Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vous en parlerez à votre cheval...
Publicité
9 mai 2012

Avatar

Non, je ne dormais pas, même si le froid aurait pu suggérer que j'étais entrée en hibernation1. Non, je ne faisais pas de tricot, ni de macramé. Au début, je travaillais. Puis j'ai lu. Et enfin, sur les conseils avisés d'une amie très chère, j'ai regardé un film.

Le titre laisse envisager une possibilité qui paraît évidente, qui réjouirait mon frère et fait entrer en scène des êtres à la peau bleue. Désolée de vous décevoir : je n'ai toujours pas vu l'Avatar de Cameron Diaz James Cameron.

Logo

Ce que j'ai découvert et dévoré, c'est une série animée, a priori pour "la jeunesse", mais tellement bien que ça se laisse dévorer avidement à n'importe quel âge. Le titre complet, c'est Avatar : the last Airbender (ou Avatar : le dernier Maître de l'air en français). Voilà une série qui a déjà quelques années, et comme tout ce que je fais, que j'ai découverte avec quelques métros de retard. Mais peu importe.

Là commence la difficile tâche de parler du dessin animé.

Aang

Parce qu'il est le héros, il a droit à une grande image. Aang, maître de l'air et Avatar de son état.

Au début, disons, ça ne paye pas de mine. On se dit que ouais, pourquoi pas, format classique, un épisode pour une aventure / péripétie / étape sur le long chemin qui mènera Aang - notre protagoniste - vers son Destin. Les personnages semblent basiques, presque caricaturaux. Mais le dessin est beau, l'univers plaît, les personnages sont, au fond, sympathiques. Alors on poursuit un peu.

Katarasokka_2

Le frère et la soeur de la tribu de l'eau, compagnons d'Aang de la première heure.
Katara, maître de l'eau, et Sokka, guerrier et grand stratège (clown à ses heures perdues).

Au bout de quelques épisodes, on se rend compte que l'on ne voyait que la partie émergée de l'iceberg. L'intrigue se complexifie, les cliffhangers se multiplient, les personnages évoluent et deviennent de plus en plus intéressants. Les personnages secondaires ont un véritable place, même ceux que l'on croyait très secondaires. L'univers se montre de plus en plus fouillé et riche.

AppaToph
ZukoMomo

De gauche à droite :
1. Appa, le bison volant à six pattes, fière monture et animal de compagnie soyeux
2. Toph [saison 2], dite la Fripouille Aveugle (Blind Bandit, en V.O. ça sonne mieux), maître de la terre
3. Zuco, le prince banni, qui doit caputrer l'Avatar pour retrouver son honneur, maître du feu
4. Momo, lémurien, troisième et dernier survivant du peuple de l'air avec Aang et Appa

Finalement, c'est un véritable film que l'on regarde, bien plus qu'une série. La maîtrise des éléments et les combats n'ont rien de kitsch, au contraire ! Les petits passages de sagesse dispensés deçà delà pareil à la / feuille morte sont exquis et non sans rappeler les films de kung-fu. On a aussi des gags récurrents, des personnages qui reviennent, de magnifiques paysages (urbains ou non), etc. En outre, les parsonnages féminins sont très réussis, tant du côté des "gentils" que du côté des "méchants"2, et ça, c'est assez rare pour être souligné !

MaiAzulaTy_Lee

Dans l'ordre :
1. Mai, excelle au lancer de couteaux
2. Azula, soeur de Zuco, maître du feu cruelle et sans pitié
3. Ty Lee, gymnaste et combattante émérite

Pour conclure ? Avatar, c'est épique, c'est grand, c'est drôle, c'est émouvant, c'est classe. Bref, c'est bien !

Iroh

Last but not least, Iroh, oncle de Zuco, du côté de l'ennemi mais personnage philosophe éminemment sympathique, grand amateur de thé et de jeux de stratégie. Le rôle du bon grand-père dissimule un as du combat et un maître du feu hors pair. De loin mon personnage préféré !

[1] Notez bien que cet article, je l'ai commencé le 23 avril, époque d'averses violentes et de froidure mordante.
[2] J'ai envie de souligner que la perméabilité des frontières entre les deux pôles, l'ambiguïté de certains personnages et les retournements de situations sont pléthore dans ce film, ce qui est super cool excessivement chouette vraiment bien.

Publicité
15 septembre 2013

Lectures d'été - 12. Demain les chiens

(Je prolonge un peu l'été, certes. Il n'a pas été assez long pour me laisser le temps de terminer la vingtaine de livres que j'avais empruntés.)

Titre: Demain les chiens
Auteur: Clifford Donald Simak
Editeur: J'ai lu, collection "Science-fiction"

Demain les chiens

Sur Wikipédia, cet ouvrage est considéré comme un recueil de nouvelles. Je ne suis pas tout-à-fait d'accord. J'ai vu dans Demain les chiens un roman. Ou plus exactement, une série de mythes fondateurs cimentés par une exégèse que l'on ne peut pas laisser de côté. C'est ce ciment qui m'a fait voir un tout où l'on pourrait considérer plusieurs unités indépendantes.

L'histoire? Celle de l'humanité, dans les millénaires à venir. Le roman est composé de huit contes, qui se suivent chronologiquement et ont un rapport plus ou moins étroit les uns avec les autres. Un personnage - le robot Jenkins, - une famille - les Websters, - entretiennent le lien. En réalité, nous comprenons grâce aux introductions des contes que l'humanité n'est plus depuis longtemps, que la civilisation qui a ces mythes entre les mains est celle des chiens. Les huit récits racontent à petite touche ce qu'est devenue la race humaine.

Empreint d'une poésie et d'un lyrisme qui ne sont pas sans rappeler Ray Bradbury, ce récit que d'aucuns qualifient de post-apocalyptique reste très optimiste. Même si le suspense n'est pas celui de l'action et du momentané, la fin de chaque conte laisse planer un doute, une question. Que va devenir la race humaine? Quelle sera la conséquence sur le long terme de telle action?

Car non seulement l'écriture est agréable, l'histoire optimiste, mais le narrateur pose également bon nombre de questions existentielles, soulève des problèmes philosophiques fascinants. Et pourtant, je ne suis pas une fanatique des questionnements abstraits, mais amenés comme c'est fait ici, j'en redemande.

En somme, Demain les chiens est une belle et saine lecture, qui nous fait voyager dans le temps et dans l'espace, et pose - entre autres - la question de l'Autre et de l'Ailleurs. Peut-on penser autrement qu'en tant qu'humain? Changer de point de vue? Il ne s'agit pas d'une lecture facile, mais d'une lecture qui fait grandir, si je puis me permettre quelques poncifs.

16 juillet 2013

Beaune, épisode 2

Dimanche 14 juillet, Asnières est déserte alors que je me dirige vers le métro. Il est six heures de matin, et je retourne à Beaune, pour un deuxième concert. Ce soir, nous allons écouter un autre contre-ténor, David DQ Lee.

L'hôtel n'ouvre pas ses porte avant 14h30. Nous prenons donc un sorbet au salon de thé en attendant. L'air est chaud, et nous n'avons guère le courage de partir en excursion dans la ville. Après une petite sieste et un bon dîner, nous nous rendons aux Hospices.

Le concert ce soir a lieu dans la salle des Pôvres. Immense salle aux poutres peintes. Les lits sont alignés le long des murs. Les musiciens seront là-bas, au bout de l'allée. Nous ne verrons pas grand chose. Mais l'accoustique se révèle excellente.

P1030217

P1030220

Les musiciens sont bons, très bons. Et le chanteur, ma foi, une pure merveille. Une voix puissante et claire, un enthousiasme communicatif, un plaisir de chanter visible, et un respect des musiciens avec lesquels il travaille tout à son honneur.

Les grands airs d'opéra alternent avec des concertos pour violon, pour violoncelle, et rien n'est en-dessous du reste. La fin arrive bien trop vite à notre goût. Nous avons droit à deux rappels superbes, qu'il nous présente en anglais. Le second extrait, selon ses termes, raconte l'histoire suivante: "My lover is a bitch, and I wand to kill her."

Il ne s'agit pas du rappel, mais d'un des airs interprétés au cours du concert.

2 janvier 2012

L’Anglais qui gravit une colline mais descendit une montagne

Avec ma sœur, nous cherchions un DVD pour mettre dans la botte maternelle, sous le sapin. Sans idée fixe, nous farfouillions dans les bacs, chez V*rgin, quand nous avons vu cette affiche improbable, d’un film dont nous ignorions jusqu’à l’existence, qui avait l’air assez vieux pour être amusant (le côté vieilli des films des années 90 est une esthétique en soi), avec un Hugh Grant tout jeune et une histoire improbable (« Comment les habitants d’un village irlandais vont utiliser des ruses de Sioux pour obtenir de deux cartographes l’homologation de leur colline, nommée la Ffynnon Garw, en véritable montagne, » nous dit allociné).

The Englishman who went up a hill

Aussi ai-je été très agréablement surprise par ce film qui n’a l’air de rien, mais qui en fin de compte est tout-à-fait valable. La narration est celle d’un conte, ou d’une légende, raconté par un grand-père à son petit-fils. Le cadre est celui des collines verdoyantes du Pays de Galles, aux habitants hauts en couleurs et à l’accent chantant – le R roulé est particulièrement réjouissant.

Plein de situations drôles, presque surréalistes, quelques incursions de l’Histoire dans ce village coupé du monde – les hommes sont au front, en France – et une histoire d’amour, comme il se doit pour un film qui a pour tête d’affiche Hugh Grant.

Vraiment un chouette film !

23 septembre 2006

Je patrimoine, nous patrimoinons

Hôtel de Beauvais, de Sens, de Sully. Archives nationales. Le Marais. RER C, Saint-Michel. Métro, ligne 11, Châtelet, Réaumur-Sébastopol. Paris désert, puis la foule. Le parvis de Notre-Dame noir de monde. Les trottoirs étroits, devoir descendre sur la chaussée pour passer. Peu de voitures. Il est tôt, trop tôt, puis il est trop tard, pour les visites guidées, il faudra revenir. Tant pis. Des heures de marche, des tours et des détours. Les rues vides, les rues bloquées. Mais pourquoi cette foule rue Saint-Antoine? Nous marchons à contre-courant, nous ne comprenons rien, comme d'habitude. Nous apprendrons plus tard qu'il s'agissait de la techno parade. Oui, c'était le 16 septembre, journée du patrimoine, avec Cécile. Déjeuner au Paradis du fruit, quai Saint-Michel. Trop tôt, nous patientons en furetant dans les coffres des bouquinistes. Nous observons le courant de la Seine. Nous sommes passées par Saint-Louis et l'Ile de la Cité: nous n'avions jamais vu ''notre'' quartier de ce point de vue-là et c'est beau. Il fait chaud, mais il ne fait pas beau; il fait lourd. Nous rentrons, il est déjà près de 19h. À Versailles obligée de descendre du train. J'attends le prochain, mais tous ont au moins vingt minutes de retard. Léger bémol qui ne parvient pas à m'ôter le sourire accroché à mes lèvres... Une journée à part, qui m'a fait oublier durant douze petites heures les soucis du quotidien. Le calme avant la tempête... c'était la semaine dernière.

marais_map

Publicité
1 février 2014

Le Chevalier d'Eon

Titre : Le Chevlaier d'Eon, tome 1 "Lia"
Auteur : Agnès Maupré
Editeur : Ankama (janvier 2013)

Le Chevalier d'Eon - 1, Lia

Puisque cette année je ne vais pas à Angoulême, j'ai été traîner mes guêtres chez mon ami Gibert, où j'ai fait quelques amplettes, décidée à faire mon petit festival personnel ce week-end. Pour commencer, voici une bande dessinée dont la couverture a immédiatement attiré mon oeil friand de ces couleurs acidulées, et dont le titre m'a empêchée de réfléchir avant d'ajouter l'album à mon panier. Je vous présente donc Le Chevalier d'Eon, d'Agnès Maupré.

Le Chevalier d'Eon 01

Visuellement, c'est un délice. Le trait est fin et délicat, les couleurs font indubitablement penser à une coupe de bonbons ou à un panier de fanfreluches duveteuses. La légèreté des planches est telle qu'on en redemande une fois arrivé à la dernière page.

Le personnage intrigue et évolue parmi des noms tout aussi célèbres que le sien. Qui a lu les aventures de Nicolas le Floch (Jean-François Parot chez 10/18) ne sera pas dépaysé. De l'humour, de l'aventure, de l'intrigue politique, du secret... Tous les ingrédients sont là ! Quelques réfléxions bien senties sur les femmes ont achevé de me séduire, comme si le reste n'était pas suffisant.

Le Chevalier d'Eon 03

28 janvier 2014

3000 façons de dire je t'aime

Puisque je suis censée travailler mais que l’urgence me fait piétiner depuis deux heures sur la même difficulté, je vais écrire sur ce blog depuis trop longtemps oublié. Et quoi de mieux pour commencer l’année 2014 qu’un livre de Marie-Aude Murail ?

3000 façons de dire je t'aime

3000 façons de dire je t’aime parle de théâtre et de trois personnages aussi différents qu’attachants. Tout commence au collège, prend forme après le lycée et s’achève bien plus tard. Chloé, « jolie jeune première » galère en hypokhâgne et lutte contre ses parents pour suivre les cours de théâtre ; Bastien, le « valet de comédie », refuse de travailler et préfère improviser sketches et gags plutôt que d’apprendre son texte ; Neville, « beau et ténébreux […] héros romantique » (ces citations sont celles de la quatrième de couverture), promène son long manteau noir dans lequel il dissimule les livres volés à la librairie et ses émotions. Tous les trois s’allient pour survivre au cours de Monsieur Jeanson, professeur au conservatoire de leur petite ville de province, en bord de Loire.

L’évolution de ces trois personnages, la façon dont ils mûrissent et grandissent, est des plus jubilatoires. Leur étrange relation est absolument fascinante. La narration est émaillée de ce "nous" mystérieux, dont on ignore l'origine. Le point de vue est bien souvent externe, chacun des trois protagonistes est décrit à la troisième personne, mais régulièrement ce "nous" impérieux vient imprimer le triangle amoureux d'une relation équilatérale, et marquer les temps forts de cette amitié fusionnelle. C’est un sourire aux lèvres que j’ai suivi leur aventure, attendrie (cœur-de-guimauve est mon deuxième prénom) et amusée. Pas de chaudes larmes pour ce roman, mais ce n’est pas un mal. Une seule envie, une fois la dernière page achevée, le relire depuis le début.

12 septembre 2013

Club BD, cru 2013 - 1. L'imparfait du futur

Titre: Une épatante aventure de Jules, t.1 "L'imparfait du futur"
Auteur: Emile Bravo
Editeur: Dargaud (2012; première édition en 1999)

Une épatante aventure de Jules, 1 - L'imparfait du futur

Un jeune garçon est réquisitionné par un organisme scientifique pour effectuer un voyage intergalactique, en direction d'une étoile, un voyage qui a pour destination Alpha du Centaure.

Tout excité à l'idée de cette opportunité, il se jette dans l'aventure sans se poser plus de questions. Ses parents, ignorant tout en matière d'astronomie et astrophysique, envisagent la chose comme un voyage de huit semaines en colonie de vacances. Mais rapidement, Jules - car c'est le nom de notre jeune héros - comprend qu'on ne lui a rien dit.

Il rencontre celle qui sera sa compagne de voyage, la scientifique chargée d'étudier faune et flore extraterrestres, le pilote et les deux scientifiques qui ont créé le vaisseau capable d'atteindre la vitesse de la lumière. Il se rend compte qu'il ignore tout des conséquences d'un tel voyage, notamment qu'avec la relativité, ce qu'il vivra comme huit semaines prendra huit ans sur Terre.

L'histoire est palpitante et drôle du début à la fin. Complètement barrée, elle pose également des questions intéressantes. La rencontre avec les extraterrestres est des plus instructives. Les personnages ne sont pas piqués des hannetons. Et la relation entre Jules et son petit frère est à la fois violente et on ne peut plus réaliste.

En bref, une bande dessinée réussie qui se lit très facilement. Pour les jeunes de 7 à 77 ans, comme qui dirait. Contente que cette série ait été rééditée, sinon je ne l'aurais jamais découverte.

29 juillet 2013

Lectures d'été - deuxième parenthèse

Titre: Le Linguiste était presque parfait
Auteur: David Carkeet (chapeau au traducteur Nicolas Richard, qui a dû s'arracher quelques cheveux sur les subtilités linguistiques inhérentes à un tel roman)
Editeur: Monsieur Toussaint Louverture (2013, paru en 1980 aux Etats-Unis)

Pour mon anniversaire, mes anciens complices d'ingénierie linguistique m'ont offert le livre idéal: un polar linguistique. Probablement unique en son genre, la bestiole s'intitule en français Le Linguiste était presque parfait, référence sympathique à la reine du crime, mais en anglais c'est encore mieux, puisqu'elle (la bestiole, faut suivre un peu) porte le titre délicieusement linguistique de Double Negative.

RE04_Le_linguiste

Magnifique couverture (quoique peu discrète)

Le scenario est relativement simple: dans un laboratoire de linguistique (recherche sur l'acquisition du langage), un des chercheurs est retrouvé mort par un beau matin, les cheveux rasés. Le linguiste qui s'est vu emprunter son bureau pour l'exposition du cadavre par l'assassin décide de collaborer avec le lieutenant du coin, érudit et imbu de lui-même, tout en enquêtant de son côté pour découvrir qui a bien pu souffler à la jeune et jolie assistante qu'il était "un parfait trou-du-cul" et en poursuivant ses recherches sur la signification du "M'bwi" d'un petit de 16 mois.

L'ambiance est au quasi-huis-clos dans ce laboratoire, ancien pénitencier, qui abrite une garderie afin d'avoir le matériel de recherche sous la main. Cependant, on n'étouffe jamais tout-à-fait, car l'auteur maitrise l'humour, et c'est toujours un sourire en coin que nous apprenons un nouveau meurtre.

Très prenant (sans être palpitant, mais nous sommes chez les linguistes, pas chez James Bond), jamais lent, toujours amusant, très intelligent et absolument ravissant, ce livre était une parenthèse parfaite.

31 décembre 2011

Oh my God !

Me fiant au titre, je ne suis allée voir ce film que parce que le reste ne me tentait pas. Au moins, ça avait l’air amusant, divertissant, distrayant. Et ça, pour sûr, ça l’était. Entre rire et sourire, une petite larme d’émotion à un moment ou à un autre (je suis une vraie madeleine, et en général une spectatrice pas trop difficile). On ressort de ce film de bonne humeur. Mais ce film n’est pas seulement une comédie sentimentale facile et sans scénario comme la traduction du titre nous donne envie de le croire, et le cœur du sujet n’est pas la création du vibromasseur, comme nous donne aussi envie de le croire la traduction du titre. C’est en tout cas l’impression que j’ai eue.

Oh my God !

Pour comprendre où je veux en venir, il suffit de lire le titre orignal : Hysteria. Je me demande ce qui a empêché les producteurs d’opter pour un titre bêtement traduit ou même pour un titre pas traduit du tout. Parce que le jeu de mot vaseux de notre titre français n’est pas hyper attirant, je trouve. Ceux qui cherchent des films un minimum intéressant risquent de passer à côté, et ceux qui sont en quête de films à l’humour bien lourd seront déçus.

Parce que l’humour ici est léger, et sert un propos des plus louables. On parle ici d’une date-clef dans l’histoire de l’émancipation des femmes, de celle où l’on cessa de diagnostiquer cette mystérieuse maladie qu’était l’hystérie. Le film se passe à un moment où plusieurs révolutions ont lieu : la médecine commence à évoluer – on se lave les mains, on prône l’hygiène plutôt que les saignées – les suffragettes sont en pleine ébullition. Et à côté de ça, les petits bourgeois encroûtés dans leurs préjugés et guindés par leur bonnes mœurs refusent de voir leur monde changer – il est vrai qu’il est plus facile de rejeter tous les maux sur la Femme, alors soignée pour hystérie, et si elle finit devant le juge, elle risque sanatorium et hystérectomie.

Comme ce film parle des femmes, forcément, la galerie de personnages féminins est impressionnante. Ça change de ces films où l’on a un personnage féminin dans le rôle de la cruche, un autre dans un rôle vaguement secondaire et c’est tout. Même si les rôles principaux sont tenus par des hommes, on a suffisamment de femmes pour en faire un film équilibré, et le personnage de Charlotte pèse lourd. Elle est admirable, elle qui se débat pour sortir de sa condition, n’a que faire du qu’en-dira-t-on et fait tout ce qui est en son pouvoir pour faire bouger les choses.

En quelques mots : un film plus sérieux qu’il n’en a l’air, bien plus intéressant que le titre nous le laisse penser, mais qui reste amusant et drôle, léger après les repas trop lourds de Noël et du Nouvel An.

7 février 2011

La Garçonnière

garconniereNous devions aller au cinéma, voir Le Discours d'un roi, mais arrivées au cinéma, nous nous sommes retrouvées le bec dans l'eau : la séance affichait complet. Nous avons donc fait demi-tour, avec comme vague idée de regarder un film à la télé, La Fille de d'Artagnan peut-être?

Finalement, c'est devant La Garçonnière que je me suis attablée. Peu enthousiaste au départ, j'ai rapidement été séduite par la beauté des images noir et blanc et le charme de Shirley MacLaine.

L'employé de base, qui travaille dans les bureaux d'assurance à la Kafka ou à la Tati, immenses, impersonnels, foule dense et automate, brouhaha incessant. Mais cet employé de base a une particularité : il s'attire les faveurs de ses supérieurs en leur prêtant son appartement, afin qu'ils puissent vivre leurs historiettes extra-conjugales sans souci. Une soirée par-ci, une après-midi par là. L'agenda se remplit. Il ne sait refuser et se laisse marcher sur les pieds. Jusqu'au jour où il se retrouve au cœur des histoires du grand chef avec la liftière, dont il est amoureux depuis quelque temps.

garconniere_1960_04_g

Les personnages sont superbes : de l'employé trop gentil ou trop faible, au patron abusif et salaud au possible, en passant par le médecin et voisin qui se fait de fausses idées, tous ont un caractère bien déterminé, mais assez juste. Une sorte de portrait cynique d'une société souvent cruelle.

Un film drôle et juste, illuminé par le sourire de Shirley MacLaine.

maclaine_s64

6 novembre 2006

Fin d'un rêve

P1010109Ce matin, je sortais ma chambre d'hôtel en débardeur. Je traînai mes babouches jusqu'à la salle de petit-déjeuner, en passant les jardins plantés de palmiers. Je traversai le hall d'entrée où chante une fontaine; le marbre luit dans la lumière éclatante du matin. Deux heures plus tard, un porteur mettait nos sacs alourdis dans le coffre de la Mercedes, le taxi qui nous emmena à l'aéroport. Une dernière fois, nous louvoyâmes au milieu des camionnettes fumantes, des ânes efflanqués, des piétons impassibles. Puis nous entrâmes dans la cohue de l'aéroport de Marrakech-la Ménara. Il faisait chaud. Très chaud.

brouillardTrois heures de vol. Nous atterrissons. Nous sortons de l'avion. Et là, le froid me saisit. Sur la passerelle, je voie les nuages de vapeur s'échapper des souffles des autres passagers. Le brouillard nous enveloppe d'un cocon bienveillant. Mais il fait froid. Je sens les 25° de différence... Les vacances sont finies, demain, à cette heure, je serai en cours. Je commence à me rendre compte que je n'ai pas assez travaillé. Mais comment voulez-vous travailler dans un pays comme le Maroc? Ce n'est pas humainement possible et I'm only flesh and blood...

3 mars 2011

Sherlock

Ça y est, j'ai regardé les trois épisodes de Sherlock, sous-titrés en français. Je précise, parce que j'en avais déjà vu deux, mais le premier avec les sous-titres en anglais et le deuxième sans sous-titre du tout. Autant vous dire que l'essentiel de l'intrigue m'avait échappé. J'ai beau avoir un niveau correct en anglais, les répliques de Sherlock sont tout bonnement impossibles à suivre.

affiche_Sherlock_2010_1

Plusieurs intrigues, plus ou moins connues, mélangées et décalées. Londres au XXIe siècle. Un Sherlock et un John plus jeunes que dans la plupart des adaptations connues. Beaucoup de variations, mais indéniablement, l'esprit est là, bien présent. De l'humour, de l'action, du génie.

Sherlock

Et la grande classe de Benedict Cumberbatch. Un regard halluciné et des cheveux hallucinants, grandes enjambées dans la nuit de Londres, manteau au vent, écharpe au cou. On voit les rouage de son cerveau tourner derrière son front. On devine sa folie.

emth_Sherlock_halo_2441_4

Et les personnages secondaires ne sont pas en reste.

Seul hic : le dernier épisode disponible s'achève sur un vieux cliffhanger. C'est inadmissible!

6 janvier 2007

Étymologie

fleur_coquelico

Aujourd'hui, j'ai découvert grâce à mon grand-oncle l'origine du mot coquelicot. Voilà un bien joli mot, qui se dit en provençal 'gaugaline' (je ne sais comment cela s'écrit), 'gau' signifiant 'coq' et 'galine' 'poule'. Ayant jeté un oeil dans son Littré, il nous apprend que ce mot n'est que la déformation de l'onomatopée cocorico, ce nom ayant été donné à la fleur par analogie à la crête de l'animal... Amusant, isn't it?

23 juillet 2006

Gâtée...

Pour mon bac, ma grand-mère a eu la magnifique idée de me faire un cadeau. Et pas n'importe quel cadeau! C'est tout simplement splendide: elle m'a donné les plus beaux livres de sa bibliothèque, l'oeuvre intégrale de Verleine et Baudelaire, datant de 1950 environ et reliée cuir... "C'est-y pas beau ça?"

beau cadeau

14 octobre 2006

Philolexie

criIl y a un an, nous étions un groupe de folles plus ou moins anuptaphobes. On peut dire que que l'éthylophobie et la pléthophobie étaient bien éloignées de nous; nous étions plutôt diétophobes. Vadite retro ailurophobes, galéphobes, alektorophobes, cynophobes et autres khéléniphobes! Animaux plus ou moins bien domestiqués, nous ne sommes pas de discrets cachophobes. Au CDI, loin de nous vils dicophobes, atramantophobes et molubdotémophobes! Car nous ne lésinons pas sur les moyens pour travailler... cependant, parmi nous se dissimulent d'invétérés procrastinates, et ceux-ci ne sont pas près de plier bagages. Quelques tintinophiles, en ancun cas bédéphobes, persistent et signent. Nous comptons également une apotemnophobe, ainsi qu'une personne qui ne risque pas la tudiculaphobie! Cette année, en hypokhâgne (ou hypocharte, en ce qui concerne notre canidé préféré), nous sommes vaccinés contre l'atychiphobie. Et avant l'heure des repas, les borbophobes sont à des lieues, ayant fui déjà depuis tierce (heure canoniale). Chez nous, nous parlons d'idiosyncrasie, de topoï, de prosodie, de sémantique, de syntaxe, de Kant, d'hexamètres dactyliques, de trochées, de spondées...

Vous, ô lecteurs philolexiques, essayez donc de trouver le sens de tous ces mots; seuls d'eux d'entre eux n'existent pas... vivent les mots! Mal mort aux lexicides!

PS: dommage que la philosophobie n'existe pas; si elle comptait parmi les pages de notre bien aimé Robert, sûre que je serais philosophobe!

4 octobre 2006

Automne

P1010003L'air frais, le brouillard, la pluie. Le matin, il fait nuit quand je pars, il fait déjà sombre quand je rentre le soir. Je m'en vais à l'aveuglette dans mon jardin, dans l'espoir de ne pas rater la marche. Il fait plus froid maintenant. La maison se glace peu à peu. Bientôt, nous allumerons le feu dans la cheminée.

Dans le bus j'observais, maussade, les gouttes de pluie s'écraser paresseusement sur les vitres. En cours, les averses se fracassant sur les toits détournent mon attention; alors le flot de mots incompréhensibles du professeur de philosophie s'estompe et laisse place à ce tapage trempé, à ce clapotis informe de l'eau de pluie sur les vitres du lycée.P1010005

Cependant, dans un dernier rayon de soleil, je profite des couleurs de l'été qui s'attardent dans le massif de fleurs: rouges les capucines et les impatiences, blanches les anémones japonaises. Les tout sur un vert mûr, un vert sur le déclin. Déclin annoncé par les quelques feuilles brunes parsemées sur la pelouse. Cependant, l'automne qui paraît arriver insidieusement, s'annonce avec fracas: les arbres commencent à se teinter de vermeil et d'ocre. Quand ses couleurs luisent doucement dans l'humidité matinale, on se rend compte que l'automne, c'est beau.

23 juillet 2006

My sister is back. (le 20 juillet)

my sister is back

Ça y est, ma soeur est rentrée d'Irlande, où elle a passé deux semaines. Comment se fait-il qu'elle ait réussi à bronzer à Dublin, alors que moi qui suis restée chez moi avec un temps splendide, je suis toujours aussi blanche??? C'est trop injuste! (dixit un certain Caliméro).

Cependant, elle m'a offert un beau cadeau pour mon anniversaire: un livre de contes et légendes irlandais, magnifiquement illustré, et tout en anglais, bien sûr! Superbe... Et je suis quand même contente d'avoir un peu de compagnie, même si elle repart dans deux jours. Parce que malgré tout, toute seule à la maison, sans internet, on sent le temps passer.

14 juillet 2006

Où es-tu?

Une stupide chanson d'une chanteuse que je ne connaissais que de nom, et les souvenirs sont arrivés en rafale, me laissant muette quelques secondes.

Une stupide chanson de Larusso, et tout est revenu. Tu sais pourquoi, n'est-ce pas? Ces langues perfides et venimeuses du collège n'avaient de cesse de te surnommer ainsi, à cause du roux flamboyant de tes cheveux. Peut-être enviaient-elles cette chevelure splendide? Quoi qu'il en soit, tu ne supportais pas ce surnom et tu les envoyais voir ailleurs si tu y étais.

Deux ans. Deux années que nous avons passées ensemble. Puis tu es partie. Et tu as changé. C'était inévitable, mais j'ai cru naïvement que tu resterais telle que j'avais quittée. Tu m'avais fait des promesses, que tu n'as pas tenues. Tu avais juré de ne jamais fumer, pour ne pas ressembler à tes parents. Mais la fois où tu m'attendais devant le collège, un an après ton départ, tu avais une cigarette à la main. J'ai refoulé mes larmes... Tu avais promis...

Mais j'ai continué de t'écrire. Vint un moment où je ne reçus plus de tes nouvelles. Je cessai de t'envoyer mes lettres. Maintenant, cela doit faire plus de deux ans que je n'ai pas entendu parler de toi. Qu'es-tu devenue? Que fais-tu maintenant? Où es-tu Héloïse?

héloise_edited

9 août 2013

Emo

découvert dans le webcomic Honeydew Syndrome

emo

(Je précise que l'insulté vient de se faire frapper par l'insultant, au cas où ce ne serait pas lisible.)

Ok, but, what's an "emo"? Agacée de devoir interrompre ma lecture, j'ouvris mon dictionnaire bilingue. Malheureusement, je devais ne jamais trouver le vocable "emo" à l'intérieur. Exaspérée, je poursuivis ma lecture, avec ce mot à la définition plus qu'incertaine qui flottait dans mon cerveau. Et ce jusqu'à il y a quelques jours, lorsque je reçus un mail d'el Teckel. Je venais de remarquer que le personnage de Metis (celui avec les cheveux noirs) avait du vernis noir aux ongles, et lui avais fait part de mon étonnement. En guise de réponse, j'eus droit à "c'est normal, c'est un emoooo". Jugez de ma déconfiture.

Je pris alors mon courage à deux mains, et lançai une recherche Google. Et là, ô joie! Je trouvai mon bonheur! Tout d'abord, je pensai avoir fait une erreur, puis, je lus l'article sur Wikipedia.

A l'origine, emo est un sous-genre de musique punk ou quelque chose comme ça (pas étonnant que je n'aie jamais entendu ce mot! Vu ma culture musicale...). Mais je ne vais pas vous faire un historique musical, là n'est pas mon but. Non, ce qui m'intéresse, c'est l'évolution de ce mot: pourquoi, dans le cas qui nous intéresse, est-il devenu une insulte?

Il faut savoir que ce style musical a connu plusieurs vagues, dont la dernière voit ses début en 2000. A ce moment-là, "là où plus tôt, l'emo favorisait des paroles parcourant un chemin plus obscur et douloureux, on se concentrait [désormais] sur l'amour trouvé ou perdu, et la difficulté de faire face"*. A la même époque, le terme emo "devint associé avec l'expression d'émotion sans retenue. Certaines attitudes et une certaine mode vestimentaire devenues typiques parmi les fans de certains groupes furent qualifiées d'emo". Peu à peu, au fur et à mesure que le style musical gagnait en popularité, l'emo devint objet de moqueries. D'abord légères, ces moqueries gagnèrent en intensité, et "les fans masculins d'emo ont commencé à recevoir des injures sur leur orientation sexuelle supposée, reflet de la mode propre à la « scène » (notamment l'utilisation d'eyeliner et de maquillage)".

Pour en savoir plus sur la mode emo, je vous conseille d'aller voir ce site, qui donne de nombreux détails également sur l'histoire du genre musical (site uniquement en anglais).

* Toutes les citations sont tirées de l'article "emo" de Wikipedia.

Posté il y a fort longtemps sur ma page Free.

24 octobre 2011

La Cloche du lépreux

Cela faisait plus d’un an (pour ne pas dire plusieurs années) que j’avais laissé Fidelma et Eadulf mener leur vie de leur côté. Je n’avais plus eu le temps de poursuivre leurs aventures. Aussi, dimanche soir, désœuvrée et sans lecture rapide à me mettre sous la dent, j’ai jeté mon dévolu sur La Cloche du lépreux, treizième volume de la série.

La Cloche du lépreux

Pour ceux qui ne connaissent pas sœur Fidelma, voici le contexte : Fidelma est religieuse. Mais elle n’est pas une religieuse comme les autres. D’abord, elle vit au VIIème siècle, en Irlande, à une époque où le célibat des prêtres et autres hommes de Dieu n’est pas imposé ; à une époque où l’Église de Rome n’a pas encore mis la main sur l’Église celte. Ensuite, en plus d’être religieuse, elle est avocate : un rang respecté dans une société qui semble tenir énormément à ses lois et à un idéal de justice. Au fur et à mesure de ses aventures, on apprend des millions de choses sur cette société méconnue de nos contrées parisiennes. Enfin, elle est fille et sœur de roi, elle a une volonté de fer et un orgueil certain. Eadulf est quant à lui Saxon, donc étranger dans cette verte contrée. Et leurs différences culturelles, qui tendent à s’effacer à mesure qu’ils apprennent à se connaître, se traduisent notamment par d’heureuses discussions en irlandais/saxon/latin.

Pour ce volume-ci, je retrouvé avec délices le mélange d’enquête criminelle, d’aventure et d’informations historiques. Même si Fidelma n’est pas au mieux de sa forme, c’est Eadulf que l’on découvre sous un autre jour pour notre plus grand plaisir !

Bref, il faut absolument que j’aille commencer le volume suivant.

17 octobre 2011

L’Autre Monde : l’intégrale (2001)

Résumé (BD Gest’)

A la suite d’une curieuse panne de sa navette, Jan Vern se retrouve parachuté sur un drôle de monde, un monde touchant où personne n’a découvert l’Amérique, où les cigognes apportent les bébés, où le ciel est comme une toile de cirque où sont peintes les constellations. Mais justement, le ciel s’est déchiré sur les pics des montagnes, tout au fond, là-bas. Jan et ses nouveaux amis – Adler le savant fou, Keith et la jolie Blanche – partent alors vers cet horizon déchiré, histoire d’essayer de comprendre ce qui se passe dans le ciel.

L'Autre Monde - 1 L'intégrale

Une histoire étrange, un scénario qui tend vers le voyage initiatique et l’aventure, un mélange de contes de fées et de réalité : voilà qui aurait dû m’émerveiller et me surprendre. Pourtant, je n’ai pas réussi à entrer vraiment dans l’histoire. La deuxième partie est plus réussie que la première de ce point de vue-là. La découverte de ce qui se passe de l’autre côté du ciel pose de nombreuses questions. Enfin on touche à un contenu plus profond et qui présente un véritable intérêt. Cet « envers » du ciel n’est pas sans rappeler l’univers gigantesque et angoissant de Peters et Schuiten, « Les Cités obscures ».

Les personnages sont trop impersonnels, manquent de caractère. Ils m’ont laissé l’impression qu’ils étaient en pleine représentation théâtrale et n’appartenaient pas vraiment à leur histoire. Que ce soit le protagoniste, le savant fou, la belle jeune femme : aucun personnage n’est convaincant. Ils sont trop lisses pour être crédibles. A tel point qu’ils en deviennent agaçants.

Par contre, d’un point de vue graphique, c’est très beau. Ce n’est pas vraiment impressionnant, mais la douceur du trait rappelle les contes pour enfants, les couleurs sont chaudes, les paysages sont beaux. Un petit côté fané, un peu rétro. Vraiment joli. Un peu magique.

En fin de compte, même si l’histoire est longue à mettre en place, on s’y retrouve. Le sujet aurait mérité d’être fouillé davantage, mais si l’on prend cette bande-dessinée pour ce qu’elle est, un joli conte pour enfants, on passe un agréable moment de lecture.

13 avril 2013

La Mouette

A l’origine, je voulais aller voir Pinocchio, mais c’était complet et je me suis rabattue sur La Mouette. Je n’avais pas lu le descriptif avec beaucoup d’attention, et j’aurais probablement réfléchi à deux fois en voyant que cette mise en scène avait été créée pour le festival IN d’Avignon. Mais Tchekhov, c’est bon pour la santé, n’est-ce pas ?

J’ai vu trois mises en scène différentes d’Oncle Vania, et l’une d’elle m’avait émue aux larmes. J’ai pu voir également La Cerisaie et Les Trois Sœurs. Je crois même me souvenir avoir vu Platonov et La Noce. Et je n’ai jamais été déçue par Tchekhov. Aussi me semblait-il évident que La Mouette ne ferait pas exception, d’autant plus que cette pièce est la plus connue – du moins, c’est celle que j’associe depuis très longtemps au nom de Tchekhov.

La Mouette 01

Le décor est sombre, beau dans sa simplicité. Immense mur métallique qui ressemble à une épave de paquebot. Le sol semble meuble, il est noir, et l’odeur étrange qui règne dans la salle me fait pencher pour l’identification de granulés de goudron plutôt que pour du sable. Peut-être était-ce une vue de mon esprit. Les costumes sont simples, et les masques de mouette sont très beaux. Les acteurs sont bons, c’est indéniable.

La Mouette 02

Mais. Mais la mise en scène est incompréhensible. Pour qui n’a jamais vu la pièce, il ressortira de là, près de de quatre heures plus tard, en se disant qu’il faut qu’il voie cette pièce. En effet, les personnages s’adressent au public, ne se regardent pas quand ils se parlent ; la prononciation est exagérément articulée ; les poses sont outrées. Et le cours de l’histoire est complètement perturbé par des chorégraphies incongrues.

La Mouette 03

La pièce est censée être une comédie. On le sait, Tchekhov est souvent amer dans ses comédies. Mais là, ce n’est pas drôle. C’est sombre, lent et trop lourd. Et le sens même du texte m’échappe. Est-ce mal de vouloir à tout prix retrouver le texte quand on assiste à un spectacle ? Je ne sais, mais j’aime Tchekhov pour ce qu’il dit.

La Mouette 04

Je me suis donc ennuyée ferme pendant tout le spectacle, cherchant à comprendre malgré tout le sens de cette pièce, mais n’y parvenant pas. Je suis restée après l’entracte, parce que ce n’était pas moi qui avais les clefs de la voiture.

24 avril 2012

Arts martiaux et vieux navet

La découverte et le visionnage récents de la série animée Avatar : le dernier Maître de l'air* m'a donné envie de revoir de vieux films d'arts martieux, que j'ai jadis empruntés (et jamais rendus) à mon père.

Ce soir, j'ai retrouvé Les Arts martiaux de Shaolin. Un film de 1986. Et heureusement qu'il ne dure pas plus d'une heure et demie.

Les_arts_martiaux_de_Shaolin

Au menu : une image de piètre qualité malgré sa restauration, des combats en accéléré et beaucoup trop longs, dont la chorégraphie est gâchée par les bruitages affreux, de l'humour, une musique hideuse et extrêmement vieillie, de superbes paysages alternant avec des décors en carton pâte, des costumes aux couleurs chatoyantes, des dialogues minimalistes et des jeux d'acteurs qui se rattrapent avec leurs capacités au combat. Vous l'aurez compris, c'est inégal. Ah oui, et il y a Jet Li. Mais ça fait peu.

Du coup je vais continuer ma quête de vieux films avec des arts martieux. Et rerereregarder Tigre et Dragon et Le Secret des poignards volants.

* Cette série fera l'objet d'un prochain article, quand j'aurai réussi à écrire de façon posée et raisonnable sur le sujet, et à repousser la midinette qui est en moi.

22 mars 2012

Poussière et lumière

Je devais rattraper mes heures, que j'avais mises de côté pour passer une soutenance toute naze et sans intérêt aucun. Je devais y être à dix heures.

A neuf heures tapantes, j'entrais au collège. Une heure d'avance, peu m'importait : pour la première fois depuis bien longtemps, je n'avais aucune obligation. Mardi, j'avais joué les tornades blanches sur le bureau, jeté les trois quarts des paperasses, et fait un tri complet - ou presque - du rayon Orientation.

Aujourd'hui, armée de mes deux mains et du paquet tout neuf de Patafix gentiment cédé par le secrétaire, j'ai refait la déco. Ces murs tout blancs, qui tirent vaguement sur le gris, se sont parés des quelques posters et affiches que j'avais ramenés du Salon du Livre ou que nous avions reçus par courrier. Finis le scotch qui ne tient pas, et les punaises qui plient tant le mur est dur ! J'ai libéré les vitre, laissant entrer la lumière, et caché la grisaille derrière les couleurs.

386570_251325854939162_152735924798156_614757_884048794_n

A chaque section son affiche : affiche du Louvre pour 7.Art, le plan reconstitué d'Olympie pour 9.Histoire-géo, lutte contre le sexisme pour 3.Sciences sociales, la croix qu'on nous a imposée devient utile au-dessus de 2.Religion, et le renard de l'école des loisirs fera l'affaire en 5-6.Sciences (on a tellement peu d'ouvrages spécialisés en sciences que sciences dures et sciences et techniques sont réunies en un seul et même rayonnage). Tout le reste se retrouve au-dessus des romans, plus l'affiche d'Angoulême pour les bandes-dessinées. Il ne manque qu'un philosophe au-dessus du raron 1.

Après ça, j'ai continué le tri et le rangement, avant de reprendre mon travail d'informatisation du fonds. Aujourd'hui, j'ai fini économie, politique et sociologie.

Et j'ai pris le temps de discuter paradoxes temporels avec mes élèves du club BD qui se sont insurgés contre la fin trop ouverte de La Traversée du temps. C'était amusant de voir leur réaction, qui aurait très bien pu être la mienne il y a quelques années. ("C'est nul, il se sont même pas embrassés ! - Y a une suite, hein Madame ? - Mais on sait pas comment ça finit !" J'aime mes élèves, je ne vous l'ai jamais dit ?)

La_Travers_e_du_temps

Je suis repartie à l'heure du thé, un peu après même. J'étais bien. Fatiguée, les pieds endoloris, mais je me suis sentie bien comme trop peu souvent ces derniers mois. J'avais laissé mes soucis dans la poussière du CDI et le temps d'une après-midi, j'ai pu oublier angoisses et tensions.

Lundi commence mon stage : je n'aurai plus le temps de m'adonner à ce genre d'occupations saines.

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>
Derniers commentaires
Publicité
Archives
Publicité