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Vous en parlerez à votre cheval...
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23 mars 2008

Périple méditerranéen III

Ou le rêve hellène

MerciIl était une fois, il n'y a pas si longtemps que cela, un homme qui avait un rêve, que dis-je un rêve? un fantasme. Une lubie. Une idée folle. Folle et grandiose.

ReinachÀ Saint-Germain-en-Laye naissait en 1860 Théodore Reinach. Ce petit garçon de famille juive était promis à un avenir surprenant. Mêlant mathématiques, politique, histoire et musicologie, il devint un jeune surdoué du lycée Condorcet. Plus tard il enseigna à la chaire de numismatique en Sorbonne. Mais son parcours n'a que peu d'intérêt. Ce qui a attiré mon attention, c'est son amour pour l'hellénisme.

Je ne sais si c'est ainsi que l'on peut qualifier sa villa grecque sise en bord de mer, mais à mon humble avis, il s'agit d'un des plus beaux témoignages qu'un homme puisse faire à la Grèce. Une maison bâtie sur le modèle des maisons de luxe de Délos du IIe s. avant J-C, avec en décor le bleu de la Méditerranée et l'éclat du soleil méridional.

Des pièces certes très richement décorées, mais tout en gardant une simplicité exquise. Fresques, mosaïques, mobiliers, plafonds, tout est décoré avec un raffinement sans nom. Et chaque pièce est dédiée à une divinité grecque. Nous trouvons même dans le salon l'autel domestique. Une bibliothèque de rêve, et en frise murale, la litanie des plus grands auteurs de l'époque classique.

Je pense que le mieux que je puisse faire maintenant, c'est de partager mes photos, afin que vous jugiez par vous-même...

Cadran_solaire P_ristyle_2 Hom_re

Triclinium Les_sil_nes

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20 février 2008

Quand...

Bois_d_Arcy__glise1Quand j'ai quitté ma chambre ce matin, je n'avais qu'une envie: me recoucher. Pas le courage de me préparer un pic-nique, ni celui de faire mon sac, ou encore plus simplement, de sortir de la chaleur réconfortante de ma chambre. Dehors, une lueur blafarde ne tardera pas à poindre à l'horizon, derrière la forêt nue.

Quand je quitte la maison, dont je regrette la douce tiédeur lorsque le vent se met à souffler dans mes oreilles, le ciel est violet. La lumière est diffuse, et bien faible alors que je rejoins l'église. En ces jours de grève, je préfère partir deux minutes plus tôt et avoir une place assise dans le bus. Nombre de bâillements s'étouffent dans le silence matinal, que seul le ronronnement du moteur interrompt.

Les_mots_grecsQuand je m'assois dans le RER, quand j'étends mes pieds sur le siège d'en face et que mon sac se couche à mes côtés, j'ouvre mes mots grecs et lis, absente, la liste sans fin. Le hurlement des portes me sors à peine de ma rêverie. Puis je m'endors. Ai-je les yeux ouverts? Fermés? Je l'ignore; je sais juste que je ne comprends pas ce que je lis.

Quand je pose mon pied, conquérante, dans la salle de grec, personne. Il est neuf heures moins vingt et je suis la première. Le Métro gît sous mon petit livre orange, ouvert à la page du milan – ou de l'épervier peut-être. Le silence règne dans les couloirs de la fac à cette heure-ci. De temps en temps, des talons claquent, je lève les yeux, ce n'est pas pour moi.

Tir_Nan_OgQuand je franchis les portes de la Fnac, il y a tant de monde que je commence à regretter. Mais je ne veux pas repartir sans avoir essayé de la trouver. Je fouille, farfouille, mais l'arrivage est tout frais, et certains cartons ne sont pas ouverts. Pourtant, je la veux, et je l'aurai. Je tourne, tournicote, slalomant entre les gêneurs. Puis je la vois, la bande dessinée tant attendue: Tir Nan Og, tome 2.

Quand je commence à sombrer dans la chaleur suffocante de la bibliothèque, je me secoue. Trop de gens travaillent autour de moi, j'aurais honte de m'endormir. Pourtant, je suis collée au radiateur, faute d'autres places. Mes mots grecs deviennent flous. Finalement, je me lève et sors. J'entame ma lecture dans le couloir.

Quand je suis partie de chez moi ce matin, le ciel était violet.

4 janvier 2008

Pulsion au citron

Lemon_curd_1

De mon dossier de vingt pages sur Syracuse à l'époque hellénistique, je suis restée bloquée à l'introduction. Je sais de quoi je dois parler, je sais comment le présenter, mais je n'arrive pas à m'y mettre. J'écris deux mots, je les efface aussitôt. De plus, j'ai eu la magnifique idée de ne pas emprunter de livres à la bibliothèque, ce qui a pour conséquences désastreuses que je suis obligée de lire Tite-Live, Polybe et Plutarque dans le texte sur internet. Comment ça, vous ne voyez pas en quoi c'est désastreux? Mais, j'ai sous les yeux, sans arrêt, les liens vers vos blogs, mes amis!

Lemon_curd_2Ainsi, arriva ce qui devait arriver: j'ai commencé mon tour des blogs. Et en lisant cet article, j'ai soudain eu très envie de relire la fic faire du lemon curd. Aussitôt dit, aussitôt fait: je cherche une recette, que je trouve ici. Je file dans la cuisine, et hop! Dix minutes plus tard, je me retrouve derechef devant mon ordinateur, prête à poster un article sur mon blog attaquer mon bol de lemon curd ma première partie.

17 mars 2008

Je couine donc je suis

Où l'on apprend qu'Incitatus est en réalité une midinette âgée d'à peine 13ans

article sponsorisé par el Teckel

Il y a des week-ends, comme ça, où tout semble sourire. Emprunts multiples de bandes-dessinées à la bibliothèque, visite pour la deuxième fois au Salon du livre, sieste, lectures de livres pour les 11-16 ans, ballade à Saint-Denis... on voit le résultat d'un tel cocktail dans la discussion du soir avec le sponsor de cette note. Couineries par dizaines, découvertes, délires éhontés, rêves & fantasmes, déclarations enflammées. En vrac, quelques considérations hautement philosophiques de la soirée.

Oh_boy_- Ma lecture de Oh, boy! De Marie-Aude Murail samedi matin, entre 2 et 5h. Des sourires et beaucoup de larmes. Dire que ça faisait un an que ce livre attendait que je l'ouvrisse (admirez le subjonctif imparfait!), un an qu'el Teckel me l'avait prêté!

cponti- Claude Ponti est un dieu. Si si, vous avez bien lu: cet homme est un dieu. Et honte à celui qui ignore encore son nom! Aujourd'hui, un quart d'heure fut consacré au feuilletage des albums, dans le rayon 3-7 ans du stand de L'école des loisirs... si c'est pas de l'amour! Blaise, les poussins, les animaux et autres êtres étranges. Un monde entre merveilleux et cauchemar. Plein de poésie et de rêve. Même ma mère rêve de ces livres...

Tous_les_gar_ons_et_les_filles- « Tu seras un homme, mon fils, profiteroles et digestif. » Tous les garçons et les filles, de Jérôme Lambert. Lu en deux heures à peine, ce livre pour collégien fut à l'origine de de nombre de couinements midinettiens. Et identification maximale au héros. À tel point que j'aurais pu avoir écrit les lignes de certains passages moi-même. Impressionnant. Et couinesque. Obsession sur un col blanc et la nuque de celui qui est devant. « Je connaissais mon faible pour les cow-boys, mais là, ça se confirmait. » Et de là, visualiser les dantesques dessins d'Elvire de Cock.

Cow_boy
Elvire de Cock

il__tait_une_fois- J'adore les contes de fée. Surtout quand ils ont été revisités. Et qu'il y a un espèce de maître du conte qui a trop la classe. Personnage récurrent et vraiment réussi. Si certains contes sont moins bien que leur original (comme celui de La petite Sirène), d'autres en revanche donnent un intérêt nouveau à l'histoire (Le Chat botté notamment).

Soubi_3- Soubi, il a la classe cheveux longs – lunettes! (je vous assure, cet individu est un mâle...)

Soul_drop- Découverte de Soul Drop à la bibliothèque, alliant personnages louches, intrigue fantastico-policière et graphisme pas désagréable à regarder.

marie_basic_200- « Nils Hazard, veux-tu m'épouser? » El Teckel s'inquiète de sa future vie de famille. J'ai d'ailleurs consigné toutes les données compromettantes chez moi. Ainsi, quand elle sera riche et célèbre, et mariée à Nils Hazard, je me permettrai, avec mon esprit vil, de la faire chanter. Par pure jalousie. Malheureusement, je n'aurais pas besoin de ce procédé déshonnête parce que Nils Hazard n'existe pas est déjà fiancé.

- Savez-vous que les bébés dryades fument de la menthe sauvage?

La conclusion de cette conversation édifiante fut que nous avions beau avoir un comportement de collégienne, nous leur étions supérieures. Nous pratiquons la midinetterie haut-de-gamme. Et ce n'est pas donné à tout le monde!

Je midinette, nous midinettons.

9 février 2008

Trois fois rien

Les_douze_pendules_de_Th_oduleTrois livres de mon enfance:
- La plus belle nuit de Noël, livre dont j'étais l'héroïne et dans lequel j'ai appris à lire, seule.
-
Les Robinson suisses, de Johann David Wyss, que j'ai lu des dizaines de fois.
- Les douze pendules de Théodule, d'Alfred Hitchcock

Trois livres de mon adolescence:
- Le Château de Hurle, de Diana Wynne Jones
- Le Seigneur des Anneaux
- Le Capitaine Fracasse, de Théophile Gautier

Cand_labresTrois livres préférés:
- Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban (oui, ça reste mon préféré!)
- Candélabres, d'Algésiras
- Les cinq Ecus de Bretagne
[Je sais, mes goûts sont restés ancrés dans mon enfance... mais bon.]

Trois livres en boucle: (je vais mettre ceux que j'ai lus plus de dix fois)
- Les cinq Ecus de Bretagne

- Les Robinson suisses
- Les Tintin (oui, tous)

Good_Omens__Chess_Players_by_LinnpuzzleTrois livres lus récemment/en cours de lecture:
- De bons présages, de Neil Gaiman/Terry Pratchett
- L'Echelle de Mahomet, récit du rêve de Mahomet, dont l'original est perdu mais dont il nous reste des traductions latines.
- L'Iliade, dont je n'ai lu qu'un chant et demi.

Trois livres à venir:
- Le Roman de Floriant et Florete, pour les cours
- Pantagruel, de Rabelais, idem
- L'Apocalypse de Saint Jean

LE livre spécial: mon Gaffiot ^^



Belle_MarianneTrois films de mon enfance:
- Le Roi et L'Oiseau
- Robin des Bois, de Disney (mais aussi le film avec Erol Flynn)

- Cendrillon, idem

Trois films de mon adolescence:
- Le Seigneur des Anneaux
- Les Aventuriers de l'Arche Perdue (j'ai toujours un métro de retard pour les films)
- Pirates des Caraïbes

top_hat3Trois films préférés:
- Le Château ambulant, de Miyazaki
- Robin des Bois, de Disney
- Les Chansons d'amour

Trois films en boucle:
- Haute voltige
- Love actually
- Top Hat, avec Fred Astaire

persepolis_bisTrois films vus récemment:
- Sweeney Todd, de Tim Burton
- Persépolis, de Marjane Satrapi
- Enfin veuve, d'Isabelle Mergault

Trois films à venir:
- Comédie érotique d'une nuit d'été, de Woody Allen
- Paris, de Cédric Klapisch (?)
- L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

capture_10212007_110647LE film spécial: Avril

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9 mars 2008

Martius imber*

medium_PluieUne veste, une écharpe et mes baskets: ma sœur et moi allons nous promener dans la forêt. Le ciel est gris est menaçant, mais nous comptons sur notre bonne étoile. Malheureusement, l'astre de bonne fortune fit la grève, ou bronzait sur quelque île du Pacifique. À peine à une dizaine de mètres de la maison, une fine bruine commence à tomber du ciel. Mais peu importe, nous continuons: il ne pleuvra pas plus.

Arrivées dans la forêt, les gouttes s'épaississent. L'humidité commence à remonter sur le jean. Ma vue se brouille: mes lunettes sont couvertes de buée. Peu à peu, les cheveux dégoulinent, la pluie nous coule le long du nez, puis du menton. Je sens que l'eau a percé la barrière de mes chaussures. Le pantalon colle aux cuisses. J'ai froid dans le dos. Mais nous continuons: au point où nous en sommes...

Les rares promeneurs que nous croisons ont un parapluie. Nous discutons toutes deux, de tout, de rien. Le temps passe, l'averse continue. Quand nous nous taisons, nous entendons le bruissement de a pluie sur les feuilles mortes, dans les sous-bois. Un peu comme sur le toit d'une tente. Ça a quelque chose de réconfortant.

Nous ressortons de la forêt et approchons de la forêt quand le soleil sort des nuages et nous inonde de ses rayons. L'ondée cesse. Un arc-en-ciel immense apparaît. Entier, chatoyant dans ses sept couleurs. Du rouge à l'indigo, les nuances triomphent du nuage noir, se découpent de façon étonnante sur le ciel obscur...

* pluie de mars

7 mars 2008

De retour

Après une semaine en vadrouille dans le Var, puis sur la Côte d'Azur, sous le soleil, je suis de retour! Mais le trajet fut rude: quatre heures et demi dans le TGV, juste à côté de mômes hauts comme trois pommes, qui n'ont pas cessé une seule minute de couiner, piailler, geindre et j'en passe! Je suis sortie du train avec les oreilles qui bourdonnaient. Après cela, métro et train. Plus de gamins, mais des poufs jacassantes pendues au portable. A baffer! Puis le train bis, avec un bébé pleureur sur toute la durée du trajet. Puis le bus, encore en grève trois semaines après le début du mouvement social: c'est qu'ils feraient de la concurrence à la SNCF dites donc! Et là, dans le hall sous-terrain résonnant, une petite fille qui n'a pas cessé de jacter, malgré les "chhhht" répétés de sa mère. Et le bus qui arrive vingt minutes en retard... A la maison, j'avais la tête comme une citrouille! Et mon frère qui m'accueille si gentiment: "Tu es déjà là?"
J'veux retourner au soleeeeeeeeil!
Mais bientôt, des photos exclusives et le récit de mes découvertes... quand j'aurai le courage ^^

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Les mimosas sont en fleur...

27 janvier 2008

Promenades à vélo

img3Depuis le parvis de l'église, derrière quelques champs, après la nationale, au fond des jardins potagers, on voit Robinson dans les arbres. La maison semble n'avoir pas changé. À sa droite, le camping, ouvert, comme si d'un instant à l'autre j'allais me voir y entrer en compagnie de mon père et de ma sœur, avec dix ans de moins, pour aller faire de la balançoire sur le terrain désert.

veloJe revois la petite route sur laquelle, petite, j'ai appris à faire du vélo sans les petites roues. Mon père nous lançait, puis nous suivait en courant, avant de nous laisser partir à l'aventure, seules. Sur la droite, la route ne mène nulle part. Il y a le tunnel, en tôle ondulée. Quand le matin nous allions chercher le pain et les croissants en ville, tous les trois sur notre vélo, nous hurlions dans ce tunnel qui passe sous la nationale. Nos cris résonnaient, pour conjurer la peur et pour le plaisir de se sentir exister. Juste après le tunnel, le chemin de terre avec les cailloux qui font tomber. Et le Pont aux Sœurs, qui pour moi était le pont « hausseur », peut-être à cause de ces gros pavés irréguliers qui en formaient le sol et nous obligeaient, ma sœur et moi, à descendre de vélo: nous avions bien trop peur de tomber. Après cette épreuve arrivait la côte: en ville la rue montait raide, et pour nos petites jambes, c'était bien difficile. Mais quelle récompense nous attendait à la boulangerie! Les ficelles toutes chaudes et les croissants dorés. C'était mon père qui se chargeait du trésor et nous rentrions sagement à la maison, pour déguster notre butin. Mouillettes géantes, chocolat chaud, le bout du croissant trempé dans le lait, de la chicorée parfois. Les petits déjeuners en famille, dans la grande salle.

bonny_2L'après-midi, les promenades poussaient plus loin. Le long de la Loire, sur la route, nous allions aux Loups, et à Housson. Nous faisions la course. Mon frère devait être derrière mon père ou ma mère, je ne sais plus. Je me souviens de cette lumière dans les arbres, de notre cœur qui accélérait à la vue d'une voiture, de l'eau qui scintillait, de ces bancs de sable qui m'angoissaient, le courant fort de la rivière, les canoës qu'il nous arrivait de voir. Et puis cette côte, pas très longue, mais ardue. Avec admiration je voyais mes parents qui la montaient sur leur vélo, mais moi, je descendais et préférais monter à pied. Par contre, la descente, quel plaisir. Quand il n'y avait pas de voiture, avec ma sœur, c'était à celle qui irait le plus loin sans pédaler!

val_loireEt nous rêvions de faire des pic-niques le long de la Loire, dans l'herbe. Peut-être l'avons-nous fait, je ne sais plus. L'herbe haute, les saules le long de la route, les chemins sablonneux sur la rive.

C'est amusant de se dire que tous ces souvenirs restent encore bien vivants dans ma mémoire, alors que je ne retourne à Bonny que pour les enterrements et aller sur la tombe de mon grand-père...

21 janvier 2008

Malaise I

~ Lundi 14 janvier: première partie ~

Sorte de vide et de trop-plain simultanés. J'ai l'impression d'être à l'ouest. Déjà ce matin j'ai préféré traîner, engluée à la toile, alors que je m'étais promis d'aller faire les soldes.

Puis à l'arrêt de bus, dans le vent froid et humide. Un coup de fil inattendu à une heure pareille. La voix hésitante de Melendili, comme des sanglots. Qu'elle me transmet. La Reine Normande, la grande voyageuse, la prof d'histoire aux anecdotes impayables, celle qui nous a suivies pendant deux ans, qui nous a promenées en Sicile, en Grèce, à Chypre, n'est plus. Je la voyais bien vivante, papotant au hasard des rues à Fez. Sourire jovial aux lèvres. Que l'on m'annonce son départ... non, son décès... sa mort – n'ayons pas peur des mots – est déjà un choc. Mais que l'on me dise qu'elle était malade, et mourante, non. C'est inconcevable. Les larmes me sont montées aux yeux. Je ne peux imaginer cette forte tête « mourante », c'est trop douloureux. Quand j'ai raccroché, il s'est mis à pleuvoir. L'envie de faire les soldes m'était passée. J'ai déambulé dans les rues en attendant qu'il soit l'heure, puis je suis montée dans mon train, sans regarder autour de moi, ravalant mes larmes.

P2280021

..

Juste en souvenir de l'interprétation unique de Mme Mondeville, au théâtre d'Epidaure.

2 mars 2008

Hymne à La Déesse


Elle n'a pas l'air comme ça, elle n'est pas grande, elle se glisse partout. Et pourtant. Pourtant, elle est terrible, elle fait souffrir, elle ronge, elle s'immisce dans les esprits les plus retors. On ne la voit pas venir. Et la voilà, qui vous souffle à l'oreille sa malédiction, un seul mot. Deux syllabes qui font miroiter devant votre regard las des perspectives infinies. « Demain... »

On ne se méfie pas, on la regarde approcher. Ses petits pieds nus qui parcourent terres et mers, de jour comme de nuit, qu'il pleuve ou qu'il vente, ont l'air bien fragile. Son doux sourire vous fait fondre, et elle ouvre sa bouche. Un poison lent s'exhale de ses lèvres fraîches, un suc qui enivre et fait oublier toute raison. « Demain... »

Déesse toute puissante, elle règne sur les hommes et les dieux. Hommes et femmes, jeunes et vieux subissent sa tyrannie, sans mot dire. Ils ne voient même pas qu'il lui sont soumis! Les six lettres scintillent dans le soleil couchant, puis illuminent le ciel nocturne. « Demain... »

Grande dame, elle nous fait courber l'échine, les uns après les autres. Nous ployons devant sa toute puissance. Contrairement à Paresse, sa sœur, elle aveugle ses victimes: non seulement ils agiront demain, mais ils s'occupent entre temps. Leurs mains s'agitent, leur cerveau cogite. Saine occupation que celle qui dissimule le retard qui s'accumule. Chaste voile que celui de cette Reine! Nos yeux éblouis s'abaissent alors qu'elle susurre « Demain... »

daliCe n'est que lorsque Conscience pointe son nez crochu que nous comprenons l'illusion. Le mirage. La séduisante femme, cette fée agile, nous apparaît dans toute sa noirceur. Son sourire se fait carnassier, un éclat malfaisant brille dans ses pupilles dilatées. Conscience ouvre nos esprits et nous glissons dans le gouffre. Les abîmes de notre retard nous avalent. Mais nous n'avons plus qu'un mot à la bouche, que nous hurlons du fond de notre âme: « Demain! »

29 septembre 2010

Of latin & books

I_love_Ovid"Madaaaame! C'est qui Oviiiiide?"

"Madaaaame! Pourquoi y a pas de -e à Ovid?"

...

"Madaaaame! C'est quoi oviiiiide?"

(Oui, je porte mon super-badge-d'anniversaire en cours de latin ^^ Et à la fac aussi, où mes collège d'informatique m'ont traitée de geek...)

***

J'ai finalisé ma liste d'achats du mois d'octobre pour le CDI. On y trouve, entre autres:

  • L'Énéide, L'Iliade et Les Métamorphoses
  • Évelyne Brisou-Pellen
  • du Cicéron et du Plutarque
  • Marie-Aude Murail avec Nils Hazard et Oh Boy!
  • des Gaffiots
  • Annie Jay (À la poursuite d'Olympe est nécessaire dans un CDI de collège!)

Pour les romans "normaux" (plus classiques, dirons-nous), je laisse le soin à mon collègue de s'en occuper.

Et j'ajouterai des bandes dessinées et des mangas plus tard dans l'année.

29 septembre 2010

Sorties en pagaille

athenee_271967Saint-Quentin-en-Yvelines, Comédie française, Bouffes du Nord, Opéra royal de Versailles, Théâtre de Vanves, Théâtre Athénée... Les sorties au théâtre ne manqueront pas cette année! À l'avance, je me réjouis de (re)découvrir des grands classiques ou des moins classiques du répertoire, entre Shakespeare et Tcheckov, en passant pas Tennessee Williams et Aristophane. Du côté musical, je me suis laissée (em)porter par mon instinct baroque, et ce sont les Concertos brandebourgeois de Bach et Didon et Énée de Purcell que j'irai voir, entre le Concert Spirituel au XVIIIe siècle et la musique de cour japonaise. Et il y a aussi un ballet de Preljocaj dans tout ça, ainsi qu'un peu de cirque-poétique.

Reste à s'assurer de bien noter dates et lieux, et de ne pas les mélanger au dernier moment! (Et à ne pas aller fureter du côté du centre de musique baroque de Versailles et du théâtre des Champs-Élysées...)

26 septembre 2010

Options

Le choix est rude. J'ai trois options à prendre dans une liste, où l'on fait vite la part des choses: seules trois cases correspondent à des enseignements que l'on n'a pas déjà eu en licence. Ce n'est donc pas là que le choix est difficile. Non, là où les choses se compliquent, c'est quand on nous demande de prendre un séminaire de linguistique française ou étrangère.

choix_de_societeTout d'abord, je me suis dit "Chouette, je vais prendre un séminaire de linguistique latine!", et tout de suite après, "Non, de linguistique grecque!", et puis je me suis rendu compte que les professeurs d'informatique trouveraient sans doute ce choix peu judicieux. Avant donc de faire un choix trop rapide, j'ai jeté un œil aux séminaires de linguistique française... Il y a bien un cours de typologie, mais il oblige à suivre en parallèle deux cours à l'École des Hautes Études. Ce n'est pas que je n'ai pas envie de prendre des cours de langue berbère, mais je n'ai guère de place dans mon emploi du temps pour ce faire. La linguistique allemande propose des séminaires passionnants, mais je ne suis pas assez expérimentée dans la langue pour suivre.

Reste la linguistique anglaise. Et là, il y a un séminaire qui a l'air trop trop bien: "Étude linguistique et stylistique d’œuvres littéraires vues à travers le prisme de la traduction". ("Outre les questions plus directement linguistiques, les thèmes suivants sont susceptibles d’être abordés, et peuvent constituer autant de sujets de recherche pour le mémoire : 1. La traduction des titres. 2. La traduction comme expansion de l’original. 3. Deux langues, deux découpages : conséquence sur la traduction. 4. Le sens et les fautes de compréhension. 5. La lisibilité. 6. Les verbes : temps, aspect, modalité ; le statut du narrateur. 7. Les limites de la traduction : les noms propres, les allusions, l’humour. 8. Les échos thématiques. 9. Les réseaux métaphoriques. 10. Les constellations : noms, verbes, adjectifs, adverbes. 11. Les clichés. 12. La censure. On étudiera également les problèmes spécifiques de la versification en traduction.")

23 septembre 2010

Blacksad

exlib_Album_58_Dargaud_blacksadIl y a plusieurs années de cela, je suis tombée par hasard sur un chef-d'œuvre de la bande dessinée. Bien sûr, lorsque je suis sortie de la libraire avec le tome 1 de Blacksad sous le bras, j'ignorais alors complètement que je m'apprêtais à lire une merveille du neuvième art. Pour tout vous dire, l'aspect zoomorphe des personnages de l'ouvrage - ou leur côté anthropomorphe, au choix - avait quelque chose de profondément intrigant, surtout quand on voit la beauté de leurs traits, la beauté du trait d'une façon générale. Mais je crois que c'est avant tout le bout de texte, en quatrième de couverture, qui avait éveillé mon intérêt:

"Parfois, quand j'entre dans mon bureau, j'ai l'impression de marcher dans les ruines d'une ancienne civilisation. Non à cause du désordre qui y règne, mais parce que certainement cela ressemble aux vestiges de l'être civilisé que je fus jadis."

BlacksadT1

Vous avez ici, en deux phrases, un concentré de toute la classe du protagoniste, John Blacksad, détective privé et chat noir de son état. Je crois bien que c'est le personnage de bande dessinée le plus classe que je connaisse! Et pourtant, c'est un chat. (On retrouve ici la même problématique que pour Robin des Bois: le plus réussi et le plus classe des Robin des Bois reste le renard de Disney.)

Blacksad_tome4_pg00Pourquoi est-ce que je vous parle de Blacksad, là, maintenant, tout de suite? Parce que le tome 4 est sorti il y a peu, et que je l'ai dévoré dans le métro, tout  l'heure - si bien que j'ai failli en oublier de descendre! Et pour vous dire à quel point cette bande dessinée est incontournable: un jeune homme, qui regardait par-dessus mon épaule, m'a demandé s'il s'agissait d'un nouveau tome de Blacksad. Bien sûr, ai-je répondu, il est tout récent. Et lui de me répondre qu'il faudrait qu'il aille voir ça de plus près.

Blacksad4_blog1

Sur ces bonnes paroles, je vous laisse en compagnie de la première planche de l'album, rien que pour vous donner envie...

planche_mystere

23 mars 2010

Philosophie mathématique

peanoJ'aime mes cours de logique. J'aime infiniment mes cours de logique. Je les aime à la folie. C'est simple: lorsque j'écoute le prof nous parler de Turing, de Gödel, d'Einstein, de Church et de Peano (ci-contre), photographies des phénomènes à l'appui (on fait de la "logique people" - dixit le prof), j'en oublie tous mes griefs contre le monde entier. On pardonne tout à tout le monde, comme ça, d'un coup, rien qu'en essayant de visualiser deux droites parallèles selon la géométrie non-euclidienne, ou en tentant de conceptualiser un nombre non-standard.
On parle de mathématiques, avec beaucoup, beaucoup d'abstraction. Et si j'avais peur d'être larguée, c'était sans compter sur le génie du prof, qui à l'aide d'un seul exemple nous fait comprendre le plus complexe des problèmes. D'après ce qu'il nous raconte, les logiciens paraissent de grands enfants, qui se disputent au sujet des règles du jeu qu'ils n'ont de cesse d'inventer. Si on m'avait dit tout de go que la philosophie était un jeu, j'y aurais adhéré beaucoup plus facilement. Si si.
Vendredi dernier, le prof nous demande: "Avez-vous déjà demandé à quelqu'un dans la rue - Qu'est-ce qu'un nombre?" Et nous de le regarder d'un air ahuri, ne voyant pas trop où il voulait en venir. Et quelques minutes après, nous nous posons la questions: qu'est-ce qu'un nombre? Jugez de notre déconfiture. Cette question est hautement philosophique, et n'a pas de réponse toute faite.
Pour définir un nombre, il existe trois courants de pensée.

  1. C'est un concept, une idée, une abstraction pure. Ça, c'est pour les conceptualistes.
  2. C'est un ensemble de connections neuronales. Ça, c'est pour le biologistes (ou un truc du genre).
  3. C'est un mot.

Quelle belle idée que la troisième, n'est-ce pas? L'idée que les nombres sont des mots, et que l'on a appris à jongler avec ces mots et avec le sens qu'on leur a donné. Que si on l'avait décidé, deux et deux auraient pu faire cinq. Quelle belle idée que celle qui affirme que le langage est à la base de tout, non?

Pour ceux qui ont vraiment envie de philosophie lourde, on a aussi parlé de Kant. Vite fait, mais tout de même: on a parlé de propositions analytiques et de propositions synthétiques a priori.

10 février 2010

Masochisme?

annonces_48662Tous les jours, je vais voir les nouvelles annonces d'appartements à louer. Tous les jours je regarde avec envie les studios, appartements, chambres, aux prix tout à fait abordables et dont les descriptions me font baver (« poutres et parquet », « grande hauteur sous plafond », « clair/lumineux/ensoleillé/plein sud » et j'en passe). Je zyeute douloureusement les trois premières pages, pensant que « purée! La visite est samedi prochain! ».

Une fois par semaine, à peu près, je refais ma simulation d'APL, je relis intégralement le formulaire de demande, je songe à tout ce qu'il faut pour constituer le dossier. Caution parentale et compagnie.

Et là, je vais voir mon compte en banque, je guette le courrier dans la boîte aux lettres, et j'aperçois que, ben non, l'État ne m'a toujours pas payée. Depuis le 19 novembre, je n'ai eu que des avances. Pas la moindre fiche de paye à l'horizon. Rien. On m'a dit qu'il y avait eu une erreur dans mon dossier: au rectorat, on m'a prise pour un cadre. Cadre, étudiante ET suppléante, ça fait beaucoup pour un même homme! Bref, j'attends, j'attends, j'attends... et je m'impatiente.

 

Non mais il a l'air super chouette ce studio dans le 17e...

7 février 2010

Cinéma

sherlock_holmes_fevrier_2010_L_1Sherlock Holmes. Les affiches m'avaient interpelée dans le métro. Et puis, c'est Sherlock Holmes, quoi! C'est pourquoi, même si la bande annonce m'avait laissée sceptique, quand my dear Cécile m'a proposé d'aller le voir, j'ai sauté sur l'occasion. Samedi soir, cinéma comble, je n'ai jamais vu autant de monde. On trouve deux petites places, coincées sur un côté. Déjà, ambiance glauque et caricaturale. Je fronce les sourcils. Puis peu à peu, on se laisse emporter par les personnages, leur relation louche, l'humour qui surgit dans toutes les circonstances. La façon de filmer est très bizarre, mais pourquoi pas? Et les scènes de combat sur fond de gigue irlandaise sont jouissives. Si si. Et rien que pour les dialogues en français, il faut aller le voir en VO. Bref, je suis ressortie toute guillerette, d'excellente humeur pour le reste de la soirée, et très agréablement surprise par ce film dont je n'attendais rien.

Picture_1La princesse et la grenouille. Séance de 9h45 un dimanche matin. Je n'ai toujours pas compris pourquoi la salle était pleine à 9h45 un dimanche matin! Pleine de mioches, cela va sans dire. Bref. Quelques passages bien gnangnan, la voix de la chanteuse est bof bof, mais passés ces détails, ils nous reste un Disney des plus traditionnels, avec princesses (qui n'en sont pas vraiment, mais on ne va pas s'arrêter sur les détails), prince (lui, il est vraiment prince, mais il n'a plus de sous), sorciers (vaudous pour l'occasion), animaux musiciens, rêves et compagnie. Plus l'humour (j'adore le personnage de la gamine pourrie-gâtée). J'ai eu l'impression de revenir des années en arrière, quand je n'allais au cinéma que pour voir le Disney. Franchement, c'est un bon Disney, pour qui sait voir avec les exigences d'un enfant. J'ai passé un très bon moment, et n'ai absolument pas été déçue. Surtout que c'est un 2D, avec des vrais dessins.

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26 décembre 2009

Sortie familiale

Je savais où l'on allait, mais frère et sœur l'ignoraient encore. Nous avancions au milieu de la foule, place de la Concorde, en direction d'un modeste théâtre. Arrivés devant les portes vitrées, le secret n'en était plus un: les affiches avaient trahi la surprise.

Quatrième rang, à la corbeille. Nous restons sur le bord du siège, pour tâcher de voir par-dessus la tête des spectateurs assis devant nous. Mais au fait, qu'allons-nous voir déjà? Nous allons écouter du Paul Valéry, du Roland Barthes, du Chrétien de Troyes, du Rimbaud et du La Fontaine. Nous allons voir Fabrice Luccini.

luchini_92733Ce type est un fou. Un fou dans le bon sens du terme, évidemment. Pendant plus d'une heure et demie, il nous a lu et joué des textes que jamais je n'aurais été lire de moi-même, surtout pas les théories de Paul Valéry sur la poésie. Mais étrangement, par je ne sais quelle alchimie, lorsque cet homme lit du Valéry, tout se fait clair dans notre cerveau. Il a l'art de mettre en lumière l'essentiel, de répéter la phrase, d'articuler les idées de telle sorte que tout devient limpide.

D'ailleurs, ce texte – ou devrais-je dire ces textes – de Valéry m'a fait revenir en mémoire le cours d'hypokhâgne, le seul qui m'ait marquée suffisamment pour que je le retienne, sur la poésie. Les explications de texte sur Mallarmé, et cette idée que la sonorité des mots en dit bien plus que le mot lui-même, que la langue est mal fichue puisque le signe est arbitraire, et ce genre de choses. Bref, je puis désormais dire que, lu par Fabrice Luccini,j'aime bien Paul Valéry.

« Les mots sont des planches jetées sur un abîme, avec lesquels on traverse l'espace d'une pensée, et qui souffrent le passage et non point la station. »

De lectures inspirées en délires hallucinants, nous avons vogué toute la soirée au rythme de fous-rires et de citations. Imitations hilarantes, piques assassines contre politiques de tous bords alternant joyeusement avec des extraits d'une poésie à couper le souffle. Tout dans son enthousiasme montre son amour pour la langue et la littérature. Passer un quart d'heure sur une seule phrase ne le dérange pas, la répéter en une litanie interminable, jusqu'à être certain d'en avoir transmis la beauté et l'unicité.

Et puis, pouvoir dire « j'ai vu Fabrice Luccini sur scène », ça a un peu la classe quand même.

24 octobre 2009

Misanthropie

Il y a des jours, je déteste le genre humain dans son ensemble.
Je crois même que je déteste encore plus le sous-ensemble d'humains, que l'on appellera [[sœur]] pour ne viser personne. Et l'individu désigné par la constante c appartenant  au sous-ensemble [[sœur]] y est pour beaucoup.
Elle se plaint qu'un mois et demi loin de la maison, c'est long. Je réplique "ouais, bof, ça passe vite" d'un air peu convaincu. Et là, du tac-au-tac, l'individu du sous-ensemble [[sœur]] cité ci-dessus, argument du prédicat unaire G="est une garce", me répond: "Tu verras quand tu seras partie de la maison."
Je te l'aurais bien jetée dans la Seine, juste à côté! Mais le fleuve n'a rien fait pour mériter ça; au contraire, c'est bien souvent le seul élément de ma morne vie passée dans les transports en commun qui me fait encore sourire. C'est le seul élément qui m'apaise et calme l'aigreur qui me ronge les sangs depuis deux ans.
"Tu verras quand tu seras partie de la maison." Non mais je rêve...

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13 octobre 2009

Paradoxes

Dans la maison, il commence à faire froid; il va bientôt falloir rallumer le feu dans la cheminée et les radiateurs dans les chambres. Dehors, les odeurs d'humus et de feu de bois se sont levées, annonçant l'hiver. Le matin, il fait nuit, même si dans les tripes de Paris, il n'a jamais fait jour. Je suis fatiguée, mais je déborde d'énergie: moi-même je ne comprends pas.

Dans ma chambre fraîchement rangée, je me sens chez moi plus que jamais. Coussins et plantes à foison. Livres partout, je ne sais plus où les ranger. Ici, une paire de boucles d'oreilles égarée, là un bout de cours de mathématiques. Les feuilles mortes et paires de chaussettes qui jonchaient le sol ont disparu. Et l'amandier turquoise de Van Gogh me séduit toujours autant. Pourtant, je regarde de plus en plus souvent les sites de petites annonces. J'attends toujours une réponse de la BPI. Je sais que les espoirs sont presque nuls. Mais qu'importe, le délai n'est pas passé.

Pour l'instant, la plupart de mes cours m'enthousiasme – théorie des graphes, logique des prédicats, programmation fonctionnelle – même si je suis quelquefois complètement larguée (mais qu'est-ce que peut bien signifier 20! ? Qu'est-ce que peut bien être cette histoire de combinatoire?). Alors je m'accroche. Et pour la première fois depuis cinq ou six ans, j'ai l'impression que mes neurones sont connectés. Je sors d'un cours où l'on a parlé de problèmes passionnants - si si, c'est vrai (« Un homme devait faire traverser un loup, une chèvre et un très gros chou dans un bateau. Le bateau était tellement petit, qu'il ne pouvait embarquer qu'un des trois et lui-même pour chaque traversée. Comment peut-il faire pour les faire traverser tous les trois sans laisser l'occasion au loup de manger la chèvre ou à la chèvre de manger le chou ? ») - et j'ai le cerveau fatigué. Mais je me sens bien, apaisée, comme si le fait d'avoir réfléchi à un problème qui a une seule et vraie solution avait réveillé des connexions neuronales que j'avais oubliées depuis longtemps.

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De plus, comme je n'ai plus de littérature du tout, je peux lire ce que bon me semble. Certes, la lecture assidue du cours de linguistique de Saussure ou des problèmes de Benveniste me serait plus salutaire. Mais pour l'instant, mes envies sont plus directes, abruptes: je veux du suspens, de l'aventure, de l'action. Si possible dans un contexte historique, avec des personnages classes. Et je viens de finir, haletante, La Marque de Windfield, qualifié de « thriller victorien » par les critiques. J'ai tout simplement adoré. Et si je n'ai pas pleuré, c'est parce que j'étais dans le train.

J'aimerais en dire plus, mais je n'ai pas vraiment le temps: j'ai encore un TP à préparer pour demain...

2 octobre 2009

Ce n'est pas dans mes habitudes, mais...

D'ordinaire, je ne regarde pas les publicités dans le RER/métro/autre. Ou du moins, je ne m'en souviens pas, je ne les remarque pas. Cependant - et c'est la note de Mimy qui m'a rappelé ce fait étonnant - j'ai retenu les pub de Bocage. Je les adore. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais leur style "dessin" et l'humour un peu bizarre ont attiré mon œil immédiatement l'autre jour, sur le quai.
(Pour Istanbul, j'ai déjà écrit trois paragraphes... patience! Il faut d'abord que je me remette de l'épreuve "vacataire à l'UFR de latin" et des mes cours de programmation fonctionnelle "alors là, l'argument de la fonction type f(x) est une fonction - au secours!". D'accord?)

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11 juillet 2009

Vacances tourangelles (plus joli que « Séjour tourangeau »)

Six jours de vraies vacances, comme j'en attendais depuis longtemps. Manger ce qui nous fait envie, se coucher quand on le souhaite. Ne rien faire, ou partir en excursion, c'est au choix, c'est selon les désirs. Il en a résulté beaucoup d'âneries débitées à la minute, des heures de sommeil rattrapées et des dizaines de kilomètres parcourus.

Photo0123Futuroscope. J'avais envie d'y retourner depuis quelque temps déjà. Et le temps changeant nous a permis une promenade dans un parc plus calme que jamais en fin d'après-midi. Nous avons vu des dinosaures, puis effectuant un monstrueux bond chronologique, les animaux du futur (dans quelques centaines de millions d'années). Un voyage sous les mers, et un autre avec les débuts de l'aéropostale. Ainsi qu'une croisière sur le Nil bleu, en compagnie d'un géologue moustachu (« Gordon est un vrai cow boy! »).

Photo0128Langeais<. Je le connais par cœur, mais je l'aime toujours autant. La spécialiste qu'est Typhlée* n'a que moyennement apprécié les « fresques XIXe », mais les tapisseries aux mille fleurs compensent largement. Ainsi que les coffres ornés de plis de serviettes et les crédences finement sculptées.

Photo0133Angers. Admiration muette devant les tapisseries de l'Apocalypse. Les revoir après plusieurs années et un travail effectué sur le texte de Saint Jean m'a permis d'apprécier ce chef d'œuvre à sa juste valeur. Un moment exquis qui s'est poursuivi par une promenade dans les jardins des remparts. Simplement superbe.

IMGP0032Chinon. Déjà visité il y a cinq ans, je n'y allais que pour partager cette connaissance avec Typhlée*. Alors que nous prenons nos billets, on nous suggère de nous dépêcher pour rattraper la visite guidée. Sur la terrasse, le guide attendait avec quelques autres touristes. La visite commence et c'est l'histoire du chantier qu'on nous raconte. Depuis les premiers projets de restauration jusqu'aux travaux actuels. Je me souviens, il y a cinq ans, nous avions visité le logis à ciel ouvert. Aujourd'hui, on nous a montré les charpentes. Histoire d'un chantier et de ses techniques, explications claires et précises, techniques même, sur le choix des matériaux, des travaux à effectuer. Et discussion sur le projet culturel à venir, les techniques économiques et tout ce qui a trait au tourisme. Absolument passionnant.

Photo0134Amboise. Sur la Loire. Bâtiment noble, distingué, avec une vue imprenable. Des jardins ensoleillés et presque déserts à l'heure du déjeuner. Une visite des plus agréables qui m'a donné envie de poursuivre ces visites. J'ai déjà vu la plupart des châteaux du val de Loire, mais j'ai l'impression de ne les avoir jamais assez vus. Éternel recommencement. Plaisir renouvelé.

* Le prénom a été modifié, selon un code identifiable par les seuls hellénistes et latinistes.

Note: Clique sur les images pour les agrandir!

21 juin 2009

Entre deux labio-vélaires

C'est la dernière ligne droite avant les vacances. Un dernier effort, et nous pourrons respirer l'air pur de la campagne ou, à défaut de partir, souffler tranquillement dans un jardin ou un parc quelconque. Pourtant, je n'ai absolument aucune envie de travailler. Hier ma journée a filé, je ne sais par quel miracle: je ne l'ai pas vue, et n'ai pratiquement pas travaillé. Alors que lundi, j'enchaîne trois partiels de linguistique... ce n'est pas rien!

En ce moment, j'ai envie de bricoler, de cuisiner, de partir en voyage, de regarder encore et encore One Piece, peut-être même de m'occuper un peu de mon site qui sommeille patiemment en m'attendant. Bref, j'ai envie de plein de choses, mais certainement pas de travailler.

Je me dis alors que bientôt, je pourrai faire ce que bon me semblera... du moins jusqu'au 13 juillet!

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Et une tarte au chocolat! Une!

10 juin 2009

Programme de bataille

Dimanche. Suées, grelottements, frissons, courbatures. Chaud puis froid. Elle m'a eue. Vainqueur par KO, la fièvre m'a mise hors service. Rampant et sinuant, elle a atteint mon front, et je me suis affaissée.

Depuis, j'ai dormi. J'ai lu, un peu, j'ai regardé quelques épisodes de One Piece, j'ai fait mes trois thèmes de grec moderne, j'ai pensé à prendre mon Gaffiot pour demain, j'ai raté la finale de la Nouvelle Star (même si je sais que Soan a gagné), j'ai été voir mes grands-parents, j'ai comaté, j'ai bu quelques litres de tisane, et d'autres choses encore.

À mes grands-parents, j'ai annoncé que j'avais mes équivalences. Il me reste 59 crédits à passer, ce qui, sur les 180 que représentent les trois années de licence, représente peu de choses. J'ai découvert que le prof de linguistique faisait partie du club de Mme C.S. (prof de grec moderne), à savoir « le club des profs adorables », et que le prof d'informatique ne répondait pas à ses mails. J'ai aussi découvert que le jour où vous allez à la scolarité à 16h45, celle-ci fermait à 16h30 « exceptionnellement » (c'est ce qui était écrit sur la porte). Je leur ai également annoncé mon deuxième accessit au concours Cicero. Par contre, j'ai oublié de mentionner que je n'étais pas prise à l'oral d'orthophonie... Bof.

Samedi prochain, je vais chercher le dictionnaire Larousse de 1900 qui a appartenu au grand-père de mon grand-père. La classe, hein?

Et après, j'entame deux semaines de contrôles continus-partiels. Puis vacances méritées.

Programme chargé. Pourvu que mon virus se lasse avant moi. Je suis épuisée.

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Découverte du lycée Henri IV de l'intérieur...

28 mai 2009

Ordre du jour

  1. Cours de rattrapage le soir jusqu'à 20h ou le samedi matin. Quand c'est du latin, passe encore, mais quatre heures de biographie clémentine, merci bien! J'aime de moins en moins la littérature française.

  2. Attaque stratégique de l'administration sorbonnarde, à la recherche d'équivalences en licence de Langue Française et Techniques Informatiques. C'est un véritable quête, qui demande courage et assiduité, mais qui s'annonce plutôt bien pour l'instant (le professeur de linguistique m'accorde a priori toutes mes UE de langue française, sauf une). Touchons du bois.

  3. Cours de soutien, encore et toujours, à des heures pas possibles. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour ses élèves et un peu d'argent de poche!

  4. Partiels et mauvaises surprises. Par exemple, la prof de littérature grecque (cours auquel aucun membre du club des grammairiens-linguistes n'a assisté depuis le début) a décidé que nous passerions un écrit dans deux semaines, avec commentaire littéraire... Des tractations sont en cours.

  5. Visionnage intensif d'épisodes de Sherlock Holmes et Clara Sheller (saison 1 uniquement, je ne suis pas masochiste). Je sais que l'écart peut surprendre, mais l'effet produit sur mon cerveau est le même.

  6. Samedi prochain, spectacle de danse de mon frère: j'ai hâte.

  7. Attente des résultats du concours d'orthophonie dans l'indifférence la plus totale.

  8. Réponse à une longue lettre de mon parrain en suspens: il me faut un peu de temps, et je n'en aurai guère avant ce week-end.

  9. Tentatives infructueuses de ne pas réfléchir. (D'où le point n°5.)

  10. Lectures multiples, dont je vous ferai peut-être le compte-rendu sur mon site (qui est en période d'hivernation, bien que nous soyons au printemps). Entre autres Arachnae, Watchmen, L'Infortunée et Merci, Jeeves!

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Il y a quelque temps, averse sur la ligne de Montparnasse. Vitre rayée et trombes d'eau.

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