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Vous en parlerez à votre cheval...
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musique
24 juillet 2011

Anniversaire

La pluie tombait dru ce soir-là. Les pavés brillaient, des rigoles et de petites marres se formaient un peu partout sur la place. Pourtant, il y avait foule au château. Les fêtes vénitiennes devaient avoir lieu, malgré le déluge, et dans la galerie des batailles un concert se préparait.

Les parapluies s’alignaient devant la grille d’or, les cols relevés, les pieds recroquevillés dans les sandales trempées. Les vestes d’été étaient bientôt vaincues et l’eau perçait. Les cheveux dégoulinaient et les lunettes s’embuaient. L’on attendait pour entrer dans la galerie.

Soudain, un petit bonhomme sous un immense parapluie nous indiqua la direction opposée. L’entrée pour la galerie des batailles se faisait de l’autre côté de la cour. Là-bas, les gens s’ébrouaient et affrontait un flot continu de touristes qui tentait de sortir. Parapluie repliés, manteaux sur le bras, la masse s’agglutinait dans un grand escalier. Et enfin, l’entrée dans la galerie des batailles.

Immense, aussi magnifique que dans mon souvenir, les ors se reflétaient sur le parquet grinçant. Des dizaines de rangées de chaises, alignées devant une estrade drapée de noir. Le décors des tableaux se suffit à lui-même.

Le public se tut lorsque les musiciens firent leur entrée en scène. Applaudissements. Quelques quintes de toux. Une vague odeur de chien mouillé, une atmosphère humide de vêtements qui sèchent peu à peu dans la chaleur de la salle. Puis la voix du premier violon s’éleva.

En guise de prélude, avant les Quatre saisons, trois petits morceaux de rien, trois petits bijoux ciselés dans la partition. Le deuxième est tellement beau que les larmes me montent aux yeux. Vivaldi est un magicien. Un sorcier. Un enchanteur. Et c’est Fabio Biondi qui dirige. Lui aussi a de la magie dans les doigts.

C’était magnifique.

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7 juin 2011

Comme ivre

La tête qui donne l'impression qu'elle va imploser. La barre au-dessus des yeux, comme si les ouvrir relevait de l'impossible. Métaphore de la cocotte-minute, du marteau. Toutes se valent, et pas une ne décrit vraiment la migraine.

Le cachet dans un verre, le Coca dans un autre. Le mélange détonnant de la caféine et de l'aspirine. La douleur va se calmer, finalement.

La fatigue. La peur d'oublier quelque chose. Penser à se lever à l'heure. Penser aux cours particuliers. Penser à corriger les copies. Penser que les conseils de classe approchent. Penser à prévenir de mon absence telle date. Penser à aller déjeuner avec le père. Penser à préparer ceci ou cela. Penser à poster la lettre pour l'assurance. Penser à l'année prochaine. Penser aux vacances.

Je me donne mille choses à faire pour ne pas penser aux révisions. Les partiels approchent. Sur les deux semaines et demie de révisions, il n'en reste qu'une, et je n'ai pas commencé. Un projet à rendre pour dans trois jours. Des cours à rattraper. Plein.

Alors je mange. Le sucre coule dans mes veines et m'alourdit. Comme si j'avais bu. Je me sens engourdie, un peu vacillante. Je ne supporte pas le sucre, mais j'aime ça. Il y en a qui fument, d'autres qui boivent. Je mange de la confiture ou du chocolat.

Puis je culpabilise. Alors pour enfouir ce sentiment, je regarde le rayon de soleil percer le ciel de plomb et saupoudrer les acacias devant ma fenêtre. Et j'écoute Andréas Scholl qui chante le Stabat Mater. Vivaldi. La panacée.

25 mai 2011

Avancée pédagogique

Cécile, venue dîner hier, m'a fait découvrir truc absolument génial.

Des profs d'histoire à Hawaï, afin de faire rentrer certains concepts et quelques dates dans le crâne de leurs élèves obtus, se sont lancés dans une expérience des plus extraordianires : il font des clips. Oui oui, des clips. Comme dans "clip musical". Pour être plus précis, ils reprennent des chansons - des hits, même - dont ils modifient les paroles pour les adapter à un fait historique. Et non contents du résultat, ils ajoutent à la performance vocale la performance "filmique". Le résultat est assez bluffant !

Pour les fans de Lady Gaga, la Révolution française sur l'air de Bad Romance:

Où l'on sent l'exaspération des enseignants (il suffit de lire le commentaire de l'auteur : "You will never, EVER forget the date of the Norman invasion and the Battle of Hastings after watching this. Ever."), Guillaume le Conquérant sur l'air de Sexyback de Justin Timberlake :

Et enfin, just for fun, un délire préhistorique et archéologique, sur l'air de Toxic de Britney Spears :

20 mai 2011

Il n'y a pas plus tenace que la chanson qui vous trotte dans la tête le matin, alors que vous n'avez même pas encore ouvert les yeux et que votre réveil vous serine depuis dix minutes. Cette chanson-là, vous aurez beau faire, elle vous reviendra sur le bout de la langue toute la journée, et ce pendant une semaine si vous êtes chanceux, plus si vous ne l'êtes pas (j'ai le souvenir douloureux d'un ouragan qui m'avait collé au cerveau pendant un long mois en terminale...).

Et ce matin, celle qui a élu domicile dans mon humble ciboulot, n'avait rien de la balade discrète qu'on fredonne en dégustant son porridge. Non. C'était du lourd - ou devrais-je dire "c'est", parce qu'à mon avis, j'en ai pour un petit moment.

[Je voulais insérer ici une image pour illustrer et rendre ce post un peu moins triste, mais je pense que vous allez être suffisamment traumatisés, je ne vais pas en rajouter. Cela dit, ce ne sont pas des monstres.]

Vous savez ce qu'est Super Junior, maintenant, à moins que vous ne soyez nouveau lecteur, fraîchement débarqué sur ce blog (auquel cas, il est encore temps de fuir). Vous vous doutez qu'ils ne sont pas seuls interprêtes ès niaiseries dans ce curieux pays qu'est la Corée. Et que s'il y a des boys bands, il existe également leur pendant féminin, à savoir les sympathiques girls band.

Là où les choses se gâtent, c'est quand le boys band reprend et parodie une chanson de girls band. Une chanson à la "mélodie" facile et au rythme simple, le genre bien commercial qui adhère facilement aux neurones. Comme, évidemment, je ne fais jamais les choses à moitié, c'est sur Youtube que j'ai découvert cette chanson, donc la vidéo qui va avec. (De toute manière, la chanson n'existe qu'en version live, de façon à faire profiter tous les téléspecteurs des hurlements des midinettes en folie.)

Bref, la coréïte aiguë est revenue, sentant sans doute l'approche et arrivée imminente des examens... Et comme je suis sympa, je vous laisse la vidéo, pour que vous aussi vous puissiez chanter le matin dans votre cuisine.

N'empêche, ils ont des T-shirts avec une inscription en hangeul !

Et comme je suis encore plus sympa, je vous épargnerai la vidéo de l'original (mais vous pouvez toujours aller voir par là ce que ça donne en version Girl's generation - oui, ce n'est pas l'originalité qui étouffe ceux qui baptisent les groupes coréens, m'enfin).

J'essaye de me soigner, même si c'est difficile. Pour l'instant, le seul remède que j'aie trouvé est la playlist de bandes originales de bollywoods, que ma soeur m'a rapportée d'Inde...

18 mai 2011

Le K

En règle générale, je ne suis pas l'actualité. Je ne regarde pas les informations, je n'écoute pas les informations, je ne lis pas les informations (sauf environ une fois par mois, quand je parviens à mettre la main sur un 20Minutes pour faire les mots fléchés, alors je jette un œil rapide sur les titres). Ce n'est pas un fait dont je m'enorgueillis, mais en règle générale, je me porte mieux sans savoir ce qui se passe dans le monde. J'ai dû être une autruche dans une vie antérieure.

Et avant-hier, pour la première fois depuis des mois, je me suis retrouvée sur une page de Google Actualités. Une page datée du jour-même, qui plus est ! Comment y suis-je arrivée ? C'est une bonne question, je n'en ai pas la réponse. Je devais sans doute errer sur Youtube, cherchant une vidéo quelconque qui visait à prouver à ma sœur que je connaissais la chanson Penjab qu'elle m'avait faite écouter. Et j'ai fini par visionner des vidéos de popping (ceux-là sont japonais), et de dance battles mettant en scène les Super Junior.

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Bref. Et j'ai fini sur Google Actualités, avec les mots-clefs « SM* Town Live » et « Zénith Paris ». Je n'ai pas trop compris comment, mais j'ai appris un truc somme toute assez amusant : quatre groupes de SM Entertainment – dont les Super Juniors – seront en concert au Zénith au mois de juin, et ledit Zénith s'est avéré complet en moins d'une heure. Si bien que le centre culturel coréen a tout fait pour obtenir une deuxième date de concert, chose obtenue, et dont les places se sont vendues aussi vite. Quand j'ai lu ça, j'ai cru que j'hallucinais, mais non.

Il y a donc des gens plus gravement atteints que moi. Ça me rassure.

* SM, pour "Star Museum" ; je ne sais pas si je préfère le jeu de mots vaseux ou le véritable sens de l'acronyme... Quoi qu'il en soit, il s'agit du producteur.

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19 mars 2011

I wonder how, I wonder why !

Au début, je trouvais que Full House était la pire des séries que j'ai vues jusque-là. Mais une série qui passe Lemon tree en bande-son ne peut pas être si mauvaise, si?

27 janvier 2011

Arietty

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Des couleurs à couper le souffle, un décors où l'on a envie de se réfugier, pour ne jamais en partir, des personnages de contes et légendes, mais auxquels on finit par croire malgré tout... Les raisons d'aimer ce film sont multiples. Mais je crois que c'est vraiment ce décors sublime, aux couleurs par centaines, avec fouillis végétal, fleurs sauvages, intérieurs douillets, qui m'a vraiment séduite.




Je ne ferai pas de résumé, pour ça, allez voir par là. Et je pense même que je n'en dirai pas davantage. Ce film est à voir pour le plaisir des yeux. Et pour la jolie histoire.

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Est-ce que cette chambre ne fait pas rêver?

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16 décembre 2010

Chanson

"La vie est une cerise,
La mort est un noyau,
L'amour un cerisier."

Le Roi et l'Oiseau

14 décembre 2010

Deuxième dieu de mon Panthéon: J-S Bach

Hier soir, après une journée éreintante, j'ai été me réfugier dans la douce chaleur des Bouffes du Nord, aux côté de ma p'tite Mutti et de ma chère Cécile. Deux heures et demi d'enchantement pour mes oreilles lasses d'entendre des gamins chahuter.

Les Concertos brandebourgeois, un paradis pour les oreilles. Sur instruments d'époque, vue de la corbeille, un délice pour les yeux.

La langueur des violoncelles et violes de gambe m'endort, et je m'éveille aux applaudissement. J'ai dormi de ce sommeil irréel qui nous surprend dans toute salle de spectacle. Le silence religieux qui entoure les musiciens, l'obscurité qui apaise après l'agression des néons métropolitains, et la chaleur agréable qui vient panser les griffures du froid. Un sommeil qui nous prend sans prévenir, mais qui nous garde une oreille ouverte, pour recueillir les envoûtantes mélodies de Bach. Ce sommeil suivi d'un réveil que l'on ne voudrait jamais voir s'achever, un réveil où l'on ne sais plus où l'on est, tout en le sachant; un réveil environné d'une musique divine.

Les rayons tombent de la coupole sur les violons élégants, sur les cors scintillants, sur les flûtes agiles, sur le clavecin virtuose. Les mouvements se succèdent et m'enchantent.

30 novembre 2010

Cure de Jouvence - part two

imgUne invitation à l'Opéra, ça ne se refuse pas. Un invitation à l'Opéra royal de Versailles, ça se refuse encore moins. Que dire, donc, d'une invitation à l'Opéra royal de Versailles pour un ballet baroque, sur musique de Mozart et Gluck, avec décors en toile peinte?
Évidemment pour rien au monde je n'aurais manqué ça! Surtout avec la promesse que l'on pourrait se glisser derrière le rideau après le spectacle pour admirer l'envers du décors.

Nous sommes arrivés dans la cour pavée, puis sommes entrés dans les couloirs du château, ou plutôt devrais-je dire corridors. Nous avons été accueillis, placés avec soin, dans le parterre, au deuxième rang, pour avoir le plus de profondeur possible sur le décor.

Les lumières s'évanouissent, le rideau se lève. Et là je reste bouche bée devant le spectacle. Le décor est encore plus beau que ce qu'on pourrait espérer. C'est gigantesque, c'est sublime! Arbres, buissons, colonnades, ciels nuageux peints sur d'immenses toiles. On se croirait dans un tableau du XVIIIe siècle, vous savez, ces tableaux bucoliques à la végétation mousseuse? Et la musique, tout aussi belle, qui rythme le pas des danseurs dans leurs costumes colorés et chatoyants. C'est merveilleux. Les changements de décors donnent le vertige. L'odeur du bois et de la peinture m'enivre. Ça fait rêver, complètement. Pour un peu, on se croirait à un autre siècle.

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Les danseurs sautillent, virevoltent, se chamaillent. Les instruments valsent et chantent leurs airs des siècles passés. Et le décors est là, majesté incontestable dans le cadre merveilleux de l'Opéra royal.

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L'escalier en demi-lune côté jardin, trois étages plus haut, nous passons une porte dérobée et déboulons sur la scène, ou plutôt, au-dessus de la scène. La vue sur les cintres, les projecteurs, les décors vus du haut. Nous descendons un petit escalier en bois et tomettes, et nous foulons le bois craquant de la scène. On se sent minuscule dans l'immensité des murs et des toiles.

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J'ai l'impression de réaliser un rêve de gamine, quand petite, je rêvais de passer à la suite des personnages dans les romans d'Annie Jay ou d'Annie Piétry pour courir le long des passages dérobés du château, d'aller dans les endroits interdits au public.

J'ai eu le plaisir de voir que j'étais encore capable de m'émerveiller, comme la petite fille que j'étais s'était émerveillée il y a plus de dix ans devant le monde des Poupées à Disney Land...

Je suis ressortie, il neigeait, et c'est avec encore des étoiles dans les yeux que j'ai regagné mon appartement parisien.

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