture, je me suis rendu compte que Lord of Flies se traduisait par Sa Majesté des Mouches, et que par conséquent, ma liste passait de dix à onze...

Taggée par Mimy, voici ma liste. J'ai eu peur de n'avoir pas lu les six livres requis par la BBC, mais l'honneur est sauf, j'en ai dix à mon actif.

Have you read more than six of these books? The BBC believes most people will have read only six of the 100 books listed here. Instructions: Bold those books you've read in their entirety. Italicize the ones you started but didn't finish or read only an excerpt.

En prime, je soulignerai ceux dont j'ai vu une adaptation cinématographique. Figurent en orange ceux que j'ai l'intention de lire, un jour...

1 Pride and Prejudice - Jane Austen
Après avoir vu la série de la BBC, et avoir entendu parler de cette histoire moult fois au lycée, j'ai fini par le lire, ce roman.

2 The Lord of the Rings - JRR Tolkien
Après avoir vu le premier film, je me suis lancée dans la lecture de la trilogie. Mais j'ai largement préféré les films, plus digestes à mon humble avis.

3 Jane Eyre - Charlotte Brontë
Les extraits vus en cours ne comptent pas.

4 Harry Potter series - JK Rowling
Je ne me lancerai pas ici dans une diatribe incendiaire contre les films, et ne dirai qu'une chose : si vous n'avez pas lu les romans, lisez-les !

5 To Kill a Mockingbird - Harper Lee

6 The Bible
A mon actif, l'Apocalypse de Jean, le début de la Genèse et plein d'extraits des Évangiles, que je dois à mes heures de catéchisme...

7 Wuthering Heights - Emily Brontë
cf #3

8 Nineteen Eighty Four - George Orwell
J'avais commencé, intriguée, puis le film qu'on a vu en cours m'a traumatisée. J'ai dû arrêter au milieu du premier chapitre.

9 His Dark Materials - Philip Pullman

10 Great Expectations - Charles Dickens
cf #3

11 Little Women - Louisa May Alcott

12 Tess of the D’Urbervilles - Thomas Hardy

13 Catch 22 - Joseph Heller

14 Complete Works of Shakespeare
J'aime Shakespeare, et j'ai vu pas mal de ses pièces sur scène ( Le roi Lear, Roméo et Juliette, Les Joyeuses Commères de Windsor, Le Songe d'une nuit d'été...), sans parler du film Beaucoup de bruit pour rien de et avec Kenneth Branagh. Par contre, je suis loin d'avoir tout lu.

15 Rebecca - Daphné Du Maurier

16 The Hobbit - JRR Tolkien
Je l'ai largement préféré à la trilogie. J'attends l'adaptation cinématographique.

17 Birdsong - Sebastian Faulks

18 Catcher in the Rye - JD Salinger

19 The Time Traveler’s Wife - Audrey Niffenegger

20 Middlemarch - George Eliot

21 Gone With The Wind - Margaret Mitchell
Je n'ai jamais compris la fin du film, tant je déteste profondément le personnage principal. Scarlett O'Hara m'insupporte au plus haut point. Par conséquent, je n'ai aucune envie de lire le roman.

22 The Great Gatsby - F Scott Fitzgerald
cf #3

23 Bleak House - Charles Dickens

24 War and Peace - Leo Tolstoy
J'ai un énorme a priori sur les auteurs russes, bien que j'apprécie beaucoup le théâtre de Tchekhov.

25 The Hitch Hiker’s Guide to the Galaxy - Douglas Adams

26 Brideshead Revisited - Evelyn Waugh

27 Crime and Punishment - Fyodor Dostoyevsky
cf #24

28 Grapes of Wrath - John Steinbeck

29 Alice in Wonderland - Lewis Carroll
Lecture en cours. J'ai commencé lundi. Et j'aime profondément le Walt Disney.

30 The Wind in the Willows - Kenneth Grahame

31 Anna Karenina - Leo Tolstoy
cf #24. Sans compter que le film - avec Sophie Marceau et Sean Bean - m'a complètement traumatisée. Je n'ai plus jamais regardé les trains de la même façon après.

32 David Copperfield - Charles Dickens

33 Chronicles of Narnia - CS Lewis
Le film du premier épisode m'a paru tellement gnangnan que je n'ai pas eu envie d'aller plus loin.

34 Emma -Jane Austen

35 Persuasion - Jane Austen

36 The Lion, The Witch and the Wardrobe - CS Lewis
cf #33

37 The Kite Runner - Khaled Hosseini

38 Captain Corelli’s Mandolin - Louis De Bernieres

39 Memoirs of a Geisha - Arthur Golden

40 Winnie the Pooh - A.A. Milne
Eh non! Je n'ai même pas vu les dessins animés...

41 Animal Farm - George Orwell

42 The Da Vinci Code - Dan Brown

43 One Hundred Years of Solitude - Gabriel Garcia Marquez

44 A Prayer for Owen Meany - John Irving

45 The Woman in White - Wilkie Collins

46 Anne of Green Gables - LM Montgomery

47 Far From The Madding Crowd - Thomas Hardy

48 The Handmaid’s Tale - Margaret Atwood

49 Lord of the Flies - William Golding
Roman étudié en 4e, qui m'a fait faire pas mal de cauchemars...

50 Atonement - Ian McEwan

51 Life of Pi - Yann Martel

52 Dune - Frank Herbert

53 Cold Comfort Farm - Stella Gibbons

54 Sense and Sensibility - Jane Austen
J'aime tellement le film que je finirai bien par lire le bouquin...

55 A Suitable Boy - Vikram Seth

56 The Shadow of the Wind - Carlos Ruiz Zafon
J'ai failli le lire, un jour. Je l'avais emprunté à la bibliothèque. Et puis je l'ai rendu.

57 A Tale Of Two Cities - Charles Dickens

58 Brave New World - Aldous Huxley
Très bien, même si je lui préfère - de très très loin - Farenheit 451 de Bradbury, qui devrait figurer en tête de cette liste. Non mais.

59 The Curious Incident of the Dog in the Night-time - Mark Haddon
Ma sœur l'a eu à son anniversaire. Et le titre m'a intriguée.

60 Love In The Time Of Cholera - Gabriel Garcia Marquez

61 Of Mice and Men - John Steinbeck

62 Lolita - Vladimir Nabokov

63 The Secret History - Donna Tartt

64 The Lovely Bones - Alice Sebold

65 Count of Monte Cristo - Alexandre Dumas
Autant j'ai adoré Les Trois Mousquetaires, autant, je ne sais pourquoi, j'ai un gros a priori sur celui-là.

66 On The Road - Jack Kerouac

67 Jude the Obscure - Thomas Hardy

68 Bridget Jones’s Diary - Helen Fielding
Je n'ai pas aimé le film, et n'aime pas franchement ce genre de livre.

69 Midnight’s Children - Salman Rushdie
cf #3

70 Moby Dick - Herman Melville
cf #3

71 Oliver Twist - Charles Dickens

72 Dracula - Bram Stoker

73 The Secret Garden - Frances Hodgson Burnett
Film découvert par le plus grand des hasards pendant les vacances de Noël dernières, sur Arte. J'ai été éblouie par la beauté des images, et après quelques recherches, j'ai découvert que le film était tiré d'un roman.

74 Notes From A Small Island - Bill Bryson
cf #3

75 Ulysses - James Joyce

76 The Inferno – Dante

77 Swallows and Amazons - Arthur Ransome

78 Germinal - Emile Zola
cf #3

79 Vanity Fair - William Makepeace Thackeray

80 Possession - AS Byatt

81 A Christmas Carol - Charles Dickens

82 Cloud Atlas - David Mitchell

83 The Color Purple - Alice Walker

84 The Remains of the Day - Kazuo Ishiguro

85 Madame Bovary - Gustave Flaubert
J'ai mis un mois à lire la première moitié, une nuit pour lire le reste. Mais je n'en garde pas un souvenir impérissable. Par contre Isabelle Huppert est classe dans le film.

86 A Fine Balance - Rohinton Mistry

87 Charlotte’s Web - E.B. White

88 The Five People You Meet In Heaven - Mitch Albom

89 Adventures of Sherlock Holmes - Sir Arthur Conan Doyle
Je ne pense pas avoir tout lu. Par contre, j'ai vu tous les épisodes de toutes les saisons de la série avec Jeremy Brett, ainsi que plusieurs films (anciens et récents) et un épisode de la série toute récente Sherlock.

90 The Faraway Tree Collection - Enid Blyton

91 Heart of Darkness - Joseph Conrad

92 The Little Prince - Antoine De Saint-Exupery
Cette lecture ne m'a pas vraiment marquée, à l'exception du dialogue avec le renard, vu en cours de catéchisme...

93 The Wasp Factory - Iain Banks

94 Watership Down - Richard Adams

95 A Confederacy of Dunces - John Kennedy Toole

96 A Town Like Alice - Nevil Shute

97 The Three Musketeers - Alexandre Dumas
Génial !

98 Hamlet - William Shakespeare
Objet d'un exposé en première.

99 Charlie and the Chocolate Factory - Roald Dahl

100 Les Misérables - Victor Hugo
C'est au-dessus de mes forces...

Bilan : cette liste manque cruellement de romans policiers...

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25 décembre 2010

Noël

Ça y est. Minuit a sonné depuis une heure. C'est Noël.

Dehors, les cloches de la cathédrale carillonnent joyeusement dans la nuit. La neige tombe en rafale depuis ce matin, a recouvert le sol d'une couche blanche et rendu les pavés glissants. Les maisons à colombages, les marchés de Noël, les odeurs d'épices et de vin dans les rues. Strasbourg sous la neige, un soir de Noël. Une sorte de rêve devenu réalité.

Pourtant.

Pourtant, demain matin, lorsque je me lèverai, je ne pourrai pas descendre dans le salon, rejoindre mes parents avec mon frère et ma sœur, en pyjama, pour le traditionnel déballage des cadeaux en famille, suivi du non moins traditionnel petit-déjeuner de Noël. Plus jamais une telle réunion n'aura lieu. Pourtant, il n'y aura pas de cadeaux pour Papa, pas de petite carte de Noël pour lui, pas de Nutella à table, plus son lait chaud au cacao amer. Il n'est plus là.

Il nous souhaite un joyeux Noël, mais comme s'il ne savait pas ce que cela signifiait. Comment Noël pourrait-il être joyeux cette année? Il garde un arrière-goût amer et désagréable.

____

Joyeux Noël à vous, chers lecteurs! J'espère que votre réveillon s'est passé dans la pure bonne humeur! Je vous embrasse,

inci

27 octobre 2010

Beauté et mystère de la grammaire

Au début, c'est une comptine, un rythme que l'on intègre en chantant, un rythme lent comme les battements de mon cœur ou plus rapide, si je me précipite. On conjugue, puis on décline, naturellement, on récite dans une régularité parfaite. On guette la forme qui ne sera pas exception. On recherche sa forme idéale, qui se décompose parfaitement : radical – la racine, l'origine, l'ancêtre du mot qui lui donne tout son sens, celui sur lequel on peut raconter des histoires et grâce auquel toutes les branches de l'arbre généalogique se remplissent ; suffixe – la béquille, la baguette magique qui modifie légèrement le sens du mot, lui donne un aspect différent, qui a le pouvoir de rendre un verbe au passé, de l'envoyer dans l'oubli, ou au contraire, de l'expédier dans le futur, dans le « pas encore accompli », et s'il est conditionnel, il se fera souhait et espérance ; terminaison – ruban dans la coiffure, rideau dans une pièce, ornementation ultime, qui parachève la forme et la rend complète.

Décliner, conjuguer, comme on respire ou comme on fredonne « Au clair de la lune » ou comme on récite un « Notre Père ». Naturellement, sans forcément comprendre. Puis vient le moment où les formes se recoupent, on voit l'accusatif en -m, on admire ces similitudes, on s'extasie devant l'économie de moyens mise en œuvre – ou plutôt devant cette régularisation forcée. On couve le paradigme du verbe être d'un œil d'antiquaire, avec ses reliquats d'indo-européen, on finit par l'aimer ce verbe irrégulier. On élargit notre vision, on se fait comparatiste, on déniche des similitudes où l'on n'aurait rien vu avant.

Puis, moment ultime de l'utilisation de toute cette beauté mathématique, mise en pratique. Devant le mystère d'un texte, l'analyse fuse, on réfléchit à peine, on souligne, encadre, entoure, gribouille le texte, jusqu'à ce qu'il rappelle les tableaux de Pollock. C'est une énigme que l'on doit résoudre, un code secret que l'on doit déchiffrer. Le sens apparaît peu à peu, la lumière se fait. La beauté du texte nous éblouit, et la traduction reste imparfaite, insatisfaisante, frustrante. Mais on a vu la construction parfaite du texte, on a vu sa grammaire, sa logique interne, sa colonne vertébrale et toutes ses articulations. On l'a admiré et son éclat nous a été offert le temps d'une analyse.

17 octobre 2010

Dépression et documentation

Vendredi. On nous annonce que le prof de l'après-midi est absent. De francs sourires s'étalent soudain sur nos visages. À midi, nous serons en week-end.

Après avoir déjeuné avec J. et pris le thé pendant que Mimy dévorait ses makis, je redescends vers Odéon et la ligne 4. Direction : le CDI. J'ai tout l'après-midi de libre, rien à faire chez moi à part écouter le plic-ploc de la fuite et dormir. Si c'est pour passer le reste de la journée sur internet, autant que ce soit pour enregistrer des livres dans la base de données.

Lorsque j'arrive, j'apprends que mon collègue s'en va, mais que je suis libre de laisser le CDI ouvert autant qu'il me plaira. Des 6ème me demandent à quelle heure ça ferme. Ils ont étude à 17h30. Très bien, je serai là.

Le silence est encore plus présent que le lundi matin. Il y fait aussi froid que chez moi. Mais peu importe : je m'attèle à la tâche. Je finis mon rangement des romans. Je libère de la place pour le théâtre et la poésie. Lorsque je regarde ma montre, il est presque dix-huit heures... Ne pas terminer mon tri me demande un gros effort, mais je finis par reposer les Psaumes de Claudel et enfiler ma veste. En passant, je jette un œil aux inscrits du futur club BD et grimace légèrement : il n'y a guère que des 6ème et des 5ème. Moi qui voulais de la variété, c'est pas gagné.

Dehors, le ciel est gris et plombé. Le périphérique est encombré, comme toujours à cette heure-ci. Le ciel donne l'impression qu'il va dévorer la ville : il est lourd, lourd, très lourd, et pèse sur mon estomac. J'ai très envie de pleurer, d'un coup, je ne sais pas pourquoi. Je ne me sens pas bien,il fait froid.

Ce soir, après une longue conversation téléphonique avec la mother, je pleurerai longtemps, songeant douloureusement que ma sœur me manque, et que ce n'est pas dans une semaine que je veux la voir mais tout de suite, que mon père me manque, et que je ne suis pas sûre de pouvoir le revoir un jour comme je le voyais avant.

Finalement, c'est épuisée et sur le chapitre 2 de Harry Potter and the Chamber of Secrets que je m'endors, le nez bouché et les yeux rougis.

30 mai 2010

Huhu

Mon projet aurait dû être rendu avant minuit hier, mais le fait est que j'en suis seulement à la moitié du rapport, donc ça attendra bien ce soir.
Cependant, j'ai eu une très bonne nouvelle hier matin, avant neuf heures, qui n'a rien à voir avec le Java, mais qui m'a un peu mis de baume au cœur en cette période de vaste angoisse.
Voyez vous-même...

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27 mai 2010

Going crazy

Il est près de minuit. J'en suis à la quatrième page de mon rapport (rapport sur un projet inabouti, mais peu importe), et j'écoute Daft Punk. La fenêtre est grande ouverte sur la pluie, mes yeux hagards sur mon écran. J'ai comme un point entre les deux yeux, douleur discrète mais bien présente. Je n'en peux plus de rester assise.
Il est près de minuit, et je sens samedi qui approche. Jour redouté et espéré tout à la fois. Redouté, parce que je n'aurai jamais terminé samedi. Espéré parce que j'aurai tout rendu samedi.
Ces algorithmes, ces boucles, ces fonctions récurrentes, j'en rêve, j'en cauchemarde la nuit. Je me réveille courbaturée avec des crampes. Il ne faut pas croire, l'informatique demande une véritable résistance physique. Notamment au niveau de l'estomac et du foie. Prendre dix à quinze kilos en deux semaines, c'est possible.
Daft Punk n'a pas vraiment d'effet. Java lui n'en a que trop. Des secondaires, je n'en sais encore rien. Des immédiats, c'est certain.

La semaine prochaine, révisions de partiels et correction de copies en pagaille. Entretien d'embauche pour mon boulot de cet été aussi. Penser à donner mes horaires de master au collège. Ne pas oublier mes cours particuliers.
Mon cerveau va exploser.
Java. Java. Java.
Arbre binaire ordonné.
Argh.

Je retourne à mon rapport au lieu de raconter ma vie. De toute manière, le style est le même. J'ai ajouté un préambule dans lequel je me plains du fait que je n'ai pas pu faire tout bien parce qu'on n'a pas eu le temps...
Beuh.

8 janvier 2012

pudor, oris : la honte

Le ciel ce matin s'assortit parfaitement à mon humeur, ou même, à mon état d'esprit : gris, monotone, froid, triste à mourir.

Il y a des moments où l'on nous dit de grandir, et ceux, bien pires, où l'on se rend compte par soi-même qu'il faut avancer. Bien sûr, il y a des choses qui évoluent sans douleur, presque imperceptiblement. Mais pour le reste, c'est au gré de désaccords croissants, de petites phrases piquantes et douloureuses comme « ce n'est plus de ton âge », que l'on apprend qu'il faut changer.

Le changement est terrifiant. Absolument et incontestablement paralysant. Il y a des jours où, sans doute, je le cherche avec avidité, et surtout quand je ne sais pas sur quel pied danser ou que je me retrouve sur des charbons ardents ; alors tout mouvement est le bienvenu. Mais quand on est bien au chaud dans un duvet, pourquoi en sortir ?

Sans compter que tout ne nécessite pas de changement. Des choses, qui relèvent des affaires intérieures, comme nos choix de livres ou de films, dépendent entièrement de nos choix et préférences. Il y a des adultes qui pratiquent encore des jeux de rôles et que d'hypocrites joueurs de poker ou autres « jeux de grands » vont regarder de travers ; il y a des adultes qui regardent encore des dessins animés, se protégeant du bouclier de la nostalgie et du souvenir. Personnellement, je ne me protège pas : pourquoi ? À quoi bon ? On peut bien lire et regarder ce qu'on veut.

Aussi, quand on m'a dit que je devrais grandir et lire des choses plus évoluées que Harry Potter, je me suis sentie blessée. Passe encore que ce soit un voisin de classe : c'était plus pour me charrier, et il a trente ans passés, il doit se sentir vieux. Mais ma propre mère. Elle n'a réussi qu'à me rendre honteuse de mes lectures. Parce que me dire d'arrêter ne me fera pas arrêter. Seulement désormais je ne pourrai plus lire dans le métro ou dans les couloirs de la fac sans penser à l'opinion des autres. Si même ma mère juge mes lectures, je ne sais plus où me réfugier.

Désormais j'ai peur et honte et mal, et si le ciel se met à pleuvoir, je risque de l'imiter.

30 décembre 2006

Paname, Paname, Paname!

Quoi que l'on fasse, quoi que l'on dise, quoi que l'on pense, on y revient toujours.

Après une courte nuit, j'émerge difficilement à 7h. Une heure plus tard, fin prête, je quitte la maison, certes peu chauffée, mais tout de même plus qu'à l'extérieur. Le jour se lève à peine et tout est blanc. Oh non, il n'a pas neigé, mais tout est blanc de givre. Le ciel est assez impressionnant dans ses tons layette. J'arrive un peu en retard chez ma Dame-Oiselle à cause du RER. Nous commençons à travailler. Elle finit, je prends du retard. Peu importe. Puis nous décidons d'aller déjeuner sur Paris. Elle doit aller faire quelques courses, et je n'ai pas d'aspiration particulière à rentrer chez moi.

Nous voilà parties. Quelques morceaux de musiques plus tard (morceaux que nous avons assidûment recherchés jeudi), nous arrivons à Saint Lazare, l'une chantonnant « Bambino » version OSS117, et l'autre tentant de se débarrasser du « Mauvais dieu » de Manau. Bref. Déjeuner à la Pomme de Pain, puis direction le marchand de guitares pour l'achat de partitions. Je l'accompagne gentiment. Nous attendons dans cette boutique un de ses amis guitaristes qui vient pour acheter une guitare à son jeune fils: ma Dame-Oiselle a l'insigne charge de tester l'instrument.

Une fois ressortis de l'échoppe, la petite sœur boude. Mais il faut la comprendre: on ne lui a rien acheté. Puis, nous allons pour nous rendre à Gibert, afin de nous procurer le célèbre ouvrage Le Territoire français, permanences et mutations, lorsque la petite se réveille et décide qu'elle ne veut plus que ma chère et tendre l'abandonne. Nous voilà donc projetées dans le métro avec une petite fille de quatre ans...

Au retour, problèmes de RER (ça finirait par devenir normal...) et enfant fatiguée, donc surexcitée. Oh, je dois avouer que cette petite est très mignonne, mais je n'ai jamais supporté les cris des enfants dans les transports en commun. Ma patience me permet d'obtenir dix petites minutes salvatrices, avant qu'elle ne descende du train. N'allez pas croire qu'elle s'est tu, non, mais au moins, ce n'était plus des cris et des piaillements. Elle parlait.

À peine rentrée que des amis de longue date débarquent par surprise. La mère et deux de ses fils. Quelques discussions fort sympathiques, puis ils nous laissent. Nous devons mettre la table: nous avons des invités ce soir... Désormais, les invités sont repartis, et le silence est tombé sur la maison. Demain matin, mon « élève » vient à la maison pour quelques mises au point de grammaire... je vais encore devoir me lever aux aurores!

Mais je pense déjà à quand j'y retournerai, avec qui et ce que j'y ferai, à Paname. Y errer, y aller sans n'avoir rien prévu... Comme un refrain qui revient sans cesse.

Quoi que l'on fasse, quoi que l'on dise, quoi que l'on pense, on y revient toujours.

16 novembre 2010

Poussée par ma gourmandise

Cannelle, gingembre, noix de muscade, clous de girofle... Quatre épices jetés un peu au hasard, sans doute parce que leur nom m'a séduite avec leur air de contrée lointaine, dans le velouté poudré du cacao amer. Le lait mousse et bouillonne. Il est temps. L'ingrédient magique est prêt: l'agar-agar est saupoudré délicatement dans le liquide parfumé.

Bientôt, j'aurai un superbe flan aux arômes d'hier pour accompagner ce temps monochrome, et le tout sans déborder de mes limites pas si draconiennes que ça mais assez contraignantes malgré tout.

15 octobre 2013

Swan Lake

Trois semaines après, c'est un bon délai pour écrire la "critique" d'un spectacle. D'un ballet plus exactement. Pour être précise, je peux ajouter qu'il s'agit de Swan Lake, chorégraphié par Dada Masilo. Et si "critique" est entre guillemets, c'est parce que je serais bien incapable d'écrire la moindre critique. Il s'agit là plutôt d'un commentaire, assez naïf d'une spectatrice qui n'a pas vraiment l'habitude d'aller voir des ballets. Pour lire la critique (sans guillemets) d'une connaisseuse, c'est par ici.


Cygnes sud-africains / Swan Lake par WebTV_du_Rond-Point

 Le spectacle commençait tôt, au théâtre du Rond-Point, et finissait une heure plus tard. Aussi sommes-nous ressorties alors qu'il ne faisait pas encore nuit sur les champs-Elysées, et que le soleil commençait à descendre sur la Tour Eiffel, la Seine et le Pont Alexandre III.

Une réécriture du Lac des cygnes qui mêle danse classique et danse africaine, qui parle d'homosexualité, de mariage forcé et de sida, c'est ce qu'annonçait l'affiche. Un programme chargé, pour une heure de spectacle !

J'ai beaucoup aimé la première partie, parodique, drôle, enlevée. J'avais déjà vu ce mélange de danse classique et de danse africaine, il y plusieurs années, à Saint-Quentin, quand j'avais été voir On danse, de Montalvo et Hervieu. Et j'avais aimé. Je dois reconnaître que c'est assez jubilatoire, cette danse sans retenue, qui donne toute son énergie, sans contrôle apparent. Bien sûr, en réalité, tout est contrôlé, mais je ne peux m'empêcher d'apprécier ces pied nus, ancrés sur le sol, qui martèlent joie et colère. Sans doute cette gestuelle me parle-t-elle plus que les codes de la danse classique.

Qu'importe. Le début est parodique. La narratrice prend la parole - l'anglais n'est pas toujours évident à comprendre du fond de la salle - et nous explique ce qui se passe dans un ballet. C'est assez tordant. S'ensuit le mariage, forcé, où l'on voit le prince qui renâcle. Tout le monde en tutu, hommes et femmes, sauf le prince. Et c'est la fête, tout le monde est heureux, sauf le prince. Arrive alors un second cygne, qui lui a l'heur de plaire au prince. Mais ce cygne est un homme, et les autres le conspuent. On le montre du doigt, la jeune fille pleure, la mère s'effondre.

On aurait pu s'arrêter sur ce drama, à la fois drôle et faisant preuve d'une unité honorable. Mais c'est alors que tout le monde revient sur scène, les tutus aux vestiaires au profit de jupes noires. La mort du cygne donne l'impression d'être un passage obligé. Ici, il fait référence au sida, d'après le programme. Personnellement, je n'y ai pas vu grand chose, et je m'y suis ennuyée ferme. Je guettais le retour d'une pointe parodique, d'un clin d'oeil, mais non. Dommage.

En bonus de cet article trop vite rédigé, une parodie du Lac des cygnessur pointes !

9 août 2010

Il y a des jours avec et des jours sans

Des jours où l'espoir est là, au fond de l'estomac - je pourrais dire du cœur, mais ce n'est pas là qu'il dort, apaisant - et où il incite au calme. Il susurre qu'il ne sert à rien d'y penser pour le moment, que ce n'est qu'une mauvaise passe, que tout finira par s'arranger.

Des jours, il s'en va, et l'obscurité prend sa place. On broie du noir, on ne voit plus, on se noie d'angoisse. Les larmes sont prêtes à surgir. Pour cela, il suffit d'une simple inflexion dans la voix maternelle. Une simple nuance, et l'on sait ce qu'il en est. La savoir sur la route du retour dans cet état me ronge d'inquiétude.

Mais quel crétin! Quel con! Quel salopard! Je pensais avoir été trop bien élevée par ma mère pour me sentir le droit de l'insulter. Mais là c'est trop. L'espoir m'habitait depuis trop longtemps. Plus d'une semaine de paix et d'apaisement, et le voilà qui fout tout en l'air.

Jusque-là, je ne le jugeais pas et l'aimais toujours autant. Mais je sens qu'il a trop tiré sur la ficelle. S'il s'excuse, je verrai à lui pardonner. Là, je n'ai plus envie de le voir. Je ne le juge pas. Je le méprise. J'ai honte pour lui. Il fait pitié. Dire qu'il pensait que ça n'avait rien changé à la relation qu'il a avec ses enfants! Mais quel imbécile!

J'espère que ma mère ne sera pas trop à ramasser à la petite cuiller, je n'ai plus d'énergie.

8 octobre 2010

Havre de paix

Dans mon appartement, la fuite, la vaisselle sale, le ménage, les vêtements et le bureau qui déborde. Les problèmes d’APL, de loyer, d’assurance. Toujours téléphoner, toujours être aux aguets. La patience s’use. J’ai besoin de paix.

Alors ce matin, j’ai pris le tram plus tôt que prévu. J’étais attendue à onze heures pour les soutenances de stage à la fac. A neuf heures j’étais lové dans le CDI.

A cette heure-ci, il est fermé le jeudi. Ce n’est pas mon horaire, et mon collègue est en cours. Je tourne ma clef dans le serrure et j’entre. L’air est froid et humide et empli d’une très forte odeur de poussière et de vieux livre. Les murs gris. Pas de lumière.

Je suis épuisée. Deux nuits que je ne dors pas. Mon cerveau est en mode automatique. Je m’installe au bureau et commence, dans un mouvement mécanique, à enregistrer les nouveaux exemplaires de One Piece et Tir Nan Og dans la base de données.

A onze heures un peu passées, je suis à Saint-Michel. Puis, le cours de l’après-midi a été supprimé. Ni une ni deux, je retourne au CDI. Il y a du monde, mais je n’entends même plus le vague brouhaha des élèves.

Ici, mon travail est apprécié. A deux cents pour cent. Alors pourquoi me priverai-je de ce qui me plaît? Je fais des heures sup’ non payées, mais je n’en ai cure. Je me paye moi-même en calme et apaisement. Je me sens bien, là, dans ce froid, ce gris et ces livres. Je suis un peu dans mon domaine. Ou du moins, dans le royaume de mon collègue, qui m’en a laissé les clefs, et tous les droits.

Là, j’oublie l’administration, j’oublie la plomberie, j’oublie le téléphone. Et je tourne les pages jaunies des ouvrages trop vieux. Et je me fais un plaisir d’offrir Death Note et Nils Hazard aux élèves...

29 août 2012

L'heure des poules

Couchée hier avec la volaille, ce matin, quatre heures, j'étais éveillée et prête à travailler.

Le silence dans l'immeuble, seuls mes pas sur le parquet craquant troublent la quiétude nocturne. La fenêtre est ouverte, mais pas un bruit dehors.

Peu à peu, les minutes puis les heures passent, le quotidien s'éveille. Six heures à peine passées, le ciel se teinte de rose et d'orangé. Le soleil semble se lever, là-bas, derrirèe mon horizon bouché par un immeuble trop grand.

Mon travail a peu avancé, mais j'ai l'esprit tranquille : j'ai récupéré mes corpus pour travailler. Ovide, Les Métamorphoses, pour la traduction automatique, et la revue TAL 2011 pour l'extraction sémantique.

Installation de programmes, lecture de cours en ligne, déchiffrage de probabilités, parcours d'arbres XML. Mon esprit s'embrouille un peu. Deux bols de caféines plus tard, je me rends compte qu'il est déjà l'heure de partir au boulot.

L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. J'aime ce dicton.

29 mars 2012

Tu respecteras ton père et ta mère.

Il y a des jours où tout le respect que j'ai appris à avoir pour mes parents s'effrite.

Petit à petit, ce qui était Loi devient règlement puis guide, puis plus rien. Il devient poussière de souvenir. Et les insultes affluent derrière mes lèvres, brûlant ma langue et menaçant de sortir. Un jour je vomirai mes injures et mon mépris et ma souffrance. Mais ce jour n'est pas encore venu.

Peut-être ne viendra-t-il jamais. Je ne sais.

J'ai de la peine pour lui, et il me fait tellement mal. Tellement mal. Mais à quoi pense-t-il donc ?

Ses messages gentils me donnent juste envie de jeter mon téléphone, de changer d'adresse, de nom, de disparaître pour qu'il ne me retrouve jamais. Jamais. Ne plus penser à lui est tellement plus simple quand il garde le silence !

Tu respecteras ton père et ta mère.

Il y a des jours, j'ai peur de ce que je pourrais faire.

21 mars 2011

Concentration

Mon esprit bat la campagne. Ma motivation s'est fait la malle.

Pendant deux semaines, angoisse permanente, peur au ventre. Tenter de réconforter sans y parvenir. Se sentir complètement impuissante et démunie. S'énerver et crier, un peu. Tenter de secouer, sans être certaine du résultat.

Puis le retour à la normale. Apaisement. Moins de pleurs. Mais comme si le courage m'avait quittée avec l'angoisse. Une sorte de vide.

Je n'ai plus envie de me lever le matin. Plus envie de préparer mes cours. Plus envie d'aller à la fac. La semaine dernière, j'ai assisté à deux heures de cours. Deux malheureuses heures. Sur seize. Je n'ai pas rattrapé. Pas encore.

Je m'enfonce dans mon retard, et je n'ai pourtant pas envie. L'urgence elle-même ne parvient plus à m'aiguillonner.

Je viens de passer deux heures sur mon cours de sémantique cognitive. J'ai écrit deux pages.

Je songe avec une peur croissante au cours de C++, que je n'ai pas rattrapé, auquel je ne comprends rien. Je ressasse ce que je dois faire pour vendredi, afin de ne pas arriver les mains vides devant mes directeurs de mémoire, sans pour autant parvenir à m'y mettre.

J'ai juste envie de lire. De lire. De me perdre dans des romans d'aventures. De perdre mon temps devant des séries à l'eau de rose, pour oublier le reste du monde. De regarder le soleil s'émietter dans les arbres.

D'attendre.

5 janvier 2011

Ennui

Encore deux heures de cours. Je m'ennuie. Je suis fatiguée. Et j'ai des milliards de choses à faire, dont trois projets à rendre pour demain. Évidemment, je ne les ai pas commencés, sinon ce serait trop facile.

J'ai la tête qui va exploser, je ne peux plus respirer. Ma crève qui semblait s'achever avec les vacances est repartie de plus belle. Je suis épuisée. Mes nuits sont peuplées de cauchemars, mes pensées rongées par l'angoisse.

Je n'ai pas le temps de voir venir. Pas le temps de réfléchir. Pas le temps.

Vivement les partiels !

7 août 2006

Ô ciel! (vendredi 27 juillet)

Je m'ennuie. Des bouchons, des bouchons et encore des bouchons. Vivent les départs en vacances! Si ça ne tenait qu'à moi, voilà un petit moment que j'aurais quitté l'autoroute pour emprunter la Nationale 7. Mais rien ne fera céder ma mère. Dommage...

Je détourne alors le regard et observe le ciel. À l'ouest, les nuages sont noirs, annonciateurs d'orage. À l'est, plusieurs couches se superposent et les rayons de soleil percent à travers eux. Des perles serties d'or. Droit devant moi, ils semblent d'argent pur. Puis le vent les fait danser. Les nuages d'orage approchent. Soudain, un éclair fend le ciel et le ciel se déverse sur nous. Nous ne voyons pas à cinquante mètres. Les motards s'arrêtent sous les ponts. La chaussée devient torrent. Nous sommes dans le nuage.

Dix minutes après, c'est terminé. La nuit s'en va et l'astre du jour reprend ses droits. Le paysage au loin semble enchanté: les collines verdoyantes sont noyées de brume. Les nuages deviennent cristaux. Au loin, nous voyons les rideaux de pluie inonder la ville la plus proche. Dire que c'est nous qui étions en-dessous il y a quelques instants...

11 juillet 2006

Idée folle

Nous sommes en février. Tous les matins depuis un an, je retrouve my dear Lu dans le RER C pour me rendre au lycée. Une habitude, un rituel. Et tous les matins, c'est la même chose: la gare approche, nous n'avons aucune envie de nous lever. Depuis un bout de temps, une idée nous trotte dans la tête. Idée bizarre, idée farfelue. Pour plaisanter, je demande "ça ne te dirait pas d'aller jusqu'à Saint-Martin?".

Les mois passent. Le terminus de la ligne du RER est toujours aussi mystérieux. Puis l'idée devient plus nette et Lu répond: "un jour, on ira jusqu'au bout." C'est dit. Nous le ferons. Au mois de juin commencent les préparations de programme du mois de juillet. Il y a un trou le 10 juillet. On y place en majuscules "SAINT-MARTIN-D'ETAMPES".

Hier, levées aux aurores, nous l'avons fait, nous sommes allées à Saint-Martin. Deux heures de train aller, deux heures retour. Nous avons fait toute la ligne C du RER!

Après toutes les villes que nous connaissons à force de trajet vers Paris, les stations de la capitales, nous arrivons vers l'inconnu. Juvisy, Savigny-sur-Orge, Saint-Michel-sur-Orge et autres villes plus ou moins connues. Enfin, nous atteignons les villes de la rase campagne, aux noms biscornus, comme Marolles-en-Hurepoix, ou plus énigmatiques, comme Chamarande.

A Saint-Martin, nous nous dirigeons vers le clocher penché de l'église tout en gloussant et papillonnant. Et là, nous nous retrouvons dans une ville de campagne, avec sa rue principale et ses deux cafés fermés parce que c'est lundi. Mourrant de faim, nous avisons une épicerie... C'est une heure plus tard que nous retrouvons notre place dans le train, dans une chaleur suffocante. Durant tout le trajet du retour, nous somnolons, nous tournons les pouces, trouvons le chemin long...

Nous l'avons fait! L'idée folle a été réalisée! Notre curiosité a été satisfaite et nous avons découvert un coin de notre région que nous ne connaissions pas... On nous avait dit: "soyez curieux, partez à l'aventure!", et c'est ce que nous avons fait. Merci Imagin'R!

4 juillet 2006

Questionnaire de Proust

Poursuivons la présentation par le petit questionnaire d'un grand auteur...

- Le principal trait de mon caractère: Timidité (ou lâcheté, chacun vois ça comme il veut)

- La qualité que je désire chez un homme: Patience

- La qualité que je désire chez une femme:  Sincérité

- Ce que j'apprécie le plus chez mes amis:  Leur présence

- Mon principal défaut: J'en ai tellement!

- Mon occupation préférée: Ne rien faire

- Mon rêve de bonheur: Un monde sans argent, sans cette économie totalement déshumanisée

- Quel serait mon plus grand malheur: Ne pas connaître le sens du mot "bonheur"

- Ce que je voudrais être:  ... une tortue?

- Le pays où je désirerais vivre: La France!!! (ou le Pays Imaginaire)

- La couleur que je préfère: Tout ce qui est entre deux, comme le vert très sombre ou le bleu pervenche ou encore le jaune avec une touche d'orangé

- La fleur que j'aime:  Les coquelicots depuis peu, les capucines, la glycine... les fleurs d'acacia, en beignet!

- L'oiseau que je préfère:  L'oiseau d'or, des contes que je lisais quand j'étais petite (peut-être connaissez-vous son histoire...)

- Mes auteurs favoris en prose: Dans les classiques, Maupassant. Sinon, C.L.Grace, E.Brissou-Pellen...

- Mes poètes préférés:  Virgile (!?), Verlaine, Bernard Lavilliers (les textes de ses chansons sont splendides)

- Mes héros dans la fiction:  Robin de Bois et Gaston Lagaffe (quand j'étais petite, c'était Tintin)

- Mes héroïnes favorites dans la fiction:  Katherin Swimbrook, et j'en oublie plein

- Mes compositeurs préférés:  Purcell, Vivaldi, Haendel, Bach et tant d'autres!

- Mes peintres favoris: Botticelli et tous les auteurs anonymes des fresques dans les églises

- Mes héros dans la vie réelle: R.A.S.

- Ce que je déteste par-dessus tout: Le mensonge, l'hypocrisie et les économistes, qui cumulent les deux

- Le don de la nature que je voudrais avoir:  Voler

- Comment j'aimerais mourir: Sans souffrir

- Etat présent de mon esprit:  Serein car trop fatigué pour penser à autre chose

- Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence: Celles qui font se sentir coupable

- Ma devise: "Ne crains pas d'être lent, crains seulement d'être à l'arrêt." Je pourrais avoir aussi: "Rien ne sert de courir, il faut partir à point."

22 janvier 2011

Révisions

Je mets à jour mon cours de Perl. Je trouve mes notes claires, mais je pense que toute personne ne parlant pas couramment ce langage n'y verrait que des hiéroglyphes. Voyez plutôt:

une ER est gourmande donc l'ER qui veut remplacer tous les PRO par DET ne sera pas
=~ s/(.+)\/PRO˽(.+)\/N/$1\/DET˽$2\/N/g
mais
=~ s/(.+?)\/PRO˽(.+?)\/N/$1\/DET˽$2\/N/g

parce que par défaut le matching est greedy

...

25 juin 2014

Outre-Atlantique, deuxième escale

Aujourd'hui, New York.

Je suis arrivée hier. En sortant du train qui traverse les campagnes de l'état de New York, le ciel s'assombrissant fait l'effet d'une chape de plomb qui vient fermer hermétiquement le récipient que forment les parois infinies des gratte-ciel. Passer du grand air au confinement de la ville me donne un hoquet de panique. Je me concentre alors sur mon plan. Je dois arriver à l'hôtel, j'ai une demi-heure de marche.

Ce matin l'angoisse est passée. Le jour s'est levé, j'ai pu prendre un petit déjeuner copieux à l'hôtel (oeuf dur, gauffres, fruits), rattrapant ainsi le dîner manqué hier soir. J'ai décidé de visiter le Metropolitan Museum et de me promener dans Central park. En gros, d'éviter les rues bruyantes et les gratte-ciel.

L'air est encore frais quand je pars. La promenade est longue, à cause de toutes ces rues à traverser. Finalement, j'entre dans Central Park, me pose quelques minutes, et arrive au Met' pour l'ouverture. Au programme: peintures occidentales (1200-1800, puis XIXe siècle), avant de déjeuner du côté de l'aile américaine. Détour par les peintures et l'art déco américain, fascinants: les peintures recèlent des trésors dont j'ignorais jusqu'à l'existence, et l'art déco met en lumière toute la démesure des Américains, avec ces pièces de demeures entièrement reconstituées à l'intérieur même du musée. Enfin, je fais un petit tour du côté des arts asiatiques: calligraphie, estampes, sculptures, l'ensemble est extrêment riche.

Le musée fermant ses portes assez tôt, je suis obligée de chercher une occupation jusqu'au soir. Je ne peux tout de même pas retourner m'enfermer à l'hôtel et attendre la fin de la journée. Sur les conseils avisés de Cécile, je prends donc la direction de la High Line, via Central Park, Broadway et Time Square, après sept heures passées à l'abri du musée. Les gratte-ciel, je finis par m'y faire. La lumière crue de l'après-midi est plus seyante que le crépuscule. Par contre, la foule de Time Square, je n'y remettrai pas les pieds tous les jours. Escale au General Post Office, puis longue promenade sur la High Line, après trois heures de marche. J'ai le plaisir de voir le soleil rosir l'horizon et se coucher de l'autre côté du fleuve.

Une fois le chemin terminé, il me faut trouver le chemin de l'hôtel et un restaurant pour apaiser ma faim et reposer mes pieds. C'est dans Chelsea que je trouve mon bonheur. Enfin, je reprends ma route, la 24e rue, d'ouest en est. Il est bientôt minuit, je vais me coucher. Demain, je pars pour Baltimore...

PS: Google me dit que j'ai fait près de 16km aujourd'hui.

13 novembre 2012

Exploration en cours

Terrain connu, mais je suis finalement entrée dans le saint des saints, la salle 206, la salle des doctorants. On m'y a attribué un bureau, et je m'y suis installée. Murs blancs, trois grandes fenêtres sur la rue et les immeubles hausmaniens en vis-à-vis. Deux grandes armoires pleines de paperasses et de livres universitaires, une imprimante inutilisée, une bouilloire, des mugs et tasses en souffrances, et une multitudes d'auréoles caféinées en dessous. Mon poste est le dix-neuvième et dernier. Pourtant, je n'ai aperçu qu'une demi-douzaine de doctorants tout au plus. Sans doute certains ont-ils des horaires moins réguliers.

Hier, j'ai délaissé le confort de la Sorbonne pour aller voir mon deuxième bureau, à Nanterre. Enfin, ce n'est pas une place attribuée, mais il y a une salle des doctorants où je pourrai me mettre lors de mes visites. Quand je suis sortie de la gare, j'ai été pour le moins dépaysée. Le ciel gris et bas n'aidait pas vraiment à alléger le paysage. Malgré les portes du quatrième étage repeintes en vert vif, je n'ai pas réussi à me départir de ce sentiment d'inconfort. Probablement mes trois années à la maison de la recherche m'ont-elles donné de mauvaises habitudes. Nous râlions, mais oubliions que nous avions beaucoup de chance d'évoluer dans un environnement luxueux.

Un peu perdue, donc, malgré ma guide, je me suis installée dans la fameuse salle. Tout en longueur, cinq postes, l'on m'a conseillé d'utiliser mon ordinateur personnel plutôt que les vieux coucous du labo. Cela dit, les gens sont beaucoup plus chaleureux et accueillants. Ils ont une salle commune pour déjeuner, avec micro-onde et réfrigérateur, concepts inexistants en Sorbonne où c'est plutôt du chacun pour soi. Les enseignants et doctorants déjeunent ensemble. Les discussions vont bon train au milieu des vapeurs de soupe.

La semaine prochaine, je partirai à la découverte de mon dernier bureau, à Caen. Je ferai également connaissance avec de nouvelles personnes, ce qui m'angoisse, comme toujours. Mais je finirai par m'y habituer. J'espère.

8 juin 2012

Playlist de la mort-qui-tue

Sur 8tracks, le site merveilleux qui me permet de travailler dans la joie et la bonne humeur, qui me tient éveillée aux heures difficiles de la sieste, qui m'apaise en période de stress et qui me permet d'éteindre les conversations autour de moi quand j'ai besoin de concentration, j'ai découvert récemment une playlist merveilleuse. Tellement merveilleuse qu'elle me donne envie de chantonner et de danser sur ma chaise au bureau. Tellement merveilleuse que je l'écoute en boucle, découvrant ainsi que le nombre d'écoutes d'une même playlist est limité.

Sur cette playlist, il y a du Bach et du Vivaldi, bien sûr, du Haendel aussi, et du Purcell. Concerto pour mandoline, le cor de chasse de Water Music. Et même, pour mon plus grand plaisir, une sonate pour guitare de Scarlatti, et un concerto pour flûte de Telemann. Merveilleuse je vous dis !

Pour écouter Baroque and Roll, il faut cliquer.

3 novembre 2011

Potron minet

Le ciel est noir encore. Un peu plus loin, derrière la cime des acacias, le train passe dans un souffle. Dans une heure, je serai en cours, et il ne fera pas encore jour.

Le silence dans l'immeuble, dans l'appartement, seulement troublé par les piaillements de quelques oiseaux, le gémissement du train, les pas du voisin. Je n'ai plus l'habitude de me lever si tôt. J'avais oublié ce sentiment. On se sent privilégié et en paix avec le monde à cette heure-ci. Puis la porte claquée, bruits de clefs dans la serrure, les escaliers plongés dans la pénombre, l'impasse obscure. Alors mes pas résonneront, je serai seule dans la rue, le temps d'arriver sur le boulevard. Paris m'appartiendra l'espace de quelques pas. Impression qui tombera dans l'oubli dès les premiers projecteurs, les premiers moteurs, les premiers piétons.

Foule du métro, j'imagine. Chaleur moite des rames, relents nauséabonds des couloirs. Les gens deviennent laids. Les gens sont laids dans le métro, toujours. Quand on n'est pas réveillé.

23 septembre 2011

III

EDIT du23/09/11 à 18h56

Ça y est, je sais comment aborder ma troisième partie. Pour lundi, il me reste :

- la troisième partie (en cours),

- l'introduction et la conclusion,

- les remerciements (même si c'est déjà commencé),

- le lexique,

- la bibliographie (en cours),

- le sommaire

- et les annexes (en cours).

Ça devrait le faire, non ?

 

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