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Vous en parlerez à votre cheval...
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sensations
1 décembre 2006

Ombres chinoises

GU90346_4Intangibles, immatérielles elles se meuvent avec lenteur, avec langueur sur le plafond de ma chambre. Furtives. Mon œil aux aguets capture un éclat d'écarlate, un morceau de ciel, une palme, l'or d'un vêtement. Mais à peine effleurées, elles s'évanouissent, elles s'évaporent.
Voilà désormais qu'un fragment de lumière est entré dans mon œil. Il y reste prisonnier. Un tesson de rire cristallin qui éclaire mes yeux. Cette agréable sensation qu'il y restera, ce petit bout de lumière, dans mon iris. Mais la couleur s'affadit. Mon œil est toujours brillant, mais ce sont des larmes qui perlent au bord de mes cils. Mes yeux sont gris...

cavalier_jardin_du_carrousel"Si on bougeait la lanterne, je distinguais le cheval de Golo qui continuait à s'avancer sur les rideaux de la fenêtre, se bombant de leurs plis, descendant dans leurs fentes. Le corps de Golo lui-même, d'une essence aussi surnaturelle que celui de se monture, s'arrangeait de tout obstacle matériel, de tout objet gênant en le prenant comme ossature et en se le rendant intérieur, fût-ce le bouton de la porte sur lequel s'adaptait aussitôt et surnageait invinciblement sa robe rouge ou sa figure pâle toujours aussi noble et aussi mélancolique, mais qui ne laissait paraître aucun trouble de cette transverbération."

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27 novembre 2006

Retard

L'hiver approche et pourtant... Nous sommes fin novembre et pourtant... Dans deux semaines commence le concours blanc et pourtant...
Pourtant il ne fait pas froid. Pourtant il ne gèle pas. Pourtant le sol est détrempé. Dehors, ça ne sent pas l'hiver. On ne sent pas le froid nous mordre les mains quand on a oublié ses gants. On ne sent pas l'odeur des cheminées quand on rentre le soir. Non. Ce qu'on sent, c'est la terre détrempée. Ce sont les feuilles mortes qui se décomposent dans les flaques d'eau.
Les lumières de Noël ont habillé la Grand' Rue et pourtant... Pourtant on n'a pas l'impression que Noël approche. Le temps serait-il en retard par rapport aux autres années? Ou serais-je en avance? L'hypokhâgne détraque-t-elle les neurones à ce point-là? Pourtant, le 1er décembre, c'est vendredi. Et savez-vous ce qu'il y aura dans la case n°1 de mon calendrier de l'Avent? Une khôlle de géographie et une khôlle de grec! Je suis impatiente de voir ce que recèleront les cases suivantes... Dans un mois ce sont les vacances. Pourtant...

10 novembre 2006

Ποίημα συμποτικόν·

(poïêma sumpotikon: « poème concernant les festins »)

Chroniques marocaines /4/

P1010054P1010049La nuit est tombée sur Fès et les lampes s'allument dans le patio du Riad Shéhérazade. Une cour pavée de mosaïques bleues et blanches. Les petits carreaux de céramique émaillée montent sur les mur, nous dépassant d'une bonne tête. Puis le mur continue de monter sur plusieurs mètres, habillé du seul crépis. Le stuc ciselé orne les pourtours des fenêtres et des portes en bois de cèdre. D'un côté, une piscine à l'eau translucide et immobile, autour de laquelle se balancent quelques palmiers immenses au pied noyé dans les fleurs et les feuillages. Au fond, derrière la piscine, un bâtiment en bois, entièrement vitré, sert de salle pour les repas en temps de pluie. Et tout autour, des arcades. Des portes de dentelle de bois s'ouvrent sur des chambres. Au centre, une petite fontaine laisse entendre discrètement l'écoulement de son eau; les pétales de rose se bousculent sur les bords de la vasque. Sur les tables, sur le sol, un peu partout, des bougies se sont allumées. La douce mélodie d'un luth s'échappe d'un coin.
P1010015P1010016Les entrées arrivent: treize petites assiettes, contenant chacune ou une salade typiquement marocaines ou une spécialité du chef, plutôt innovateur. Ainsi, les pois chiches en vinaigrette côtoient les courgettes confites au miel et les carottes à la coriandre flirtent avec les aubergines au poivron. A côté s'égrainent les notes vaporeuses du luthiste. Puis, l'estomac déjà bien rempli, nous attendons le plat principal: couscous aux fruits. Un tajine immense pour trois, empli de semoule où se languissent pommes, poires, clémentines, raisins... sur lesquels trônent trois cailles rôties. Un vrai festin! Nous achevons sur une touche de douceur: pastilla à la crème... L'arôme de la cannelle emplit peu à peu la bouche, caresse le palais avant de disparaître tout en laissant un arrière-goût de Maroc...

9 novembre 2006

Quel souk!

Chroniques marocaines /3/

Une débauche de couleurs et de senteurs apparaît soudain au détour d'une ruelle étroite: nous entrons dans le souk de la médina. Des échoppes minuscules se bousculent le long de ses rues, débordant de foulards, de babouches, d'épices, de djellabas, de bijoux, de pâtisseries et de fruits secs. Vous restez une minute à observer un article qui vous plaît? Bien mal vous en a pris: le marchand vous accoste et vous lance un ''c'est pas cher!'' souriant et rempli d'espoir. Si vous refusez d'entrer, il vous annonce que si vous n'achetez pas, ça ne coûte rien d'entrer ''et ça fait plaisir''. Si vous avez fini par craquer, vous commencez à marchander âprement. Repartez content et le bonhomme vous saluera avec un ''si ça gagne pas, ça débarrasse''. Un climat bon enfant règne dans ces ruelles bondées de monde: touristes en short, débardeur et sandales, Marocains en jean et anorak ou en djellaba et babouches, femmes voilées ou non. Diversité est le maître mot de ce patchwork. De temps en temps, il faut se coller au mur pour laisser passer un âne, se décaler pour éviter de se faire écraser les pieds par une pétrolette fumante. Mais c'est toujours avec allégresse que vous rentrez à l'hôtel, tout content de votre ballade au coeur de la vieille ville.

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6 novembre 2006

Fin d'un rêve

P1010109Ce matin, je sortais ma chambre d'hôtel en débardeur. Je traînai mes babouches jusqu'à la salle de petit-déjeuner, en passant les jardins plantés de palmiers. Je traversai le hall d'entrée où chante une fontaine; le marbre luit dans la lumière éclatante du matin. Deux heures plus tard, un porteur mettait nos sacs alourdis dans le coffre de la Mercedes, le taxi qui nous emmena à l'aéroport. Une dernière fois, nous louvoyâmes au milieu des camionnettes fumantes, des ânes efflanqués, des piétons impassibles. Puis nous entrâmes dans la cohue de l'aéroport de Marrakech-la Ménara. Il faisait chaud. Très chaud.

brouillardTrois heures de vol. Nous atterrissons. Nous sortons de l'avion. Et là, le froid me saisit. Sur la passerelle, je voie les nuages de vapeur s'échapper des souffles des autres passagers. Le brouillard nous enveloppe d'un cocon bienveillant. Mais il fait froid. Je sens les 25° de différence... Les vacances sont finies, demain, à cette heure, je serai en cours. Je commence à me rendre compte que je n'ai pas assez travaillé. Mais comment voulez-vous travailler dans un pays comme le Maroc? Ce n'est pas humainement possible et I'm only flesh and blood...

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24 octobre 2006

Devinette

J'aime, que dis-je aimer? j'adore l'observer. Alors je ne le vois pas passer, et je le perds. Et quand je le quitte des yeux, déjà il me manque...

23 octobre 2006

Ciel!

Il est 19h, le soir tombe sur le parc du lycée... Au loin, le ciel rougit, se cache derrière le château. Les arbres scintillent de paillettes d'or dans cette lumière si particulière aux soirs d'automne. Vingt minutes plus tard, la nuit est presque tombée, je sors du bus. Alors je lève les yeux et vois un ciel comme on en voit rarement: à l'est, le bleu s'ombre de mauve qui tire sur le pourpre – ciel riche et royal – , puis les nuages anthracites se détachent sur le fond indigo de la toile céleste. Puis à l'ouest, au loin à l'horizon, disparaissant derrière les maisons, une lumière blanche, un peu verte, un peu jaune, fluorescente, phosphorescente; de petits nuages s'y détachent telles des îles sur une mer de lait, où les commets infinis de montagne noyés dans la brume... C'est tout simplement beau. Ce soir, il n'y aura pas d'étoile; les nues les auront dévorées.

4 octobre 2006

Automne

P1010003L'air frais, le brouillard, la pluie. Le matin, il fait nuit quand je pars, il fait déjà sombre quand je rentre le soir. Je m'en vais à l'aveuglette dans mon jardin, dans l'espoir de ne pas rater la marche. Il fait plus froid maintenant. La maison se glace peu à peu. Bientôt, nous allumerons le feu dans la cheminée.

Dans le bus j'observais, maussade, les gouttes de pluie s'écraser paresseusement sur les vitres. En cours, les averses se fracassant sur les toits détournent mon attention; alors le flot de mots incompréhensibles du professeur de philosophie s'estompe et laisse place à ce tapage trempé, à ce clapotis informe de l'eau de pluie sur les vitres du lycée.P1010005

Cependant, dans un dernier rayon de soleil, je profite des couleurs de l'été qui s'attardent dans le massif de fleurs: rouges les capucines et les impatiences, blanches les anémones japonaises. Les tout sur un vert mûr, un vert sur le déclin. Déclin annoncé par les quelques feuilles brunes parsemées sur la pelouse. Cependant, l'automne qui paraît arriver insidieusement, s'annonce avec fracas: les arbres commencent à se teinter de vermeil et d'ocre. Quand ses couleurs luisent doucement dans l'humidité matinale, on se rend compte que l'automne, c'est beau.

28 septembre 2006

Au lever

aube

Le ciel à mon lever, laisse voir des nuances d'infini...

22 août 2006

Pays de Loire

Rue de Chinon

Le long des petites départementales s'égrainent des villages mignonnets et de jolies petites villes. Les murs blancs étincellent sous les rayons du soleil estival, les toits d'ardoise luisent doucement dans la lumière de l'après-midi. Les ruelles tortueuses s'enlacent, alignant petites boutiques aux façades en tuffeau, de belles bâtisses sculptées et maisons à colombage et briques. Tout simplement ensorcelant. Et de temps en temps, la Loire ou la Vienne apparaît dans un scintillement bleu-vert. Entre ces bourgades, des fermes au milieu des champs qui s'étendent à perte de vue et des propriétés viticoles enfermant de superbes manoirs ou châteaux. Le pays de la Loire est une région tout simplement enchanteresse qui nous emmène plusieurs siècles en arrière.

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