Du pouvoir cathartique des insultes
Il m'a enguirlandée pour une raison que je ne comprendrai jamais. Majesté offensée, il m'a fait comprendre que je n'étais qu'un amas de bonnes notes, et ce qui aurait dû être compliment - être major, c'est positif, non ? - devenait dans sa bouche la condition pour laquelle je devais viser plus haut. Là où il n'a rien compris, c'est que je sélectionne par confort, et non par intérêt. Mais là n'est pas mon propos.
Sortie du bureau, j'étais à la fois un peu estourbie par ce qui venait de m'arriver - je me fais très rarement réprimander par mes enseignants - et complètement remontée. Il m'avait cassé ma joie, m'avait fait comprendre que je n'étais qu'une gamine naïve et inconséquente, et qu'il fallait me réveiller et penser à mon avenir lointain.
Je bouillais. La colère, l'indignation et l'humiliation m'étranglaient, m'étouffaient. Le seul moyen que j'ai trouvé pour ne pleurer qu'une fois arrivée chez moi, c'est de répéter des insultes - des insultes que je ne dis jamais - en une litanie infinie, dans le métro. Les gens ont dû me croire folle à lier, à marmonner comme ça dans la rame. Mais peu m'importe, c'était la seule chose qui me soulageait.
Mais quel enfo... !


