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Vous en parlerez à votre cheval...

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26 juillet 2006

Jeux de mains...

Cinq et cinq. Dix doigts. Dix doigts s'activent sur le clavier. À la main droite, une ampoule et des traces de pansement. Les bouts des doigts restent gris-bleu, malgré la brosse à ongle et le savon de Marseille. À la main gauche, des crevasses: je n'avais pas prévu de sparadrap pour cette main-là. Des zones plus grises se répendent sur ma peau asséchée. « C'est le métier qui rentre. » Vous parlez d'un métier! Attacher des fils de cuivre à des crochets. Et ce, pendant huit heures de suite... voilà qui m'apprendra à faire des heures sup'!

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25 juillet 2006

Aventure rocambolesque

Thiais, Choisy, Nogent-sur-Marne, Champigny, Joinville-le-pont, Saint Maur... autant de noms qui évoquent les guinguettes du bord de Marne, où l'on va guincher le dimanche. Les panneaux défilent devant mes yeux fatigués. Voilà deux heures que nous sommes partis de Plaisir. Fontenay-sous-Bois. Quelle direction faut-il suivre? Le Perreux ou Bry? Ça y est: nous sommes encore perdus. Nous sommes maintenant dans le bois de Vincennes. Demi-tour. Nous demandons notre chemin. Mais qu'avons-nous fait pour en arriver là? Commençons donc le récit par le début.

J'arrive au boulot à neuf heures, comme tous les matins. On me dit que les étiquettes ont bien avancé, mais qu'ils ont pris du retard à l'étamage. On a besoin de nous à l'usine. Celle-ci se trouve à Neuilly-sur-Marne. Ce n'est pas si loin. On peut y être ne moins d'une heure. Mais c'est sans compter sur l'A 86 qui est bloquée; les voitures sont à l'arrêt. On prend la première sortie: Choisy. Et là, même topo. Les routes bloquées. Nous parcourons trente mètres en une demi-heure. Nous empruntons un autre chemin. Voilà près de deux heures que nous sommes partis. Nous passons l'heure suivante à demander notre chemin: nous sommes perdus dans la jungle des petites villes de l'est parisien. Quand nous arrivons, c'est la pause déjeuner. Débute ensuite le travail.

Qui a dit que je n'aimais pas enlever les étiquettes? Mais c'est génial! À l'usine, nous passons notre temps debout, à accrocher les moules à tartelette sur des fil de cuivre, pour ensuite les envoyer dans le bain d'étain. Au bout de dix minutes, les ampoules apparaissent sur mes doigts douloureux. Quand on se rend compte qu'on manque de fil, on me change de poste. Je suis désormais chargée d'accrocher les fameux fils de cuivre sur les crochets. Je peux vous dire que je n'ai pas beaucoup travaillé aujourd'hui, mais suffisamment pour me rendre compte que je préférais mille fois rester assise toute la journée à côté du ventilateur à retirer des étiquettes...

23 juillet 2006

Qui est-ce?

Une silhouette longiligne, interminable. Il fait sombre, je ne distingue pas bien tes traits. Tu es vêtue de noir. Un rayon de soleil perce au travers des nuages: un fugace éclair rouge. Tu as les cheveux roux... Tu parais éloignée de tout, tu te montres hautaine et méprisante avec les gens que tu n'as pas envie de connaître. Quand on te retrouve en groupe avec tes amies, tu es méconnaissable: c'est toi qui fais rire la galerie. Tu ne recules (presque) devant rien; il suffit de te défier... Deux facettes que tu montres au monde. Pile ou face?

Un regard qui pétille: tu prépares ta réplique. Des mots qui vont claquer. Humour, moquerie, sarcasme, quoi qu'il en soit, tu ne mâches pas tes mots. Tu n'y vas pas par quatre chemins. Parfois, on aime la franchise et l'honnêteté, parfois, ça fait mal. Tu n'es jamais à cours d'idées saugrenues. Toujours à la recherche d'originalités. Et quand il t'arrive de déprimer, ça ne dure jamais bien longtemps. Qu'aurions-nous fait sans toi?

Tu as lu très vite. Je n'ai pas tout compris. Tu m'as impressionnée. Pendant un an, je n'ai pas cherché à te connaître plus que ça. Puis, je t'ai parlé. Nous avons travaillé ensemble. Et c'est comme ça que j'ai découvert une amie précieuse... Je comprenais parfaitement ton mode de fonctionnement: j'avais (à peu de choses près) le même. Travailler au dernier moment, trouver tout ce qu'il y a d'amusant dans un travail pour le rendre plaisant. Nous n'avons pas travaillé, nous nous sommes amusées. Pendant longtemps, nous avons cultivé le mystère: nous parlions peu de nous. Et maintenant?

Comment te décrire? J'ai l'impression de te connaître trop peu ou trop superficiellement... ou peut-être ai-je peur de me tromper? Damoiselle ou preux chevalier selon les circonstances, je te dois de magnifiques découvertes (vive l'échope médiévale!). Tu es aujourd'hui bien éloignée de la jeune fille à côté de qui je me suis assise un certain jour de septembre, en l'an 2003. Je m'en souviens, comme si c'était hier: "Je peux m'asseoir là?"

23 juillet 2006

Quand le tort tue...

Pourquoi la tortue? Quand j'étais petite, ma mère avait commencé pour moi une collection de tortues. Oh, ce n'était pas bien important, mais tout de même. Mais, alors que je grandissais, on s'est rendu compte que j'étais extrêmement lente. Je rêvassais sans arrêt. Alors ma mère a coupé court à la collection, peut-être par superstition, je n'en sais rien. Quoi qu'il en soit, j'ai conservé les quelques exemplaires de reptiles que j'avais. Et le jour où j'ai appris l'histoire de ces objets, j'ai décidé de poursuivre la collection par mes propres moyens.

tortues

Aujourd'hui, le nombre des mes tortues s'est accrû (j'ai environ 70 spécimens à ce jour), et il continue d'augmenter. Chacune de mes tortues a son histoire: souvenirs de mes voyages, cadeaux, ou tout simplement achat dans une brocante. Les plus précieuses viennent d'Autriche (c'est du cristal Zwarovsky). J'ai même des chaussettes avec des tortues!
Et je peux dire sans ambages que j'adore cet animal. Il se cache dans sa carapace au moindre problème, refusant d'affronter le danger. La tortue reste confortablement installée dans son chez-soi et ne bronche pas, qu'il neige ou qu'il vente. Les fables en font un animal persévérant et courageux. Cependant, Esope en fait une paresseuse à toute épreuve: si elle porte sa maison sur son dos, c'est parce qu'elle aurait refusé de se rendre à un festin organisé par Jupiter en personne, préférant rester confortablement chez elle. Le dieu, vexé, la condamna à porter éternellement sa demeure sur ses épaules. Paresse, quand tu nous tiens...

23 juillet 2006

À chacun ses chaussettes!

Bas, chaussettes, collants, mi-bas. À rayures, à pois, résille, en dentelle, à paillettes. Noires, rouges, vertes, jaunes, blanches, grises. La game est infinie... J'ai commencé à aimer trouver les chaussettes les plus désopilantes quand on m'a offert des chaussettes avec des araignées dessus. Depuis, en passant par le rayon chaussettes, j'ai constaté que seuls les hommes avaient droit aux chaussettes marrantes. Alors je triche. Tous les moyens sont bons. Et je me retrouve avec des chaussettes Snoopy, ou, mes préférées, des chaussettes à message: "Y a pas d'lézard", "Qui s'y frotte s'y pique", "J'ai décidé d'être heureux", "Don't worry, be happy", etc.

Chaussettes

J'en connais qui ont les chaussettes en horreur. Moi, ce serait plutôt la lingerie.  Mais que voulez-vous? Tous les goûts sont dans la nature... porter des chaussettes bizarres, voilà qui ne gêne personne, car on regarde rarement les pieds des gens, et on va encore moins soulever leur pantalon pour aller vérifier qu'ils portent les chaussettes adéquates! De plus, ces petites choses sont bien secourables en hiver: je vous verrais bien pieds nus dans vos baskets, par -8° dehors...

Mais par un temps chaud d'été,
Se ballader pieds nus à longueur de journée,
C'est le pied!

messages

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23 juillet 2006

Ange blond (vendredi 21 juillet)

Quand vous voyez une personne brune, tous les jours depuis votre naissance, pas un instant vous n'imaginez qu'elle eût pu être blonde dans des temps plus anciens, n'est-ce pas? Et bien figurez-vous que pas plus tard qu'hier, j'ai vu un film, morceau d'anthologie, où l'on voit mon père, à 14 ans, lorsqu'il habitait à Tahiti. Alors j'ai vu: lui qui est brun aujourd'hui, était blond alors. Mais pas d'un blond qui tire sur le châtain, non, un blond presque blanc. Impressionnant! Blond aux yeux bleu-gris, avec un regard de chien battu, qu'il a encore quand il rentre déprimé du boulot. Mais il avait alors cet air angélique des enfants insouciants. Et il pouvait l'être dans ce paradis terrestre! C'est amusant de découvrir une personne que l'on connaît très bien sous un tout autre jour... On peut dire qu'il porte bien son nom: Gabriel...

23 juillet 2006

My sister is back. (le 20 juillet)

my sister is back

Ça y est, ma soeur est rentrée d'Irlande, où elle a passé deux semaines. Comment se fait-il qu'elle ait réussi à bronzer à Dublin, alors que moi qui suis restée chez moi avec un temps splendide, je suis toujours aussi blanche??? C'est trop injuste! (dixit un certain Caliméro).

Cependant, elle m'a offert un beau cadeau pour mon anniversaire: un livre de contes et légendes irlandais, magnifiquement illustré, et tout en anglais, bien sûr! Superbe... Et je suis quand même contente d'avoir un peu de compagnie, même si elle repart dans deux jours. Parce que malgré tout, toute seule à la maison, sans internet, on sent le temps passer.

23 juillet 2006

Oyez! Oyez gentes dames et beaux seigneurs!

Sourcils froncés, regards incrédules ou amusés. Il faut dire que nous ne passons pas inaperçues dans le train, avec notre accoutrement plutôt insolite. Et encore, il a fallu que les filles insistent pour que j'accepte de passer ma chasuble! Finalement, nous sortons du métro, soulagées de pouvoir enfin respirer un peu d'air. C'est qu'il fait chaud dans ces satanés costumes! Et dans la rue, c'est la même chose: cette impression que tous les gens se retournent sur notre passage, nous prenant sans doute pour d'étranges énergumènes...

Un vilain en chemise et chausses nous accueille. Un étroit couloir qui débouche sur une salle voûtée et basse de plafond. Il fait chaud et sombre. Nous commandons nos boissons: vin de rose, hydromel et vin de framboise. Une fois installées à notre table, Sauvage l'Escorcheur nous présente ses amis et nous souhaite la bienvenue (n'est-ce pas Lucie-en-Fesse?!). Après quelques minutes à savourer qui son vin de rose, qui son hydromel, qui son vin de framboise, nous migrons vers la salle de danse.

Cornemuse, vièle et tambourin font danser les chalands. Un pirate, une fée, une noble dame, un paysan, un seigneur, une aubergiste... Tous s'élancent dans une ronde joyeuse et sautillante, conviant qui en a envie. S'enchaînent ensuite rondes et officiales. Sauvage l'Escorcheur s'en donne à cœur joie sur son tambour et accélère le rythme. Les danseurs fatiguent, mais ne s'arrêtent pas pour autant; leur souffle se fait plus difficile. Comment ai-je pu observer tout ceci? J'étais assise sur le banc à côté de la piste... Je n'avais pas assez bu pour me risquer sur la piste. Non que les danseurs étaient ridicules! Loin de moi cette idée. Mais, quelle que soit la danse et l'endroit où l'on danse, je me contente d'observer. C'est ainsi.

nature morte

23 juillet 2006

De fil en aiguille... (mardi 19 juillet)

Au secours! Jeudi, on sort. Avec ma Dame-Oiselle et my dear Lu, nous nous rendons à la taverne médiévale. Or, si nous voulons entrer gratuitement, nous devons être costumées...

Comme je n'ai guère le temps ni le matériel pour me faire un costume de A à Z, je recycle: la chasuble que j'avais au carnaval, ma robe de la Paresse, quelques chutes de tissu, de la teinture, et c'est parti!

Première étape: teindre la robe et les bouts drap qui serviront pour les manches. Ensuite, ajuster et affiner la chasuble qui ressemble davantage à un chiffon qu'à un costume; pour faire simple, je recoupe dans l'ancienne les morceaux qui serviront à la nouvelle. La teinture, entre temps, a très bien marché. Il ne reste plus qu'à coudre des manches, ce qui n'est pas une mince affaire quand on n'a quasiment jamais fait de couture de sa vie! Heureusement, le résultat n'est pas mal... En fin de compte, je ressemble assez à une bonne sœur, mais les couleurs ne sont pas les bonnes: vert et or, ça ne fait pas très liturgique...

médiévale1

23 juillet 2006

Boulot – Dodo (le 18 juillet)

L'esprit tranquille, libre de toute pensée enquiquinante, je vais innocemment voir mon père, pour lui demander s'il aurait, par hasard, l'amabilité d'aller chercher Lu qui attend un bus qui n'est pas passé. Alors le paternel en profite pour me déclarer sournoisement qu'il m'a trouvé un travail. J'annonce la couleur: de 9h à 17h30, j'enlève des étiquettes de moules à tartelette rouillés. À force, mes ongles s'usent. Le soir, j'ai les doigts noirs. Désormais, je connais par cœur l'inscription qu'il y a sur les étiquettes:

Distribué par M6 interaction
Neuilly sur Seine
Ne convient pas à un enfant de moins de 36 mois.
À utiliser sous la surveillance d'un adulte.
À conserver.
Made in China

Je crois que le cours de philosophie sur l'aliénation du travail a fait son bonhomme de chemin dans les méandres de mon cerveau atrophié, et qu'il commence à prendre tout son sens. Et j'ai aussi compris pourquoi je tenais tant à faire des études! La première heure, on regarde ce que l'on fait, on se concentre sur les stickers. Les quatre heures suivantes, on pense à tout et à rien en même temps. On fait des projets, on se raconte des histoires. Les derniers moments sont les plus durs: on a pensé à tout; on ne sait plus sur quoi fixer nos idées. Le temps passe alors beaucoup plus lentement, et on attend avec impatience la fin.

Une fois chez moi, je peux vous dire que mes nerfs sont à fleur de peau, ma patience est à bout et mon humeur est massacrante. Mais comme dirait mon p'tit Lu, je vais me faire "d'la maille" (j'entends d'ici mon père: "Il n'y a que la maille qui m'aille"...).

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