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Vous en parlerez à votre cheval...
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14 novembre 2007

Quotidien

250px_Invalides_RER_CPardon! - La porte s'il-vous-plaît! - Attention à la marche, en descendant du train. - Malesherbes... Malesherbes. - Excusez-moi. - Pardon! - La porte s'il-vous-plaît! - Est-ce que je pourrais passer? - Pour aller dans le Nord, c'est direction Clignancourt ou Orléans? - Excusez-moi, pour rejoindre la ligne 13, c'est par où? - Saint-Lazare... Saint-Lazare. - Attention à la marche, en decendant du train. - Pardon! - La porte s'il-vous-plaît! - En raison d'un mouvement social, le trafic sera fortement perturbé le  mercredi 14 novembre. Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour la gêne occasionnée. La SNCF vous remercie de votre compréhension. - Pardon! - La porte s'il-vous-plaît! - Europe... Europe. - Attention à la fermeture automatique des portes. - Le train prévu à 16h31, en direction de Saint-Quentin-en-Yvelines, est annoncé avec un retard de vingt minutes environ. - Villiers... Villiers. - La porte s'il-vous-plaît! - En raison des intempéries, le trafic est fortement perturbé. Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour la gêne occasionnée. - Pardon! - Excusez-moi! - Pardon! - Tûûûûûûût...

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12 octobre 2007

C'est le week-end!

Je suis morte, crevée, épuisée, éreintée. Je n'en peux plus! J'ai erré pendant deux heures entre les différents Gibert et l'INALCO (Institut des Langues Orientales) afin de me rendre compte que de toute manière je ne pourrais pas acheter tous les livres demandés, et donc je me suis contentée de prendre le plus urgent.

Et puis, alors que je m'apprêtais à rentrer buller chez moi, Lu me propose d'aller au théâtre! Etant incapable de refuser une telle invitation, je cours, je vole jusqu'à SQY où elle m'attend. Nous dînons en vitesse avant de nous rendre (non moins rapidement) au théâtre pour voir Richard III, réécriture de je ne sais plus quel flamand.

richard III

C'était étrange, glauque, contemporain, effrayant, parfois drôle, "flippant"... Un Richard schizophrène et fou à lier, des reines à n'en plus finir (qui est la mère de qui? la soeur de qui?), des frères, un Prince héritier (interprêté par une amie de collège ^^), des morts, un Loyal-chien-gringo, une musique de Western, un peu de nudité (n'oublions pas que c'est contemporain!)... Avec Lu, nous analysons à peu près tout, des métaphores employées, à la récurrence de la religion et du thème du jeu. Lumières, costumes, décors. Une adaptation violente et décoiffante, angoissante aussi. Mais qui garde somme toute l'esprit de Shakespeare, c'est-à-dire ce mélange d'horreur, de drame et de comique.

30 septembre 2007

Et vogue la galère! - La dérive

- mercredi -

RER, marche. Quatre étages à monter, dans un petit escalier à vis. L'espoir semble me donner des ailes: peut-être aujourd'hui aurais-je ma carte d'étudiant? Ainsi je pourrais envoyer mon dossier Navigo et peut-être même recevoir mon abonnement à temps pour la rentrée!

p_rette Mais telle la cruche de Pérette, mes espoirs se brisèrent sur le sol plastifié du bureau 410 (18 rue de la Sorbonne). « Nous on n'a rien, on n'a même pas de retard dans le courier. Donc il faut refaire un chèque, et aller le porter à l'agence comptable 1 rue Victor Cousin. »

Je n'ai pas de chéquier, je dois donc rentrer chez moi, et revenir. Demain.

Pour masquer ma déception et cette envie de pleurer qui me tient, je vais délester mon porte-monnaie de quelques euros à Gibert. De quoi lire des trucs inutiles, le temps du trajet du retour. Gibert si près de moi, c'est dangereux, mais tant pis: autant avoir fait le chemin pour quelque chose.

Au retour, j'ai bu un thé chez le Teckel.

10 octobre 2007

De l'intérêt de faire du grec ancien

22510100957930LAujourd'hui j'avais au programme pas moins de six heures de grec (au milieu desquelles nageait une pauvre heure de littérature latine). Voici quelques détails.
Lettres grecques: l'Iliade, que du bonheur. Pendant deux heures nous avons eu une introduction sur la question homérique et tout ce qui va avec, ainsi que la présentation du programme et des préparations à faire pour chaque semaine...
Lettres latines: une heure sur le roman antique. C'est là que j'ai découvert que les Anciens avaient leurs séries américaines: deux jeunes personnes s'aiment, sont séparées, sont enlevées, vendues commes esclaves etc. On croit que la jeune fille est morte, mais on voit quelques mois plus tard, à l'autre bout du bassin méditerranéen qu'en fait, et ben non, elle est toujours vivante. On a même parlé de Daphnis et Chloé! Tout ça pour introduire l'étude de Pétrone et Apulée.
ELangue grecque: mon prof ressemble à Mika (ça doit être les cheveux)! Je vous jure! Il a eu l'étrange idée de nous faire apprendre les Mots grecs de M.Martin et de nous donner, cinq minutes avant la fin du cours, une version sans dictionnaire... Mais bon, je ne vais quand même pas cracher sur un prof pour le moins mignon (cf photo) et dynamique! (surtout qu'il a fait une maîtrise sur le corps et le contact dans l'Iliade ^^) VIENDEZ EN GREC!!!
Grec moderne: nous nous sommes débattus avec la prononciation du grec moderne. Qué galère les amis! Mais c'est beau et c'est classe. Et leur grammaire est dix fois plus simple que celle du grec ancien: adieux datifs, infinitifs, futurs, participes et optatifs! Le relatif est invariable, la première conjugaison a absorbé trois quarts des mots de la troisième... que du bonheur! VIENDEZ EN GREC!!!

9 octobre 2007

Y a d'la joie!

metro_maleherbesHier, ce ne fut pas la joie: j'ai découvert, en trois heures de TD et une heure de cours magistral (amphi et tout et tout!), que je n'aimais définitivement pas la littérature: Le Misanthrope de Molière, version M.Biergam* améliorée. Refaire ce que l'on n'a pas apprécie l'année précédente... Je bougonnais dans mon coin, écoutais d'une oreille et grattant ma feuille comme je ne l'avais pas fait depuis longtemps, mais prenant le temps de me faire mes petits délires à moi toute seule. Ainsi, nous avons étudié la confrontation de Phil et Al (de leur petit nom) et supposé qu'Al fisait une crise de jalousie parce que Phil ne lui réservait pas ses caresses (véridique!)... je n'y ai vu bien sûr aucun double sens XD. Ma foi, on fait ce qu'on peut pour faire passer les trois heures plus vite. De plus, le prof du cours magistral ponctue chaque phrase d'un petit ''euh-hein?'' exaspérant, surtout avec sa voix aigrillarde. Mais le pauvre avait l'air paniqué: c'était son premier cours en amphi.

Aujourd'hui, enfin, j'ai compris pourquoi je vais à la fac: un cours de langue latine, où nous avons étudié pendant une heure l'histoire du J et du V dans notre alphabet, ainsi que celle du W, du Y et du Z! Extra! Puis cinq heures à tuer: je devais retrouver el Teckel à son lycée. Par un concours de circonstances malheureuses, nous ne nous sommes pas vues, alors j'ai mangé mon sandwich seule au milieu des pigeons dans le square de Cluny. Et je suis retournée à Malesherbes, parce que La Chaussette y avait cours. En attendant mon cours de linguistique, j'ai discuté et n'ai pas vu le temps passer. Linguistique = miam! Une introduction tout-à-fait alléchante. En plus, quelqu'un de L.B. m'a identifiée. J'ai eu besoin d'un peu d'aide pour certifier ce que je pensais: il faisait de l'allemand en seconde avec moi. Le monde est petit!

MonetStLazareLe cours de culture générale ne commençant que la semaine prochaine, je me suis vite retrouvée dans le métro avec le sourire aux lèvres. Les autres voulaient tous aller au café boire un verre pour faire connaissance: en bonne associable, j'ai eu peur de tout ces gens et ai préféré rentrer chez moi. Après avoir peser le pour et le contre, je suis sortie à Saint-Lazare. J'ai fait toutes les voies avant de trouver mon train et finalement me suis confortablement installée. Là me retrouve le type de L.B. qui m'explique qu'il a faussé compagnie aux autres, parce qu'il n'aime pas les groupes. Ma foi! Et nous discutons jusqu'à ce que je descende pour changer de train.

De plus, j'ai eu mon bus immédiatement, ce qui a achevé de me mettre de bonne humeur. Aujourd'hui fut donc une excellente journée: cours intéressants, vie sociale, trains qui s'enchaînent et fin des cours deux heures plus tôt.

Y a d'la joie! :D

*Les noms ont été modiés ^^

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20 septembre 2007

Chronique d'un mariage, deuxième épisode

~ Oiseaux en cage, ou la preuve que le ridicule ne tue pas ~
~ Remarques d'une mécréante ~

La messe est commencée, évidemment, mais notre demi-heure de retard ne nous a pas paru de trop. Je souffle, amusée, à ma génitrice: « si on avait pu se perdre un peu plus longtemps... » lorsque s'annonce l'évangile, je prie en silence pour le curé n'ait pas le mauvais goût de nous la chanter. Malheureusement, je ne fus pas entendue: tout en essayant d'étouffer le fou-rire qui me prit en écoutant la voix chevrotante du saint homme, je tendais une demi-oreille à ce qui se disait. Puis vint le sermon. J'eus alors tout le loisir de réfléchir.

mariage_chretien* Mais quelle idée de se marier à l'église! Pouvez-vous me dire en quoi l'amour que se portent un homme et une femme regarde Dieu et sa clique? Et le curé qui aime répéter: « vous serez trois toute votre vie: Jésus vous accompagnera partout gnagnagna... » M'enfin, depuis quand parle-t-on ménage à trois chez les cathos? Et cette formulation explicite, je trouve ça malsain. Pas que je sois contre les ménages à trois, mais franchement, vivre en étant persuadé que Dieu est avec nous est fait partie de notre ménage, ça tourne au mysticisme le plus complet! Mais comme dit le Teckel, tout dépend de la physionomie du Jésus en question...

* Cette messe serait intraduisible en latin. Même Rimbaud, le fort en thème, s'y arracherait les cheveux. Je m'explique: les latins sont réputés pour être terre-à-terre; ils emploient peu de mots abstraits, même s'ils existent. Or ce sermon était tellement empli de grandes et belles idées que les latins n'y auraient compris goutte. Un peu de liberté par là, de l'amour ici, des pelletés de fraternité, d'amitié, de bonne entente, de fidélité etc. Trop peu de concret pour moi (et pour les latins), je m'ennuie ferme.

* Les chants de messe, c'est bien. Même si ce n'est pas toujours du meilleur goût, même si les frêles agneau du troupeau des fidèles ne savent pas prononcer le latin, même si c'est parfois morbide, au moins, ça occupe! Chanter à pleine voix, voilà qui empêche de rire du prêtre ou de la dame de trois rangs devant.

8_bandeau* Pourquoi les dames n'ont-elles toujours pas compris que le ridicule, s'il ne tue pas, est dangereux pour la santé mentale de ses voisins d'église? Plumets blanc et vert, rouge et blanc, gros papillon jaune sur le côté (pas du tout, mais alors pas du tout, assorti aux yeux d'un bleu-vert foncé) et autre fanfreluches. Le mieux dans tout ça, c'est qu'elles sont fières de leur trouvaille! Et la nouvelle mode (que je n'avais jamais vue encore) ce sont les chapeau sans fond: les cheveux sont visibles sur le sommet du crâne. C'est vrai qu'au prix où sont les chapeaux, on fait comme on peut pour économiser quelques pièces! Le ridicule ne tue pas mais ruine à coup sûr...

Nous cinq, au fond de l'église, sur la pointe des pieds dans l'espoir d'apercevoir un bout de marié(e). Nous cinq, au fond de l'église, à nous tourner les pouces pendant l'eucharistie (pas assez faim pour une ostie). Nous cinq, légèrement sceptiques face à cet engouement christique. Finalement, les mariés se sont dit oui. Cela valait-il le coup de faire tout ce tintouin, deux heures durant?

PS: Le chapeau ici présenté est beaucoup moins voyant que ceux qui étaient présents au mariage. De plus, sans tête en dessous, il est difficile de juger qu'il sied mal...

2 octobre 2007

Et vogue la galère! - Terre, terre!

- jeudi -

Le RER me passe devant le nez. Je jure. La Défense n'est pas ma destination: tant pis, je changerai à Versailles. Un quart d'heure à poireauter. À Chantiers, un direct pour Montparnasse dans un quart d'heure, qui arrive en retard. Que de temps perdu!

C'est déterminée que je passe les portes de la Sorbonne ce jeudi matin. À peine un regard aux plafonds, je m'engage dans la galerie Richelieu sans hésitation aucune. L'accueil. Il est plus de onze heures et la queue semble sans fin. Je patiente. Au bout de vingt minutes à laisser traîner mes oreilles, je me rends compte que pour payer, ce n'est pas là. Rester calme.

certe_d__tudiant Je sors de la queue (qui a à peine avancé...). L'agence comptable est là apparemment, puisque la file d'attente y est encore plus longue. Je me résigne. Après plus d'une demi-heure debout, c'est enfin mon tour. J'explique mon problème. « Oh ben ça arrive! » me répond-on avec un grand sourire. Je donne nième chèque et obtiens enfin... mon certificat de scolarité! Pour les cartes détudiant c'est à l'accueil. Heureusement, il y a moyen de couper la file...

Finalement, je l'ai cette carte monéo qui certifie que oui, j'ai bien payé pour aller à la Sorbonne! Après plus d'un mois à observer fébrilement ma boîte aux lettres et trois jours à affronter l'administration...

Demain, le récit de mes inscriptions...

18 septembre 2007

Chronique d'un mariage, premier épisode

~ Une histoire de clochers ~

meung_sur_loire_coll_gialeSe lever le matin du mariage et se dire que l'on n'a rien à se mettre. Avoir une heure et demi pour faire La Halle aux vêtements, C&A et quelques autres boutiques où l'on ne trouvera rien. Se rabattre sur le noir et blanc de type enterrement. Cela dit, mieux vaut être sombre et sobre, que coloré et ridicule (des explications viendront dans le deuxième épisode).

Partir plus tard que prévu. C'est ma sœur qui conduit. On a les embouteillages de Coignères. On doit aller jusqu'à Orléans, même après, dans une petite ville. Arriver en retard de dix minutes, se garer. Et suivre le paternel qui nous répète « ça devrait pas être loin, le clocher est juste là. » Difficile de marcher avec des talons, quand on n'en a pas l'habitude.

Au pied du clocher, se rendre compte que l'on est perdu: c'est une simple protubérence sur le toit d'une maison, qui n'a jamais connu la moindre cloche. Alors on avance dans les rues. On demande notre chemin. On arrive au pied de la collégiale. Immense, visible. Et belle, très belle.

Entrer discrètement dans l'église, aller jusqu'au fond. On n'a pas vu les mariés. On ne voit personne de connu. On reste là, debout, au fond de l'église. Finalement, nous n'avons qu'une demi-heure de retard.

24 septembre 2007

Souvenirs et galets blancs

Les habitudes semblent me coller à la peau, et s'en défaire est de l'ordre de l'impossible. Je m'asseois dans le bus, à la même place que d'habitude. Je monte dans le train deuxième wagon, deuxième porte et m'installe « à contresens ». J'observe par la fenêtre.

Un soleil blanc derrière un voile nacré. Des lambeaux de vapeur s'étirent dans un ciel qui hésite entre le bleu et le gris. De gros cumulus ouateux et rebondis circulent, anthracites en dessous, nimbés d'argent et de lumière sur le dessus. Une atmosphère indécise.

arbre_soleilEn attendant, je regarde ce grand bâtiment. Le soleil perce au travers du feuillage et me goutte sur le visage. C'est grand, et impressionnant quand on n'est pas à l'intérieur. Bientôt, les élèves sortent. J'attends. Et ils arrivent. Quelques mots échangés avec Melendili, Mimy, Marcel. Puis je suis la Marmotte dans les étages, comme si je n'avais jamais quitté le lycée. C'est amusant, j'ai l'impression d'y avoir été hier.

Au fond du couloir, une voix reconnaissable entre mille. On se plante dans l'encadrement de la porte. Mme P. s'excuse auprès de ses élèves et vient nous saluer. Nous discutons de tout, de rien, comme des amies de longues dates. C'est étrange, mais pas désagréable. Et nous repartons. Tous ces escaliers sont comme imprimés dans mes pieds. Je pourrais les descendre les yeux fermés.

Un thé chez la Marmotte. À trois autour d'une table, à raconter nos vacances, à parler prépa, fac, latin, MLD etc. Le temps passe. Et nous partons: toi pour ton cours de violoncelle, moi pour rentrer. Tu descends avant moi. Je reste dans le wagon, seule avec mes pensées.

Dans le bus, une vieille connaissance: le chauffard femelle. Peut mieux faire comme rencontre. En descendant du bus, automatiquement, mes pas prennent le chemin du retour. Il y en a plusieurs possibles, mais ils optent pour le plus court, celui que j'ai pris l'an dernier, la plupart du temps.

poucet_caillouxJe ne sais pas pourquoi, je repense à tous ces gens que j'ai connus depuis la sixième. C'est amusant comme j'ai effacé mes années collège. Je n'ai presque plus de contacts de cette période, et peu à peu, ils semblent s'effacer. Plus rien ne me rattache à ma scolarité arcysienne. Un peu comme si j'avais perdu les galets blancs que j'avais semés. Au fur et à mesure, je les ai enterrés sous mes années lycée. Mon passé semble avoir disparu physiquement: il n'en reste que quelques déchirures dans mes souvenirs. C'est peut-être mieux comme ça.

Le ciel pâlit et rosit. Le soleil se couche. Demain, je vais à l'université.

12 août 2007

Inci, le retour!

Je suis absente depuis près de trois semaines. Je commençais à me languir de la toile et de vous tous, ô lecteurs! Ces trois semaines ne furent guère dépourvues d'attraits, mais à force d'emmagasiner, je brûlais de tout vous raconter. Cependant, la maison est dans un état déplorable et je me dois d'y mettre un peu d'ordre.

IMGP0099En attendant le récit plus détaillé de ces quelques jours passés dans notre belle Gaule chevelue, voici une liste – non exhaustive – des épreuves qui vous attendent: une semaine de farniente en Provence, la lecture du très attendu tome 7 de la saga potterienne (comment ça Word ne connaît pas ce mot? Quel inculte!), la traversée de la France Var-Vienne (920km, onze heures de trajet, dont le tiers de « petite route qui ne roule pas »), les dix jours dans notre maison de campagne, visitée il aura un an dans quelques jours, et tout ce qui s'ensuit – douche au jet d'eau dans le jardin, épopées sur les routes de campagne, du dessin (beaucoup de gribouillage et quelques résultats peu probants), des mots fléchés à outrance, visite du Rivau pour la troisième fois, de Langeais pour la quatrième fois et d'Azay-le-Rideau pour la deuxième fois (il y a des châteaux dont on ne se lasse jamais...), et plein d'autres aventures!

A très bientôt! (peut-être dès ce soir, qui sait?)

PS: la photographie vous permettra peut-être de deviner le personnage dont j'ai dessiné la chambre...

27 mai 2007

Ode à la chaussette rose

IMGP0015

..

IMGP0012Parce que c'est toi, parce que c'est nous. Tu habites à Perpète, mais ta ville est très jolie. Tu habites à la campagne, mais ta maison est très jolie. Un peu de musique d'antan, quelques chips barbecue, des mélanges de jus de fruits bizarres autant qu'étranges, des pizzas et autres quiches, une salade aux légumes croquants. Une promenade, une partie que cache-cache improvisée et quatre boulets (dont je fais partie avec mon homonyme, la belette – qui fait très bien le bonobo! - et Marcel) qui se perdirent dans Pouars-Jontchartrain et errèrent durant des heures, sans réserves de Granolas et rentrèrent épuisés, ayant retrouvé leur chemin parce qu'ils suivirent leur infaillible flair d'hypokhâgneux...

IMGP0016Le bateau ivre de jus de cactus embarqua les malheureux étudiants dans les affres d'une maladie rose. Du tulle rose, un stylo à paillettes roses, deux polos roses, un débardeur rose, une boîte rose, des meringues roses, un gloss rose, un boa rose, des boucliquète d'oreilles roses... Tout rose pour l'impératrice du rose, la reine des chaussettes, la duchesse Fushia...

Tu es notre seule histoire d'amour. ON T'AIME !

30 mai 2007

J'en ai rêvé: souvenirs

luciferLongtemps j'ai été très peureuse. Et s'il y avait une chose qui m'effrayait par dessus tout, c'était le cinéma. Je n'allais au cinéma qu'une fois par an environ, pour voir le dessin animé de Walt Disney qui sortait. Les ''vrais'' films semblaient trop réels. Il y avait des morts, de la violence, l'expression de peurs viscérales... Pour ceux qui connaissent Rock o Rico, si mes souvenirs sont bons, le dessin animé a un début filmé qui met un scène un orage énorme. Et bien, j'en avais peur (je ne l'ai pas revu depuis...). Même dans les dessins animés les ''méchants'' m'effrayaient: je me vois encore partir en courant me cacher dans la chambre de mes parents lorsqu'apparaisait l'horrible Lucifer dans Cendrillon. Au cinéma, je me souviens m'être bouché les oreilles lors de l'apparition du dragon dans La Belle au bois dormant ou à la fin de Pocahontas.

Puis un jour de janvier, en l'an 2002, ma mère décida d'aller voir Le Seigneur des anneaux (je sais qu'il est sorti en 2001, mais le temps qu'il passe au théâtre Fontenay, il fallait bien qu'un mois s'écoulât). Ma petite soeur voulut l'accompagner. Quelle honte pour moi si je n'avais pas le courage d'affronter un petit film de fantasy! Prenant mon courage à deux mains j'y suis allée. Certes, j'ai passé les trois-quarts du film à me boucher les deux oreilles et à fermer un oeil et demi: autant dire que je n'ai pas vu grand chose! Mais j'avais été attirée par quelque chose de particulier: les deux yeux bleus et les cheveux blonds d'un elfe! Alors j'y suis retournée... deux fois. J'étais guérie et aguerrie.

ursulaMaintenant, c'est sans crainte que je découvre de nouveaux films tous les ans. Et avec plaisir que je redécouvre les classiques de Disney. Cependant, j'ai toujours, avant de regarder un film que je n'ai pas revu depuis ma période lâche et peureuse, un zeste d'appréhension. Ce qui me faisait peur dix ans auparavant est resté dans mon esprit avec la même dimension effrayante. L'an dernier, j'ai regardé de nouveau Pinocchio pour la première fois depuis une éternité, et c'était le souvenir de la baleine noire qui m'avait empêché de le regarder avant.

..

scène surréaliste et extrêment angoissante: la parade des éléphants roses, Dumbo

à suivre...

15 avril 2007

Delire viennois

Le soir, nous avons joué au tarot. Evidemment, je me suis empressée de perdre! après quelques -310 points, nous nous sommes mis à danser sur le CD que ma soeur a acheté au Super U du coin (quand même, ça reste civilisé!).

Après cela, mon père nous a fait deviné le nom d'un chanteur (dont il venait de mettre l'album). Comme nous séchions, il nous donna le prénom: Chris. ma soeur de s'écrier "Chris Rolls!" [pour bien comprendre l'enjeu, il faut savoir que ma soeur ne jure que par les Krisprolls, ces petits pains grillés suédois...]

krisprolls_fina_ny

15 avril 2007

Le retour à la terre

IMGP0062Vous souvenez-vous de l'achat de la maison de campagne, l'été dernier? Jeudi, j'y suis allée pour la première fois... comment dire? Cette maison a fait remonter plein de souvenirs et a provoqué des rêveries, des projets par dizaines.

Cette maison, on y arrive par les chemins communaux, où l'on ne croise pas une voiture sans se mettre dans le champ. Elle est perdue dans la cambrousse, à côté d'une chèvrerie. Dans le hameau, il y a à peine dix maisons. Mais la nôtre est la plus belle, puis que c'est la nôtre!

IMGP0003Cette maison, c'est deux bâtiments qui tiennent debout, une grange au toit qui s'effondre et des ruines. Il y a une pièce habitable (avec cheminée pour chauffer), l'eau courante et l'électricité (mais pas l'eau chaude: le chauffe-eau fait sauter le compteur!). Les toilettes sont dans la maison en face et il n'y a pas de lumière. Il y a une fuite donc on coupe l'eau la plupart du temps. Par contre, il n'y a pas de douche.

Cette maison, c'est un jardin immense avec glycines et acacias (comme à Robinson), le tracteur pour tondre, la charrette pour tracter les herbes ou les pierres, la caillasse partout: les murs se sont écroulés. Il y a des orties, des plantes bizarres. On réveille les fourmilières, les crapauds, les nids d'araignées sauteuses, les larves de je-ne-sais-quoi... beurk!

IMGP0015Il faut des gants, une bonne paire de bottes et c'est parti! On arrache l'herbe, qui pousse partout où il ne faut pas et fait s'écrouler nos beaux mur en tuffeau; on transporte des pierres à bout de bras; on tond, on taille, on débroussaille. On n'arrête pas, mais on prend l'air, on oublie tout le reste.

Virgile avait raison!

PS: je tiens à signaler que la dernière photo, c'est après nettoyage. Toute la partie en terre n'était que tas de pierres recouvert d'herbes arrivant au genou!

23 juin 2009

Pensées décousues

C'est bientôt la fin, mais j'ai l'impression que ma volonté a été muselé quelque part au fond de mon intestin. C'est là qu'elle s'est réfugiée, me forçant à refuser toute tâche ayant trait aux révisions. À cela s'ajoute la mauvaise volonté de la SNCF, qui s'arrange pour me faire arriver en retard à mon premier partiel.

smart_les_sims_3_paris_marketing_1Mais jeudi, à partir de 14h30, le glas de cette troisième année de licence tumultueuse aura sonné, et les vacances s'étendront joyeusement devant mes yeux. J'ai des tas de projets, donc celui de jouer aux Sims 3 toute la nuit pendant deux mois. Voilà des mois que j'ai envie de perdre mon temps à ce jeu, et deux semaines que les affiches publicitaires me narguent dans les couloirs du métro. Il ne me reste plus qu'à souhaiter que mon vieux pécé le supporte...

Demain, Roland et Marot me seront servis sur un plateau, et je ne me gênerai pas pour les massacrer en toute bonne foi: n'ayant ni assisté aux cours ni réviser, je ne vois pas trop comment je pourrais sauver cette épreuve coefficient 7... Les cinquante-cinq minutes de l'épreuve promettent d'être longues.

Ah, et dès que je serai en vacances, je ferai de la mousse au chocolat.

26 juin 2008

V comme...

IMGP0004Des vacances à Venise, le rêve. Quatre jours, c'est peut-être court, mais quand on a l'envie et la motivation, on trouve toujours le temps d'ajouter une petite virée par-ci, une autre par-là. À la fin du séjour, on n'a pas vu le temps s'envoler, mais on a les pieds enflés. Je pourrais bien sûr vous faire un vibrant éloge de la ville, de son vertigineux campanile, de sa vaste place, de ses vitrines versicolores, de ses palais vermeil, vermillon ou violets, de ses ponts ventrus aux voluptueuses voussures; je pourrais aussi vitupérer contre les vulgaires vadrouilleurs qui par milliers observent  attentivement ce qu'ils voient de vestiges, contre cette foule volage qui, à l'heure des vêpres, se hâte vers quelque vaporetto vrombissant, valise à la main. Mais je ne le ferai pas: d'une part, mes photographies parleront mieux de l'architecture que mes mots éraillés; d'autre part, je n'ai rien contre le vulgum pecus, puisque j'en fais moi-même partie, cornet vanille à la main et lunettes de soleil sur le nez. C'est le lot de tout voyage à Venise.

IMGP0005Ce qui est étrange, c'est que j'aime cette ville. Je l'aime, je crois, plus que tout autre. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais une chose est sûre: ce n'est pas sa beauté seule qui me séduit. J'ai ressenti, comme lors de ma première visite en ces lieux, une sorte de mélancolie qui émane de ces ruelles. Cela m'a d'autant plus frappée qu'une vapeur se posait comme un voile sur les rues, chape de plomb émanée des canaux sous le soleil estival. Venise ne vit que par le tourisme. Tout est fait, tout ne respire que pour ces promeneurs évaporés: le viril gondolier et la vieille voûte, le vendeur de verre et  le vantail verni, tout n'est que valetaille virevoltante au service de cette volière volubile de ventripotents. Et c'est effrayant. Parce que ce vivier de Coréens, Japonais et Chinois, Français, Allemands et Anglais est fort versatile. Et si demain tout cessait? Venise mourrait.

IMGP0008Les vétustes palais tiennent à peine debout; le crépi s'effrite, les portes sont vermoulues. Toute cette apparence de richesse est un masque qui cache des immeubles que la ruine menace. Les vagues emportent tout, il ne reste que ce que l'on veut sauvegarder. La vésanie et la vilenie des hommes fait courir un risque à cette ville-vétéran, cette Vénus vulnérable. Les canaux verdoient dans leurs tons vert-de-gris, dégageant sous le soleil de midi cette odeur de vase et d'eau saumâtre. Et pourtant, à chacune de ces portes sur l'eau s'ouvre un roman dans lequel capes de velours violine ou vert d'eau et pantoufles de vair montent ces marches de marbre, les vrilles de la vigne éclatent de verdeur dans les jardins; voici dans le vestibule viole, violon et violoncelle virtuoses. Le verrou d'un coffret se referme en vitesse sur un vélin destiné à quelque amant du voisinage.

Le bruit du ventilateur dans la chambre me réveille, le rêve s'achève, ne laissant dans mon cerveau que quelques vaguelettes et volutes, version vaporisée d'une histoire que je connais mal. Mais je vogue sur les voies mouvantes de cette ville sur l'eau, laissant s'égarer ma vision et vouant mes plus chers projets au sauvetage de Venise. Du rêve ou de la réalité, qui aura la victoire?

IMGP0003

Photographies de mon masque vénitien, jeu sur les ombres.

 

20 septembre 2008

Patience et longueur de temps

Il est treize heures et nous sortons de table. J'erre quelques minutes dans la maison, à la recherche d'une idée qui pourrait m'occuper cet après-midi. Parce qu'avec la crève que j'ai, impossible de passer plus d'une demi-heure devant un écran sans avoir les yeux qui pleurent et les oreilles qui bourdonnent. J'erre donc. Puis je vois cette boîte, là-haut, sur l'étagère. Perchée sur une chaise, je l'attrape. Elle n'a encore jamais été ouverte.

Je l'ouvre, j'étale les pièces sur le bureau de ma sœur. D'abord, on trie. On récupère précieusement les quatre coins, pièces primordiales. Puis les bords sortent du carton, petit à petit. Ensuite, on assemble le tout comme on peut, avant de se rendre compte que le tri a mal été fait. Quelques lézardes apparaissent dans le mur, mais peu importe, nous réglerons cela plus tard. J'attaque le plus gros.

Par quoi commencer? Les personnages, plus faciles à repérer que la perspective d'un blanc uniforme. Au travail...

Le temps passe, et j'avance bien. J'ai fait près de la moitié du puzzle mille pièces, ou du moins, un bon tiers. Fière, j'admire le travail accompli, travail qui me rassure quelque part: je suis encore capable de concentration et de patience. Je regarde ma montre: il est dix-neuf heures.

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17 octobre 2008

Jardin

Vendredi, premier jour de mon week-end. Ce matin, à mon lever, je décidai qu'il était temps de faire quelque chose pour le jardin. En effet, celui-ci ressemblait davantage à une friche qu'à un jardin. Les feuilles jonchaient la pelouse trop haute, les haies débordaient largement sur l'allée, ce qui causaient quelque désagrément les matins de pluie. Les pivoines et lucifers depuis longtemps fanées envahissaient le parterre de fleurs, en compagnie de quelques ronces et orties. Le rosier "Bang" s'écroulait sous le poinds du bois qu'il avait fait cet été. Les anémones japonaises étalaient sur la pelouse leurs immenses tiges aux feuilles jaunies.

Alors j'ai coupé les pivoines, les lucifers et les anémones japonaises, taillé les haies et le rosier "Bang". Puis je me suis arrêtée. Je ramasserai les feuilles plus tard: pour l'instant j'ai les mains suffisamment douloureuses. J'arrête les frais. Quoi qu'il en soit, j'ai passé plusieurs heures dans le jardin, sous le soleil automnal, et c'était bon. Profiter du silence, de l'air frais. Puis à midi entendre les cris des cours de récréation résonner au loin. Je me sens bien.

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13 septembre 2010

Je suis la dame-qui-fait-chut-!

Quatre heures entre quatre murs gris et sales, à soulever de la poussière. Oui, mais. Mais quatre heures à ranger, trier, déplacer, mettre en ordre des livres. Quatre heures au CDI, à faire le travail de documentaliste pour lequel on m'a embauchée et pour lequel je n'ai aucune qualification.

vieux_livresLe documentaliste en chef (le prof de philo), m'a expliqué qu'il fallait jeter les trois quarts des livres spécialisés qui se décomposaient au fond de la pièce, derrière leur vitrine crasseuse. Au début, j'ai tiqué : jeter des livres ? Mais quelle idée ! Voilà bien un dada de prof de philo (car tout le monde sait qu'« un pocket, ça se jette! »). Puis je vais voir, au fond, lesdits livres à jeter. Et bien, entre les livres d'anatomie datant d'avant 1950, les traités de spiritualité douteux et les essais sur la vie des noirs dans les colonies (sic), le tri a été rapide, implacable, rigoureux et drastique*. C'en devenait dangereux, à force ! Imaginez un innocent (ou presque), lisant Le Métier de femme, ouvrage louche datant des années 60. Je ne parle même pas des perles comme Visions du futur, qui nous présentent les vols Paris-New-York en vingt-cinq minutes grâce aux fusées de transport... pour 1965** ! Si si ! C'est vrai, je ne mens pas.

Arrivée au rayon spiritualité et religion, j'ai quand même freiné mes ardeurs, jusqu'à ce que mon collègue me rassure en me racontant qu'il avait menacé les bonnes sœurs (n'oublions pas qu'il s'agit là d'un collège privé) de brûler leurs étagères. C'est plutôt rassurant de voir un professeur de philo qui ne soit pas trop mystique ^^ Du coup, hop ! Tout (ou presque) à la benne !

Au bout de quatre heures, j'avais trié le contenu de trois bibliothèques, libéré un meuble, rangé le reste correctement. S'il y a une chose à laquelle je n'ai pas touché, ce sont les philosophes (on ne jette pas un Budé de Platon, non mais). Car ils ne périment pas. Et j'ai aussi trouvé le temps de trier les romans jeunesse par ordre alphabétique d'auteurs.

La semaine prochaine, j'attaque les zones floues de la géographie, d'étude de la faune, des monuments historiques, des arts et de la littérature...

*Pas d'inquiétude cependant, les "beaux" vieux livres sont conservés afin de constituer une étagère spéciale.
**Celui-ci, on l'a laissé.

26 février 2010

(...)

Je suis enfin en vacances. En vraies vacances. Sans cours à la fac, sans élèves au collège. Quelques copies à corriger, mais le plus gros est fait.
Ma paye est enfin tombée, avec quatre mois de retard. Ma fiche de paye ne pointera son nez qu'à mon retour au collège, mais mon compte en banque est content.
Vêtements sales et propres s'entassent sur mon fauteuil et à même le sol, dans un désordre qui n'a rien de poétique. Sur mon bureau, les piles de cours, classeurs, copies d'élèves, bandes dessinées, brouillons menacent de s'écrouler.
Je suis fatiguée, et je regarde ce que j'ai fait, ce qui me reste à faire. Le plus gros a-t-il été accompli? Le plus dur reste-t-il à passer? J'ai assisté à la soutenance des projets d'intégration des Masters 2 aujourd'hui, et des questions m'assaillent en nombre.
Pas le courage de réfléchir. Pas le courage de ranger. Pas le courage de travailler. Dormir, et ne plus penser, au moins jusqu'à demain.

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La lumière était jolie à midi, rue Serpente...

La conception de mon site avance, et j'espère mettre en ligne les pages de commentaires pendant la semaine qui arrive...

19 septembre 2010

Frater, eris, m

Lui qui d'ordinaire est une si forte tête, lui qui ne laisse souvent rien paraître, ou pas ce genre de choses en tout cas, ce soir a craqué. Il pleurait, comme lorsqu'il était petit. Et il ne pleurait pas d'émotions contenues, mais parce qu'il doutait. La fatigue, l'angoisse, la douleur, la perte, tout s'est amalgamé, et il s'est dit d'un coup qu'il n'avait peut-être pas fait le bon choix quand il en était encore temps.

C'est vrai, souvent, il m'exaspère. J'ai parfois des élans de violence mal contrôlée lorsqu'il m'énerve trop. Je peux être blessante, très. Mais au fond, je l'admire, ce petit frère.

J'ai toujours été tellement fière de le voir danser sans se soucier du Qu'en-dira-t-on. Tellement fière et heureuse de le voir, brillant au milieu de la scène et des autres danseuses, médiocres à ses côtés. Souvent, on me parlait d'une telle, ou de telle autre. Qui est-ce? Demandais-je alors, trop occupée que j'avais été à n'avoir d'yeux que pour ce petit frère si beau dans ce qu'il aimait.

Il a commencé lorsqu'il n'était pas encore à l'école primaire. Et il n'a jamais arrêté, gagnant tous les ans en maturité et en grâce. Il a passé brillamment le collège, malgré les railleries des pré-adolescents, qui savent être méchants comme personne. Il n'en avait que faire. Et le voilà au lycée. Il passe le bac cette année. Et il n'a jamais autant dansé. Il n'a jamais autant aimé ça.

Juste parce que je n'aime pas le voir douter de ses choix, parce que je ne veux pas qu'il balance l'école pour danser – sous prétexte qu'après il sera trop tard – parce que je m'inquiète pour lui. Juste parce que je déteste le voir pleurer, parce que je déteste ressentir au fond de moi ce pincement de le voir lui, d'ordinaire si fort, si affaibli et perdu. Pour ça, je voudrais que la Terre entière, Urbi et orbi, sache qu'il est le meilleur. Oui, c'est le meilleur des petits frères.

Th_o

19 mars 2009

Fatigue

En ce moment, il n'y a pas cours, à cause de la grève et tout ça, mais je ne veux pas vous rebattre les oreilles avec ces sujets (mon blog n'a jamais été et ne sera jamais un blog politique). Je disais donc, pas de cours en ce moment, et ce depuis plusieurs semaines, plus ou moins. Pourtant, je trouve le moyen d'être débordée, de courir à droite à gauche, d'avoir un emploi du temps qui déborde, et d'être épuisée.

Il y a bien sûr mes quatre cours par semaine: celui qui ne veut pas travailler, celui qui n'est pas réactif, et celle qui – luxe suprême – dit ce qui ne va pas, quand ça ne va pas et là où ça ne va pas (ce cours est un véritable bonheur à côté des deux autres).

Il y a eu aussi deux sorties au cinéma, dont il faut que je vous parle: Harvey Milk et Last chance for love. Deux séances à plus de 22 heures, deux bons moments – même très bons. Il faut ajouter mes heures passées dans mon lit, à dévorer un roman policier, un roman d'aventures, le tout sur fond historique. Je retrouve, après des années passées sans lire ou presque, le plaisir de la lecture, le soir avant de dormir, ou dans le train, en chemin vers Paris.

Ajoutez à tout cela de multiples réunions d'informations, Assemblées Générales et la manifestation d'aujourd'hui. En fait, je crois que c'est d'avoir piétiné quatre heures durant qui m'a épuisée, et me donne l'impression d'être toujours fatiguée.

Cela dit, il y a toujours au fond de mon cerveau, plus ou moins en veille, une petite lumière qui me souffle de faire attention, que la fin de l'année arrive, que je n'ai pas travaillé encore, et que je vais me faire surprendre. Une version à envoyer depuis deux jours, La Chanson de Roland et les épîtres de Clément Marot à lire, des tonnes de grec moderne en retard. Je ne m'en sortirai jamais. Et sur le tas, on doit compter avec le concours Cicero, samedi après-midi.

Photo0027Je ne sais plus que penser, que faire, comment le faire, comment le penser. J'ai l'impression de perdre pied peu à peu et la tête avec. C'est désolant, angoissant, usant.

Mais en même temps, les projets se multiplient, mûrissent. Les envies grandissent. Le printemps fait son arrivée dans le square de Cluny, où les arbres bourgeonnent et fleurissent. Il y a malgré tout de bons moments, de belles découvertes et des surprises sans comparaison possible.

Finalement, tout ne va pas si mal...

22 février 2009

Désorientation

nadra_illuorientJe vous ai déjà parlé de ce problème, toujours latent, de que-faire-l'année-prochaine-? qui me trotte dans la tête avec de plus en plus d'insistance. Pour y remédier, j'ai été chez une conseillère d'orientation. Oui, je sais, c'était stupide, mais que voulez-vous? Depuis le collège, l'espoir était revenu. Et il m'a bien eu le bougre! Quelle perte de temps! Je crois que cette conseillère sera la cause irréversible de mon mépris pour cette race étrange de gens-payés-à-rien-faire, et je pèse mes mots. Une heure et quart pour me dire qu'elle ne connaissait pas très bien les concours de la fonction publique! Non mais je rêve...

Et maintenant, j'ai trouvé un Master Pro qui m'a l'air passionnant et qui m'assure des débouchés tout aussi intéressants. En plus il est à la Sorbonne; et reconnaissez que « Ingénierie de la Langue pour la Gestion Intelligente de l’Information » ça claque! Seul hic, il y a vingt-quatre places et il faut une Licence en Langue française et Techniques informatiques. De toute manière, les Lettres Classiques ne mènent qu'au Master Recherche. Sinon, il y a bien un Master « Sciences du langage, des textes et de la littérature, spécialité Traitement informatique et linguistique des documents écrits », accessible après une Licence de Lettres. Mais c'est à Villetaneuse, dans le 93.

Un jour, bientôt j'espère, je saurai quoi faire. En attendant, il ne faut pas que j'oublie de poster mon dossier d'inscription au concours d'Orthophonie.

15 avril 2009

Epopée

Photo0044Je ne sens que trop mes pieds et le douleur qui remonte dans les chevilles et jusque dans les hanches, le bas du dos. La migraine pointe son nez. Je suis fatiguée.

Nous sommes arrivés à vingt heures précises, devant l'hôtel de ville. La Ronde des Obstinées était grande, large, elle s'étendait sur le parvis. Lorsque l'horloge de la mairie a sonné, nous sommes entrés dans la Ronde. Pendant près de trois heures et demie, avec à peine une pause au bout de deux heures et demie, nous avons marché. Nous avons vu le jour baisser, la nuit couvrir les toits noirs de Paris, les lampadaires s'allumer. À 23h35, nous abandonnâmes nos comparses pour attraper le dernier train.

Malheureusement, un détour inattendu par les Halles nous fit rater notre train, et au lieu des vingt minutes de marche qui nous attendaient entre Fontenay et chez nous, nous nous sommes retrouvés, mon frère et moi, à Saint Quentin en Yvelines, à plus d'une heure du matin. Et nous avons marché.

Photo0043Nuit noire, lumières blafardes, crachin et brume de plus en plus dense. Il ne fait pas froid, mais lourd et moite. Nous avons déjà les pieds en triste état. Nous longeons la grande route qui relie les deux villes. Il n'y a personne, nous n'entendons que nos pas.

La pluie a éveillé les senteurs par dizaines. Lorsque nous passons au-dessus de l'autoroute, les acacias se révèlent à nous dans tout leur arôme. L'herbe, la terre des travaux, le bitume, les arbres. Tout vit et bruisse dans la nuit noire.

Nous arrivons enfin, il est presque deux heures, et nous tenons à peine debout. Mais nous n'avons plus envie de dormir.

15 mai 2009

A/R

Il pleut des cordes: ma veste en jean s'imbibe et l'humidité gagne mes vêtements. Il pleut des cordes alors que j'attends le train qui est annoncé en retard. La foule sur la quai enfle de minute en minute. J'ai froid dans le dos. Le train arrive, déjà plein.

Le temps passe, et nous étouffons dans la chaleur moite du wagon. La buée sur les vitres nous empêche de le voir, mais nous n'avançons pas. Je regarde l'heure: j'ai encore du temps.

« Ce train sera terminus Saint Cloud. » Le train déverse ses flots de passagers sur le quai. Le suivant arrive, déjà plein. Comme une impression de déjà vu. Je n'ai plus de temps: il ne doit pas traîner, ou je vais rater mon train pour Caen. Dire que je dois encore retirer mes billets!

Je vais rater mon train. Je vais rater mon train. Plus que dix minutes, et je ne suis qu'à la Défense. Mon cœur accélère douloureusement en voyant l'aiguille des secondes avance plus vite que le train. J'ai la bouche sèche. Je ne me sens pas bien. Mes doigts se resserrent convulsivement sur la bandoulière de mon sac. Je vais rater mon train.

Enfin, on arrive. Il me reste cinq minutes. Les gens, en retard mais peu pressés, se bousculent et m'empêchent de courir. Je dois encore atteindre l'autre bout de la gare, imprimer mes billets et monter dans le train. En moins de cinq minutes.

Photo0068Voie 23, train à destination de Caen. Et cet automate qui me dit de patienter! Je n'en peux plus. Et comme pour me faire hurler, le composteur ne fonctionne pas sur ma voie. J'ai le cœur et la respiration qui s'emballent.

Finalement, je suis montée dans le train. Je l'ai eu. De justesse. Dans ma précipitation, j'ai composté mon billet de retour.

Murphy, quand tu nous tiens.

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