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Vous en parlerez à votre cheval...
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23 novembre 2013

Bruxelles

Non, non, je ne suis pas morte, je suis même en bonne santé d'après mon médecin. Et l'on m'a fait comprendre que les culs nus de ces messieurs commençaient à vous lasser. Alors me revoilà. Et je vais vous parler un peu de Bruxelles, où j'ai été le mois dernier. Je ne vais pas en faire un récit circonstancié, parce que je n'en ai pas l'envie, pas le temps et pas le courage, mais sans doute une liste de phrases plus ou moins complexes fera-t-elle l'affaire.

- Nous voulions revenir sur les impressions de notre premier voyage, un week-end pendant lequel il avait plu non-stop. J'avais oublié mon appareil photo, ou pas voulu le sortir de mon sac. Nous avions été réveillées aux aurores un dimanche matin, par des ouvriers sur un échaffaudage à notre fenêtre.

- Nous sommes en effet revenues sur notre opinion. Sous le soleil, Bruxelles est bien plus belle.

- Nous logions chez l'habitant, dans un quartier excentré mais calme et à deux pas du métro. L'appartement était immense et nos hôtes charmants.

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- Le marché aux puces avait un air de Tintin et le secret de La Licorne. Au-dessus de nos têtes se découpait les échaffaudages du palais de justice. Il faisait doux sous la verrière du petit restaurant, à l'étage, vue sur la place et la foule de badauds. Le quartier des marolles et ses petites rues faisaient une bonne promenade.

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- Louvain-la-Neuve, ce n'est pas la porte à côté. Plus d'une heure de train pour arriver, et rien à voir dans cette petite ville de banlieue. Rien sauf le Musée Hergé. Ouvert en 2009, ce bâtiment résolument contemporain est des plus agréables. La visite (quand on la commence au bon endroit), suit un parcours qui traverse quatre zones, et l'on passe d'une zone à l'autre par des passerelles. La vie d'Hergé est évoquée, bien sûr, ainsi que toutes ses oeuvres. La scénographie est agréable, ludique sans être enfantine, on apprend tout en évoluant au travers des vitrines et des originaux. J'avais peur que ce ne soit lassant (j'aime énormément Tintin, mais les monographies, c'est toujours risqué), et j'ai été étonnée du résultat. (Et je ne me suis pas remise d'avoir découvert qu'Hergé travaillait avec des assistants, comme un mangaka.)

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- La promenade des fresques murales est longue. Nous avons marché toute la journée, et traversé presque tous les quartiers de la ville, depuis les boutiques les plus luxueuses jusqu'aux quartiers d'habitation les plus populaires avec leurs barres d'immeubles façon HLM. Nous n'avons pas trouvé le Chat, et sur la fin, nous avons fait quelques coupes dans notre liste.

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- Nous avons découvert un café qui proposait une formule petit-déjeuner même à 11h, et passait du Césaria Evora et du Lhassa en fond sonore.

- Nous avons bu de la bière et dîné dans une brasserie historique (La Mort Subite) et déjeuné chez Les Filles autour d'une grande table d'un repas simple mais exquis (velouté de chou-fleur, salade de betterave-mandarine, terrine de lièvre aux noix, rôti de boeuf au pistou, petits gâteaux aux pommes fondant dans la bouche).

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- Nous sommes retournées au Centre Belge de de Bande Dessinée (CBBD). Le quartier est vraiment chouette, le bâtiment toujours aussi beau. Les expositions avaient changé, depuis la dernière fois. L'une d'entre elles détaillait toutes les étapes de création d'une BD.

- Nous avons salivé devant les vitrines des chocolatiers de la galerie Saint-Hubert. Les boutiques restent ouvertes jusque tard le soir, les pas résonnent sous l'immense verrière.

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8 octobre 2013

Des héroïnes

Club BD. Travail d'équipe. La consigne de l'atelier était: créer un héros.

Je sais, c'est vague. Avant tout il faut savoir ce qu'est un héros: personnage principal d'une fiction? demi-dieu? agit-il toujours et forcément pour le Bien? Autant de questions que je n'évoque pas, que je laisse en suspens, pour voir ce qu'ils en font. Seule aide: je leur explique ce qu'est un anti-héros (non, ce n'est pas un super-vilain), terme qui les avait laissé perplexes lors du quizz d'introduction.

Lorsque je fais le tour des équipes, après avoir croisé un hybride de Hulk et de Lapin crétin et d'autres êtres de sang-mêlé, je tombe sur une discorde. Les membres de l'équipes sont bloqués, la seule chose qu'ils savent, c'est que ce sera un garçon. Mais une des membre de l'équipe déclare qu'elle préfèrerait une fille. La question que je pose alors, "pourquoi ce choix d'un garçon?" donne lieu à une réponse qui me hérisse les cheveux sur la tête.

"Ben on peut faire plus de choses avec les garçons, on a plus de choix. Alors que les filles c'est plus délicat."

Abasourdie je suis. Et en même temps, je ne peux pas laisser passer cette chance. Je dois tenter d'ouvrir les esprits de ces petits sixième qui sont encore bercés de préjugés. En attendant de trouver une réponse mieux argumentée, je leur raconte le mythe d'Antigone, qui a défié son oncle, son roi, sa cité, la Loi, pour enterrer son frère, traître à sa patrie faisant d'elle une traitresse. Personnage de la rebelle, de l'insoumise, elle me plaît mieux que les guerrières, et sur le moment, je n'ai de pensées que pour elle, malgré sa fin tragique.

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Hier, j'avais pris le temps d'assembler une série d'images. Je leur ai parlé alors de Médée (un héros fait-il toujours le Bien?), d'Electre, d'Antigone, d'Andromaque, puis de Clélie et Bérénice (ah, Bérénice: "vous ne trouvez pas qu'abandonner l'amour de sa vie pour une raison d'état c'est héroïque?" leur ai-je dit, enthousiaste - assentiment général "ah bah oui, quand même..."). Judith également, du côté de l'Ancien Testament. Puis Jeanne d'Arc, personnage historique devenu légende, mythe, assemblant l'héroïne guerrière et la sainte. Et après cela, place à Wonder Woman, Fantômette, Nausicaä, Eowyn, Lara Croft, Mulan... j'y ajoute même les Totally Spies, Toph et Korra, pourquoi pas?

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Tout est bon pour leur faire comprendre que les hommes n'ont pas le privilège de l'héroïsme (et au passage que l'héroïsme n'est pas toujours dénué de cruauté et de violence, au contraire).

13 octobre 2013

Club BD, cru 2013 - 3. Barakamon

Titre: Barakamon, t.1
Auteur: Satsuki Yoshino
Editeur: Ki-oon (2012)

Barakamon - 1

Toujours dans l'optique "plus de mangas", j'ai également pris - au hasard encore une fois - Barakamon sur l'étagère des nouveautés. (Ce qu'un livre édité en 2012 faisait sur l'étagère des nouveautés à la fin de l'été 2013 reste un mystère... peut-être a-t-il été mis en avant pour la sortie du tome 6.)

Barakamon, c'est l'histoire d'un calligraphe imbu de sa personne, jeune prodige au talent reconnu par tous. Jusqu'au jour où un conservateur de musée juge son travail insipide: notre jeune calligraphe, piqué au vif, le frappe, mettant ainsi en péril sa carrière. Afin de réfléchir à ses actes et de se calmer, on l'envoie sur une petite île perdue au fin fond de la province. Dure sanction pour un citadin qui aime briller en société !

Ce titre, je l'ai choisi parce qu'il y avait de la calligraphie au coeur de l'histoire. Et aussi parce que ça se passait à la campagne. Pour qui a lu le délicieux Manabé Shima de Florent Chavouet (carnet de voyage-bande dessinée réalisé après un séjour dans un minuscule village de pêcheurs sur une île du Japon), le contexte n'est pas le moins du monde dépaysant. Cette peinture rurale est tout-à-fait savoureuse, et les personnages hauts en couleurs.

Ce qui est très appréciable avec ce manga, c'est qu'il est à peu près inclassable. Avant lecture, je l'aurais volontiers rangé avec les shônen, mais par la suite, je suis restée dubitative. Pas d'action, pas de grands élans d'amitié, pas (encore) d'histoire familiale dramatique... Juste un personnage insupportable, qui s'adoucit au contact de la population locale, dénuée de préjugés et assez franche, une gamine pot-de-colle et des tas d'autres perssonages qu'il fait bon croiser au détour d'une page. L'histoire est bien, les personnages attachants et l'ambiance très plaisante. On ressort de cette lecture d'excellente humeur, et avec l'agréable impression d'avoir lu autre chose que du préformaté.

12 octobre 2013

Club BD, cru 2013 - 2. Hell's Kitchen

Titre: Hell's Kitchen, t.1
Auteurs: Mitsuro Nishimura et Gumi Amazi
Editeur: Dargaud, collection Dark Kana (2013)

Hell's Kitchen - 1

L'année dernière, nombre de mes élèves m'avaient demandé "plus de mangas" dans la sélection. J'ai alors essayé, dans la mesure du possible, d'exaucer leur souhait. Bien sûr, c'est mal me connaître s'ils pensent que je vais leur offrir sur un plateau du Fairy Tail ou autres Black Butler, séries qu'ils connaissent déjà et qui - à mon humble avis - se ressemblent un peu. Rien ne les empêche, cependant, de les apporter au Club: je serai ravie de les lire et de changer d'avis !

Donc, j'ai cherché des séries sur des thèmes originaux, récentes, tout public. Difficile. D'autant plus que je n'y connais en fin de compte pas grand chose, que je ne suis pas l'actualité (non plus) dans ce domaine, et que les offres sont énormes. Je me suis donc contentée, pour une première sélection, de ce que j'ai pu trouver sur le présentoir "nouveautés" de la F*ac. Et parmi ces nouveautés, Hell's Kitchen.

Un démon sorti tout droit des Enfers désire se délecter de l'âme du plus grand cuisinier. C'est bien connu, une âme de cuistot, c'est goûtu. Donc le voilà en quête du plus grand chef. Petit problème, on n'en trouve plus d'aussi bons qu'autrefois: les âmes qu'il a goûtées jusqu'à présent avaient un arrière-goût d'orgueil ou autre défaut indigeste. Il décide donc de former l'âme qu'il dévorera plus tard. Ainsi un collégien, qui ne sait même pas faire une omelette, se retrouve harcelé par un démon pour apprendre la grande cuisine.

L'idée de départ est sympathique et donne lieu à des situations cocasses. Ce n'est pas d'une folle originalité, mais ça parle de mangeaille, alors quel mal peut-il y avoir à lire ce manga ?

Le problème tient surtout au scénario. Je ne sais pas si la série est longue ou a prévu de l'être, mais un personnage qui réussi toutes les épreuves qu'on lui soumet sans broncher, je trouve ça trop facile. Un bon shonen enseigne que la réussite n'est pas systématique, et qu'il faut faire des sacrifices ou autre. Mais là, vraiment, on lit en se demandant pourquoi on n'a pas déjà fermé le bouquin au chapitre précédent. C'est divertissant, certes, mais ça ne suffit pas.

Lu il y a un mois, j'ai déjà oublié le nom des personnages.

7 août 2013

Procrastination

Elle n’a pas l’air comme ça, elle n’est pas grande, elle se glisse partout. Et pourtant. Pourtant, elle est terrible, elle fait souffrir, elle ronge, elle s’immisce dans les esprits les plus retors. On ne la voit pas venir. Et la voilà, qui vous souffle à l’oreille sa malédiction, un seul mot. Deux syllabes qui font miroiter devant votre regard las des perspectives infinies. « Demain… »

On ne se méfie pas, on la regarde approcher. Ses petits pieds nus qui parcourent terres et mers, de jour comme de nuit, qu’il pleuve ou qu’il vente, ont l’air bien fragile. Son doux sourire vous fait fondre, et elle ouvre sa bouche. Un poison lent s’exhale de ses lèvres fraîches, un suc qui enivre et fait oublier toute raison. « Demain… »

INGRES Jean-Auguste-Dominique - La grande baigneuse

Déesse toute puissante, elle règne sur les hommes et les dieux. Hommes et femmes, jeunes et vieux subissent sa tyrannie, sans mot dire. Ils ne voient même pas qu’ils lui sont soumis! Les six lettres scintillent dans le soleil couchant, puis illuminent le ciel nocturne. « Demain… »

Grande dame, elle nous fait courber l’échine, les uns après les autres. Nous ployons devant sa toute puissance. Contrairement à Paresse, sa sœur, elle aveugle ses victimes: non seulement ils agiront demain, mais ils s’occupent entre temps. Leurs mains s’agitent, leur cerveau cogite. Saine occupation que celle qui dissimule le retard qui s’accumule. Chaste voile que celui de cette Reine! Nos yeux éblouis s’abaissent alors qu’elle susurre « Demain… »

Ce n’est que lorsque Conscience pointe son nez crochu que nous comprenons l’illusion. Le mirage. La séduisante femme, cette fée agile, nous apparaît dans toute sa noirceur. Son sourire se fait carnassier, un éclat malfaisant brille dans ses pupilles dilatées. Conscience ouvre nos esprits et nous glissons dans le gouffre. Les abîmes de notre retard nous avalent. Mais nous n’avons plus qu’un mot à la bouche, que nous hurlons du fond de notre âme: « Demain… »

Posté le 23 novembre 2008 sur mon blog Wordpress.

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15 juillet 2013

Beaune, épisode 1

Samedi 6 juillet, 5:00, le soleil se lève à peine et mes yeux ont bien du mal à s'ouvrir. Ce matin, je pars pour Beaune. Rendez-vous est donné avec Cécile, à 11:00, au coeur de la Bourgogne.

La chaleur est déjà lourde. Déjeuner sur la place, à l'ombre du kiosque. Promenade dans les rues, au milieu d'une foule de touristes. Mais nous ne sommes pas là pour visiter. Nous sommes là pour le festival.

En juillet, Beaune organise le Festival international de l'opéra baroque, et ce soir, nous allons assister à un récital. Récital donné par un contre-ténor que je n'ai jamais entendu que sur mon CD du Stabat Mater de Vivaldi: Andreas Scholl. Ce soir, il interprète le Stabat Mater de Pergolèse et quelques grands airs d'opéra. Le tout à la basilique.

En attendant l'heure du concert et après un détour par l'hôtel, nous déambulons dans les ruelles animées de la ville. Nous entrons dans la basilique, où l'air est frais... et où les musiciens répètent! Fascinées, nous nous installons. A peine plus d'une vingtaine de curieux. Sur scène, ils sont en jean-baskets, ils parlent anglais, italien, reprennent les passages qui gènent, rient, se font disputer par le chef d'orchestre.

Ce moment suffit à nous combler, et c'est résignées et repues que nous nous plaçons derrière un couple de girafes le soir pour le concert. Le concert est fort beau, mais l'accoustique gênée par la foule. Le tymbre n'est pas aussi clair que lors des répétitions, et nous ne voyons pas grand chose. Mais voir Andreas Scholl "en vrai" me suffit amplement.

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10 juillet 2013

Lectures d'été - 6. Chroniques de l'Université invisible

Titre: Chroniques de l'Université invisible
Auteur: Maëlle Fierpied
Editeur: L'Ecole des Loisirs (what else ?)

Le premier roman que j'avais lu de Maëlle Fierpied qui était son second m'avait tout à la fois énormément plu et déçue. Galymède, fée blanche, ombre de Thym (comment résister à un titre pareil ?) était à la fois palpitant, original, intelligent, mais sa fin en queue de poisson donnait une impression d'inachevé assez frustrante. Comme si l'auteure s'était dépêchée de terminer. Les Chroniques de l'Université invisible souffrent du même syndrôme, mais dans une moindre mesure.

Chroniques de l'Université invisible

L'histoire ? L'on suit les mésaventures d'adolescents doués de télépathie ou télékinésie qui se retrouvent arrachés à leur vie, à leur famille, et intégrés bon gré mal gré dans une université qui se charge de leur faire développer leur don. "L'Université invisible vient de vous kidnapper. Cette organisation secrète s'intéresse à vos dons uniques, magiques, terribles. Pour les perfectionner, elle vous embarque sur une île mystérieuse. Désormais, votre présent et votre avenir sont ici. Car bientôt, dans le monde d'En Bas, plus personne ne se souviendra de vous." Voici ce qu'explique la quatrième de couverture, nous donnant d'ores et déjà l'impression que cette université a quelque chose de nuisible.

On commence par faire connaissance avec trois adolescents jusqu'à leur enrôlement au sein de l'école: Mélusine, télépathe, 11 ans, enlevée par son professeur de français (son grand-père Alioth, quoique très peu présent dans le roman, a mes faveurs, je ne sais pourquoi); Framboise, télékinésiste, 14 ans, récupérée par un Vampire (oui oui, y a des vampires dans cette histoire); et Tristan, 15 ans, télépathe, amnésique et orphelin, vivant du vol de portefeuilles dans une gare, repéré par un ami de ses parents décédés.

Autour du trio gravitent les membres de l'université, les membres d'une multinationale tentaculaire (Shiva), les vampires, et d'autres encore, plus anecdotiques. Un récit qui mèle fantastique, aventure et un monde légèrement futuriste. L'univers créé par Maëlle Fierpied est extrêmement riche, ses personnages sont colorés et vivants.

Une histoire qui se lit d'une traite et allie suspens, action et humour avec brio. Même si la fin est légèrement rapide, ce n'est que positif: on voudrait en savoir davantage!

5 juillet 2013

Lectures d'été - 4. Tara Duncan

Titre: Dara Dunca, t.1 "Les Sortceliers"
Auteur: Sophie Audouin-Mamikonian
Editeur: Pocket Jeunesse

Une histoire d'aventure dans un monde où règne la magie, cela n'a rien de très original. L'histoire de Tara, qui vit chez sa grand-mère depuis que ses parents sont morts et qui s'en va à la découverte de l'univers parallèle auquel elle appartient, est bien connue. Harry Potter vient immédiatement à l'esprit, mais également Le Seigneur des Anneaux, avec les nains barbus et les elfes blonds. Rien d'innovant, donc.

Cependant, l'humour est très accrocheur. Cette sorte d'inconscience des personnages, les situations cocasses qui se mutltiplient... On ne sait plus trop s'il s'agit d'un véritable roman d'aventures et de magie ou d'une sorte de gentille parodie du genre.

Tara Duncan, 1 - Les Sortceliers

Le personnage de Tara est assez agaçant, mais les personnages secondaires font remonter le niveau. Je dois dire que j'ai un léger faible pour la naine à la barbe tressée. Certains personnages disparaissent au cours du récit sans que l'on comprenne pourquoi, et d'autres subissent une évolution très peu crédible (mais comme ce n'est que le premier tome, on peut espérer que la suite répare ces erreurs).

Quant à la narration, elle laisse à désirer. L'objectif est clair, les péripéties se succèdent sans difficulté, le tout est extrêmement fluide, mais je ne sais pas... il manque comme un souffle qui nous emporterait dans l'aventure avec les personnages. On ne voit pas comment tous les éléments sont liés, et même s'ils le sont peut-être par la suite, quelques indices seraient bienvenus, afin de donner envie de lire le tome deux.

Pour résumer, le premier volume des aventures de Tara Duncan est amusant, voire drôle, et les personnages sont sympathiques. Mais il lui manque ce souffle épique et inspiré qu'ont les grandes saga du genre.

11 avril 2013

Maladies rares etc.

Depuis quelques jours, j'ai entrepris la lecture attentive d'un petit morceau de mon corpus d'étude. Pour rappel, je travaille sur les maladies rares, et mon corpus est composé de milliers de résumés d'articles scientifiques sur le sujet. En anglais, bien sûr.

Depuis quelques jours, donc, je découvre l'univers tout à la fois aride et extrêmement riche du monde de la recherche biomédicale. Loin de tout comprendre, j'évite cependant les recherches Google : voulant bien faire, celui-ci a en effet la fâcheuse habitude de présenter des images sans qu'on ne lui ait rien demandé. Or les maladies étudiées sont peu ragoûtantes, et quand on a l'habitude de déjeuner en travaillant, ça a vite fait de vous couper l'appétit.

La lecture prolongée de tels textes a tendance à vous plonger dans une espèce de dégoût angoissé : on finit par comprendre que quand le traitement n'a pas été efficace, les patients sont morts. On parle de maladies juvéniles, signifiant par là que lesdits patients sont des enfants morts en bas âge. Certains articles décrivent les cas de patients ayant telle maladie, les premiers dans le pays : on comprend alors ce que signifie maladie orpheline.

Et de temps en temps, pour alléger sans doute le fardeau de cette souffrance humaine, les auteurs parlent de souris ou de lapins. Et le dernier en date, le plus original sans aucun doute, décrit le cas d'une de ces maladies détectées chez une caille japonaise : Generalized glycogen storage disease in Japanese quail (Coturnix coturnix japonica). Il y a même du latin !

japanesequail

30 novembre 2012

Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil...

... nocturne du vendredi soir, pounctuée par les problèmes de métro à l'arrivée.

Outre les quelques achats pour mon CDI bien-aimé, que je me dois de fournir en livres jeunesse, j'ai comme qui dirait fait quelques folies. Mais c'est de la faute des libraires / éditeurs, tellement sympathiques. Et c'est aussi de la faute des auteurs, tellement doués. Les étals de couleurs chatoyantes et chaleureuses, la finesses des traits, l'originalité des titres. Et c'est sans compter sur l'inouïe poésie de certains noms de maisons d'édition ! Bref, au milieu de cette caverne d'Ali Baba, je n'ai pu résister.

montreuil

PS : on a vu Boulet aussi !

15 mars 2012

Sainte écriture

Le démarrage est toujours long et très pénible. Agitation et gloutonnerie, deux symptômes qui ne trompent pas : je dois rédiger un mémoire pour dans quelques jours heures.

Après, donc, une ou deux sous-parties on ne peut plus poussives et boîteuses, trois tentatives d'introduction, dix parties de spider solitaire, trois tasses de thé et quatre tartines au beurre salé, la main commence à se délier. Les mots viennent plus facilement, j'entre dans le vif de l'écriture.

Seulement, il est minuit passé. Mon cerveau est englué, mes yeux picottent de leur trop-plein d'heures sur l'écran blafard, les oreilles bourdonnent de trop de playlists écoutées à la suite (8 tracks est un site sacré, on y trouve des merveilles pour rester concentré). Et les mots prennent peu à peu le pouvoir.

Je parle de groupes de mots laissés "au naturel", de Dame Fortune qui transforma notre erreur en intuition géniale (j'ai même failli glisser une allusion aux bêtises de Cambraie et à la tarte Tatin), de tokenisation fatale, d'irrésistibles Gaulois expressions qui ont échappé à la correction.

Aussi ne suis-je pas étonnée ce matin de lire que la prof a trouvé "quelques formules peu orthodoxes pour une écriture scientifique". Mais là où elle me surprend, c'est en ajoutant "même si Dame Fortune intervient parfois" et en ne demandant aucune correction.

En même temps, pourquoi l'écriture scientifique n'aurait-elle pas droit à quelques allégories et hyperboles ? Surtout quand il s'agit d'un "mémoire" réalisé en trois semaines et écrit en deux jours. Et puis je n'aime tellement pas lire les articles scientifiques - même quand ils sont très intéressants - que je n'ai pas envie d'imposer la même souffrance à mes correcteurs.

Un peu d'humour et de désacralisation n'ont jamais tué personne, que je sache.

Allez, pour dire que j'ai illustré mon article, un petit arbre syntaxique "lisible" :

21 octobre 2011

Sociologie et émotions

Cette année, j'ai deux matières vraiment nouvelles, qui m'effrayaient un peu à cause de leur forte composante linguistique et le risque que l'on avait d'y lire plein d'articles universitaires (et de fait, ce sont les seules disciplines où l'on nous demande de lire des articles), et qui finalement se révèlent passionnantes malgré tout. D'une part parce que les profs sont absoluments géniales, chacune dans son genre, et d'autre part parce qu'elles abordent la linguistique d'un point de vue biaisé, et nous offrent un regard complètement neuf sur la langue.

1/ Sciences affectives et affective computing. Drôle de bête. Dans l'intitulé on trouvait aussi "cognition", mot qui me fait bondir à chaque fois et me donne envie de partir en courant.

En réalité, pour l'instant on a parlé beaucoup de psychologie, de neurobiologie (je ne sais pas s'il convient de retenir toutes les parties du cerveau qu'elle nous a nommées), d'intelligence artificielle (les robots, c'est bien ^^), mais très peu de l'inguistique. Bien sûr, on va y venir. Mais une chose est certaine, il y a des théories de l'émotion très esthétiques. Voyez plutôt celle de Plutchik :

plutchik_scriptol_fr

2/ Sociolinguistique. Passionnant. La prof a l'art de nous poser des questions auxquelles on n'avait jamais pensé, ou qu'on n'avait jamais jugées compliquées avant d'essayer d'y répondre. Exemple ? Combien de mots connaît-on ? Est-ce que l'illéttrisme, c'est grave ? Ou ce genre de choses. On a parlé des DOM-TOM, des immigrés, des langues de France, des ouvriers, de la mutation du travail. Et on a à lire un article sur langues croisées et transgenres ("Crossing Genders, Mixing Languages", de NiKo Besnier).

Pour la première fois de ma vie, je prends plaisir à lire des articles et à me creuser un peu la cervelle et à participer en classe (bon, en même temps, on est cinq, et on se connaît tous, donc l'enjeu n'est pas non plus insurmontable). Et la prof nous a parlé d'un documentaire, Les Roses noires, que j'ai regardé hier : très beau et extrêmement intéressant. Des jeunes filles des banlieues (Marseille et 93 essentiellement) parlent de leur langue, de leur vie dans la cité. Absolument passionnant.

Sinon, je vais devoir créer une ontologie (un modèle conceptuel) de la mythologie gréco-romaine, annoter trois minutes de commentaire sportif (deux commentateurs radio sur le tour de France, tout à fait inintéressant, et même crispant, et trois minutes c'est TRES long), transcrire une minute de vidéo (encore plus long : la prof nous a dit qu'en moyenne, elle mettait 45h pour une minute de film...) et d'autres projets encore, dont je n'ai pas le sujet.

31 août 2011

Canada - brèves

Suite aux pluies diluviennes causées par Irène dans le sud du Canada, une partie de la route que nous avons empruntée il y a quelques jours s'est effondrée. Le soir de la tempête, nous étions dans un chalet perdu au milieu des bois, au bord du fjord de Saguenay. L'eau s'est abattue sur le toit toute la nuit.

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Juste avant l'arrivée d'Irène, croisière sur le Saint-Laurent. Nous avons pu observer des dizaines de baleines dans les eaux noires du fleuve. Doigts glacés par le vent, crispés sur l'appareil photo, yeux mi-clos à cause de la pluie qui a commencé à tomber, les cris surexcités de la guide à la vue de la queue d'une baleine à bosse.

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J'ai tenté pour vous, l'hydravion en survol au-dessus des forêts de la Mauricie. Vieux coucou des années 30, cinq places, je suis au fond, en tailleur, où je me suis faufilée tant bien que mal à quatre pattes. La vue est impressionnante, l'expérience aussi. L'arrivée sur l'eau fait un drôle d'effet.

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Une balade au zoo - concept petit train au milieu des animaux en liberté dans de superbes paysages d'Amérique du Nord - nous a permis de voir les orignaux et ours noirs que nous n'avions encore qu'espérés. Superbe. Et je suis tombée amoureuse des phoques. (Il me faudra revenir pour voir les ratons-laveurs.)

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Dîner à la cabane à sucre, au son des chansons folkloriques. Dernière soirée du groupe. Demain, c'est le départ. Nous rentrons à Paris, où m'attendent de pied ferme le directeur du collège et mon directeur de recherche...

26 août 2011

Canada - interlude

Le ciel est couvert, d'un gris pâle et froid. Au loin, le soleil perce et illumine les eaux du fleuve. Tache d'or sur le plomb des flots. Et brusquement, les nuages s'écartent. La lumière éclate, le ciel s'éclaircit. L'eau s'assombrit : un bleu sombre, un bleu épais et consistant.

Ici, la zone est sablonneuse. L'eau est d'un ocre soutenu, et au fond, sur l'autre rive, les montagne bleues se découpent. Sorte de négatif sur ciel blanc. Un peu plus loin, le fleuve est loin, nous sommes dans la baie. L'eau s'agite, mouvement marin, et les rouleaux s'écrasent sur l'eau brune dans des éclats d'écume blanche. Ce brun est riche, et les silhouettes noires des arbres de l'autre côté, se découpent dans un ciel brumeux, ouaté. Quelques averses au loin tombent en un rideau anthracite, côtoyant les flaques scintillantes de soleil.

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De temps à autre, les ondes se font vertes, d'un beau vert soutenu, à peine irisé d'argent, comme reflétant les pelouses soigneusement tondues des jardins sur les bords. Un beau vert mirant celui des sapin et épinettes blanches.

Le ciel est immense dans ce coin du monde. Et le fleuve est à sa taille. Gigantesque. Monstrueux. Les gens du coin l'appellent la mer. La rive, en face, est à peine visible. Et quand la terre se fait rouge, les eaux prennent, comme par compassion, cette improbable couleur sanguine.

***

NB: les deux articles précédents ont enfin pu être illustrés (au rythme d'une photo par quart d'heure, mais j'estime que c'est plutôt un bon score dans une région où mon téléphone ne capte pas depuis deux jours...). La suite bientôt !

22 août 2011

Canada - 4e jour

Petit tour d'orientation dans Ottawa - deuxième partie. La basilique Notre-Dame des Voyageurs est assez étonnante avec ses flèches complètement argentées - dont j'apprends plus tard qu'elles sont recouvertes d'aluminium. Et les chutes de Rideau : cascade maîtrisée, en plein coeur de la ville.

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Puis temps libre d'une heure et demi de temps libre pour visiter le Musée des Civilisations. Ce musée est absolument extraordinaire ! A l'étage de l'histoire du Canada, des villages entiers sont reconstitués, on marche sur de la terre battue (fausse, évidemment) et le ciel est une immense voûte bleue. Les vitrines sont celles des magasins, on épie par les fenêtres, on entre dans les maisons et les magasins. Tout est fait pour éveiller la curiosité et donner envie de tout lire. Si bien que nous n'avons pas eu le temps de tout faire. Ce sera une excuse pour revenir ^^

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Puis départ pour Montréal. Nous sommes désormais en terre francophone. Le Québec présente un peu plus de relief que l'Ontario, semblerait-il. Au menu ce soir, spécialité montréalaise : la smoked meat. La viande macère deux semaines dans des épices, puis est fumée, et enfin passée à la vapeur avant d'être servie. C'est un délice ! Tendre, moelleux et goûtu.

12 mai 2011

Java... niaise

"Ne vous déplaise, en dansant la javanaise..." la lala lalala !

Bref. Bientôt deux semaines que je m'arrache les cheveux sur ce projet en java.

Je comptais sur l'aide de mon binôme, qui en fin de compte s'est révélé plus lent que moi... Cette collaboration nous a au moins permis de rester éveillés jusqu'à pas d'heure, pour avancer un tout petit peu plus.

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Des dizaines d'essais, infructueux. Le dernier, échec cuisant lui aussi, a au moins eu l'avantage de faire fonctionner la récusrivité qui m'a posé tant de problèmes jusque-là.

Je vois le bout. De toute manière, c'est à rendre pour demain...

Je sais, je vous parle javanais, mais peut-importe, comme dirait je ne sais plus quel(le) humoriste.

Entre deux lignes de code, ma soeur est rentrée d'Inde, et j'ai fait passer des oraux à des 4e (soutenance de rapport de stage).

J'ai peur d'avoir oublié comment on respire entre temps. Pourvu que ça revienne!

16 mars 2011

Antique Bakery - 서양골동양과자점 앤티크

J'ai pour mauvaise habitude, après avoir vu un film ou une série (pas forcément coréens d'ailleurs), d'aller voir la liste des acteurs puis la filmographie de ceux-ci (pas tous bien sûr), en quête d'éventuelles coïncidences. C'est ainsi qu'après avoir regardé Goong, j'ai observé la filmographie de Joo Ji Hoon (주 지 훈). Quelle ne fut pas ma surprise, quand j'y découvrit un film qui s'intitulait Antique bakery ! Immédiatement, j'allai vérifier s'il s'agissait bien, comme je le pensais, d'une adaptation du manga du même titre, que j'avais lu il y a déjà quelque temps. Bingo !

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Le manga d'origine.

Aussitôt je googlise la chose, en quête d'une version du film avec des sous-titres, si possible en français. C'est ainsi que samedi soir, attendant le retour de mon frère sorti prendre des photos de nuit, j'ai regardé Antique bakery.


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La base : un jeune homme ouvre une pâtisserie, alors qu'il n'aime pas les gâteaux. Il embauche un des meilleurs pâtissiers, qui se trouve être un ancien camarade de lycée. Ce dit camarade lui avait d'ailleurs déclaré sa flamme le dernier jour des cours, mais s'était fait méchamment rembarrer. Là-dessus, on ajoute un ado qui rêve d'apprendre à faire des gâteaux et une espèce de géant doté de deux mains gauches. On obtient une espèce de comédie, sur fond de mystère policier – qui est donc cette personne qui a assassiné deux enfants en deux mois en les gavant de gâteaux? – et de pseudo-romance.

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Les personnages ont tous leur secret (mais pourquoi ouvrir une pâtisserie quand le sucre vous rend malade?), que l'on découvre au fur et à mesure de l'histoire. L'enquête apparaît petit à petit, jusqu'à envahir l'espace du film et de la boutique. Des scènes quasi-parodiques (enfin, j'espère, parce que sinon ça fait peur), des images de gâteaux qui font saliver et des acteurs pas désagréables à regarder.

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Kim Jae Wook, une des bonnes raisons de regarder ce film. (Le pouvoir des lunettes.)

Par contre, il y a dans l'histoire un pâtissier français. Et je ne sais pas où ils ont été dégotter cet acteur, mais mon Dieu qu'il joue mal ! Je ne sais si c'est parce que c'est ma langue et que en comparaison je ne suis pas capable de discerner un mauvais jeu chez les acteurs coréens, ou si c'est parce qu'il est vraiment mauvais, mais le résultat est... assez catastrophique. Et il n'est même pas beau. Par contre, entendre les autres acteurs parler français... =D

20 février 2011

한글

Ça y est, elle a complètement craqué, allez-vous penser.

Mais non, je n'ai fait qu'acheter un manuel de coréen chez G*bert. Parce que je finis toujours par me demander comment fonctionne une langue. A fortiori quand elle n'est pas indo-européenne. Alors quand j'ai appris que le coréen était de la même famille que le turc et le hongrois, je n'ai pas pu résister.

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Une langue asiatique certes, mais qui n'a rien à voir avec le chinois. Une langue qui a un alphabet de vingt-quatre lettres, c'est déjà un bon point, non? Certes, ils utilisent encore les caractères chinois, mais tout le monde ne peut pas les lire là-bas. Ils sont réservés à une élite intellectuelle, d'après ce que j'ai compris.

Et sur cet alphabet (parce que l'histoire des écritures est au moins aussi passionnante que celle des langues), j'ai lu ici quelque chose de très intéressant:

«[Le Hangeul (nom de l'alphabet coréen)] présente la particularité unique d´avoir été créé de toutes pièces et de façon rationnelle au 15ème siècle de notre ère à l´initiative du roi Sejong (…).

Les 14 consonnes et 10 voyelles qui constituent cet alphabet reproduisent avec une rare exactitude tous les sons de la langue coréenne. Les consonnes représentent graphiquement la position des organes phonatoires (…).

En revanche les voyelles trouvent leur origine dans les principes cosmiques de la philosophie taoïste. Elles sont en effet des combinaisons des trois éléments de base : le point (.), pour le ciel; le trait horizontal (_), pour la terre; le trait vertical (|), pour l’homme. »

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Comme tout système linguistique, il a une signification politique très importante, puisque le roi Sejong a vu les grands du royaume s'opposer à ce progrès, synonyme de démocratisation de la culture. Alphabet tellement lourd de symbole qu'il a été interdit lors de l'occupation japonaise, et qu'aujourd'hui le 4 octobre – cet alphabet a été promulgué le 4 octobre 1446 par Sejong – est jour de fête nationale en Corée*.

Prochaine étape : trouver une vraie grammaire du coréen, parce que ce manuel n'est pas assez complet. Et surtout, il n'est pas organisé de façon assez rigoureuse.

* Alors la Fête Nationale a une date indéterminée, puisque les sites se contredisent tous les uns les autres. A priori ce serait plutôt le 15 août, jour de la libération. Mais la Fête du Hangeul existe vraiment (le 4 ou le 9 octobre selon les sources).

NB : le titre de cet article se transcrit « hangeul »

1 février 2011

The Hotel Venus (ou presque)

Une production japonaise de 2004, premier film de Lee Jun-Ki. Le trouver en ligne n'a pas été chose facile, et j'ajouterais même que c'est quasiment impossible. Avoir avoir délaissé google.fr pour google.com, j'ai trouvé deux liens de téléchargement. J'ai finalement réussi à voir le film avec les sous-titres en anglais, presque dans son intégralité. Presque. Déjà, entre la première et la seconde partie, j'avais l'impression qu'il manquait un morceau. Mais quand la deuxième moitié du film s'est achevée en plein climax, j'ai cru que j'allais m'étouffer d'indignation devant mon ordinateur!

C'était de loin le meilleur film de tous ceux que j'ai vus ! Enfin, meilleur, je ne sais pas, mais intelligent, ça c'est sûr. Un film qui a des allures téléramesques. Noir et blanc, lent, belles images, une histoire étrange... certes, dit comme ça, ça ne fait pas envie. Mais si je cite cette critique, ça fait tout de suite mieux :

« ...il est des films qui ne ressemblent à aucun autre. The Hotel Venus est de ceux là. Situé dans un endroit non défini, et non définissable, l’hôtel des âmes égarées est anachronique, atypique, ne possède rien de commun ; parfois un élément glané çà ou là peut rappeler un pays, une culture, une vie passée... où se situe ce pays que nul ne semble connaître, qui n’apparaît sur aucune carte et où tout le monde, peu importe sa couleur et son pays d’origine, parle la même langue ? est-ce un pays rêvé, fantasmé ?... »

The Hotel Venus

Au centre de l'histoire, un hôtel, ou quelque lieu qui s'en rapproche. Un peu décrépit, silencieux, presque froid mais pas tout-à-fait. Là, vivent des âmes solitaires, qui trainent un passé qu'elles tentent d'oublier et qui ont laissé leur nom à la porte d'entrée. Il y a Chonan, narrateur et sorte d'homme à tout faire au passé douloureux, Boy, jeune homme qui se prend pour un tueur et se demande ce que signifie « être fort », Soda, qui rêve de devenir fleuriste, Doctor et Wife, couple entredéchiré et Vénus, la tenancière de l'hôtel. Arrivent Guy et Sai, un homme et une petite fille aux vêtements et chaussures de femme qui refuse de parler.

L'immobilisme et le silence du départ s'effritent peu à peu. Cette espèce de fable, qui navigue entre rêve et cauchemar, a sans doute un sens. Mais ce sens m'échappe dans la mesure où je n'ai pu voir la fin...

Il ne me reste plus qu'à chercher le DVD, mais je ne l'ai pas trouvé à moins de $71,99 en import de l'autre bout de la planète. Internet n'a finalement pas toutes les réponses.

(Et puis l'acteur principal a quelque chose de très particulier... Son visage coupé au couteau, très anguleux. Une espèce de beauté étrange, que je n'ai pas réussi à retrouver sur les photos. Il entre parfaitement dans le film, dans l'atmosphère mystérieuse de cette histoire. Et les deux actrices, qui jouent Soda et Wife sont très belles - Jo Eun Si (Soda) a un regard... Et n'oublions pas Lee Jun-Ki, n'est-ce pas bambou?)

Tsuyoshi Kusanagi Jo Eun-Ji Mini Nakatani Lee Jun-Ki

Comme je n'ai pas trouvé de photos du film, je vous laisse avec les quatre acteurs (cliquer pour agrandir): Tsuyoshi Kusanagi, Jo Eun-Ji, Mini Nakatani et Lee Jun-Ki. (C'est amusant, rien qu'à leurs noms on peut savoir s'ils sont japonais ou coréens...)

30 janvier 2011

Heartbreak library

J'ai découvert dans My girl, et dans un style très différent de Lee Jun-Ki, Lee Dong-Wook. Dans sa filmographie, composée essentiellement de dramas, il y avait un film au synopsis intrigant. Très intrigant, même.

Lee Dong-Wook

Qu'en penses-tu, chère Bambou?

« Eun-Su, une bibliothécaire s'aperçoit que des actes de vandalisme se passent actuellement dans la bibliothèque. Un jour, elle attrape Jun-Oh arrachant certaines pages de livres. Eun-Su l'accuse donc de vandalisme, mais découvre bientôt la complexe histoire qui se cache derrière les actions de cet homme... Celui-ci arrachant une unique page de chaque livre, la 198, » raconte ce site.

Heartbreak library

Ce n'est pas exactement ainsi que je résumerais l'intrigue, mais je dois reconnaître que ce sont ces histoires de bibliothèque et de page 198 qui ont hautement attisé ma curiosité. En fin de compte, on apprend assez vite une partie de l'histoire dissimulée derrière ces actes. Mais comme toute vérité, elle n'apparaît pas entière du premier coup.

La vérité se dévoile peu à peu, au fur et à mesure que le film avance. C'est une histoire d'amour qui a pour centre la séparation et le deuil. Je ne sais pas ce qu'a ce film de si particulier, mais il m'a touchée. Il a trouvé en moi une résonance assez particulière. Sans doute à cause des événements familiaux récents.

La bibliothécaire et l'homme blessé

D'ailleurs, l'actrice aussi est très jolie.

Un monde où les histoires d'amour semblent condamnées à s'achever prématurément, où les fous côtoient les autres, où le microcosme de la bibliothèque n'est qu'un refuge et un QG au milieu d'une enquête qui mène à l'autre bout du pays.

« Tout n'est qu'illusions et obsessions. » Je trouve cette réplique de Eun-Su assez juste, en fin de compte.

24 janvier 2011

Le problème

Pièce de François Bégaudeau, avec Jacques Bonnaffé, Anaïs Demoustier, Emmanuelle Devos, Alexandre Lecroc.

Au théâtre, samedi soir. Une pièce qui ne m'a pas paru être du théâtre. Une pièce tellement criante de vérité qu'elle en était plus réelle que réaliste, qu'elle en était douloureuse jusqu'à me faire fondre en larmes avant la fin.

On est dans une maison. Un père et son fils travaillent. On entend une musique assourdissante provenant d'une autre pièce : c'est la fille. La mère rentre du travail. Rien ne laisse soupçonner qu'il s'est passé quelque chose dans cette famille banale.

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Pourtant. On comprend assez vite qu'il y a eu une lettre. Puis que la mère a décidé de quitter le « foyer ». Sans raison. Ou plutôt, pour des raisons qui n'en sont pas. Parce qu'elle en avait envie. Parce qu'elle se sent « plus désirée » ailleurs, là où son chef de service et amant l'attend.

Le père est accablé, et ne comprend pas. Il n'y a rien à comprendre d'ailleurs. Cette histoire est « banale » et il s'est pris la « médiocrité » de celle qu'il aimait en pleine face. Le fils veut comprendre, et à chaque raison que sa mère donne, il recentre la conversation : « ce n'est pas le problème ». La fille, elle, fait comme si de rien n'était. Au téléphone avec une copine, elle essaye de mettre au point sa dissertation de philo pour le lendemain : « La conscience est-elle un obstacle au bonheur? ». Tout ce qu'elle dit vouloir, c'est le bonheur de sa mère. Elle met la tête dans le sable, n'a pas lu la lettre et semble ne pas vouloir voir le fameux problème.

probleme3_615_frederic_iovinoJ'avais tellement l'impression de revivre cet été, même si les rôles étaient inversés! Tout, jusqu'aux chiffres, correspondait. Le milieu social était le même. Les réactions, les raisons, les comportements étaient comme du copié-collé de ce qu'on a vécu cet été. Le fils, normalien, 22 ans, prépare l'agrégation de philo. La fille, en terminale, prépare plus ou moins à contre-cœur le bac.. Vie de famille depuis 23 ans. Et puis d'un coup, plus rien. Tout s'efface, tout disparaît dans le néant.

Ceux qui voient dans cette pièce une ode à la liberté de la femme n'ont rien compris. Il s'agit simplement d'une histoire tristement banale, l'histoire d'un être profondément égoïste et pour qui le foyer et la famille ne représentent rien. Homme ou femme, qu'importe? Quand c'est une femme qui fait ça, on parle de liberté, quand c'est un homme, on dira de lui que c'est un salaud... Je suis désolée, la combat est le même, la situation est identique.

« Mais qu'est-ce que ça te fait que je m'en aille? » demande-t-elle à son fils. Ça fait. C'est tout. Impossible de dire quoi. C'est juste impossible à accepter. Même si on a 22 ans et qu'on ne va bientôt plus vivre à la maison. Et la fille, qui semblait si insouciante, sera celle qui déclare « ce sera bien si j'arrive à dormir une heure cette nuit », lors du départ de sa mère, à la fin. Blessure secrète et indicible, malgré tout.

14 janvier 2011

Iljimae

Il y a des gens qui regardent des séries américaines, et passent des heures sur la toile à cherche les derniers épisodes parus, à supplier leurs collègues ou amis de ne pas leur raconter la suite qu'ils n'ont pas pu voir la dernière fois. Il y en a d'autres qui vont attendre tous les soirs Plus belle la vie ou autres niaiseries françaises.

Je n'aime pas trop ce genre de choses: je trouve ça chronophage, et surtout, je sais que si je commence, je ne plus rien faire d'autre jusqu'à ce que j'aie terminé. C'est pour cela que ma culture télévisuelle est quasi-nulle. Mis à part les séries policières comme Hercule Poirot ou Sherlock Holmes, je n'ai pas vu grand chose. Et surtout pas ce que tout le monde regarde (esprit de contradiction oblige).

Cependant, quand les partiels approchent, que le travail croît de manière exponentielle, c'est toujours à ce moment-là qu'on fait une « mauvaise » rencontre. Et c'est comme ça que la semaine dernière, je me suis retrouvée devant une série coréenne.

Si si. Coréenne.

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Il faut dire que le résumé était alléchant, puisque l'on parlait d'une sorte de Robin des Bois coréen. Bandit au grand cœur, vole aux riches corrompus pour donner aux pauvres. Et puis, vingt épisodes, c'est court. Alors je me suis lancée: j'ai regardé Iljimae.

Robin des Bois, pas trop. Certes, Iljimae est un voleur qui visite les maisons des riches et donne aux pauvres. Mais ce n'est pas là le centre de l'histoire, selon moi. C'est avant tout une histoire de vengeance, de frères, d'intrigues familiales, de complots politiques... avec des scènes de combat et de cambriolage qui tiennent en haleine, un personnage qui de boulet devient classe et de très beaux costumes.

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Une fois qu'on s'est habitué au jeu asiatique, dont l'approche est sensiblement différente de la nôtre et assez déstabilisante au départ, on peut apprécier pleinement l'histoire d'Iljimae.

(Et puis les acteurs principaux ne sont pas désagréables à regarder, ce qui ne gâche rien.)

15 novembre 2010

Double

Le soleil n'est pas levé, que déjà j'apprends quelque chose de cocasse. Xavier Dolan, réalisateur des Amours imaginaires et acteur que je rangerais plutôt dans la case "intellectuels", est aussi le doubleur québécois de Rupert Grint, alias Ronald Weasley, dans Harry Potter... Le rapprochement des deux est hautement hilarant, de mon point de vue. Mais sans doute est-ce le manque de sommeil qui fait cet effet.

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13 novembre 2010

Τιτιτιτιτιτιτι τίνα λόγον ἄρα ποτὲ πρὸς ἐμὲ φίλον ἔχων;

Soir de fête, nous allons à la Comédie Française. Sur scène : Les Oiseaux, du grand Aristophane. Je reconnais que je suis curieuse de voir ce qu'on peut faire avec des textes comme ceux d'Aristophane.

Nous prenons place – corbeille, premier rang, plein centre, s'il-vous-plaît. Nous sommes loin du poulailler de la Terminale. Bien loin. Ce sont presque des places présidentielle, royales.

Le spectacle commence.

Un décors assez génial, avec une perspective impressionnante. Un petit côté « tableau renaissance » avec ses colonnes. Il donne l'impression que l'on voit à des kilomètres derrière, là-bas, tout au fond. J'ai même la sensation qu'il n'a pas de fond.

Des costumes magnifiques. Couleurs chatoyantes et plumes virevoltantes. Mes yeux sont contents. Visuellement, la mise en scène est très réussie.

Mais quant au partie pris d'adaptation, il y a des choses qui m'échappent. Certes, je n'ai jamais lu la pièce originale, mais cette histoire d'oiseaux-comédiens me paraît louche. D'après mes souvenirs, cette pièce s'en prenait aux dieux. Point. Il n'y avait pas mise en abyme. D'ailleurs, ça me paraît peu grec. Bon, je reconnais que ma culture dans le domaine laisse à désirer. Mais après avoir lu le début de la pièce hier – Wikisource est mon ami – je suis en mesure de confirmer.

Si ce parti-pris était intéressant, le coupler avec une adaptation sur le plan politique faisait trop. On y perdait en clarté. Il eût fallu forcer le trait dans un sens ou dans l'autre, mais pas faire un entre-deux qui nous a laissées perplexes à la fin de la pièce.

Parce que lorsque le rideau est tombé, nous étions extrêmement perplexes. Nous n'avions pas vraiment compris où cela voulait en venir.

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Petit bonus : dans les escalier, je croise un visage connu. J'ai à peine eu le temps de foncer pour échapper à celle que je venais de reconnaître comme étant une de mes anciennes élèves troisième. Et dehors, son frère et ses parents attendaient. Je n'ai pas trop traîné dans les parages. Non mais, croiser deux élèves à Paris, un jeudi soir, c'était tout de même hautement improbable!

24 octobre 2010

Couvertures de cuir et papiers oubliés

La voix du métro annonce que le trafic est interrompu sur ma ligne, dans ma direction, et juste sur le tronçon qui m'intéresse. Résignée, je m'apprête à rentrer à pied, quand mon cerveau me souffle que je pourrais peut-être prendre le bus. Sitôt dit, sitôt fait, me voilà à battre la semelle dans la foule qui a eu la même idée que mon cerveau.

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Prise d'une inspiration subite autant qu'irréfléchie – le propre de l'inspiration, dirai-je – je descend un arrêt plus tôt et m'en vais fureter au Marché du livre ancien et d'occasion. Coup de chance, c'est le week-end de la grande braderie. Une affichette annonce les livres à 1€, à 2€, une autre s'exclame « 5€ le kilo » et derrière, les livres s'alignent, ou s'entassent, c'est selon.

Sous la halle, le bruit des badauds est assourdi, comme avalé par toute cette quantité de papier. Livres de poche décrépis, livres presque neufs, sans doute des invendus, vieux exemplaires de journaux d'un autre siècle, bandes dessinés et comics, et surtout, ce qui m'hypnotise complètement, ces vieux volumes reliés cuir, dorés, aux couleurs fanées et aux tranches fatiguées, ces livres que j'ose à peine caresser du bout des doigts, tant est grande la peur qu'ils tombent en poussière au moindre contact.

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Mes yeux errent sur ces bibliothèques nomades, ces reliquats de librairies d'un autre temps, ces extraits d'un salon de l'aristocratie du siècle passé. Et je rêve à une bibliothèque courant sur les murs d'un grand bureau, murs blancs, moulures, petite cheminée parisienne, grande fenêtre, bibliothèque aux reflets mordorés de ces volumes au cuir rendu souple par l'usage, chaleur de ces bruns, de ces rouges, de ces verts. Auteurs inconnus et oubliés, ouvrages sans intérêt autre qu'esthétique.

J'ai commencé ma collection avec Cornélie, ou le latin sans pleurs et Eulalie, ou le grec sans larmes, deux petits livres cocasses aux dorures attrayantes et aux titres irrésistibles.

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