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Vous en parlerez à votre cheval...
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4 septembre 2013

Promenade n°3 : Cupelin

Journée plus tranquille ce jour-là, nous nous sommes rendues à pied à l'ancien chalet de mes grands-parents. La route du Château est étroite et empruntée par les voitures, nous faisons donc attention à rester bien visibles. A droite, autrefois, il y avait des chèvres dans ce terrain, les arbres en ont gardé les cicatrices même si les chèvres ont disparu. Un hôtel trois étoiles a vu le jour, "La Ferme de Cupelin".

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Ma mère me décrit tout ce qui a changé, ce qui est resté intact. J'étais trop petite pour avoir observé tout ça, à l'époque, mais certaines choses reviennent. Enfin, au détour d'un virage, la fontaine, au bas du chemin du Bulle. Les têtards sont toujours là. La saison est tardive, ils ont leur quatre pattes. Celui que ma mère a attrapé se sauve par petits bonds au creu de sa main.

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Plutôt que de continuer sur la route, j'opte pour le chemin, dont le goudron a été récemment refait. Contrairement aux nombreux endroits que nous avons vus, ici les haies sont drues. J'avais remarqué que les jardins étaient rarement limités, laissant les terrains s'entremêler et la vue offerte. Dans ce quartier, c'est tout l'inverse. Les habitants cherchent à disparaître. Et le vainqueur n'est autre que l'ancien chalet familial.

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A l'époque, on le voyait de loin, et sa vue sur le Mont-Blanc était unique. Aujourd'hui il est dévoré par d'énormes haies de thuyas. Les arbres ont tellement grandis que la vue doit être mangée par leur branches. Afin de jeter un oeil, nous sommes obligées d'entrer dans l'allée. Le chalet n'a pas vraiment changé. Les roses trémières fleurissent toujours le long du garage. Mais le jardin est étouffant, et les framboisiers ont disparu.

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En redescendant, nous visitons Cupelin. Les potagers, la chapelle, les vieux chalets... Je me sens chez moi, je n'ai pas envie de repartir.

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2 septembre 2013

Promenade n°2 : l'Alpette

Le téléphérique, rouge dans mes souvenirs et blanc aujourd'hui, s'élance au-dessus du vide. Les sensations se réveillent, je ne les ai pas oubliées. L'impression de tomber, la secousse au niveau du pilône, l'émerveillement. La vue est splendide. Arrivées en haut, le panorama est gigantesque.

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La marche est difficile. La côte est raide et en plein soleil, les cailloux du chemin sont glissants. Je me réfugie dans un rythme de tortue, regarde mes pieds et longe la clôture électrifiée du champ, dans l'herbe. De temps à autre, les clarines résonnent non loin de là, mais les vaches restent invisibles.

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Au niveau du restaurant d'altitude, une souche à l'ombre me tend les bras. Je me pose un instant, essayant de reprendre mon souffle. Ma mère propose de redescendre, mais j'ai envie de continuer, voir ce qu'il y a plus loin. Tous les dix pas, la vue change. Nous sommes plus haut, plus à l'ouest ou plus au sud, peu importe. Jamais l'oeil ne se pose sur les mêmes montagnes.

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Alors nous poursuivons un peu, jusqu'aux télésièges. Là, nous rendons les armes. Les herbes folles ont l'air confortable. Une petite sieste s'impose dans les graminées, les pieds face au Mont Joly ou je ne sais quel autre sommet.

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Avant de repartir, nous assistons au départ de deux parapentes. "Plouf", comme je disais étant petite, ils se sont jetés dans le vide, déployant leurs ailes multicolores au-dessus de la vallée.

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Le soir, le soleil couchant rosit le massif des Miages.

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8 août 2013

Paresse

La paresse est cette « habitude prise de se reposer avant la fatigue »[1] ; elle semble ainsi se caractériser par la paix et l’harmonie intérieures, le calme et la tranquillité d’esprit. Elle s’abandonne avec délectation dans les bras de Morphée et retrouve les délices du Royaume du Sommeil : du silence à la pénombre, en passant par le suave parfum des fleurs de pavot. Pourtant, on la retrouve dans ses lourds voiles, les cheveux défaits, aux côtés de ses confrères les sept péchés capitaux : la bouillonnante Colère, la Gourmandise aux belles joues, l’austère Avarice, l’Orgueil au regard méprisant, la voluptueuse Luxure et l’Envie aux mains tendues.

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Felix Valloton, La Paresse (1896)

Comme eux, elle est une forme de souffrance. Une douleur subtile qui s’insinue en nous tel un poison mortel. La paresse « tout à la fois désire et barre la route à son désir »[2]. Elle passe son temps à désirer quelque chose qui lui échappe. L’objet même de son désir fuit sa raison. « Je voudrais aller quelque part, je ne sais où ; je ne sais pas ce que je veux, je n’ai même pas la volonté de désirer vouloir »[3]. Et quand par malheur elle le saisit, sa volonté lui fait défaut et elle le relâche à contrecœur. Sempiternels regrets, remords éternels. La paresse souffre inlassablement. Elle devient alors mollesse, fainéantise, oisiveté stérile, négligence ; elle flirte sans pudeur avec la mélancolie et la lâcheté.

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Théodore Chassériau, Buste d'homme endormi (1844)

Mais il lui arrive de fuir le côté infernal de son penchant à l’inaction et elle navigue alors entre deux eaux, elle jongle avec flegme et flemme. Puis elle se pose et reste immobile pendant des heures. Elle ne fait rien et elle seule en est capable. Elle seule a le courage de se lever tôt pour prendre le temps de ne rien faire. Elle regarde le sable s’écouler dans le sablier, écoute le mécanisme régulier de la pendule du salon, observe les gouttes de pluie s’écraser lourdement sur les vitres. Ses cinq sens sont en éveil. Pas un éveil actif, non ! Loin de là… un éveil passif, qui ne fait que percevoir et enregistrer. Elle voit le temps passer. Elle est alors flânerie, abandon, insouciance, indolence. Et ce sont cette passivité et cette lenteur qui font sa force. Elle devient patience. Quant à l’importun qui la dérangerait dans cet état second, elle le renverrait avec l’indifférence et le calme olympien dont elle sait faire preuve; il serait en effet trop fatigant de s’énerver après ce pauvre hère !

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Lawton SParker, Paresse (1916)

Ainsi la noble Paresse vogue sans cesse entre inquiétude et quiétude ; agitation fébrile à la recherche de l’objet de son désir mais qui ne se donne pas les moyens de l’atteindre, et calme à toute épreuve de celle qui n’a ni le courage, ni l’énergie de s’inquiéter et donc abandonne tout en s’abandonnant elle-même.



[1] Jules Renard
[2] Giogio Agamben
[3] Gustave Flaubert

Ecrit en juin 2006, posté par Melendili sur son blog (à l'époque, je n'en avais pas encore), reposté le 30 mars 2008 sur mon blog Wordpress.

6 octobre 2011

Bain de bulles [1]

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Titre : Les Peuples oubliés (oneshot)

Scénario : Julien Bertaux
Dessin et couleurs : Lilian Coquillaud

Éditeur : Paquet - collection Bao (2011)

Statut pour le club BD : refusé
[cause : trop bizarre, scènes explicites]

L'histoire est très étrange, et j'ai mis pas mal de temps à comprendre ce qui se passait. Le graphisme plus que déroutant contribue beaucoup à cette perte de repère. Un homme échoue dans un désert suite à un accident d'avion (nous sommes en 1914 ou dans ces eaux-là). Là, il est sauvé par un peuple "oublié" : celui des femmes de Sabat. Femmes qui vivent dans une citadelle dissimulée on ne sait où depuis trois mille ans.

Puis il est question d'autres peuples, de guerres, d'expédition, de fuite, d'oiseaux. Tout finit à Angkor, et je crois bien que je ne sais toujours pas ni comment ni pourquoi.

Une bande-dessinée un brin dérangée-dérangeante, un brin angoissante (toute cette incompréhension - sans doute celle du narrateur aussi) et complètement planante.

12 novembre 2006

Mickey & Co.

mickey_mouseCe matin, réveil difficile. Le soleil se levait à peine qu'il a fallu quitter la chaleur bienfaisante de mon lit. J'étais en retard et n'ai même pas eu le temps de prendre de petit-déjeuner avant de partir! Cela ne m'arrive jamais, c'est dire si je tenais à aller voir cette exposition, et surtout à revoir (enfin) my dear Cécile. Mon écharpe, mon manteau, mon chapeau, et je suis partie. Le bus est vide; pas un chat à la gare; deux pelés trois tondus attendent le train. Le mien, heureusement m'attends déjà à quai: je n'ai plus qu'à me rendormir confortablement blottie dans le rayon de soleil qui perce à travers les lourds nuages de plomb.


Pourvu qu'elle n'ait pas oublié de se lever... Pourvu qu'elle n'ait pas oublié de se lever...

chat_de_cheshire Ouf! la voilà qui arrive tout sourire. Un jour elle saura où se mettre sur le quai pour se trouver en face de la porte... Je suis tellement absorbée dans la discussion que j'en ai oublié les gnomes qui piaillent derrière moi. Au fait, où sommes-nous? Est-ce qu'on a passé Invalides? Non. Heureusement, nous nous sommes préoccupé de ce détail subsidiaire à temps: les carreaux oranges approchent.

belle_au_bois_dormant Dehors, le temps est humide. Il est neuf heures, le musée ouvre ses portes à dix heures. Nous avons le temps d'aller acheter un petit-déjeuner. Et nous partons à l'assaut des Champs Elysées, déserts à cette heure-ci de la journée. Trouver une banque pour Cécile, une boulangerie pour moi-même... Ce n'est pas une mince affaire dans cette avenue qui n'aligne que bureaux de changes et restaurants! Finalement, après trois quarts d'heure de recherche assidue, nous retournons à notre point de départ, plus ou moins satisfaites. Il n'y a presque personne... Étrange: Klimt aurait amené au moins trois heures d'attente!

labelleetlabete_labelleetlabete Deux heures d'exclamations comme « Oh regarde! Alice au Pays des Merveilles: ça fait une éternité que je ne l'ai pas regardé. Il faudra qu'on se le regarde un de ces jours. » ou encore « Fantasia, je ne l'ai vu qu'une fois il y a quinze ans. Mais j'aimerais bien le revoir... ». Nous accompagnons les chansons des extraits diffusés de nos voix: « Mon amour, je t'ai vu au beau milieu d'un rêve! » ou « Un joyeux non-anniversaire! ». Nous observons les éléphants roses de Dumbo: « C'est quand même traumatisant comme scène! ». Les arbres aux yeux jaunes dans Blanche-Neige sont rétablis dans leur fonction originelle: « Ils font peur quand même ». Mais nos esprits plus aiguisés qu'alors parviennent à qualifier l'accoutrement de Blanche-Neige d'affreux, et nous élisons la robe de Belle (dans La Belle et la Bête) quand elle découvre la bibliothèque de ''Plus belle robes des Princesses des Dessins Animés de Walt Disney'' (bien que Belle ne soit pas à proprement parler une princesse). Bref, deux heures d'émerveillement. Deux heures d'une baignade des plus agréables dans la fontaine de Jouvence...

Le retour fut bien plus chaotique: RER pour Versailles Rive Gauche, pas de bus avant deux bonnes heures, donc obligée de remonter jusqu'à Chantiers, puis attendre le train, puis attendre le bus. Le dimanche, mieux vaut prendre la voiture! (Je vais chercher un recommandé mardi: j'espère que c'est mon permis...)

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26 octobre 2012

Opéra

Du premier balcon, la vue est bonne. Par contre, le siège trop étroit et les genoux dans le fauteuil de devant garantissent un inconfort que seule l'entracte saura dissiper, quand, boitillant, nous descendrons dans le hall avec Manon pour étancher notre soif avec le soda le plus cher de la planète. Mais après tout, ils peuvent se le permettre : c'est le Théâtre des Champs Élysées, la classe internationale !

theatre-des-champs-elysees

Le rideau se lève. Le décors est jaune et sans grand intérêt. Voilà qui a un air de contemporanéité déjà vue, mais qu'importe. La musique s'est élevée. Et Charpentier, j'aime. L'ouverture qui chante la gloire de Louis et la Victoire donne le ton : mise en scène déplorable mais musique géniale. Les interprètes sont bons, excellents même pour certains, le chœur me donne des frissons. Par contre, on ne comprend pas grand chose aux déplacements : tout semble complètement désorganisé, rien ne paraît naturel. Et les costumes, quand ils ne sont pas d'une banalité affligeante, piquent les yeux.

Médée 02

Fort heureusement, rapidement, on fait abstraction, et on se laisse emporter dans l'univers de Médée. Jason est un crétin fini (et le seul chanteur pas terrible du lot), qui a osé abandonner la terrible Médée pour la belle Créuse. Si cette dernière a un rôle de quasi-potiche (elle ne fait pas grand chose à part séduire Jason, lui dire qu'elle l'aime, et mourir), son interprète a une voix sublime.

J'ai eu droit, en live, à mon passage préféré : « Courrez au Champ de Mars, volez, volez, jeune héros ! », et grâce au surtitrage, je connais enfin les véritables paroles.

Après l'entracte, nous n'avons pas vu la seconde partie passer. Beaucoup plus vivante et terrible, elle nous fait entrer dans le cœur du sujet. Médée craque, elle s'abandonne à la folie et confronte un a un tous les personnages. Son « duel » avec le roi est jouissif :

CREON
Quelle audace vous porte à me parler ainsi?
Vous, l'objet malheureux de tant de justes haines,
Ignorez-vous que je commande ici,
Et que mes volontés y seront souveraines,
C'est à moi seul de les régler.

MÉDÉE
Créon, sur ton pouvoir cesse de t'aveugler,
Tu prends une trompeuse idée
De te croire en état de me faire la loi.
Quand tu te vantes d'être Roi,
Souviens-toi que je suis Médée.

CREON
Cet orgueil peut-il s'égaler?

MÉDÉE
Sur l'Hymen de ta fille il m'a plu de parler,
En vain mon audace t'étonne,
Plus puissante que toi dans tes propres États,
C'est moi qui le veux, qui l'ordonne,
Tremble si tu n'obéis pas.

Elle va même jusqu'à le défier : « Sois roi si tu peux l'être ». Quand, un peu plus tard, Créuse se plaint qu'elle ne peut lui obéir, parce que «  d'un père et d'un Roi le Ciel m'a fait dépendre », Médée lui répond simplement : « j'ai parlé, c'est assez ». Mais le mieux reste à venir : sa confrontation avec Jason, dernière scène de l'opéra, fait d'elle un monstre peut-être, mais une femme d'une puissance terrifiante assurément. Jason, prêt à la suivre jusqu'en Enfer, pleure la mort de celle qu'il aime et de ses enfants, et jure de se venger. Mais elle n'ira pas en Enfer, au contraire. Sur un dragon (affirme le livret), elle s'élève dans les cieux.

Médée 05

En fin de compte, Charpentier, c'est magique.

***
Revue de presse :

" On regrette seulement que par effet de mode cette vision Médéenne soit réduite à une simple exposition contemporaine. " (Artistik rezo)

" La scénographie du plasticien allemand fort en vogue Jonathan Meese, qui « prône la dictature de l’art et pourfend le reste » (sic) faite de néons, de fenêtres et de croix métalliques, et de cercueils renversés, le tout mu par solistes et choristes, est à la fois simple, basique et laide. " (Classique aujourd'hui)

" Les chanteurs semblaient un peu perdus sur ce vaste plateau, dans des déplacements à l’allure parfois hasardeuse. " (Le blog baroque)

Pour les points positifs, il faut lire les articles en entier. Je me suis contentée des citations qui expriment peut-être plus "professionnellement" les critiques que j'ai essayé d'émettre.

21 janvier 2011

Fly, daddy, fly

Après le film historique, sérieux et dont on peut annoncer fièrement qu'on l'a regardé, je suis passé à un autre film de la filmographie de Lee Jun-Ki. Là, c'était moins glorieux, mais ça a eu le gros avantage de me mettre de bonne humeur.

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C'est l'histoire d'un homme d'une quarantaine d'années, qui mène une vie sans problème, jusqu'au jour où sa fille se fait agresser par un jeune homme champion de boxe. Les autorités refusant de faire justice – le coupable a une famille qui possède les relations nécessaires – cet homme (dont le nom est Chang Ka Pil, mais je ne sais pas si c'est très utile de le dire, dans la mesure où je suis incapable de retenir les nos coréens...) décide de prouver qu'il est capable de défendre sa famille. Il va donc s'entraîner en vue d'un duel, et pour ce faire, il demande l'aide d'un étudiant, expert ès-combats (il s'appelle Go Seung Suk, et est interprété par l'acteur objet de mes recherches, seul intérêt réel de ce film).

Une histoire de type « self-improvement » (c'est le nom que je leur donne, mais je ne suis pas sûre que le sens de l'expression corresponde tout-à-fait...), qui finit bien (raison pour laquelle j'ai aimé ce film – je suis fleur bleue et midinette, je le reconnais), avec des histoires de relation familiale et « de la baston ». Je n'avais pas grand chose à demander de plus...

Ah, et bonus: j'ai fini par reconnaître l'acteur qui fait le père comme étant le père d'Iljimae dans la série. C'est exactement le genre de coïncidence-relations que j'aime quand je regarde un film (un peu comme quand on regarde une série anglaise, on est sûr de tomber sur au moins un acteur présent dans Harry Potter).

14 septembre 2013

Promenade n°4 : le Nid d'Aigle

Le Tramway du Mont-Blanc. Ce train à crémaillère historique, qui fête ses cent ans cette année, je l'ai découvert dans une émission sur Arte, il me semble. Depuis que je l'ai vu, j'ai eu envie de l'emprunter. Un train qui grimpe près de deux mille mètres de dénivelé, ce n'est pas rien !

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Aussi dimanche 18 août nous sommes-nous rendues à la gare à Saint-Gervais, bien en avance pour être sûres d'avoir une place. Le temps est splendide, il risque d'y avoir foule. Comme le soleil est déjà brûlant, nous faisons l'acquisition de casquettes "collector" afin d'éviter les coups de soleil une fois arrivées là-haut. Là-haut, c'est le Nid d'Aigle, 2380 mètres, point de départ pour l'aiguille du Goûter et le Mont-Blanc, au pied du glacier de Bionassay.

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Le train arrive en cahotant. Deux wagons aux bancs en bois, déjà bien remplis (le point de départ est au Fayet). Complètement surexcitée, je déniche une place assise à côté d'un couple d'Allemands (ou de Suisses, ou d'Autrichiens... bref de germanophones), très bavards. Je dégaine l'appareil photos, et me prépare à mitrailler le paysage à travers la fenêtre.

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Rapidement le train ralentit (si si, je fais les figures de style que je veux), la pente s'accentue. Ma mère, assise dans le mauvais sens, glisse sur son banc. Les sacs se déplacent si on ne les retient pas. Bientôt, nous avons dépassé les arbres et la vallée se découvre en bas. A gauche, la montagne est à la verticale, à droite, c'est un à-pic vertigineux. Le train avance, bringuebalant.

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Le col du Tricot se découvre, et au fond, le glacier, les aiguilles, le Mont-Blanc. C'est grandiose. On se sent si minuscule, si insignifiant. C'est prodigieux, époustoufflant. Les germaniques parlent trop, trop fort. J'ai besoin de recueillement face à cette merveille de la nature.

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Après une heure de route, le TMB arrive à son terminus. Le chemin de randonnée est raide, étroit et bondé. Trente centimètres pour doubler les touristes chinois qui prennent la pose et les inconscientes en sandales et semelles compensées. Nous avançons lentement, moitié marchant, moitié escaladant. Enfin nous déballons notre pic-nique sur un rocher plat. Deux chamois se découpent en haut sur la crète. Les glaces de Bionassay miroitent, bleutées, dans le soleil de midi.

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Lorsque nous atteignons la gare pour le retour, le temps se couvre brusquement. En un quart d'heure, nous avons la tête dans les nuages. Les pull-overs sont sortis des sacs à dos, les lunettes de soleil rangées.

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Avant et après...

Et le trajet du retour commence. Les randonneurs saluent le passage du train, le long des voies. La vallée nous rend le soleil, disparu dans les hauteurs. Le soir, nous assistons à un lever de lune sur le Mont-Blanc.

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30 octobre 2013

Masculin / Masculin

Les affiches - se répondant à la perfection - sont réussies et appâtent les clients en nombre: il suffit de voir la file d'attente devant le musée à midi quand nous arrivons, et la même, dix fois plus longue, quand nous sortons à quinze heure. Le thème promet une variété de styles et de supports qui n'est pas pour me déplaire, des représentations mythologiques à la pelle (Hermès et Pâris en couverture, rien que ça) et en plus, paraît-il, le parcours est thématique et non chronologique, ce qui a l'heur de permettre des comparaisons sympathiques entre œuvres d'époques très différentes.

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Cependant, nombreux furent déçus (il suffit de lire la critique d'Evene, qui ne cache pas son insatisfaction). Pas assez scientifique selon les uns, manque d'un objectif clair (à part montrer des représentations d'hommes nus, cela va sans dire) pour d'autres. Et c'est vrai, quand on prend le temps de lire les explications (ou du moins certains passages du catalogue de l'exposition), on comprend assez rapidement que l'homme nu est sous-représenté dans l'art de nos jours et que ce n'était pas le cas autrefois, bla bla bla. Que les nus féminins choquent beaucoup moins aujourd'hui, bla bla bla. Jamais n'est posée la question de ce que cela peut signifier sur notre société ou autres questions qui viennent à l'esprit quand on compare les représentations féminines et masculines. En outre, les commissaires de l'exposition sont partis du principe que tout le monde avait les représentations féminines en tête. Résultat: nous n'avions aucun point de comparaison, ce qui, pur certaines œuvres eût été on ne peut plus pertinent. Mais je ne m’appesantirai pas sur la question, parce que cette exposition, en fin de compte, je l'ai bien aimée.

etudes

1. Edmond Lebel, Etude de nu masculin de dos (1850)
2. Hermann Heid et Louis Igout, Académies de nus masculins (1875-1880)

En effet, je ne cherche pas forcément à me creuser la cervelle quand je vais voir une exposition. En général, j'attends de voir des œuvres plus ou moins connues, des œuvres que je n'aurai pas forcément la chance d'aller voir dans leur musée, des œuvres de collections particulières qui ne sortent que rarement de chez elles, ou de revoir des œuvres que j'ai aperçues à l'autre bout de l'Europe, un jour. De ce côté-là, j'ai été plus que satisfaite. Je lis rarement les explications, écrites dans une police trop petite pour mes yeux de myope, sur un mur trop sombre pour que le contraste soit bon, avec trop de gens devant pour que je puisse m'en approcher. Sans compter ma paresse sans égale.

comparaison

1. Flandrin Hippolyte, Jeune homme nu assis au bord de la mer, étude (1836)
2. Wilhelm von Gloeden, Cain, Taormine (1913)
3. Robert Mapplethorpe, Ajitto (1981)

De plus, le parcours étant thématique, j'ai trouvé que l'on ne s'ennuyait pas. Je ne dis pas que les choix des thèmes étaient pertinents ou que le choix des œuvres pour chaque thème était parfait, loin de là (avec Evene, je me demande pourquoi n'avoir pas fait un salle dédiée au martyr de Saint Sébastien, pourquoi l'avoir fait apparaître dans plusieurs thématiques, quand on avait matière à ergoter sur cet épisode biblique cher aux peintres de toutes les époques), mais l'alternance de peintures ultra-classiques, de sculptures (peut-être pas assez), de tableaux plus récents et de photographies m'ont gardée en éveil jusqu'à la fin de l'exposition.

orgueil

1. Francois-Léon Bénouville, La Colère d'Achille (1847)
2. Auguste Rodin, Etude de nu de Balzac (vers 1894)

Pour ma part, j'ai trouvé ça suffisant. J'aurais payé mon entrée, peut-être aurais-je grincé des dents, mais comme ce n'était pas le cas, je ne me plains pas. En fait, cette exposition est comme un index thématique, qui donne envie d'explorer bon nombre de pistes, comme un catalogue de références. C'est déjà pas si mal, non ?

Paul Marie Pierre Richer - Athlètes 1895

Paul-Marie-Pierre Richer, Athlètes (1895)

6 avril 2012

Méconnaissable

Il y a des jours où je doute être encore à Paris. Des jours où un soupçon de folie semble s'être emparé de la capitale et où même la pointe de la Tour Eiffel émergeant de la brume à la fin du jour me donne l'impression de vivre dans un un monde parallèle, où même le train qui passe a des airs de film d'animation japonais.

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Quand je croise une femme qui, plutôt que le métro, le tramway ou le vélo préfère, pour se déplacer, le monocyle.

Quand je croise, sur le trottoir porte de Brancion, en face de l'auto-école, à côté de la station de tramway, quatre poneys Shetland.

Quand je croise sous le soleil de mars, sur l'esplanade sabloneuse au milieu du carrefour près de la Porte de Châtillon, un groupe de vieux qui jouent à la pétanque.

Mais le moment que je préfère, celui qui me fait oublier la folie citadine, c'est celui où, en rentrant chez moi, je fais un détour par le parc. Les fontaines, les arbres en fleur. Et quand, arrivée à l'appartement, j'ouvre ma fenêtre et j'entends les cloches d'une église proche qui sonnent à toute volée ; quand elles se taisent, on n'entend plus que le bruissement du vent dans les feuilles. Cette végétation sauvage, cette friche qu'est la Petite Ceinture, me rappelle les week-ends à la campagne, les soirées au jardin.

Et je souris.

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Si si, cette photo a été prise à Paris, au cours de ma promenade boulot-dodo.

9 avril 2011

Parce que ça faisait longtemps...

Que je n'avais pas posté de liste.

- J'ai un exposé à faire sur le hangeul en ingénierie multilingue ^^

- J'ai des tonnes de travail pour la rentrée, mais n'ai aucune envie de m'y mettre

- Je suis en vacances !

- J'ai pris des coups de soleil dans mon jardin aujourd'hui

- Ami, en coréen, ça se dit "chingu"

- J'ai un boulot pour le mois de juillet

- Je pars à Saint-Malo demain !!!

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27 janvier 2011

My girl

Désœuvrée entre deux épreuves, il a fallu que je tente le coup. Il a fallu que j'aille voir ce qu'était My girl, autre drama coréen faisant partie de la filmographie de Lee Kun-Ki. Évidemment, je savais que je n'aurais pas dû. Résultat : deux nuits blanches. Deux nuits passées à enchaîner les épisodes, les uns après les autres, presque sans respirer.

Pourtant, c'est une comédie sentimentale. Pourtant, Lee Jun-Ki est loin d'y avoir le premier rôle. Mais cette histoire de mensonges, de secrets familiaux et de carré amoureux m'a accrochée malgré tout. Je crois bien que je suis en train de devenir irrécupérable.

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Yu-Rin, guide touristique qui vit avec son père, pourrait mener une vie paisible si ce dernier n'accumulait pas d'énormes dettes de jeux, que Yu-Rin passe son temps à essayer de rembourser.
Un jour Yu-Rin fait la rencontre de Gong-Chan, un héritier d'un des plus luxueux hôtel de Corée. Ce dernier souhaite louer les services de Yu-Rin afin qu'elle joue le rôle de sa cousine perdue, cousine que son grand-père mourant lui a demandé de retrouver. Celle-ci accepte, mais tout ne saurait être aussi simple. Les sentiments de Gong-Chan envers Yu-Rin évoluent et risquent de tout compromettre. Sans oublier le retour de l'ex-petite amie de Gong-Chan et l'arrivée du meilleur ami de Gong-Chan sur le devant de la scène, qui ajouterait volontiers Yoo-Rin à son tableau de chasse...
(Ce résumé est l'adaptation d'un autre, trouvé en ligne, parce que je suis paresseuse.)

Dit comme ça, ça a l'air simpliste, mais le scénario est en fait plus complexe qu'on s'y attend au début (j'ai l'impression que c'est une constante dans ces dramas... à moins que ce ne soit parce que je suis chanceuse et n'ai vu que de bonnes séries pour l'instant). On s'attache vite aux personnages, dont le caractère n'est pas trop caricatural, lui non plus (enfin, dans la mesure du raisonnable) : que ce soit le playboy qui tombe amoureux – mais qui a un rôle assez noble en fin de compte – où la menteuse prise à son propre piège et qui ne peut plus mentir, ou ne veut plus, on  a du mal à se séparer de tout ce petit monde.

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Oui, les couleurs font mal aux yeux... Mais j'ai vu pire (il y a des clips musicaux traumatisants sur Youtube)!

Et puis les situations comme celles que beaucoup d'internautes appellent les « ascenseurs coréens » (deux personnes se cherchent, l'une monte dans l'ascenseur juste au moment où l'autre sort de celui d'à côté, ils passent l'un à côté de l'autre et se ratent sans le savoir, le comble de la situation crispante) aident à maintenir l'attente. Parfois un peu long, souvent très niais, mais peu importe. J'ai pleuré comme une madeleine et ça finit bien.

Je pense que ce genre de guimauve m'aide à tenir en ce moment...

11 avril 2010

Plaisir poétique de la liste?

  1. Visite des égouts de Paris, prévue avec les 6ème. Vieux fantasme que celui de visiter le Paris souterrain, celui que l'on oublie, les artères-mêmes de la ville.
  2. Rendez-vous à ne pas manquer, dans je ne sais plus quel établissement privé de Neuilly; j'ai déjà loupé le rendez-vous précédent, faudrait pas qu'on croie que je le fais exprès.
  3. Visite du musée du Quai Branly, prévue avec les 6ème. Parce que sinon, je n'irai jamais.
  4. Une liste d'exercices de logique modale à finir pour vendredi. C'est amusant, la sémantique des mondes possibles. Ça a un côté science-fiction pas du tout sérieux qui me plaît bien.  129903ad25d869abdae7434a7a0d0fe4
  5. Samedi prochain, La fausse suivante aux Bouffes du Nord. Mais Carole Bouquet n'y sera pas.
  6. Samedi dernier (hier), Les fausses confidences à Saint-Quentin. Avec Arditi. Quand même.
  7. Aujourd'hui, Mimy sur scène. Il était temps que j'aille apprécier de mes propres yeux ses talents de danseuse! (Et motiver mon frère à s'incruster dans la troupe ^^)
  8. Bientôt, les vacances. Départ pour Dinard. Souvenirs d'enfance: plage, bottes en caoutchouc, gaufres, bibliothèque, Hitchcock, mouettes, promenades, sable, coquillages, rochers, canaux creusés à la main, et le vent salé.
  9. Des exposés à corriger, des interros, des contrôles à préparer, des cours à mettre en place. Des fiches à rédiger. Des neurones à reconnecter. Des genoux à reposer.
  10. Envies de visites. Expo Playmobils au musée des Arts déco. Expo Crime et châtiment au musée d'Orsay. Musée de la mode et du costume. Et j'en passe...
  11. Besoin de dormir. Définitif. Impératif. Maladif.

dinard

14 octobre 2013

Club BD, cru 2013 - 4. Dengeki Daisy

Titre: Dengeki Daisy, t.1
Auteur: Hyousuke Motomi
Editeur: Kazé (2010)

Dengeki Daisy - 1

Ce titre m'a été prêté par une amie. Ayant personnellement beaucoup de mal avec les shôjo (manga pour filles), je n'en lis pour ainsi dire aucun. Seule exception notable il y a fort longtemps pour l'étrange Infirmerie après les cours. Aussi, quand cette amie m'a présenté Dengeki Daisy, j'ai mis un certain temps à commencer les volumes qui attendaient sur ma table de nuit.

Finalement, j'ai été agréablement surprise. Le dessin n'est pas fou, et l'histoire n'échappe pas à quelques clichés. Mais dans l'ensemble, c'est drôle et léger. Enfin, au début, du moins. L'héroïne, Teru, est seule au monde depuis la mort de son grand frère. La seule personne qui veille sur elle est un dénommé Daisy, avec qui elle ne communique que par mails.

C'est vrai, c'est bizarre comme synopsis. Mais on fait avec ce qu'on a. Là où le manga est bien, c'est que l'héroïne, qui aurait pu être complètement ramollie du cerveau - à l'instar de Tohru dans Fruits basket, - a un caractère bien trempé. Elle une boulette finie, mais ne se laisse pas marcher sur les pieds pour autant.

Autour d'elle et de la mort de son frère plane un mystère. Des histoires de virus informatique, de piratage, de sécurité nationale. Comme toute héroïne de shôjo, elle a un certain nombre de squelettes dans le placard familial. A certains moments, le suspens efface presque complètement l'histoire d'amour sous-jacente, et c'est des plus agréables. Quelques bouffés d'air frais pour qui n'aime pas franchement les romances trop sucrés des mangas "pour filles". Et l'humour est omniprésent, même lorsque l'histoire devient trop lourde, ce qui allège sensiblement l'ambiance.

Un manga à essayer, fille ou garçon (il ne faut pas se laisser faire par la classification genrée des éditeurs).

2 août 2013

Lectures d'été - 9. Le Meilleur des monde possibles

Titre: Le Meilleur des mondes possibles et autres nouvelles
Auteur: Ray Bradbury
Editeur: Gallimard, collection Folio 2€

Le Meilleur des mondes possibles

Suite à mon émerveillement et au plaisir éprouvé lors de la lecture de Celui qui attend, j'ai continué mon exploration des nouvelles de Ray Bradbury.

Toujours aussi belle, sa prose se fait envoûtante pour raconter les histoires d'amour. Dans ce recueil, cinq histoires, dont une seule ne m'a pas vraiment marquée, celle du Petit Tambour de Shiloh. Les autres sont superbes et surprenantes.

La plus "hors normes" est, selon moi, celle de La Femme illustrée. Il me semble qu'un des recueils de nouvelles de Bradbury a pour titre L'Homme illustré : cela a-t-il un rapport? Je ne sais, et peu importe. Cette histoire n'a pas été sans me rappeler certains cours de philosophie, tout comme la dernière nouvelle qui a donné son titre au recueil. Perception, sujet, désir, bonheur, morale, nombreux sont les thèmes mis en question dans ces nouvelles, qui ne sont pas seulement belles mais poussent aussi à réfléchir.

Je crois en fin de compte que l'histoire que j'ai préférée est celle de ces deux hommes, explorateurs, qui découvrent un mirage dans un désert et décident d'en faire leur gagne-pain. Les gens, émerveillés, y voient tous une ville différente: Paris, Rome, New York, Londres, et même Xanadu, sortie des vers de Coleridge. Lorsque l'homme qui leur a toujours coupé l'herbe sous le pied arrive avec l'acte de propriété du terrain d'où l'on peut admirer ce Rare miracle d'ingéniosité (titre de la nouvelle), il ne voit rien. Ce n'est pas un "pur" comme le disent les deux comparses. Foi, imagination, poésie. On ne sait pas vraiment à quoi est lié ce mirage miraculeux, mais ce sont des yeux d'enfants qui font revenir la cité effacée par les incrédules.

17 juillet 2013

Lectures d'été - 7. Celui qui attend

Pour changer un peu des romans jeunesse, je fais une excursion dans l'univers poétique et tour à tour merveilleux et angoissant de Ray Bradbury.

Titre: Celui qui attend et autres nouvelles
Auteur: Ray Bradbury
Editeur: Librio (1995)

Celui qui attend et autres nouvelles

Ce livre recueille des nouvelles de Ray Bradbury dans ses oeuvres les plus variées: Les Machines à bonheur, L'Homme illustré, A l'ouest d'octobre, Chroniques martiennes ou encore Je chante le corps électrique et quelques autres. Se suivent des histoires merveilleusement poétiques, des contes macabres, des récits de science-fiction, des histoires angoissantes qui frisent le fantastique.

Je n'ai pas tout aimé, mais tout m'a marquée. J'ai une nette préférence pour le lyrisme de Ray Bradbury, qui m'avait tant charmée quand j'avais lu Fahrenheit 451: les récits fantastiques ont trop tendance à me donner la chair de poule pour que je les apprécie entièrement, mais je dois reconnaître qu'ils ne m'ont pas laissée de marbre. Le cauchemars que j'ai fait la nuit suivant leur lecture en est certainement une preuve.

Ce qui est très appréciable dans ce recueil, c'est qu'il ne laisse aucun genre de côté, il ne classe pas, il ne trie pas. On aborde chaque nouvelle histoire avec un oeil neuf, sans a priori et sans même savoir le ton qui sera le sien. J'ai très envie désormais de lire les Chroniques martiennes.

15 octobre 2011

Attention, navet

"Cinéma : lieu dangereux en raison des risques de projection de navets." (Marc Escayrol)

Alors. Il y a quelque temps, je me suis arrêtée devant les affiches des Trois Mousquetaires, qui promettaient un film juste comme il faut : à côté de la plaque, avec costumes anachroniques, têtes de méchants au regard sombre et crétin, coiffures complètement ridicules (le brushing d'Orlando Bloom) et un côté décalé qui me faisait marrer toute seule dans les couloirs du métro.

Du coup, hier soir, avec Cécile, on s'est lancé. Résultat épique.

vu le 14/10/2011 ; 2D ; VOST

The Three Musketeers

J’en suis restée comme deux ronds de flan. Même une fois revenue au grand air et dans la foule nocturne d’un vendredi soir par beau temps, terrasses débordantes et trottoirs débordés, je n’en revenais toujours pas. Difficile de savoir que penser d’un tel OVNI. Parce que, oui, ce film est un OVNI. On ne peut pas dire qu’il s’agit ici de cape et d’épée, ce n’est pas non plus de la science-fiction, ni de la romance, ni du délire complet (quoique), ni historique (surtout pas historique), ni de l’espionnage. C’est bizarre.

Du côté de l’intrigue, c’est pauvre. Ou plutôt, l’intrigue originale du roman, somme toute assez simple et linéaire mais diablement efficace, a été étoffée de tas de détails aussi grotesques qu’inutiles. Les aéronefs, non contents d’être totalement anachroniques et hors contexte, n’ajoutent strictement rien à l’histoire. Là où nous aurions pu avoir de folles chevauchées à travers le pays, nous avons un pseudo-voyage en ballon sans intérêt. Et surtout, là où le roman de Dumas parvient à nous tenir en haleine tout au long de ses quelques centaines de pages – mais qui est cette mystérieuse femme qui a rendu Athos complètement apathique ? – le film nous donne la réponse, édulcorée, dès l’introduction. Question tension, c’est donc raté.

Les personnages sont ce qu’ils sont, même si Louis XIII n’est pas vraiment réussi dans son rôle de bouffon. Les mousquetaires sont assez caricaturaux, mais après tout, les originaux ne sont pas beaucoup plus nuancés. Constance est niaise et son histoire avec d’Artagnan l’est tout autant : de ce point-de-vue-là, au moins, les scénaristes sont restés dans le ton. Richelieu est assez réussi, ainsi que la Reine – quoique l’actrice ait une voix assez étrange. Par contre, ils ont complètement détourné le personnage de Buckingham, ce qui est fort dommage. Quant à Milady, personnage réellement tordu et intriguant, elle est dépeinte comme la traitresse de base, à tel point qu’elle en devient prévisible. Adieu le côté obscure et honteux du personnage !

Malgré tout, on peut noter quelques touches positives : les scènes de combat (à l’épée, pas celles avec canons et mitrailleuses) ont un bon rythme, et les costumes sont ma foi réussis. Complètement revus et corrigés, mais beaux. (Et puis j’aime le côté « mettons des pendants d’oreille à tous les acteurs ».) Cependant, les duels manquent de la légèreté des vrais films de cape et d’épée : ici on a plus affaire à des combats façon film d’action, mettant en scène des bourrins et de l’artillerie lourde. Ah, et aussi : le passage Louvre-Versailles sans arrêt est raté. Bien sûr, quand on ne fait pas la différence parce qu’on habite de l’autre côté de l’océan, ça ne doit pas gêner plus que ça. Mais pour quiconque a vécu en région parisienne et parcouru la galerie des Glaces plusieurs dizaines de fois, l’incohérence dérange. Cela dit, on n’est plus à ça près.

Pour conclure ? J’ai été surprise. Je m’attendais à un navet, mais pas de ce type-là. Film à voir si l’on a envie de se vider l’esprit et de ricaner pendant une heure et demi, sinon, ce n’est pas la peine.

21 août 2012

Points noirs & sac à dos

Points noirs et sac à dos

Titre Points noirs & sac à dos (oneshot)

Auteur : Leslie Plée

Editeur : Fluide Glacial (2012)

Ce qui m'a intriguée quand j'ai vu cette bande dessinée en rayon, c'est tout d'abord le titre. Ces paires pas toujours assorties, coordinations quasi-zeugmatiques, m'ont toujours fait sourire. Aussi cet amusant « points noirs et sac à dos » m'a-t-il suffisamment séduite pour que je lise la quatrième de couverture.

À l'image de la banlieue qui cumule les inconvénients de la ville et de la campagne, l'adolescent présente à la fois les défauts des adultes et ceux des enfants. Ils sont matérialistes et blasés comme des adultes et ils sont cruels, bêtes, égoïstes, physiquement disproportionnés comme des enfants (j'adore les enfants).
J'ai 13 ans, je ne le sais pas encore, mais je ressemble tellement à ma banlieue.

Cette comparaison singulière et ce portrait peu flatteur de l'âge ingrat ont fini de me conquérir, et je suis repartie, l'album sous le bras.

Portrait au vitriol de l'adolescence, tout comme le laissait présager l'extérieur du livre, Points noirs & sac à dos a cependant le malheur d'être par trop vulgaire. Certes, ce sont des adolescents de banlieue qui parlent, et rien n'est plus véridique que ce parler moucheté d'injures et d'insultes. Mais je ne trouve pas que ce soit une bonne raison.

Malgré cela, l'histoire de cette bande de copines – la narratrice est en 4ème et raconte son année scolaire – a quelque chose de tellement vrai que j'ai eu plus d'une fois l'impression d'avoir vécu la même chose. Et ce ne sont pas de bons souvenirs. Sans doute cette histoire est-elle conçue comme humoristique, je ne sais, mais je n'ai pas réussi à rire. Au contraire, plus d'une fois je me suis sentie mal à l'aise, probablement à cause de cette résonance au fond de ma mémoire. Le collège représente pour moi les pires années de ma scolarité, alors l'écho est plutôt grinçant.

Je ne sais pas s'il s'agit d'un livre pour adolescents. Je n'en ai pas eu l'impression. Pour moi il s'agit plutôt d'un livre sur l'adolescence, à destination d'adultes qui l'ont déjà vécue. Mais peut-être me trompé-je. Quoiqu'il en soit, mon sentiment à l'égard de ce livre est mitigé : je ne sais pas vraiment qu'en penser. C'est intelligent, c'est pertinent, mais trop douloureusement véridique pour me plaire.

20 août 2012

Teen Spirit

Teen spirit - 1

 

Titre : Teen spirit, tome 1

Auteur : Kim Ji-Eun

Editeur : Claire de Lune (2012)

Manga coréen, aussi appelé manwha, sur le thème de la musique et de la production musicale. J'ai choisi ce volume avec l'espoir de pouvoir montrer à mes élèves du club BD ce qu'est un manwha « normal », parce que les rares séries dont je dispose sont un peu trop complexes pour des collégiens et d'un abord difficile.

Avec cette série, c'est sûr, l'intrigue est beaucoup plus abordable ! Mais à quel prix : tout est cousu de fil blanc, et sans originalité aucune. Bon, peut-être n'est-ce que l'entrée en matière qui laisse à désirer, mais c'est déjà trop. Et sans doute le thème m'est-il suffisamment indifférent pour que même cela ne m'ait pas tenue en haleine. Pourtant, il pourrait y avoir du mystère.

Je pense que j'attendais un regard plus critique sur le système, et un peu plus d'intrigue. On verra ce qu'en disent les élèves.

19 août 2012

Ma vie posthume

Ma vie posthume - 1, Ne m'enterrez pas trop vite

Titre Ma vie posthume, tome 1 "Ne m'enterrez pas trop vite" (twoshots)

Scénario : Hubert
Dessin et couleurs : Zanzim

Editeur : Glénat (2012)

Le titre m'intriguait depuis sa sortie, en avril dernier. J'ai feuilleté l'album plus d'une fois lors de mes passages en librairie, et lu plusieurs passages. Je ne sais pourquoi, je ne l'avais pas encore lu. Finalement, comme c'est l'été et que j'ai du travail par-dessus la tête, j'ai décidé de l'emporter avec moi.

Grand bien m'en a pris. Cynisme et humour noir, un rien grinçant : c'est l'histoire d'une vieille dame, qui se rend compte un jour qu'elle n'est plus comme avant. Et pour cause, elle est morte ! Elle se rend même compte qu'on l'a assassinée.

Ma vie posthume

Ce que l'on prend au départ pour un conte macabre se pare rapidement d'une intrigue inquiétante. Des assassinats, de la prospection immobilière... Tout s'ombre assez rapidement d'une aura de mystère. Mais l'humour reste là : l'aide ménagère continue de venir (« Vous avez mauvaise mine »), et la vieille dame continue comme si de rien n'était, tout en chassant les mouches qui l'assaillent.

Les bribes de souvenirs se mêlent au récit présent avec dynamisme, et la plaisanterie qui pourrait tourner court nous invite finalement à découvrir le fin mot de l'histoire dans un second tome, que je lirai avec plaisir !

23 mars 2012

Barbotage romano-japonais

Je viens de découvrir Thermae Romae, et cette histoire est purement délirante. Lucius est architecte à Rome : il conçoit des thermes. Et régulièrement, sans trop savoir pourquoi, il se retrouve transporté dans une civilisation dont il ignore tout, mais qui semble partager l'amour du bain qu'ont les Romains.

Thermae_Romae___1

Cette civilisation est celle du Japon au XXIe siècle. Et là où ce manga est bien tramé, c'est que le passage se fait "à nu", d'un bain à l'autre : ainsi, les marques du changement sont minimes : pas de vêtements compromettants, pas de marques traumatisantes de l'ère de l'automobile. Non, une simple visite aux bains - publics ou non - dans le plus simple appareil. Et Lucius puise dans cette étrange société, qu'il admire et qu'il déteste tout à la fois (après tout, c'est un Romain, membre de l'Empire le plus puissant de son époque), une inspiration qui confine au génie.

Les parallèles sont tout-à-fait saisissants, et l'on apprend tout plein de choses intéressantes. En plus c'est drôle. Dommage que je n'aie plus de classes de latin, je m'en serais volontiers servie !

26 février 2011

You're beautiful

Si on ne m'avait pas dit – si je n'avais pas lu – qu'il s'agissait d'une parodie, j'aurais eu peur. Et même si j'étais au courant, l'affiche m'a un peu inquiétée. Je crois que de tout ce que j'ai vu jusque là, c'était le plus gratiné.

Beautiful

De quoi s'agit-il? La trame est simple : une jeune fille qui s'apprête à prononcer ses vœux définitifs dans le couvent où elle a été élevée se voit demander de prendre la place de son frère jumeau, chanteur de pop qui est sur le point de signer un contrat pour intégrer le groupe le plus populaire du pays. C'est ainsi que Go Mi-Nyu intègre le boys band A.N.Jell sous l'identité de son frère Go Mi-Nam. S'ensuivent évidemment complications, secrets et intrigues amoureuses en tout genre.

Chacun des personnages est une caricature ambulante : du leader qui ne pense qu'à son image au mec super intelligent et gentil en passant par la garce jalouse et manipulatrice. Certaines situations sont réellement drôles, et d'autres ne le sont que parce que j'ai eu le(a) malheur/courage/bêtise (chisissez l'option que vous préférez) de regarder des fanvids sur les Super Juniors, à l'époque lointaine où je perdais beaucoup de temps sur Yout*be.

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À côté de cette peinture parodique du monde du show-biz (et sans doute – j'espère – de la comédie romantique, tant on cumule les clichés), on retrouve le thème du mensonge qui prend les acteurs à leur propre jeu, l'handicapé du sentiment (ou enfoiré affectif, tout dépend du point de vue), le grand cœur amoureux et chevalier servant qui voit l'objet de son amour fuir pour un autre, les mystères de la parenté perdue et qu'on doit/cherche à retrouver.

Cette fois-ci, pas de Lee Jun-Ki (désolée Bambou, j'ai achevé sa filmographie avec Hero), mais une actrice vraiment chou, et deux ou trois acteurs sur lesquels on ne va pas trop cracher non plus. Cela dit, celui qui est élu par la protagoniste n'a pas eu l'heur de me plaire, et je suis un peu restée sur ma faim.

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Par Shin-Hye as Go Mi-Nam, l'actrice "vraiment chou"

La guimauve n'était donc pas de première qualité, mais assez efficace pour me faire oublier mes soucis le temps d'un visionnage.

29 octobre 2010

Pour une bouffée d'air marin...

... j'étais prête à faire huit heures de train dans la journée, prête à affronter les grèves et les travaux, prête à prendre l'autocar entre Rennes et Vannes. Mais il faut reconnaître que le jeu en valait la chandelle!

À Rennes, alors qu'un foule impressionnante attend le car pour se rendre qui à Vannes, qui à Lorient, le ciel est gris, l'air froid et humide, se transformant de temps à autre en cette espèce de crachin très anglais. Malgré tout, j'ai bon espoir: Vannes est au bord de la mer.

Photo0508Lorsque l'autocar arrive, le ciel présente des morceaux de bleu, le soleil inonde le parvis de la gare, l'air est doux et sent bon les vacances. Je ne suis là que pour la journée, mais je compte bien en profiter le plus possible. Mes grands-parents sont là, qui m'attendent sur le quai.

L'après-midi, nous allons voir le Golfe. Les eaux grises baignées de soleil, l'air qui sent bon l'iode et le large, les pins tordus qui donnent cette allure unique aux côtes. Respirer à pleins poumons, fermer les yeux sous les caresses du soleil, profiter de cette unique journée de vacances, avant de retourner sur Paris. Ne penser à rien, oublier les questions des grands-parents sur mon père, ne pas écouter leurs allusions et ne pas faire attention à leur discours sur la religion. Juste apprécier l'instant.

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La mer. Le soleil. Ces nuances de gris uniques. Ce paysage accidenté qui donne envie de rester là, à le contempler pour le reste de sa vie.

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Le soleil. La mer.

10 décembre 2006

Blue dream

yper_aladdin07 Ce rêve bleuuuuuu
Je n'y crois pas c'est merveilleuuuux!
C'est ma Dame-Oiselle en plein délire, un jour gris à la place Saint Michel. Puis je me mets de la partie:
Ne ferme pas les yeux!
Alors nous avons l'idée saugrenue de passer à la traduction:
This dream [prononcez drime] in blue
I can't believe, it's marvellous
[prononcez marvelousse]!
Don't close your eyes...
Puis je clamai:
Dies Traum in blau [excusez l'approximation de ma traduction]
Et ma tendre moitié, en espagnol... Vous n'aurez pas cette traduction, étant donné que je suis dans l'impossibilité de vous dire le moindre mot en espagnol. Mille excuses.
M'enfin, traînant sur Radioblog, comme souvent ces derniers temps, j'ai découvert...

26 août 2006

Tourisme

Voici maintenant onze jours que nous sommes ''installés''. Nous avons eu le temps de nous mettre au tourisme, ce qui m'a donné l'occasion de revisiter des sites particulièrement beaux. Puis mon amie, ma chère et tendre Cécile est arrivée. Nous lui avons montré La Devinière, maison où naquit Rabelais, le château du Rivau et ses magnifiques jardins, l'abbaye de Fontevraud, dirigée par une abbesse à laquelle les hommes se soumettaient pour atteindre le Paradis, le château de Langeais, magnifique tout simplement.

Le Riveau 1

Le château du Rivau et son jardin aux philtres d'amour... tout un programme!

Le Riveau 2

Un potager fleuri devant un château superbe... tel est le Rivau.

La Devinière

Cour de la Devinière, maison natale du parfait humaniste Rabelais (prêtre, médecin et avocat de son état !)

Langeais

Langeais, château où Anne de Bretagne épousa secrètement Charles VIII.

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