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Vous en parlerez à votre cheval...
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14 octobre 2011

Bain de bulles [9]

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Titre : L'Homme sans rêve (oneshot)

Scénario : Joseph Safieddine
Dessin et couleurs : Olivier Bonhomme

Editeur : Manolosanctis (2011)

Statut pour le club BD : refusé
[causes : trop étrange, dérangeant + scène de sexe pas pour les petiots]

La quatrième de couverture dit : "Que deviennent les rêves d'enfant ? Les oublie-t-on à jamais ? C'est le cas de Stan, présentateur vedette d'une émission à sensation, qui présente toutes les apparences de la réussite. Alors qu'il cherche un nouvel invité pour sauver sa carrière, il rencontre un mystérieux pêcheur dans le port de la ville..."

Le graphisme tremblottant et livide, régulièrement éclaboussé de touches trop vives et éblouissantes de couleurs, nous mène, nous perd, dans une histoire étrange et déstabilisante. Cet homme, on ne parvient pas à le cerner. La fin nous laisse dans le doute et nous plonge, perplexes, dans un questionnement qui ne peut s'apaiser. On suit cet homme qui a perdu toute notion de valeur, qui en souffre et s'y complaît tout à la fois. La perte des souvenirs. Un hommes sans souvenir. On reste inconfortable, on se dandine d'un pied sur l'autre. On n'entre pas dans l'histoire, parce que ce n'est pas fait pour. Mais le graphisme nous ensorcèle, tenant à la fois de Joann Sfar et de Nicolas de Crécy. Vraiment bizarre... mais beau.

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13 octobre 2011

Bain de bulles [8]

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Titre : Le Montespan (oneshot)

Scénario : d'après le roman de Jean Teulé, adaptation de Philippe Bertrand
Dessin et couleurs : Philippe Bertrand

Editeur : Delcourt, collection "Mirages" (2010)

Statut pour le club BD : refusé
[cause : sexe et violence]

Depuis qu'elle est sortie, cette histoire m'intrigue. Je ne connaissais pas le roman, et ne suis pas sûre de le lire un jour. Mais cette histoire est douloureuse. Elle est belle, et donne envie de crier à l'injustice. Cet homme qui a attendu jusqu'au bout le retour de sa femme bien-aimée, qui a refusé tout du long les compromis et l'humiliation. Je n'ai pas grand chose à dire de plus. Cette histoire serre la gorge ; les larmes n'étaient pas très loin. Une bande-dessinée me fait rarement cet effet-là.

21 janvier 2011

Le roi et le clown

Après Iljimae, comme les partiels approchaient et que j'avais des tonnes de travail à faire, j'ai passé des heures à fureter sur internet, en quête d'informations sur l'acteur principal de la série (il y a toujours un fil conducteur, lorsque j'élargis ma culture). Et à force de lire la filmographie et les listes de prix qu'il avait obtenus, j'ai fini par trouver un film qui est paru en France.

Oui oui, un film sorti en Corée en 2005, paru en France trois ans après. Un film qui a été primé, et tout. Pas n'importe quoi, donc. Si la critique de Télérama n'était pas des meilleures, ça reste celle de Télérama; dans les autres journaux (Le Monde, par exemple), elles étaient élogieuses sur tous les plans. Alors j'ai cherché – et trouvé – le film en ligne.

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L'histoire de deux saltimbanques qui vont tenter leur chance à Séoul. La troupe qu'ils forment se fait arrêter pour s'être moqué du roi. Ils auront la vie sauve, si le roi rit de leur spectacle. Tout se passe pour le mieux, sauf qu'il y a une chose qu'ils n'avaient pas prévue: que le roi s'éprenne du plus jeune saltimbanque.

Dans le nœud des codes de la cour, les saltimbanques sont à la fois les plus libres et les plus dépendants de la volonté des autres. Les plus petits et les plus haut placés, sur leur fil de funambule. Tirée d'une chronique de cour, cette histoire a quelque chose de surréaliste et d'universel. Une atmosphère de chuchotements et de complots, l'ombre de la folie plane, la colère et la cruauté se dissimulent à peine.

Costumes superbes, acteurs excellents.

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Je n'ai pas regretté mes heures passées sur la toile plutôt que dans mes révisions.

6 janvier 2007

Quand le nouveau donne accès à l'ancien.

Hier, après déjeuner, je suis partie avec ma sœur chez ma grand-mère. Pour la première fois, j'ai pris le volant, seule, sans personne à côté pour m'aider en cas de besoin, seulement ma sœur qui connaissait le chemin aussi bien que moi. (Quand je pense que la Mother est partie à Perpette en embarquant les papiers de la voiture! Pour compenser, elle a réussi à nous les scanner de là où elle était et j'ai pu les imprimer avant de partir. Faut quand être un peu (beaucoup) boulet pour partir en train et prendre avec soi les papiers de la voiture que l'on sait que sa fille va conduire!) Nous avons fait tout le trajet grâce à notre mémoire visuelle. On tourne là? - J'en sais rien. Vas-y, on verra bien. Finalement, nous sommes arrivées saines et sauves une heure après.

002Petite séance cinéma avec Mamie: Happy feet fut le film élu. Quelques sourires, quelques larmes, beaucoup de morale; un film très américain somme toute. Puis arpentage des larges allées du centre commercial immense. Nous finissons par rentrer tranquillement. Après dîner, je m'endors gentiment sur mon thème latin, dans le canapé du salon. Je monte alors pour me coucher, mais ne peux m'empêcher d'aller fouiner dans la bibliothèque. Et là, je vois l'œuvre de François Mauriac dans son intégralité, ainsi que tout Zola et Balzac... Beaudelaire et Verleine n'y sont plus parce qu'ils trônent en ce moment dans ma propre bibliothèque. Après ces visions de rêve (une telle quantité de livres m'a toujours rappelé La Belle et la Bête de Disney) et de cauchemar en même temps (mon Dieu, dire que je dois encore lire La Chartreuse de Parme et Les Misérables avant lundi!!!), je me suis endormie sereinement.

Ce matin,  départ pour Bonny. Premier arrêt: achat de pommes. Deuxième arrêt: le cimetière; nettoyage de la tombe de Papy et ma grand-mère nous montre celles de ses parents, grands-parents, oncles, tantes, cousins etc. La famille semble avoir envahi le cimetière! Troisième arrêt: une amie de ma grand-mère. Quatrième arrêt: sa demi-sœur. Cinquième et dernier arrêt: chez notre grand-oncle (frère de ma grand-mère) et sa femme pour le déjeuner. Discussions autour d'étymologies étranges, de maladies graves (en fait, de la santé d'amis à eux), de la vieillesse, du permis de conduire et de leur propre apprentissage de la conduite, de leurs souvenirs... ma sœur et moi parlons peu, mais j'ouvre tout grand mes oreilles. J'apprends que Mamie et son frère possèdent des îles sur la Loire (!) et ne parviennent pas à les vendre, ainsi que quelques expressions berrichonnes comme « vas cri l'sio d'eau pour les vio et n'oublie pas de fermer l'bario » (ne pas oublier de rouler les r – traduction « vas chercher le seau d'eau pour les veaux et n''oublie pas de fermer la clôture ») ou la "chieuv" pour la chèvre.

Retour au bercail plutôt difficile: il faisait nuit, il pleuvait, j'avais mal au crâne et pour arranger le tout, il y avait un monde fou sur la route! Un accident m'a permis de passer devant un panneau '110 rappel' à 20km/h... Finalement, après quelques hésitations sur la route à prendre et quelques frayeurs dues à la très mauvaise visibilité, nous sommes rentrées entières à la maison où nous ''attendaient'' un père jouant au poker sur l'ordinateur et un frère vautré dans le canapé devant sa X-box toute neuve... Pas de nouvelles de la mère, partie vendredi à l'autre bout de la France sans autres explications que « Je vais prendre l'air ». Ô joie!

30 novembre 2013

Dora

Titre: Dora et Dora, l'année suivante à Bobigny
Auteur: Ignacio Minaverry
Editeur: L'Agrume (2012 et 2013)

La cueillette de cette année au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil s'est révélée fructueuse (au grand dam de ma banquière). Je commencerai donc par la lecture d'une bande dessinée (ou roman graphique, comme vous voulez, je ne suis pas sectaire) qui m'avait déjà intriguée il y a quelques mois chez Gibert. Cet ouvrage, en deux volumes, s'intitule Dora (non, pas l'exploratrice), le second volume portant le sous-titre "L'Année suivante à Bobigny".

Dora

Il s'agit d'un drôle de mélange: tout à la fois quête initiatique et documentaire historique, avec des accents de roman d'espionnage, s'ajoute à la suite des questions sur l'amour, la sexualité, la politique. On pourrait penser que ça fait beaucoup pour un seul livre. Mais au contraire, tous ces aspects se croisent et s'enrichissent les uns les autres.

Le trait est simple, noir et blanc au contraste bien marqué, qui n'est pas sans rappeler celui de Marjane Satrapi ou Kiriko Nananan. De temps en temps, une touche de couleur vient faire violence à l'harmonie de la page.

Quant à la narration, elle évolue. Le point de vue interne de la protagoniste entrecoupé de textes d'archive dans le premier volume se fait chorale dans la suite. Trois narratrices prennent tour à tour la parole, racontant une histoire à trois voix. Trois histoires qui s'entrecoupent et se rejoignent dans les quartiers de la cité HLM. La quête du passé et la chasse aux nazis perdent un peu de terrain, l'actualité de la guerre d'Algérie prend corps dans la banlieue communiste, où les jeunes des bidonvilles luttent et grandissent.

On suit l'histoire non seulement parce qu'elle est riche et intéressante, mais aussi parce qu'elle est bien racontée et qu'on s'attache à ses personnages.

Petit bonus: on ne lit pas tous les jours de la bande dessinée argentine !

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18 août 2013

Promenade n°1 : le Bettex

Nous prenons l'ancienne route du Bettex, les virages en épingles à cheveu, l'étroitesse obligeant à se garer en cas de croisement, la côte est raide, même pour une voiture. Peu à peu les chalets s'espacent. Certains sont anciens, j'en reconnais même quelques uns. D'autres sont en construction. Il n'y a pas grand monde en cette saison, mais l'hiver, ça grouille. Le Bettex, mes premières leçons de ski. J'aperçois les remontées mécaniques, immobiles sous le soleil auguste.

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Nous empruntons le chemin des VTT, à la recherche d'un peu d'ombre pour pic-niquer. Vue sur le Mont-Blanc, dans les herbes hautes, c'est parfait. Le sandwich noix de jambon-tome de Savoie n'en est que plus savoureux. Les promeneurs / randonneurs qui nous croisent nous saluent et nous souhaitent bon appétit. Personne ne juge, personne ne commente. Les promeneurs ne sont là que pour l'air pur qui est à tout le monde et le paysage. Ils savent apprécier le silence des hauteurs et le conserver.

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La promenade sinue à travers champs, puis dans les bois. Partout de l'eau, minuscules rus, petits torrents descendus directement des glaciers. Quelques acrobaties nous amènent au bord du courant. Pieds nus dans l'eau transparente et glacée.

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Le soir, du balcon de l'appartement, nous assistons au feu d'artifice tiré du centre-ville, plus bas dans la vallée.

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8 juillet 2013

Lectures d'été - 5. Et si c'était niais ?

Titre: Et si c'était niais ? Pastiches contemporains
Auteur: Pascal Fioretti
Editeur: Magnard, collection Classiques & Contemporains

L'idée de pastiches m'amusait follement, et je dois dire que le titre, faisant écho à un roman bien-connu mais que je n'ai jamais lu, m'avait interpelée dès l'entrée du volume dans les rayonnages du CDI. Aussi, j'ai profité des beaux jours pour me mettre à la lecture de cette oeuvre abrégée (oui, c'est un livre pour le collège/lycée, un specimen offert au CDI par l'éditeur, avec tout un dossier pédagogique sur le pastiche: je n'aurais pas acquis le roman sans en connaître l'existence).

Et si c'était niais, pastiches contemporains

Les auteurs pastichés, nous les connaissons tous, au moins de nom. Denis-Henri Lévy, Jean d'Ormissemon, Fred Wargas, Marc Lévis®, Amélie Notlong, Anna Galvauda... Tous sont des auteurs "à best-sellers", des habitués de la rentrée littéraire. Et je n'en ai lu aucun.

Pourtant, j'ai apprécié les pastiches. Rapidement, on voit les tocs de l'auteur, on apprécie l'exagération du pasticheur. L'écriture est savoureusement grinçante, et l'histoire délicieusement absurde. Chaque chapitre passe un auteur à la question. Les titres des chapitres sont savoureux: "Tais-toi si tu veux parler" pour Fred Wargas, "Quelqu'un m'attend, c'est tout" ou encore l'exquis "Hygiène du tube (et tout le tremblement)". Et l'ensemble des chapitre forme une intrigue policière, où un serial killer kidnappe les auteurs (sauf Jean d'Ormissemon, qui a tellement saoulé de paroles le pauvre kidnappeur qu'il a échappé à l'enlèvement).

En charge de l'enquête, une copie d'un personnage de Fred Vargas. Selon les styles, on nage dans l'incompréhension, dans un style ampoulé, dans un ego surdimensionné. Les auteurs - ou plutôt leurs doubles - sont mis en scène et ne sont pas plus épargnés que leur style.

A la fois pastiche et caricature, Et si c'était niais? fait largement sourire et se lit tout seul.

26 juin 2013

Lectures d'été - 3. Treize petites enveloppes bleues

Titre: Treize petites enveloppes bleues
Auteur: Maureen Johnson
Editeur: Gallimard Jeunesse, collection Pôle fiction

Je mets l'ancienne couverture, parce qu'elle est plus jolie que celle du livre que j'ai entre les mains.

Treize petites enveloppes bleues

Le principe est simple et plus qu'intrigant. Ginny, adolescente Etats-Unienne, après la mort de sa tante, reçoit treize enveloppes bleues, chacune contenant des instructions et des indices, qui la conduisent dans un périple ahurissant à travers l'Europe.

La tante est fantasque, la jeune fille timide et effacé. Sans originalité. Mais sa traversée de l'Europe en solitaire fait envie. Londres, Edimbourg, Rome, Paris, Amsterdam, Copenhague, Corfou. A l'exception de la dernière, ce sont des destinations que je connais, et dont les souvenirs sont encore nets dans ma mémoire (Rome est plus lointain, mais comment oublier les arches du Colisée et les colonnes du forum ?).

Ginny fait des rencontres et découvre un univers dont elle ignore tout. Les descriptions des villes et des pays découverts sont pleines de clichés, et on aurait pu attendre au contraire, la chute des préjugés. Mais qu'importe ? On voyage, on prend l'avion, le train, le bateau... Et on suit le jeu de piste fou de la tante Peg. Et la galerie des personnages n'est pas pour déplaire: Richard le Londonien, Beppe le Romain, la famille Knapp, stakhanovistes du voyage, Knud le Danois, le petit groupe de l'auberge de jeunesse... sans oublier Keith, l'étudiant en théâtre anglais et roux.

Le rythme soutenu de l'histoire ne nous laisse pas vraiment le temps de souffler, et la fin, un peu surprenante, pourrait être décevante et laisser comme un arrière-goût d'inachevé. Mais je m'en suis remise, et je pense que c'est pour le mieux.

Ce roman reste clairement un roman pour adolescent, mais sa lecture est somme toute rafraîchissante et les touches d'humour ne sont pas désagréables. Par contre le "filles" ajouté à côté du label de la collection ne me plaît pas. Ce n'est pas plus un roman pour fille qu'un autre. Cette manie de genrer tout et n'importe quoi a quelque chose de profondément agaçant. Mais là n'est pas le sujet.

Bref, à lire pour les vacances, quand on commence à manquer d'air et à vouloir passer les frontières de son pays, découvrir de nouveaux horizons !

23 octobre 2011

Pompoko

Film complètement hallucinant et halluciné. Les personnages principaux, des tanukis, êtres fantastiques sortis tout droit de la mythologie japonaise, présentent de nombreux visages, recoupant leurs formes réelle et mythique. A la fois chien viverrin, sorte d’animal ayant l’aspect d’un chien, d’un raton laveur et d’un blaireau, et personnage burlesque aux testicules « imposants » comme dit Wikipédia. Quand on n’est pas familier de l’imaginaire japonais et qu’on a l’habitude des dessins édulcorés et asexués disneyens, voir des personnages – même animaux – sexués de manière aussi visible surprend et fait sourire. Première chose, donc, une rencontre inattendue avec une mythologie qui nous est complètement étrangère.

Pompoko

Quant à l’histoire, on retrouve les thèmes chers aux Studios Ghibli : l’urbanisation, la déforestation, l’oubli des cultes ancestraux. La forêt où nos tanukis s’ébattent depuis des siècles est menacée par la construction d’un quartier d’habitation. Désespérés, ils enchainent les tentatives et les échecs à un rythme effréné, entrecoupé de fêtes endiablées et de réunions plus ou moins fructueuses. Ces petits animaux malicieux et cocasses ont en eux quelque chose de profondément humain : ils aiment « la bonne bouffe », se laissent facilement avoir par les luxes de la vie quotidienne, ne perdent pas une seule occasion de s’amuser, et s’adaptent tant bien que mal à leur environnement.

Par ailleurs, la fin somme toute assez surprenante, ni défaite, ni victoire, sonne vrai et fait réfléchir sur la signification de l’histoire dans son ensemble. C’est une vraie réussite que ce film, et un bon moment à passer.

12 décembre 2012

Commencement

Lundi, j'ai passé ma première nuit à Caen. La première d'une longue série, a priori.

Lorsqu'à dix-huit heures un peu passées j'ai quitté le campus, les couloirs étaient presque déserts, il faisait sombre, et j'étais frigorifiée. Le tramway, bondé, m'emmena jusqu'au centre-ville, jusqu'à mon hôtel. Quoique propre, cet hôtel semblait mal en point. La chambre avait été repeinte à neuf, mais les couloirs donnaient une impression de décrépitude qui me mettait mal à l'aise. J'avais l'impression de ne pas être à ma place. Le chauffage dans la chambre ne fonctionnait pas : je n'ai donc pas réussi à me réchauffer.

Puis je décidai d'aller dîner. La gargote de la place devant l'hôtel ne m'inspirait pas vraiment. Un petit tour sur internet m'indiqua un restaurant marocain* qui avait l'air parfait. Cinq minutes plus tard, j'étais installée au chaud, dans un petit restaurant, et l'oud me berçait pendant que je faisais mon choix. La portion de couscous que l'on me servit aurait pu facilement nourrir trois personnes. Et lorsque la pluie commença à tomber dans la nuit, je sirotais un thé à la menthe brûlant et sucré, juste ce qu'il faut pour finir de faire disparaître le mal-être qui m'avait saisie plus tôt dans l'après-midi.

Repue et apaisée, je rentrai à l'hôtel et me blottis sous les draps.

Le lendemain matin, le soleil se levait sur le château de Guillaume le Conquérant.

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La Pastilla

18 août 2012

La Traversée du Louvre

La Traversée du Louvre

 Titre La Traversée du Louvre (oneshot)

Auteur : David Prudhomme

Editeur : Louvre - Futuropolis (2012)

Le dessin est frais et léger, très peu dense, clair, lumineux. On suit avec plaisir et sans trop se poser de questions ce narrateur qui nous entraîne dans le dédale du Louvre. Si l'on pensait avoir une visite guidée en règle, c'est raté.

Les chefs d’œuvre sont bien présents, tableaux ultra-connus dans leurs cadres dorés et sculptures antiques sur leur piédestal. Dès les premières pages, la comparaison est faite : toutes ces cases forment une sorte de bande dessinée géante. Au moment on l'on croit que la métaphore va être filée – des toiles qui racontent une seule histoire, celle du Louvre – on se rend compte que non.

La traversée du Louvre 02

C'est bien mieux que ça. Comme une série de dessins croqués sur le vif, cette bande dessinée raconte l'histoire – ou dresse le portrait, c'est selon – de tous les visiteurs du musée. Harassés, médusés, ennuyés, fascinés. Les portraits ne sont pas flatteurs, mais l'humour et le réalisme des scènes rend au Louvre un hommage bien plus vivant et savoureux que tout discours pompeux.

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La pointe de surréalisme qui baigne l'ensemble n'a pas été sans me rappeler les rares bandes dessinées de Nicolas de Crécy que j'ai lues.

En bref, un/e histoire/portrait/hommage (rayez les termes que vous trouvez inappropriés) très agréable à lire en ces jours de canicule, pour quiconque a déjà parcouru les galeries d'un musée.

La traversée du Louvre 01

27 février 2012

A la kazam !

Ce soir, après une longue journée de tri dans ma bibliothèque multimédia et une mise à jour de mes données sur les chansons Disney qui logent dans mes meilleurs dossiers, j'ai eu envie d'un petit dessin animé, pour terminer en beauté.

Mon choix s'est porté - non, pas sur Robin des Bois - sur Merlin l'Enchanteur. Je le connais par coeur, mais je l'aime toujours autant.

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Merlin et Archimède qui se chamaillent sans arrêt, Kay le crétin fini, la moustache de "Pellinore, nom d'un chien, Pellinore !", Arthur le Moustique, "Merlin, j'ai avalé une mouche !", l'obscurantisme médiéval, les piles d'assiettes sales et la magie qui fait des bulles, la merveilleuse Ma-Madame Mim, "Quelle pagaille !", le loup qui passe son temps à gober des branches, la barbe de Merlin, le fou rire d'Archimède...

loup kay

Ce dessin animé, en plus d'avoir de belles couleurs très marquées - comme sur les blasons - présente un doublage excellent, un humour omniprésent, et des tas de petites remarques de "métatexte" comme je les aime.

"On fera même des films sur toi," annonce Merlin à Arthur, une fois couronné.

"C'est quoi un film ? - C'est comme la télévision, mais sans les problèmes techniques."

J'ai d'ailleurs appris (je ne sais plus où) que le rire d'Archimède est la seule partie du film à n'avoir été traduite dans aucune langue. C'est une telle performance, qu'il a été conservé tel quel. C'est énorme ! Ce rire est magie.

15 octobre 2011

Bain de bulles [10]

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Titre : Le Montreur d'histoires

Scénario : Zidrou
Dessin et couleurs : Raphaël Beuchot

Editeur : Le Lombard (2011)

Statut pour le club BD : refusé [cause : trop dur]

On se réjouit au village, Il-était-une-fois est de retour avec ses marionnettes. Le soir, tout le monde se rend au spectacle. La place du conte dans la société, l'importance vitale de l'imagination. Voilà que ce qui ressemblait à une jolie histoire un peu clichée devient cauchemar. Le marionnettiste repart. On le suit. Le voilà à un pont. On parle de folie, de suicide. Sans trop comprendre, on le suit. Les vautours parlent, de l'autre côté du pont. Le réalisme s'étiole. Puis on apprend que nous sommes arrivés dans le village d'origine d'Il-était-une-fois. Un village où un homme tyranique a pris le pouvoir et interdit les histoires.

La résistance d'Il-était-une-fois tient du sacrifice et confine à l'inconscience. Les personnages qui gravitent autour de lui sont autant de narrateurs de l'histoire. Régulièrement, l'un d'entre eux se présente et prend le relai. Nous sommes tous, sans doute, des raconteurs d'histoire, et rien ne peut empêcher l'imagination de vagabonder. Ce qui était une histoire réaliste avec notes de fantaisie devient conte macabre.

"D'abord, l'homme n'est qu'une idée d'homme. Une promesse, une envie. L'idée mûrit. L'idée grandit. Elle prend son temps... elle s'agite parfois, là, à l'intérieur. Elle se rappelle à notre souvenir. Puis l'idée vient au monde. Et l'histoire commence..."

"Déjà, l'homme n'est plus qu'un souvenir d'homme. Un regret. Un soupir. Le souvenir se cache. Le souvenir se tasse. Il a tout son temps, à présent. Il s'agite parfois, là, à l'intérieur, se rappelle à nos larmes. Alors l'homme redevient une idée... une idée d'histoire."

Un conte universel. Une histoire belle et triste à la fois. Mais belle surtout.

11 octobre 2011

Bain de bulles [6]

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Titre : Gargouilles, vol. 1 "Le Voyageur"

Scénario : Denis Pierre Filippi
Dessin et couleurs : J. Etienne

Editeur : Les Humanoïdes associés, collection "Les Trois Masques" (2002)

Statut pour le club BD : accepté

Grégoire est un collégien qui vient de déménager. La vue sur la collégiale ne lui plaît pas, mais quand il se fait courser par trois voyous et qu'il trouve refuge auprès des gargouilles, il ne peut s'empêcher de penser que finalement, c'est pas si mal. Le soir venu, il découvre une sorte de médaille qui le transporte dans un autre monde, où les gargouilles sont chargées du transport des chimères et autres lutins. Pauvre Grégoire ! Il est complètement perdu !

L'histoire est sympathique, et même intéressante pour une bande-dessinée trouvée dans le rayon jeunesse et humour (pourquoi les deux sont-ils si souvent réunis, ça reste un mystère). Le dessin, sans contour, est amusant, voire joli. Disons que ce n'est pas habituel. Le tout donne un résultat tout-à-fait acceptable et agréable.

10 octobre 2011

Bain de bulles [5]

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Titre : Pixie, vol. 1 "Somnanbulia"

Scénario : Mathieu Mariolle
Dessin et couleurs : Aurore

Editeur : Delcourt, collection "Terres de légendes" (2004)

Statut pour le club BD : accepté

Un petit prince insupportable passe son temps à se plaindre de tout et à rêver de vivre l'aventure. Le soir, son tuteur lui raconte des histoires et lance un charme pour l'empêcher de rêver. Le jour où il se fait enlever par un filou surnommé Pixie, il reste extatique : enfin l'aventure ! Puis les choses ne se passent pas vraiment comme elles auraient dû, et les voilà perdus dans un univers qu'ils ne reconnaissent pas. Pendant ce temps, au palais, il semblerait que cet enlèvement arrange bien les affaires du père...

Le graphisme un peu édulcoré "façon manga" me gène un peu (comme il m'a gênée dans Elinor Jones), mais j'ai choisi ce titre parce que je désespérais de trouver une histoire pour les collégiens. En fin de compte, on se fait à ces couleurs acidulées, et on apprécie les progrès faits avec Elinor. Pas vraiment palpitant, mais le concept du voyage de conte en conte est intéressante (ce thème m'a toujours fascinée) : dommage que les contes ne soient pas connus...

8 octobre 2011

Bain de bulles [3]

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Titre : Garulfo, vol. 1 "De mares en châteaux"

Scénario : Alain Ayroles
Dessin : Bruno Maïorana
Couleurs : Thierry Leprévost

Éditeur : Delcourt, collection "Terres de légendes" (1995*)

Statut pour le club BD : accepté

Garulfo est une grenouille. Et il se plaint de la nature qui est mal faite : pourquoi unE grenouille, alors qu'il est mâle ? Il est épris du genre humain et rêve de devenir homme. Il tente le baiser à la princesse (pas commode), mais sans résultat. Alors, après une dispute avec son ami Fulbert le canard, il part en quête d'une fée qui pourrait lui jeter un sort. C'est finalement avec une sorcière qu'il fait un pacte, et le voilà prince, à la recherche d'une princesse à épouser, pour rendre le charme permanent.

Mais Garulfo a beau avoir l'enveloppe d'un prince, il est naïf et a gardé son regard de la grenouille qui n'est jamais sortie de son marais. Il fuit les hommes "méchants" et s'attache au simple paysan qui lui avait sauvé la vie en pêchant le brochet qui s'apprêtait à le dévorer la veille. Il découvre peu à peu la vraie nature de l'homme. Le tout est servi par des dialogues hilarants, plein de références et de tournures désuettes. Les contes de fées ne sont jamais loin.

"Ô dieux chagrins qui m'affublâtes de cette squameuse enveloppe, j'irai contre vos édits, car dussé-je franchir mille lieues, dussé-je vaincre mille périls, dussé-je pour cela perdre mon âme... je serai un homme !" Discours jouissif, dans la bouche d'une grenouille, n'est-ce pas ?

* OK, c'est vieux, mais c'est un classique et c'est génialement bien. Et avec un peu de chance je leur trouverai en occasion s'ils en veulent ! (Il m'ont bien réclamé du Marion Duval...)

9 octobre 2011

Bain de bulles [4]

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Titre : Sept personnages

Scénario : Fred Duval
Dessin et couleurs : Florent Calvez

Editeur : Delcourt, collection "7" (2011)

Statut pour le club BD : accepté

"Paris, 1673, funérailles de Molière. Agnès est invitée par Alceste, Argan et Scapin à rejoindre un groupe financé par Harpagon afin de découvrir qui a empoisonné l'illustre auteur. Agnès est dépositaire du secret qui autorise à faire revenir Dom Juan des Enfers, le seul à pouvoir dévoiler le nom du septième personnage, celui qui, selon la légende, fera le jour sur la vérité."

Je dois dire que l'idée de mettre en scène les personnages des pièces de Molière pour enquêter sur la mort de celui-ci m'a beaucoup plu. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai craqué et acheté cette bande-dessinée. Le scénario est bien tourné, l'histoire tient en haleine. Mais ça manque d'une sorte de souffle épique, ou d'un peu d'ironie qui viendrait accrocher et griffer légèrement ces personnages pourtant si riches dans l'oeuvre originale.

Oui, j'aurais préféré des références à la pelle (comme dans De cape et de crocs) et des dialogues plus osés (à la Garulfo). Le graphisme est moyennement intéressant, un peu trop "classique", même si pas désagréable pour autant. Reste l'idée originale, vraiment bonne et intéressante. L'idée d'un testament et d'une dernière pièce, sur les affaires d'empoisonnement à la Cour, jamais publiée est séduisante.

5 octobre 2011

Bain de bulles : préambul(l)e

À la rentrée, j'ai relancé le Club BD au collège. Malgré les petits malins qui se sont amusés à dissimuler au blanco le bas-ventre du B, quinze élèves se sont pointés le jour de la première réunion. Ce jour-là, j'ai promis de leur faire découvrir de nouvelles choses. C'est pour ça que j'ai dépensé plein de sous chez Joseph-mon-ami : pour trouver de la bande-dessinée toute fraîche à leur mettre sous la dent.

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Cette tâche, amusante et fort enrichissante, n'est cependant pas évidente du tout. Je n'y connais pas grand chose, et j'ai les goûts d'une midinette de plus de vingt ans, qui aime les scénarios compliqués, les graphismes étranges et les personnages tordus (le must, qui combine les trois à la fois, reste, incontestablement Le Bibendum céleste, de Nicolas de Crécy). En regardant ce que j'avais sous la main à l'appart, je me suis rendu compte que la plupart de ce que j'avais n'était pas vraiment pour des gamins de onze à treize ans. Trop de violence (Kwaïdan) ou des scènes un peu délicates pour des jeunes dans un collège catho (Muchacho), la plupart du temps, ou alors des volumes trop anciens qu'ils rêvent de voir intégrer les étagères du CDI, mais qui ne sont plus édités nulle part (Il y avait une fois).

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Du coup, j'ai écumé les rayons : les occasions, bien sûr, à la recherche de quelques titres dont mon frère m'avait parlé, il y a longtemps, quand il était au collège, ou de titres que j'ai aperçus sur internet. Les nouveautés, pour se tenir un peu au courant de ce qui se passe dans ce monde constamment en mouvement. Résultat de la première récolte : plus de 70% de "perte". En fait de perte, j'ai découvert de superbes histoires, mais trop crues pour les yeux chastes et innocents de mes petits élèves de sixième.

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Lors de la deuxième partie de chasse, j'ai eu beaucoup plus de chance. Tout est bon pour les petiots. En plus de ça, je viens de me faire une soirée tranquille, vautrée sur mon lit, à dévorer des bandes-dessinées. Ça m'a rappelé qu'il y a longtemps j'allais à la bibliothèque. Non pour faire des recherches ou pour emprunter des romans, mais pour lire, jusqu'à l'heure de la fermeture, des BD. Le plaisir n'a pas changé. Toujours cet émerveillement devant les dessins, avec en plus une admiration certaine pour la narration et le scénario, si particuliers dans ce mode d'écriture.

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10 juillet 2011

Capes et épées

Ces trois derniers jours, j'ai regardé :

1. Capitaine Alatriste.
Déjà, le livre ne m'avait pas plu. La première personne, sans doute. Le manque de panache du personnage principal que j'imaginais bien plus classe – on doit, je pense, cette carence au point de vue interne. Et la traduction n'ajoutait rien.
Le film m'a déçue de même. Pourtant, le Capitaine était joué par Viggo Mortensen. Mais la moustache à la Cyrano ne lui va pas. Et les scènes de guerre, très violentes, manquent de souffle. Très peu de suspens, pas de rythme. On s'ennuie. Et le film dure plus de deux heures. Dommage pour un film de cape et d'épée.

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2. La Fille de d'Artagnan.
Là, on touche à la perfection du genre. Scénario construit, rythme haletant, humour, scènes de duel enjouées, acteurs merveilleux, beaux costumes. Plusieurs hypothèses de complots qui n'en sont pas. Des personnages complètement à la masse. Des références aux Trois mousquetaires à la pelle : pour qui a lu le roman de Dumas, c'est tout à fait réjouissant.
Sophie Marceau est superbe, Philippe Noiret charismatique, Claude Rich drôle et ridicule, et j'en passe. Tout dans ce film donne envie de le revoir encore et encore. Sans compter qu'Éloïse passe plus de temps en culotte une épée à la main à tenir tête à son père qu'en robe d’apparat à faire des courbettes (comme son père qui a « du mal à courber l'échine. L'âge sans doute. »).

3. Le Bossu.
Je connaissais par cœur la version avec Jean Marais, mais n'avais jamais vu en entier celle avec Daniel Auteuil. C'était bien dommage, car ce film est excellent ! Les chorégraphies des duels et combats sont superbes, les costumes aussi, la musique est parfaite.
Les acteurs sont très bons. C'est d'ailleurs amusant de retrouver Philippe Noiret, dans le rôle de Philippe d'Orléans cette fois. Fabrice Lucchini est un très bon méchant, rongé par l'envie et la jalousie. Et Daniel Auteuil, avec ou sans bosse, reste classe.
Un film somme toute très divertissant, au rythme enlevé et on ne peut plus agréable pour les yeux.

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1 juin 2011

Frasques divines

EDIT: Je viens de me rendre compte, en précisant les titres, peintres et musées des tableaux, que je les avais tous vus en vrai, à l'exception de Leda... mais je trouve que ce Véronèse est une bonne raison pour aller à Ajaccio, non ?

Comment conserver l'attention de ses trente-moins-quelques-absents élèves en un jour ensoleillé, alors que la fin de l'année est proche-même-si-pas-tant-que-ça ? Le programme que j'avais prévu au tout début de l'année m'y aide beaucoup, puisque c'est l'époque de la « Religion romaine ».

Il m'a suffi d'adapter la civilisation en « Histoires mythologiques sur les dieux romains » ou même mieux, en « Potins olympiens et rumeurs divines » (titre que j'aurais dû leur faire écrire dans leur classeur, tiens). Et les voilà, estomaqués devant toutes les « horreurs » que recèle la mythologie (selon eux).

Commencer par les traumatiser en leur parlant de Saturne qui dévore ses enfants et en leur faisant comparer les œuvres de Goya et de Rubens (en grand écran sur le tableau numérique, s'il-vous-plaît), c'était une très bonne idée.

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Saturne dévorant un de ses enfants, Francisco Goya (Musée du Prado, Madrid)
Saturne dévorant un de ses fils
, Pierre-Paul Rubens (Musée du Prado, Madrid)

Puis on enchaîne avec la naissance de Vénus (je n'ai pas assumé jusqu'au bout et me suis contentée du « sang d'Uranus tombé dans la mer »). Je me permets un tableau un peu plus osé que Botticelli (auquel ils n'échappent pas, parce que Botticelli, je l'aime). C'est là qu'un élève demande ingénument « Elle n'avait pas de sexe Aphrodite ? ». Et moi de le regarder avec des yeux ronds, ne voyant pas où il veut en venir. Jusqu'à ce que je comprenne qu'il veut parler d'Hermaphrodite, et non de sa mère. Je me permet alors un petit crochet sur cette belle légende.

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La Naissance de Vénus, Alexandre Cabanel (Musée d'Orsay)

Après cela, Vesta, Cérès, Proserpine, comment Zeus trompe sa sœur et épouse avec son autre sœur... Neptune et ses colères terribles, la naissance de Pégase. « Madame, comment ça s'appelle un cheval avec une tête d'homme, déjà ? - Un centaure. - Ah oui ! Mais ça existe en vrai ? » Ouh là ! Il est temps de faire un rappel : « Sirènes, centaures et licornes n'existent pas. C'est de la my-tho-lo-gie. »

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Leda et le cygne, Paolo Véronèse (Musée Fesch, Ajaccio)

Ils y ont échappé...

Lorsqu'on passe aux frasques de Jupiter, s'élèvent les gloussements qui se veulent indignés des filles et les regards sceptiques des garçons. Genre se transformer en taureau c'est une bonne méthode de drague. Bref. Je vais attaquer les amours d'Apollon le loser, et fais ma petite transition grâce à Ganymède. Huhu. Et là, cris outrés et rires incrédules. J'ai beau dire que ça n'a pas d'importance, ils ne peuvent retenir leurs grimaces. Coup de grâce avec Cyparissos et Hyacinthe.

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Danae, Gustav Klimt (Leopoldmuseum, Vienne)

Ils n'y ont pas échappé.

18 mars 2011

Coffee Prince - 커피프린스 1호점

Ce titre, je l'avais déjà entendu il y a longemps, à l'époque où je passais des heures sur youtube à cause des Super Junior. Alors j'avais vu une parodie de Coffe Prince. Mais comme j'ignorais jusqu'à l'existence de séries en Corée, je n'y avais rien compris.

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L'autre jour, quand j'ai vu dans la filmographie de Kim Jae-Wook (김재욱) qu'il y avait Coffee Prince, j'ai à peine hésité avant d'aller satisfaire ma curiosité. Il m'a fallu pas mal de temps avant de trouver les épisodes, mais en fin de compte, j'ai pu regarder cette série, qui m'a grandement remonté le moral alors que je déprimais et angoissais depuis deux semaines.

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Le carré amoureux.

Ce n'est pas compliqué, Coffee Prince est une comédie romantique. Comédie effectivement : les personnages sont tous plus ou moins crétins, handicapés du sentiment en puissance et ont un don particulier pour se fourrer dans des situations tordues. Romantique, oui, aussi : deux histoires de coeur entremêlées, sans compter les personnages secondaires, des malentendus, des crises de jalousie. J'ai souri bêtement pendant les dix-sept épisodes. Un sourire bien niais accroché aux lèvres, le coeur léer pendant ces quelques heures, la bonne humeur retrouvée le temps d'un week-end.

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Yoon Eun-Hye dans le rôle de Eun-Chan. Elle est troooop chou!

Pour l'histoire, elle est tordue. Mais grosso-modo, Eun-Chan est une jeune fille qui s'est retrouvée à la tête de sa famille quand son père est mort, et elle travaille d'arrache-pied pour nourrir sa mère et sa soeur. C'est un tel garçon manqué que beaucoup la prennent pour un homme au premier abord. Bien sûr, pour persister dans son erreur pendant plusieurs mois en la côtoyant tous les jours, il faut vraiment être abruti. Mais c'est ce qui arrive à Han Kyul. Lorsqu'il tombe amoureux d'elle - qu'il prend pour "lui" - il se pose plein de questions. Entre temps, il a été obligé de relancer un café qui menaçait la ruine. Dans le café restauré, trois garçons, Eun Chan (le quatrième en quelque sorte), le cafetier et Han Kyul le manager. C'est avec cette joyeuse troupe que les épisodes défilent.

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Pas de vrai méchant dans l'histoire, et c'est sans cette particularité qui donne le sourire à tout instant. Chaque personnage a sa part d'ombre mais n'est jamais véritablement méchant. Du coup, pas d'inquiétude, on peu rire franchement.

Un drama que je recommande à tous les dépressifs de la planète, et à quiconque se sent le vague à l'âme.

24 janvier 2011

The time between dog and wolf

Dernier de la série « obsession coréenne », pour le moment. Encore avec Lee Jun-Ki. Il s'agit cette fois-ci d'une série d'espionnage. Seize épisodes d'une heure.

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Scénario tordu à souhait, suspens insoutenable du début à la fin, de l'action, toujours de l'action, un fond de romance et de souvenirs heureux, de la violence, beaucoup.

Un gamin, qui a perdu son père, voit sa mère se faire assassiner devant ses yeux. Il grandit, hanté par le masque de cet assassin. Il entre dans les services secrets coréens, où il traque des trafiquants de drogue implantés un peu partout en Asie de l'Est (Thaïlande, Japon, Corée...). Après moult péripéties, il se fait passer pour mort et devient un agent infiltré au sein du groupe. Tout va très bien, jusqu'au jour où, suite à un accident, il perd la mémoire...

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Pour bambou ^^

Scénario tordu, donc. Torturé, presque. Un peu comme le personnage central. C'est étrange, mais dans cette série, on a du mal à détester complètement le « méchant » principal (sans doute parce qu'il est un père aimant pour sa fille), et les personnages soit-disant « gentils » ne sont pas toujours aussi blancs qu'on aimerait le croire.

Et puis, y du mélange linguistique (thaïlandais et coréen, principalement, ainsi qu'un peu de japonais). Et aussi des super scènes de baston! Et Lee Jun-Ki.

30 novembre 2010

Cure de Jouvence - part two

imgUne invitation à l'Opéra, ça ne se refuse pas. Un invitation à l'Opéra royal de Versailles, ça se refuse encore moins. Que dire, donc, d'une invitation à l'Opéra royal de Versailles pour un ballet baroque, sur musique de Mozart et Gluck, avec décors en toile peinte?
Évidemment pour rien au monde je n'aurais manqué ça! Surtout avec la promesse que l'on pourrait se glisser derrière le rideau après le spectacle pour admirer l'envers du décors.

Nous sommes arrivés dans la cour pavée, puis sommes entrés dans les couloirs du château, ou plutôt devrais-je dire corridors. Nous avons été accueillis, placés avec soin, dans le parterre, au deuxième rang, pour avoir le plus de profondeur possible sur le décor.

Les lumières s'évanouissent, le rideau se lève. Et là je reste bouche bée devant le spectacle. Le décor est encore plus beau que ce qu'on pourrait espérer. C'est gigantesque, c'est sublime! Arbres, buissons, colonnades, ciels nuageux peints sur d'immenses toiles. On se croirait dans un tableau du XVIIIe siècle, vous savez, ces tableaux bucoliques à la végétation mousseuse? Et la musique, tout aussi belle, qui rythme le pas des danseurs dans leurs costumes colorés et chatoyants. C'est merveilleux. Les changements de décors donnent le vertige. L'odeur du bois et de la peinture m'enivre. Ça fait rêver, complètement. Pour un peu, on se croirait à un autre siècle.

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Les danseurs sautillent, virevoltent, se chamaillent. Les instruments valsent et chantent leurs airs des siècles passés. Et le décors est là, majesté incontestable dans le cadre merveilleux de l'Opéra royal.

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L'escalier en demi-lune côté jardin, trois étages plus haut, nous passons une porte dérobée et déboulons sur la scène, ou plutôt, au-dessus de la scène. La vue sur les cintres, les projecteurs, les décors vus du haut. Nous descendons un petit escalier en bois et tomettes, et nous foulons le bois craquant de la scène. On se sent minuscule dans l'immensité des murs et des toiles.

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J'ai l'impression de réaliser un rêve de gamine, quand petite, je rêvais de passer à la suite des personnages dans les romans d'Annie Jay ou d'Annie Piétry pour courir le long des passages dérobés du château, d'aller dans les endroits interdits au public.

J'ai eu le plaisir de voir que j'étais encore capable de m'émerveiller, comme la petite fille que j'étais s'était émerveillée il y a plus de dix ans devant le monde des Poupées à Disney Land...

Je suis ressortie, il neigeait, et c'est avec encore des étoiles dans les yeux que j'ai regagné mon appartement parisien.

16 mars 2007

Notre-Dame

Je t'ai vue deux fois au cours de la dernière semaine.

Une fois, nous fêtions un anniversaire. 18 ans. Nous étions quatre devant toi. Nous t'admirions du regard des gens qui ont bien mangé, avec du chocolat au coin des lèvres. Nous t'avons même fait l'honneur d'un air de flûte, d'un pas de danse, d'une photographie, de quelques fous rires.

L'autre fois, nous allions au théâtre. Nous n'étions plus que deux, à errer dans les rues de Paname. Nous cherchions une robe. Nous nous sommes retrouvées dans le Marais sans même nous en rendre compte. Nous avions dîné. Nous nous sommes posées devant ton imposante face. Nous t'avons observée. Puis nous t'avons quittée pour un poète infernal.

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29 août 2006

Singing in the rain!

Visite en "famille". Depuis que nous sommes levés, il pleut des cordes. Mais Loches, c'est plus loin, peut-être qu'il ne pleuvra pas là-bas. Le pic-nic est prêt, nous pouvons partir. Deux voitures: l'une avec les monstres et ma soeur qui a le courage de les supporter et l'autre avec my dear Cécile, ma cousine et mon père qui surveille ma conduite. Voyage sous la pluie. Entre crachin et trombe d'eau, nous avons le choix. Arrivés à Loches, nous cherchons l'entrée du château; il pleut encore et toujours. Légèrement désorientés, nous nous arrêtons sur le premier parking. Et nous commençons à chercher l'entrée de la forteresse. Nous faisons le tour des remparts par le bas; personne n'a de manteau, il n'y a guère que ma soeur qui a pensé à son parapluie... Nous poursuivons notre ascension.

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Les ruelles étroites entourées de hauts murs semblent concentrer l'humidité. Nous nous réfugions, soulagés, dans l'église Saint-Ours (si si, je vous jure!) où nous pouvons observer le gisant d'Agnès Sorel, maîtresse de charles VII. Puis nous repartons d'un bon pas vers la forteresse. Au cours de la visite, nous perdons une partie du groupe, alors nous, Cécile, ma cousine et moi-même, suivons le paternel qui nous entraîne jusqu'en haut du donjon vertigineux. Une immense tour sans plancher intermédiaire en son coeur, des escaliers étroits et rendus glissant par la pluie. La plate forme grillagée installée pour que l'on puisse admirer le paysage nous met mal à l'aise: nous avons plus tendance à observer craintivement le sol qui se trouve sous nos pieds qu'à nous répandre en cris d'émerveillement sur le paysage pluvieux. Nous redescendons enfin, les jambes coupées par le vertige et tremblant un peu de faim. Commence alors l'aventure du pic-nic dans les coffres des voitures, sur un parking désert. Certains ont les chaussettes détrempés, d'autres ont les mains gelées, d'autres encore ont froid dans le dos à cause de l'humidité qui a transpercé pulls et T-shirts... Sandwiches, tomates et galettes bretonnes sont bien vite dévorées, suivis du nougat qui ne fait pas long feu lui non plus!

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Il ne fait certes pas un temps à mettre un chien dehors, mais au moins, le souvenir de Loches sous la pluie ne s'effacera pas de sitôt de nos mémoires!

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