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Vous en parlerez à votre cheval...
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17 mai 2009

Optatif

marine_dorfman_BDDes couleurs vives et chaudes. Des livres sur tous les murs. Des plantes un peu partout, avec leurs larges feuilles vert sombre, vert tendre. D'épais rideaux, trop longs, tombant sur le sol parqueté en un bouillonnement hasardeux. De hauts plafonds blancs, avec des moulures tarabiscotées, tellement parisiennes. De grandes fenêtres, qui captureraient la lumière et la feraient couler à flots dans l'appartement. Une sorte de bazar rangé, dans lequel on se sentirait instinctivement chez soi. Les pas d'un voisin grinceraient dans l'escalier. Le gamin de dessous ferait ses gammes. Le chien du dessus houspillerait un pigeon sur le rebord de la fenêtre. Au loin, par la fenêtre, on entendrait la rumeur du métro et on verrait scintiller les reflets de la Seine.

Il fait bon rêver sur les suites pour violoncelle.

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12 mai 2009

Échappée

Photo0059Glandouiller et manger furent les maîtres-mots de ce week-end prolongé à Langrune-sur-Mer. Jouer un peu, marcher sur la plage, se baigner – ou regarder se baigner en ce qui me concerne – se marrer comme des bossus. Ecrire en grec dans le sable, et faire des fautes d'accent. Boire aussi – c'est bon le rosé – et mâchouiller qui un Carambar, qui un Malabar. Errer dans la foule sur la « grande avenue » de Cabourg, papoter sur une terrasse de café, penser au dîner tout en restant vautré dans la pelouse du jardin. Ne pas se perdre dans Caen et réussir des créneaux et autres manœuvres complexes. Chercher le signal GPS (« Vous êtes arrivés. - Mais non banane! ») et la serpillère. Larver sur le lit en chantant à tue-tête. Se faire battre à plate couture au Trivial Poursuit – Passeport pour le monde. Tester le pain frit « à la Kramer ». En gros, passer un week-end de rêve, à quatre sous le soleil normand.

Seul bémol peut-être: se rendre compte une fois de retour chez soi qu'on a oublié son sac à main dans la location... Portefeuille, papiers, clefs de maison et j'en passe, à plus de deux heures de route. Et j'avais un concours à passer le lendemain. La poisse.

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23 avril 2009

Captcha (à mes souhaits)

Héhé, je suis fière. Fière parce que j'ai vaincu l'éléphant bleu, j'ai vaincu PHP. Oui, je l'ai vaincu. J'ai réussi à créer un captcha, autrement dit ces espèces de lettres dessinées que l'on doit recopier pour valider un commentaire. C'est donc avec joie - et fierté, comme je l'ai déjà dit - que je vous annonce le retour de mes pages commentaires sur mon site! Il me reste encore un ou deux trucs à régler, mais ça attendra bien les vacances d'été.

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1 septembre 2008

Ἅρειος Ποτῆρ

Il y a quelques, je postai une note que j'intitulai "Harrius Potter".
Le week-end passé, j'ai fêté mon anniversaire, et mes amis m'ont gâtée. Je suis maintenant, grâce à eux, en mesure de vous poster la première page d'Harry Potter en... grec ancien !!!
En page bonus, la première du tome deux d'Harry Potter en slovène.

Areios_Pot_r
Bonus:
Harry_Potter
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

21 janvier 2008

Serdaigle ou Poufsouffle?

Test trouvé chez Aranna

Serdaigle: 72%
Poufsouffle: 68%
Serpentard: 62%
Gryffondor: 48% (hum...)

 

The sorting hat says that I belong in Ravenclaw!


Said Ravenclaw, "We'll teach those whose intelligence is surest."

Ravenclaw students tend to be clever, witty, intelligent, and knowledgeable.
Notable residents include Cho Chang and Padma Patil (objects of Harry and Ron's affections), and Luna Lovegood (daughter of The Quibbler magazine's editor).

The sorting hat says that I belong in Hufflepuff!

Said Hufflepuff, "I'll teach the lot, and treat them just the same."

Hufflepuff students are friendly, fair-minded, modest, and hard-working. A well-known member was Cedric Diggory, who represented Hogwarts in the most recent Triwizard Tournament.

The sorting hat says that I belong in Slytherinr!

Said Slytherin, "We'll teach just those whose ancestry is purest."

Slytherin students are typically cunning and hungry for power. Important members include Draco Malfoy (Harry's nemesis), Professor Severus Snape (head of Slytherin), and Lord Voldemort.

The sorting hat says that I belong in Gryffindor!

Said Gryffindor, "We'll teach all those with brave deeds to their name."

Students of Gryffindor are typically brave, daring, and chivalrous.
Famous members include Harry, Ron, Hermione, Albus Dumbledore (head of Hogwarts), and Minerva McGonagall (head of Gryffindor).

Take the most scientific Harry Potter Quiz ever created.

Get Sorted Now!

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11 septembre 2009

Ode to my family

Il y a pire que d'être seul: être entouré de gens murés dans leur silence, dans leurs habitudes, de gens qui ne regardent pas autour d'eux. Figures paternelle et maternelle, toujours là quand il s'agit de faire une remarque, une critique, de dire que ça ne va pas, qu'il faut faire plus. Jamais le reste du temps. Travailler de plus en plus, de moins en moins à la maison, là n'est pas le problème. Mais même présents, elles sont absentes. Lunettes sur le bout du nez, casque sur les oreilles, les yeux plongés dans l'écran de l'ordinateur, chacun le sien, pour plus d'incompréhension. Le jeu, le blog. Parler dans ces moments-là ne sert plus à rien.

À table, le géniteur arrive après la bataille, occupé qu'il était à perdre son tournoi. Le frère arrive en retard, occupé qu'il était à jouer en ligne; repart en quatrième vitesse, préoccupé qu'il est à l'idée d'être en retard pour son raid. Les rares moments où il est là, il monopolise la parole, de ses mots hachés, bousculés, trop enthousiastes; il obstrue les oreilles de ses formules, de ce qu'il a appris en cours. C'est bien, l'enthousiasme. Et quand je m'avise de glisser un mot, la génitrice ne l'entend même pas: elle parle de la cuisson du gâteau au fils, droit comme un i quand je suis avachie par la lassitude.

Quant à l'absente, la sœur, elle me rappelle une parabole que je n'ai jamais comprise au catéchisme. Celle du fils prodigue. J'ai toujours été de l'avis du frère, furieux parce qu'on fait la fête pour le fils qui était parti et qui avait dilapidé tout son argent. « Voilà tant d'années que je te sers sans avoir jamais désobéi à tes ordres, [dit-il à son père]; et, à moi, tu n'as jamais donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a mangé ton avoir avec des filles, tu as tué le veau gras pour lui! » Dans son école d'ingénieur, on lui paye appartement et vivres. Quand elle revient, c'est le branle-bas de combat, il n'y en a que pour la revenante. Et on prépare tout pour l'année à venir. Et on complète la vaisselle. On fait le plein de nourriture. On achète un pécé tout neuf pour celle qui a fait cramer le sien. Quand j'ai le malheur de dire que je veux partir, on m'annonce que le compte en banque est vide. Ah. Ah. Ah. Je n'ai pas « la chance » de travailler assez loin pour avoir droit à quoi que ce soit.

Si ce n'est ce silence. Ces murs. Ces dos voûtés et ces yeux hagards. Et je suis pareille. Envie et incompréhension. Il y a des fois où le mal être qui m'habitait en prépa resurgit violemment, douloureusement.

Volonté de partir.

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26 juin 2008

Retour!

Quelques clichés vénitiens et nuageux pour vous faire patienter. Ce soir, je profite de la fraîcheur salvatrice de la France pour me reposer de ces quatre jours de promenade féériques dans le royaume tropical de la cité des doges.

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Cliquez pour agrandir!
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La place San Marco, déserte, à sept heure et demi du matin ("L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt", n'est-ce pas?)
 

20 janvier 2010

Où il est question de renard, de feu, de panda et de pokémon

Demain, je passe le C2i, et par acquis de conscience je lis la documentation en ligne. Et là, j'apprends une chose essentielle à mon existence, une information vitale: Firefox (vous savez, le navigateur internet) ne signifie pas "Renard de feu"!Non non non. Et sa mascotte n'est pas non plus un "Renard de feu". Moi qui depuis le début pensais avoir affaire à une nouvelle espèce de Pokémon... En réalité, il s'agit d'un panda rouge. Si si, ça existe. Et ça ne ressemble pas du tout à un panda. Pour le coup, on comprend pourquoi les anglo-saxons parlent de "fox". (Par contre, la documentation du C2i en ligne traduit Thunderbird par "Oiseau d'orage"... pourquoi, alors qu'on a l'Oiseau-tonnerre prêt à l'emploi?)
Ci-dessous, dans l'ordre, le logo-Firefox-qui-n'est-pas-un-renard, le panda-rouge-qui-ressemble-à-un-renard, et Feunard-le-Pokémon. (Soit dit en passant je viens de découvrir qu'il existait un site pokepedia... ils sont fous les gens.)

firefox_logo_b   112082648_e97eba3339   Feunard

9 décembre 2008

Interlude

Une tasse de thé brûlant au creux des mains, j'observe la neige tomber par la fenêtre de ma chambre, tout en essayant de rester concentrée sur mes révisions. Plaute se joue de moi constamment, ses archaïsmes et ses anacoluthes me perturbent et m'horripilent. Les mots minuscules s'alignent et leur sens m'échappe. Ma traduction, somme toute assez éloignée du texte, ne m'aide en rien.

Tiens, la neige s'est arrêtée. Je crois qu'il est temps que je sorte de chez moi. Je vais faire quelques courses, histoire de me dégourdir les jambes, avant de me remettre au travail. Le sol dehors est recouvert d'une fine pellicule blanche, qui ressemble à du sucre glace. J'ai envie de faire des gâteaux. Et d'être en vacances. Et de faire de la traduction latine. Et de...

Mais je n'ai pas le temps. Le travail avant tout, comme on dit. Non?

louve

14 janvier 2008

Quo vadis?

Bien. Je suis en période de partiels. Le stress, les insomnies et tout ce qui va avec. Par conséquent, je ne suis pas trop d'humeur à poster ici. Mais, en ce moment, j'ai des sortes d'envies bizarres. Vous pourrez peut-être me retrouver sur mon Lj, sur certaines communautés, ou sur ffnet. Cliquez sur l(es) image(s) qui vous intéresse(nt). Ne vous inquiétez pas, rien ne dit que je tiendrai plus d'une semaine sans poster ici ^^

ARBRE_DES_RAVENCLAW


Workin__hard_by_jadntonichw

Blaise____Half_Blood_Prince__by_verauko

Portrait_de_groupe

5 octobre 2008

Rentrée

couronne_laur_eDemain, c'est la rentrée. Enfin.
Je n'en pouvais plus d'attendre, de ne rien avoir à faire. En réalité, il y a des choses que j'aurais dû faire, mais à force d'inactivité, on oublie de les faire. Je n'ai pas appris mon aoriste de grec moderne pour jeudi, je n'ai lu ni Tacite ni Plutarque. J'aurais pu relire mes conjugaisons grecs, ma syntaxe latine. Mais non.
Au lieu de ça, j'ai fait un peu de tri, ici, sur ce blog. Enfin, pas encore, mais ça va venir. D'ici quelques jours, toutes mes notes d'hypokhâgne vont disparaître. Enfin, pas vraiment. Je suis en train de les faire migrer sur un autre blog, ouvert juste pour l'année d'hypokhâgne. Pourquoi? Parce qu'elle y seront mieux, entre parenthèses. Ce n'est pas comme si cette année n'avait pas été à part. Elle mérite un blog rien que pour elle. Un blog, parce que je n'avais pas le temps de scripter une page rien que pour ça. Peut-être un jour... Pour l'instant, c'est sur HYPALLAGE que ça se passe.
Mes affaires pour demain sont presque prêtes. Il ne faudra pas que j'oublie de faire mon pic-nique: à force de vacances, j'ai perdu mes habitudes. C'est étrange, quand on rentre un mois après tout le monde, on n'a pas l'impression que c'est une vraie rentrée. Avec le temps, il n'y a plus à la maison cette effervescence qui régnait les veilles de rentrée, avant.
Il est presque onze heures, je n'ai pas vraiment envie d'aller me coucher, et n'ai qu'une peur: oublier que j'ai mes premiers cours demain. Pourtant, j'ai programmé mon réveil: il sonnera à six heure trente.
Demain, à neuf heures, ce sera l'instant de vérité: la salle du deuxième étage est-elle, comme je me l'imagine jusque-là, la salle de l'UFR de grec? Réponse demain soir! (Et oui, le jour de la rentrée, je fais 9h-19h, sinon, ce n'est pas drôle.)

17 décembre 2007

Ubi-quo-unde-qua.

Mes yeux sont lourds de sommeil; la fatigue sourd dans mes membres languissants. Derrière mes paupières closes, des morceaux de tous les jours, des éclats de passé, des brisures de souhaits.

Place Hoche. Des guirlandes dans les arbres. Ma grand-mère, ma mère qui me racontent mes premiers pas. Le vent froid souffle: assise sur un banc, je discute avec la marmotte en attendant de partir prendre mon train. Un rayon de soleil. Combien de fois suis-je venue ici, souriant aux éclats, avec ma cousine? Il y a du monde: il faut trouver une place pour se garer, nous allons déjeuner chez mes grands-parents.

monopoly_2Rue du Faubourg-Saint-Honoré. Dans le mauvais sens, par le mauvais bout. Les gens pleins aux as déambulant du haut de leurs chaussures de marque, sortant des boutiques Prada, L'Oréal etc les bras chargés d'achats. Une carte jaune au Monopoly. Des parties interminables, dans le salon du Faré, sur la grande table, pendant que la neige tombe sur le Mont-Blanc. À chaque fois, je me fais battre à plate couture par mon père et ma sœur.

Truffaut. Caverne d'Ali Baba. Coffre aux trésors. Avant, nous allions à la Ferme de Gally, et nous nous émerveillions, enfants, la fontaine, le bassin, la cascade avec toutes ses plantes et ses poissons rouges. Après, ce fut Truffaut. Observer d'un œil brillant les chiots, les lapins; un regard craintif sur les hamster et cochons d'Inde; une admiration non feinte pour les couleurs chatoyantes des poissons exotiques. Un jour, on y acheta un faux sapin. Cet arbre factice trône en ce moment dans notre salon. Pour me consoler, on me proposa de le choisir.

La Bruyère. J'y entrais la peur au ventre, en seconde. Je ne connaissais personne. J'en sortais la rage au ventre, l'an dernier. J'y connaissais des gens bien. Depuis, ma rage s'est calmée. Je découvre la fac. J'y suis bien. Et c'est avec un autre regard que je lis les chroniques de mes amis khâgneux. Je ne vois plus le château du quatrième étage, je ne traverse plus l'avenue de Paris. Je passe devant la banque de France, et je cours toujours pour avoir mon RER de 40 le matin. Beaucoup de choses ont changé, mais d'autres sont restées, et ça me rassure en quelque sorte.

26 mai 2008

Back to reality

 

Trois_coquelicotsSamedi.

Lever: 5h30
Départ: 6h20
Arrivée: 9h30
Petit-déjeuner. Sieste matinale jusqu'à: 12h15
Tour du jardin: sous la pluie
Déjeuner: en ville
Sieste jusqu'à: 17h30
Grec moderne, tour dans le jardin
Dîner: 21h30
Coucher: 22h30
Dodo

Dimanche.

Levée à sept heures et demi, j'attends que mon père revienne avec du pain frais. Après un petit-déjeuner consistant fait de thé-pain-Nutella, je m'attelle à mes révisions de grec moderne pendant que le paternel se rendort sur un Sudoku inachevé. À neuf heures quinze précisément, je quitte la maison avec mon appareil photo en poche, ma veste sur le dos et mes vieilles fausses-converses-sans-lacets aux pieds. Et je m'en vais, sur la petite route perdue au milieu des champs. Il n'y a personne. Derrière les nuages gris, le soleil se montre, timide. Un petit vent humide agite les épis verts du blé. Je ne vois devant moi que la route goudronnée, et à mes côtés, l'étendue infinie des champs. Stop. J'arrive sur la départementale, beaucoup plus passante; les voitures vont vite. Je me range sur le bas-côté, le plus loin possible du bord de la route. Les graminées m'arrivent à la taille et sont lourdes de rosée et de pluie. Bien vite, mes chaussures et chaussettes sont trempées. Mais je continue. Arrivée au rond-point, je fais demi-tour. Une heure et six kilomètres plus tard, je suis de retour dans mon jardin, le sourire aux lèvres et le silence dans les oreilles.

18h: nous sommes dans les embouteillages à Coignères. Bientôt, nous serons de retour à la maison. Je n'en ai aucune envie. Le grec moderne, c'est beaucoup mieux à la campagne.

6 septembre 2008

Chut!


Mon disque dur ronronne et mon ordinateur s'essouffle. Un papillon de nuit s'affole contre le plafonnier. Au loin, derrière la forêt, à côté de la prison, pétaradent les feux d'artifice de la Saint Gilles. Pourtant, le silence règne.

chutDepuis deux jours, la lettre Evene que je reçois se veut un hymne au silence. Curieuse, je suis allée jeter un coup d'œil sur le forum: que peuvent dire de beau les gens, sur un tel sujet? C'est la fin d'un article, qui m'a donné envie d'écrire. Le quidam s'exclamait que les jeunes aujourd'hui (toujours les jeunes! ils ont bon dos ces jeunes), avec leur mp3, ne savaient plus apprécier le silence. Cette critique banale, galvaudée, m'a fait revenir à l'esprit, je ne sais pourquoi, un cours de littérature d'hypokhâgne. Un cours sur le théâtre...

Le professeur gesticulant nous imite je ne sais quel épisode de la bataille d'Hernani. Et le voilà qui clame quelques vers, et qui mime une scène. Il n'arrête pas de s'agiter, tel un asticot au bout de l'hameçon. « Mais vous savez, à l'époque, c'était bruyant le théâtre! Les gens discutaient, mangeaient, se promenaient, n'hésitaient pas à siffler ou applaudir. Il faut vous exprimer quand vous allez au théâtre! Dire aux acteurs ce que vous pensez! »

C'est amusant, parce que cela a fait écho dans ma mémoire à un cours de philo (il me semble) (et non, je ne faisais pas que dormir en philo), ou le professeur parlait de la sacralisation du spectacle ou de quelque chose du genre. Quoi qu'il en soit, je me rappelle avoir entendu qu'il évoquait les gens qui se font fusiller du regard lorsqu'ils commentent, s'agitent dans la salle ou ont leur portable qui sonne. Celui qui a le malheur d'être enrhumé se fait tout petit dans son siège.

Je trouve que tout ceci est bien contradictoire. On veut du silence à tout prix, même dans les lieux de société, où l'on est censé donner son avis, s'exprimer. Pourtant, quand on va au théâtre, c'est toujours un peu exceptionnel. Les parents disaient qu'ils sortaient, et nous, enfants, comprenions « soir de fête ». Or « soir de fête » et « silence religieux » ne ressemblent guère à des synonymes. À croire que le silence s'est déplacé. Tout simplement.

5 juillet 2007

Anniversaire

Pour commencer,

JOYEUX ANNIVERSAIRE MELENDILI !
.
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Ensuite, c'était hier le premier anniversaire de mon blog qui a un an et un jour aujourd'hui, et plus de quatre cents messages. Alors merci pour vos commentaires, vos encouragements et tout ce que vous lui avez apporté, parce que c'est aussi grâce à vous que ce blog vit. Mon chez-moi n'est pas prêt de rendre l'âme: j'aime toujours autant poster, même si en ce moment j'ai un peu moins de temps. Bien que je passe mes journées sur la toile, c'est pour mon job et je cherche toute information concernant les marins-pêcheurs. J'essaierai quand même de continuer à poster plus ou moins régulièrement.
A venir: un sonnet en l'honneur de Marcel, la suite de "J'en ai rêvé" avec Robin de Bois et d'autres notes.

Je vous embrasse,
Inci

5 avril 2007

Portrait vacher

Optima toruae
  forma bouis cui turpe caput, cui plurima ceruix,
  et crurum tenus a mento palearia pendent;
  tum longo nullus lateri modus: omnia magna,
  pes etiam, et camuris hirtae sub cornibus aures.             
  Nec mihi displiceat maculis insignis et albo,
  aut iuga detrectans interdumque aspera cornu
  et faciem tauro propior, quaeque ardua tota
  et gradiens ima uerrit uestigia cauda.
labourage_nivernais

La meilleure vache est celle dont le regard est torve, la tête laide, l'encolure très forte, et dont les fanons pendent du menton jusqu'aux pattes; puis, un flanc démesurément long; tout grand, le pied lui-même, et, sous des cornes courbes, des oreilles hérissées de poil. Il ne me déplairait pas que sa robe fût marquée de taches blanches, qu'elle refusât le joug, qu'elle eût parfois la corne farouche, qu'elle fût assez proche du taureau par l'aspect et que, haute de taille, elle balayât du bout de sa queue la trace de ses pas.
Le texte est de VIRGILE (Les Géorgique, III) et le tableau - qui devrait rappeler quelque chose aux anciens de TL2 - est de ROSA BONHEUR

10 juin 2007

Velours brodé & Cie

velours_2Choisir un ou deux morceaux de tissu dans le placard de la mère, sortir sa boîte d'épingles, solliciter son imagination et le tour est joué! Vous avez un costume qui ne coûte rien et qui est entièrement recyclable puisque non cousu. Mais attention: vous ne pourrez en aucun cas avoir le plaisir de le passer: les épingle sont directement enfoncées dans le mannequin...

Voilà comme je m'occupe mors des pluvieuses après-midi de printemps...

costume_7

11 mai 2007

Rêverie hypertextuelle

Sa voix douce et plaintive. Quelques notes qui s'égrainent. Quatre mots qui restent encrés dans mon esprit, comme indélébiles. Je les fredonne. Somewhere over the rainbow...

20051228_arc004Monde de nues et des spectres? Monde intangible et inaccessible. Lieu de tous les phantasmes. Morphée y règne en maître absolu; les fées lui tiennent compagnie. Princes et princesses côtoient les marâtres, les sorcières, les magiciens, les monstres les plus biscornus. Un centaure majestueux s'entretient avec Ulysse. Médée tente de séduire le roi Arthur, qui lui n'a d'yeux que pour la belle Astarthée. Shéhérazade raconte une histoire aux sept nains. Un peu plus loin, un vieillard à longue barbe blanche tourne les pages alourdies par le temps d'un précieux grimoire. Signes hellènes, volutes coufiques, arabesques persanes, caractères latins... toutes ces cultures se mêlent en une débauche de couleurs et de scintillements. Du ciel,  Homère, Ovide, Virgile, Dante, Rabelais, La Fontaine, Scarron, Corneille, les frères Grimm, Anouilh et tant d'autres contemplent en souriant leur oeuvre commune. Ils ont créé du rêve, lui ont donné sens.

Over the rainbow...

13 juillet 2007

En vrac

Mr_Mysterious_by_TheTruthSeeker- Il y a eu des guerres à cause des morues.
- Je ne devrais pas lire de mangas quand j'ai Les Forçats de la mer qui m'attendent.
- Ca fait trois semaines que je suis à la page 80 du Vieil homme et la mer, c'est une honte!
- Je dois ranger ma chambre.
- Je vais avoir plus que 18 ans bientôt, et je ne veux pas.
- La désacralisation, c'est le Bien.
- Faire ses nuits de 4h à 11h, c'est mal.
- Il y a enfin du soleil aujourd'hui, mais cela va-t-il perdurer?
- Pourquoi on n'a rien sur la pêche en mer au Moyen-Âge?
- Il faut que je fasse le ménage, mais ma soeur squatte la salle de jeu avec deux de ses amis et ils vont dormir jusqu'à plus de 11h.
- Ce matin, apparemment, je suis tombée de mon lit.
- Vous savez que c'est dangereux de laisser traîner ses vêtements par terre?
- J'ai envie de ne rien faire.
- Mais je dois ranger ma chambre (again, parce que c'est vraiment urgent!)
- J'aime recevoir des réponses quand j'envoie des invitations, mais apparemment, ça ne fait pas partie du porjet de tous les invités...
- J'ai oublié d'aller chercher mes lunettes de soleil chez l'opticien, et ce depuis deux semaines!
- J'ai envie d'écrire, mais pas sur les marins-pêcheurs, malheureusement.
- Les chants traditionnels vientnamiens, c'est bizarre.
- Carla Bruni, c'est bien.

20 mai 2007

Versailles


Le ciel s'assombrissait déjà quand je pris le bus. Le soleil disparaissait déjà quand je montai dans le RER. 21h... J'entamai L'Espoir, sans grand espoir d'y comprendre quelque chose. Je descendis du train. Je sortis de la gare. J'avançai à grands pas. El Teckel m'attendait. Nous avançâmes jusqu'au château. Sur la place d'armes, une foule grouillante. Des hommes, des femmes, de gesticulants gamins en rangs d'oignon, jusque sur l'avenue de Paris. Mais que font-ils? On s'avance jusqu'au fond de la cour. Le parc ferme. Ça veut donc dire que tous ces gens ATTENDENT pour rentrer dans le château??? En désespoir de cause, nous décidâmes d'aller au cinéma.

18752416 Il est 22h. Nous cherchons avidement sur les affiches du Cyrano quel film passe à cette heure. Nous optons pour Jean de La Fontaine, le défi. Une salle minuscule. Le film commence. Sa voix me gêne. Je ne vois pas le personnage, je ne vois que l'acteur. On sent trop que c'est joué. Puis peu à peu, on entre dans l'histoire, on se laisse prendre au jeu. On apprécie. Nous éclatons de rire lorsque la maîtresse du poète s'écrie, outrée: « Je ne veux pas me faire trousser comme une belette! » et lui de répliquer: « C'est pourtant mignon une belette... » Finalement, on l'aura vu le château de Versailles! Ce décors reste splendide. Et la fin du film est particulièrement savoureuse...

Un bon moment de détente, bien que totalement improvisé: qui penserait passer la nuit des musées au cinéma?

1 novembre 2008

Abécédaire latin

Il y a fort longtemps, alors que je taguais de nombreuses personnes sur un questionnaire à la mode, l'une des malheureuses victimes, Mimy pour être plus précises, me faisait part de ses pensées. "Si au moins les questions étaient originales," se lamentait-elle. Pour la consoler de son infortune, je lui avais alors promis d'inventer un questionnaire plus intéressant, à mes heures perdues. C'est ce que j'ai fait ce week-end. En réalité, les questions ne sont pas d'une folle originalité, mais je suis partie d'un concept, parce que dans un questionnaire, un concept ça fait bien. Le mien, vous vous en doutez, est latinisant.

Vous disposez d'un abécédaire; à chaque lettre correspond un mot pioché dans le Gaffiot. Et à chaque mot, une question qui en découle. Le lien est plus ou moins facile à établir, et certaines questions sont sans doute un peu tirées par les cheveux. Je vous prie de bien vouloir m'excuser...

 

  1. Aeneas (Énée, héros latin)

    Ton héros favori. Robin des Bois, sans hésitation !

  2. bibax (grand buveur)

    Ta boisson favorite. Le karkadé, si je devais faire original. Le thé en général.

  3. Caelum (ciel)

    Ton signe astrologique. Cancer ascendant Sagittaire.

  4. Disciplina (action d'apprendre)

    Les études que tu aurais faites si tu n'avais pas fait celles que tu as choisies. De l'optique ou de la chimie, je crois.

  5. Elenchus (perle en forme de poire (!) )

    Pierre ou métal précieux que tu affectionnes particulièrement. L'argent.

  6. escherbouledecristalmp5Fatum (destin)

    Ecris ton horoscope pour la semaine à venir. « Neptune entre dans votre VIIe maison et influera votre motivation de façon tout-à-fait négative: il ne faut pas vous laisser abattre! En outre, Morphée aura tendance à vous attirer sur la Lune. Attention au travail en retard... »

  7. Graecum (la langue grec)

    Langues que tu apprends / as apprises et celles que tu souhaiterais apprendre un jour. J'ai appris l'anglais et l'allemand; j'apprends le grec moderne; j'apprendrai au moins une langue celte, le roumain, l'iranien et d'autres langues romanes en ce qui concerne les langues indo-européennes, puis le turc, le finnois et le maltais.

  8. Hamadryades (hamadryades, nymphe des forêts)

    Être ou créature légendaire ou mythique qui te fait rêver. Le Djinn, cette question !

  9. Inscitia (gaucherie, incapacité)

    Ce que tu ne sais pas faire. Penser, problématiser, disserter.

  10. Jura (le Jura)

    Y a-t-il un lieu en France où tu n'es jamais allé, et où tu aimerais aller? L'Alsace m'intrigue depuis longtemps, et de plus en plus depuis qu'on en a parlé en grammaire comparée.

  11. Karthago (Carthage)

    Le voyage que tu rêves de faire. Aller en Iran... malheureusement, j'ai peur que ce voyage reste à l'état de rêve.

  12. 22510100936580Lliber (livre)

    Décris la couverture du livre qui traîne à côté de ton ordinateur. L'auteur en lettres capitales, et le titre de même, juste en dessous. Une espèce de rose-brique passé. Une louve noire aux mamelles pendantes. Tacite, Vie d'Agricola, édition des Belles Lettres, collection Budé.

  13. memoria (mémoire)

    Ton premier souvenir. De l'eau, des plantes, des gens, beaucoup de gens. De la vitesse. Le ventre de mon père. Un virage. Une arrivée, dehors sous le soleil. L'air est froid. La piscine est ronde. J'ai appris plus tard qu'il s'agissait d'un séjour à Center Park, où mon père m'avait fait descendre la Rivière sur son ventre. J'avais un an.

  14. nimbus (pluie d'orage, averse)

    Décris ce que tu aimes dans la pluie. Son pouvoir révélateur, lorsqu'elle commence à tomber. Alors la terre exhale son arôme puissant, le bitume agresse les narines. Les manteaux mouillés dans les couloirs de la fac ont une légère fragrance de chien mouillé. Les feuilles mortes du jardin brillent et dégagent un parfum d'automne bien connu. Mais si la pluie dure, les odeurs se brouillent et l'on ne sent plus rien.

  15. odor (odeur)

    Décris l'odeur qui te marque le plus dans ton quotidien. Celle piquante des vieux trains, empestant le grésil. Et les odeurs écœurantes des couloirs interminables du métro: entre urine et produits chimiques, la nausée me prend.

  16. piger (paresseux)

    Ton péché capital. La Paresse, sans aucun doute.

  17. Quinta (prénom féminin)

    Le prénom féminin que tu choisirais si tu devais avoir une fille. Eulalie, parce que ce prénom a une consonance ridicule.

  18. wwwrana (grenouille)

    L'animal qui te ressemble. La tortue, bien sûr ! Pas des plus rapides, c'est aussi l'animal qui promène sa maison sur son dos, afin de s'y réfugier en cas de problème. Elle fait la sourde oreille aux soucis, les ignore. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que ce n'est pas ainsi qu'ils s'en iront.

  19. sagina (engraissement, bedaine)

    Ce que tu ne peux t'empêcher de manger, tout en sachant pertinemment que ce n'est pas raisonnable. Une ou deux barre de chocolat, après le repas, ou entre les repas, ce qui est pire.

  20. tibia (flûte)

    L'instrument de musique qui t'émeut le plus. Le clavecin, je crois. Sinon, je trouve les résonances du cor de chasse assez intéressantes, dans la musique baroque...

  21. Ucalegon (nom d'un Troyen)

    Le prénom masculin que tu choisirais si tu devais avoir un fils. Eusèbe ou Gauvain. Vous aurez deviné qu'il vaut mieux que je n'aie pas d'enfants !

  22. 3424490042178video (je vois)

    Cite trois films que tu as vus et commençant par la même lettre. Dis ce que tu en as pensé. « Le Voyage de Chihiro », magique, tout simplement. « V for Vendetta », découvert grâce à Lu, et que j'ai adoré. Et enfin, « Vicky Cristina Barcelona », que j'ai aussi beaucoup aimé.

  23. Wardo (le Gardon, rivière)

    Observe un planisphère, et choisis un cours d'eau dont le nom te fait rêver. Que t'évoque-t-il? L'Euphrate. Souvenirs des cours d'histoire du collège et du lycée. Naissance de la civilisation. La Bible: il reste associé dans mon esprit à un idéal de terre promise, et dans mon imagination, l'Eden et les jardins de Babylone fleurissent sur les rives de ce fleuve exotique.

  24. xysticus (gymnase)

    Un sport que détestes particulièrement. Hum... le choix est difficile. J'hésite entre la course à pied, l'athlétisme, la gymnastique, le volley et tous les autres sports qui m'ont fait faire des cauchemars tout au long de ma scolarité.

  25. yssopum (hysope, arbrisseau)

    Y a-t-il un arbre ou une plante qui garde une place particulière dans tes souvenirs? Oui, le pommier du japon qui trônait au centre du jardin, à Robinson. Ses fleurs roses et son aspect forêt vierge m'attiraient. Des centaines de branches qui partaient du pied... cet arbre avait un air de pays lointain.

  26. zotheca (boudoir, cabinet de repos)

    Décris la bibliothèque de tes rêves. Des livres sur tous les murs, jusqu'au plafond. Une atmosphère chaude, presque poussiéreuse. Et des fauteuils un peu partout. Des petites lampes par-ci par-là. Et une fenêtre qui regarde un immense jardin.

Puisqu'il s'agit bel et bien d'un questionnaire (promis à un bel avenir, c'est sûr), je le propose à Mimy - n'oublions pas qu'il lui est dédicacé - mais aussi à tous les latinistes et non latinistes qui seraient intéressés.

7 juin 2011

Comme ivre

La tête qui donne l'impression qu'elle va imploser. La barre au-dessus des yeux, comme si les ouvrir relevait de l'impossible. Métaphore de la cocotte-minute, du marteau. Toutes se valent, et pas une ne décrit vraiment la migraine.

Le cachet dans un verre, le Coca dans un autre. Le mélange détonnant de la caféine et de l'aspirine. La douleur va se calmer, finalement.

La fatigue. La peur d'oublier quelque chose. Penser à se lever à l'heure. Penser aux cours particuliers. Penser à corriger les copies. Penser que les conseils de classe approchent. Penser à prévenir de mon absence telle date. Penser à aller déjeuner avec le père. Penser à préparer ceci ou cela. Penser à poster la lettre pour l'assurance. Penser à l'année prochaine. Penser aux vacances.

Je me donne mille choses à faire pour ne pas penser aux révisions. Les partiels approchent. Sur les deux semaines et demie de révisions, il n'en reste qu'une, et je n'ai pas commencé. Un projet à rendre pour dans trois jours. Des cours à rattraper. Plein.

Alors je mange. Le sucre coule dans mes veines et m'alourdit. Comme si j'avais bu. Je me sens engourdie, un peu vacillante. Je ne supporte pas le sucre, mais j'aime ça. Il y en a qui fument, d'autres qui boivent. Je mange de la confiture ou du chocolat.

Puis je culpabilise. Alors pour enfouir ce sentiment, je regarde le rayon de soleil percer le ciel de plomb et saupoudrer les acacias devant ma fenêtre. Et j'écoute Andréas Scholl qui chante le Stabat Mater. Vivaldi. La panacée.

10 janvier 2012

Où je me dois de dire une expression de mon grand-père

Mon grand-père avait une expression, d'une élégance rare et d'une absolue finesse, qui colle parfaitement à la chance écoeurante que j'ai eu une fois de plus. Mon grand-père disait de quelqu'un de chanceux qu'il avait "le cul bordé de nouilles". Bon, s'il-vous-plaît, n'essayer de pas de visualiser, ce n'est pas très joli.

Pourquoi une telle introduction ? Tout simplement :

La semaine dernière, mon directeur de mémoire de l'an dernier m'envoie une offre de stage. Je jette un oeil : sujet intéressant, milieu de la recherche industrielle, petite boîte récente et... à dix minutes de chez moi. Je saute sur l'occasion. En un week-end, je mets à jour mon CV et rédige ma lettre de motivation. J'envoie le tout. Le lendemain, on m'appelle, on fixe un rendez-vous.

Ce matin, l'angoisse et l'impatience font un mélange détonnant. Le coeur qui accélère brutalement, l'estomac qui se tord. Rien que de très normal. Lorsque j'arrive, j'ai l'impression qu'ils ont déjà décidé de me prendre. Aussi, à la fin de l'entretien n'attendent-ils que ma réponse, qui est immédiate, bien sûr ! J'ai même le droit de continuer le club BD !

La vie n'est-elle pas merveilleuse ? Une offre, un CV, une réponse, un stage trouvé. J'ai parfois l'impression que je vais me réveiller un matin et que tout aura été un rêve. Je plane complètement.

6 décembre 2011

Réveil douloureux

J'ai passé ma journée d'hier à relier Momos, Athéna, Phobos, Arès, Alecto ou Lêto à leurs parents, puis à leurs attributs puis à leurs autres relations. Je voyais danser des dieux et des déesses devant mes yeux. La dead-line était minuit. J'ai envoyé le tout à deux heures passées.

Dans mon rapport, j'ai parlé de viol et d'adultère, d'Hermaphrodite qui ne rentrait pas dans mon modèle, d'Hercule que je considérais comme mortel et de Psyché que je voyais comme une déesse, j'ai expliqué ce qu'étaient les Hécatonchires et les Cyclopes, l'égide et la marotte.

Et quand j'ai eu terminé, je n'avais plus la moindre envie de dormir. Alors j'ai fouillé dans mes scans de mangas, et j'ai découvert une perle, qui m'a collé un sourire niais au visage. Eh oui, je souris niaisement même à quatre heures du matin. Mon sourire s'est quelque peu crispé quand j'ai vu l'heure.

Une fois dans l'obscurité, j'ai repensé au dîner, à son air bouffi, à sa solitude, au blanc qui a suivi mon refus. J'ai eu mal pour lui, et je me sens coupable. Je ne devrais pas. C'est ce qu'il cherchait après tout. Mais je n'y peux rien, c'est plus fort que moi : il faut toujours que je m'inquiète pour les autres.

J'ai les yeux bouffis, et les membres endoloris. J'ai dormi trois heures et mon cours ce soir finit à vingt... J'ai envie de me recoucher.

9 janvier 2009

Nix

- J'aime, une fois l'an, à me souvenir du goût de la neige, et de son discret parfum. -

Lundi

Je ne commence qu'à quatorze heures, alors je me tire du lit tranquillement à neuf heures. J'ouvre les yeux difficilement, et je m'étonne du silence qui règne sur la maison. Je sais que mon père est encore en vacances: il doit dormir. Mais le vide de la cuisine m'inquiète: ma mère n'est pas levée, ce n'est pas normal. Je m'en vais alors lui demander si elle ne commence pas à neuf heure et demi d'habitude. Si. Ah. Brusquement, je réalise que mon frère doit encore dormir comme un bienheureux, lui qui était censé commencer les cours à huit heures. Je vous dis ça, mais ce n'est pas tout à fait vrai: la première chose qui m'a frappée quand je me suis levée, c'était ces flocons qui tombaient dru sur le jardin, cette légère couche de sucre glace qui saupoudrait la forêt. Et toute la journée, je me suis étonnée de voir que la neige continuait, sans se décourager, de tomber sur le sol gelé. Le soir, dans mon jardin, la couche était épaisse, et mes pieds s'enfonçaient avec délice dans l'allée encore vierge de pas.

Mardi

Ce jour, pas d'aller-retour en transports, pas d'aller-retour pour la fac. Ce jour, je dois travailler pour mes devoirs sur table du lendemain. C'est pourquoi à neuf heures, je suis lovée dans le canapé, blottie dans le plaid en patchwork, et je regarde les deux derniers épisodes de Robin Hood. À onze heures, j'attaque mon grec moderne, avant de sombrer dans une sieste qui me conduira jusqu'à midi. Dehors, tout est blanc, et au déjeuner, ma mère me fait le récit du court trajet en voiture qu'elle a effectué. À dix-sept heures trente, je dois être chez mon élève, à un quart d'heure en voiture. C'est le crâne farci des conseils maternels et la peur au ventre que j'ai pris pour la première fois le volant sur les routes enneigées. Même pas mal! (Juste une belle onglée pour avoir gratté la neige du pare-brise sans gants.)

Mercredi

Il fait encore nuit quand je quitte la maison, et après avoir entendu crisser avec un plaisir non feint la neige sous mes pas, dans le jardin, je découvre avec stupeur que les trottoirs de la ville sont de véritables patinoires. Plus de peur que de mal, certes, mais tout de même. À Paris, la déception de voir le square de Cluny fermé « pour cause d'intempérie » me fait perdre le sourire. J'aurais tant aimé traverser le jardin aux simples poétiquement saupoudré de blanc!

Jeudi

Cette nuit, il n'a pas gelé. Mais la soupe glisse presque plus que les larges plaques de verglas. Ce que je n'aime pas avec la neige, c'est quand elle commence à fondre: on se dit que c'est fini pour l'année, et on n'est jamais sûr de la prochaine averse de flocons. Et l'herbe pointe son nez sous la couche de plus en plus fine, la terre répand ses traînées marronnasses sur la blancheur auparavant immaculée. On dit que la neige c'est pur, mais en réalité, elle l'est de façon tellement éphémère que je ne vois que les traces de pas, le sel, les ornières boueuses et les détritus. La neige, c'est beau lorsqu'elle tombe et couvre tout. Après, quand elle s'étiole lentement en une lente agonie, c'est triste.

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