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Vous en parlerez à votre cheval...
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lecture
25 juin 2013

Lectures d'été - 2. La Loi du roi Boris

Titre: La Loi du roi Boris
Auteur: Gilles Barraqué, illustrations de Catherine Meurisse
Editeur: Nathan

D'abord, j'ai vu "illustré par Catherine Meurisse". Cette charmante illustratrice m'avait déjà séduite avec ses Hommes de Lettres, lorsqu'elle m'a offert un Marcel serrant une madeleine géante contre son coeur en dédicace.

Ensuite, la quatrième de couverture offrait, au-dessus du résumé, en rouge et en gras "Une seule lettre vous manque, et tout est dépeuplé". Le résumé, parlant d'un roi s'ennuyant qui, pour passer le temps, déclare la guerre à une lettre de l'alphabet, a fini de me convaincre.

Et si ce n'était pas assez, l'exergue:

Ferventes pensées envers ce cher Perec,
Subtil barbichu, baron d'Oulipo, toujours parmi nous !

La Loi du roi Boris

La Loi du roi Boris a été à la hauteur de mes espérances. Ce récit n'a pas été sans me rappeler Petit Homme et les princesses de Yack Rivais. Boris III interdit dans son royaume l'usage du e, et voilà les habitants privés de crevettes, de beurre, de pêches... Le premier Ministre devient Officiant principal, le boulanger pâtissant... Sous peine de se voir un doigt tranché, il est interdit de prononcer ou d'écrire le trait banni.

Le peuple rit d'abord. Puis se rebiffe. Kléber de Mettemberg, premier Ministre rebaptisé après la réforme Kobor di Mottomborg, mène la résistance, à l'aide de ses filles Hélène et Thérèse, ainsi que de sa femme, Edmée. La devise ? "Que l'e !" La règle ? Que des e, des traits bannis et profanes.

Les jeu sur le fond et la forme est savoureux. Le lecteur guette la faute, cherche le e qui se serait glissé malencontreusement dans un discours officiel. En vain. On s'amuse de l'absurdité de la situation.

Drôle, intelligent, délirant, ubuesque. Farce linguistique et bel hommage à l'Oulipo.

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24 juin 2013

Lectures d'été - 1. La Guerre des ombres

Bientôt ce sont les vacances d'été, ce qui signifie pour moi, pas de refuge au CDI pendant deux mois. Afin de rendre cette séparation moins difficile, j'ai effectué lors de mon dernier jour une vingtaine d'emprunts, pour occuper mon été et préparer des mini-expositions sur différents thèmes (et aussi pour savoir ce que recelle notre fonds en sicence-fiction et en littérature jeunesse).

Pour commencer facile, j'ai choisi les deux premiers tomes de La Guerre des ombres. "A partir de 9 ans" précise la quatrième de couverture. C'est peut-être un peu jeune pour un collège-lycée, mais après lecture, ça devrait plaire à certains. Il ne faut jamais se fier aux indications d'âge.

La guerre des ombres

Titre: La Guerre des ombres, t.1 "A la poursuite du chat Néo" et t.2 "L'Enfant des Maroïnns verts"
Auteur: Kim Jin-Kyeong
Editeur: Picquier, collection Picquier Jeunesse

Yuri part à la recherche de son chat Néo, qui s'est enfui dans le métro, accompagné du mystérieux Suhyeon, que personne ne semble connaître et qui pourtant est dans la même classe que Yuri. A partir de là, tout dérape. Une grand-mère un peu sorcière sort de nulle part et les emmène dans le Monde des Objets Perdus, au-delà des murs du métro. On découvre des chiens-ombres, des hommes-escargots, une Forêt-Mère en danger de mort.

A la surface de la Terre, le couvre-feu est de rigueur, mais une manifestation menace d'être réprimé par d'étranges militaires qui appartiennent à une armée privée. Dans l'autre monde, Yuri apprend qu'elle doit retrouver l'âme de la Reine de la Forêt-Mère.

Et comme si ce n'était pas assez tordu, de nouveau détails, tous plus fous les uns que les autres, apparaissent toutes les pages. Ce récit, sorte de voyage initiatique peuplé de rêves et de cauchemars, fourmille d'idées qui sont autant de preuves d'une imagination débordante. A la fois palpitant et angoissant, le voyage de Yuri suit la trame d'un conte traditionnel avec la forme d'un roman d'aventures, tout en se parant des atours des récits fantastiques et merveilleux.

A partir de neuf ans, certes, mais peut se lire bien plus tard également. Malheureusement, le tome 3 n'est pas encore sorti à ce jour...

6 mai 2013

Kissing the witch

"I am inclined to think that a witch should not kiss. Perhaps it is the not being kissed that makes her a witch; perhaps the source of her power is the breath of loneliness  around her. She who takes a kiss can also die of it, can wake into something unimaginable, having turned herself into some new species." Kissing the Witch, "The Tale of the Kiss", Emma Donoghue

Kissing the witch

Treize contes, dont les douze premmiers sont des réécritures de contes connus depuis des lustres: Blanche-Neige, Cendrillon, la Belle et la Bête... Douze réécritures sous le sceau du féminisme, où les princesses ne sont plus simplement décoratives, mais où elles deviennent de véritables actrices de leur destin.

Plus que ça, ce sont désormais elles les narratrices de leur propre histoire. Récits à la première personne, chacune raconte ses aventures à un personnage du conte précédent. Blanche-Neige, par exemple, demande à sa belle-mère à la fin de son histoire : "Who were you before you married my father? And she said, Will I tell you my own story? It is a tale of a handkerchief."

L'enchâssement des récits se fait en souplesse, et c'est tout naturellement que l'on suit la nouvelle narratrice dans sa propre histoire. Les styles changent subtilement d'une conteuse à l'autre. L'ensemble est extrêmement plaisant à lire, tant pour les happy endings que pour les histoires qui serrent le coeur. Voilà qui donne envie de (re)lire les contes de Grimm et compagnie !

"And what happened next, you ask? Never you mind. There are some tales not for telling, whether because they are too long, too precious, too laughable, too painful, too easy to need telling or too hard to explain. After all, after years and travels, my secrets are all I have left to chew on in the night.
This is the story you asked for. I leave it in your mouth." (ibid.)

PS : réécriture dans un genre complètement différent, mais qui se lit tout aussi facilement, Ash de Malinda Lo, réécriture de Cendrillon, sous la forme d'un roman pour young adult.

22 avril 2013

Le Décalage

La couverture de l’album n’en est pas une, et sans le bandeau, ajouté par l’éditeur, impossible de connaître l’auteur de cette bande dessinée, ou le titre (on peut essayer cependant d'en deviner l’auteur à ce dessin noir et blanc assez caractéristique). Le bandeau indique « Marc-Antoine Matthieu, Le Décalage, Delcourt ». Au dos, sur le bandeau toujours, le code-barres et une mention intrigante. « Attention : cet album comporte des anomalies qui sont parfaitement volontaires et en constituent même le sujet. » Une fois le papier ôté, la couverture est nue, ou plus exactement, nous avons deux planches traditionnelles. Même la tranche est dénuée de toute marque : pas de titre, ni même le petit triangle inversé de Delcourt.

Le Décalage

La première planche / première de couverture indique une pagination… « 7 ». Faut-il commencer par la page 1, qui se trouve à la fin du volume ? Avec un tel titre, on comprend rapidement que l’impression a décalé de sept pages toute l’histoire. Finalement, j’entreprends une lecture en commençant par la page 7. Et l'impression n'est pas la seule décalée.

Pas de page de garde non plus, la bande dessinée a commencé. Le héros, Julius Corentin Acquefacques (verlan pour Kafka, a fait remarquer un site, je ne sais plus lequel), n’apparaît pas. Il est présent, mais inconsistant. Les personnages secondaires s’inquiètent : une histoire peut-elle commencer sans son héros ? Une secousse, et les voilà dans un espace vide : le Rien. « Il y a eu un glissement spatio-temporel… nous sommes décalés par rapport au récit initialement prévu, » explique un des personnages. Et le héros de penser : « Non seulement il n’y avait plus d’histoire, mais de surcroît j’en étais exclu… mais est-ce la fonction qui fait le héros ou le héros qui fait la fiction ? »

Le Décalage 01

Les réflexions logico-absurdes et paradoxales s’enchaînent, mêlées de jeux de mots délicieux, pendant que nos personnages secondaires avancent dans une sorte de désert, « le Grand Rien ». Puis, arrivé page 40, stupeur, horreur : des pages sont déchirées ! Un peu inquiète, je m’apprête à retourner à la librairie, pour signaler le problème. Mais je me rends compte, avec plus d’attention que les bulles se continuent d’une page sur l’autre, que le sens même de leur contenu change lorsque l’on tourne les trognons de page.

Le Décalage 02

Et page 53, les personnages sortant des cases de se demander « Et si nous étions hors de l’espace ? Serions-nous… hors du temps ? » La numérotation des pages disparaît, les cases aussi, les personnages n’ont plus aucun décor, avant d’arriver sur la quatrième de couverture, alors en plein milieu de l’album. Enfin, le code-barres, puis la page de couverture ! Et l’histoire continue, pour rejoindre la page 7 ; la boucle est bouclée.

Un album complètement fou, absolument génial. Un jeu sur les codes de la bande dessinée, le méta-texte, le langage. Un régal !

22 janvier 2013

Rien ne nous survivra. Le pire est avenir.

Rien ne nous survivra fait l'effet d'un coup de matraque sauvagement asséné sur le crâne. J'avais lu le tout début il y a près de deux semaines, et, gênée par l'alternance des points de vue à la première personne ainsi que par la violence qui se dégageait des premières pages, j'avais mis le roman de côté. Finalement, mon retour de Caen hier aura eu raison de mes réticences. En deux soirs, j'ai littéralement dévoré les quelques centaines de pages du livre de Maïa Mazaurette (qui est, paraît-il, connue, mais que je ne cite que pour conserver l'équilibre et le rythme de ma phrase).

Rien ne nous survivra

Le contexte est simple : les jeunes se sont révoltés, et ont décidé d'éradiquer les vieux. Ainsi, le roman commence deux ans après le début de la révolte ; la guérilla des jeunes a détruit Paris, les vieux campent sur leurs positions au Nord et les jeunes ont pris possession de la Rive Gauche. La limite d'âge : vingt-cinq ans.

Je viens de lire quatre ou cinq critiques et commentaires sur ce livre, et tous abordent un point précis du roman, mais jamais le même. L'un s'attarde à débusquer la signification de l’œuvre, l'autre sur la narration, un autre encore sur la relation entre les deux protagonistes. Que l'on soit clair : je n'ai pas cherché la moindre critique de la société dans ce livre. Classé en SF, empiétant sur le territoire du fantastique, je l'ai pris pour une histoire. Horrible, atroce, d'une violence inouïe, certes, mais une histoire quand même.

Sven-Fennema-Rise and fall

J'ai fini par m'habituer à la narration en points de vue alternés. Deux personnages, deux snipers, Silence et l'Immortel. Autant vous le dire tout de suite : le sniper rejoint dans mon imaginaire de midinette l'archer. Et pourtant, les deux personnages autant l'un que l'autre sont absolument terrifiants, quand on y pense.

Meurtres, assassinats, raids ; les cadavres s'entassent, les blessures pourrissent, les rats pullulent, la faim et la mort rôdent. Paris est calcinée. On pensait avoir cerné le décors. Puis s'ajoutent aux deux voix, une troisième, impersonnelle, celle de la Théorie. Parce qu'il faut une idéologie à une révolution. Et l'on nous parle des débuts de la révolte. Des parricides en masse. Un certain choc, voire un choc certain, écarquille les yeux du lecteur à ces lignes. Puis la lecture se poursuit.

Sven-Fennema-2

Ce qui m'a fait tenir ? Le meilleur. Silence. On imagine, sans trop réfléchir, un garçon. Puis le doute s'installe, quand l'Immortel précise que personne ne sait s'il est féminin ou masculin. Ma lecture avance au fil des pages, cherchant l'indice grammatical, le petit accord, qui trahira le sexe de l'énigme Silence. Mais en vain. Et ses relations n'aident guère : amitié qui pourrait être plus avec Vatican, experte en renseignements, et l'obsession amour-haine-désir sadomasochiste que lui voue l'Immortel.

Les courses poursuites dans les bâtiments en ruines, sur les toits, dans les rames désertées du métro ont parfaitement satisfait la midinette qui est en moi, que l'intrigue sentimentale a fini par décevoir. Mais il en fallait plus pour détrôner Silence en mon esprit. La classe incarnée. Malgré les horreurs perpétrées par son bras, ses idéaux le placent au-dessus de la mêlée, qui finit par devenir semblable à ceux qu'il ou elle combattait. Un petit côté Sa Majesté des mouches, qui m'avait bien traumatisée à l'époque.

Pour résumer, un récit qui ne fait pas dans la dentelle, à la démesure de plus en plus folle, au rythme soutenu, dont le style quasi-répétitif lancine autant que les bombes qui tombent sur Paris. Amoral. Cathartique, presque.



PS : les deux photographies sont de Sven Fennema.

 

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30 novembre 2012

Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil...

... nocturne du vendredi soir, pounctuée par les problèmes de métro à l'arrivée.

Outre les quelques achats pour mon CDI bien-aimé, que je me dois de fournir en livres jeunesse, j'ai comme qui dirait fait quelques folies. Mais c'est de la faute des libraires / éditeurs, tellement sympathiques. Et c'est aussi de la faute des auteurs, tellement doués. Les étals de couleurs chatoyantes et chaleureuses, la finesses des traits, l'originalité des titres. Et c'est sans compter sur l'inouïe poésie de certains noms de maisons d'édition ! Bref, au milieu de cette caverne d'Ali Baba, je n'ai pu résister.

montreuil

PS : on a vu Boulet aussi !

16 septembre 2012

N'embrassez pas qui vous voulez

N'embrassez pas qui vous voulez

Titre N'embrassez pas qui vous voulez (oneshot)

Scénario : Marzena Sowa
Dessin et couleurs : Sandrine Revel

Editeur : Dupuis (2012)

L'éditeur annonce « Qu'un petit garçon essaie d'embrasser une petite fille, cela n'a normalement rien de dramatique. (…) Mais si la scène se passe pendant la projection d'un film de propagande, à l'école, dans une République socialiste, bien des années avant que le Mur ne fasse mine de se fissurer, tous les ingrédients sont réunis pour que cela vire au drame... ». Le titre avait déjà attiré mon regard, ainsi que l'image du moustachu Staline, et le résumé a fini de me convaincre.

Les personnages ne sont pas des héros, ils ne sont pas non plus des pantins d'un système trop rigoureux. Ceux que l'on pense à la solde du régime – enseignante, directeur – ne sont en réalité pas plus que de simples humains. Pas d'excès dans cette histoire, si ce n'est ceux de l'Histoire, mais de simples actes du quotidien. Des actes qui ne sont pas vus comme des actes de résistance, mais comme des actes de survie.

Le film de propagande, la menace de la milice, l'interdiction de s'exprimer, le danger de l'écriture, les interrogatoires, la délation encouragée. Tout est présent, rien n'est outré, tout sonne juste dans cette histoire où une bande de gamins apprennent à penser par eux-mêmes sous le regard vigilant d'un écrivain, le père de notre protagoniste.

Toute une série de portraits de familles divers et variés, où l'on sent que la vie est difficile dans le froid de l'hiver, et les réalités du système sont véritablement palpables, bien plus que dans un cours d'histoire ou dans un documentaire.

Certains passages sont durs, mais le sourire des gamins finit par nous gagner, et l'on cherche avec eux cette Vérité. Un très belle histoire, qui m'a rendue sensible, pour la première fois de ma vie, à ce qui s'est passé, un jour, en URSS.

13 septembre 2012

Azimut

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Titre Azimut, tome 1 "Les aventuriers du temps perdu" (série)

Scénario : Wilfrid Lupano
Dessin et couleurs : Jean-Baptiste Andreae

Editeur : Vents d'Ouest (2012)

Avec un titre pareil, comment aurais-je pu ne pas être intriguée immédiatement ? Azimut, « Les aventuriers du temps perdu ». Qui résisterait à un titre-valise, dans lequel se rencontrent Marcel Proust et Indiana Jones ? Et le contenu est à la hauteur. Ajoutons à Proust et Indiana, Lewis Carroll, un peu de Dali, et pourquoi pas un ou deux auteurs de science-fiction, le tout saupondré de contes ancestraux et de récits d'aventure ?

Quentin de la Pérue, explorateur, débarque après deux ans d'errances maritimes et s'apprête à coloniser pour le royaume de Ponduche... la plage de Ponduche. Impossible, me direz-vous ? Que nenni, rien n'est impossible dans cet univers. Et tout s'explique quand le monarque Irénée le Magnanime explique qu'ils ont perdu le Nord. En effet, un petit rigolo s'est amusé à dérober le Pôle Nord, si bien que toutes les boussoles s'affolent.

Entre temps, Aristide Breloquinte, savant fou de son état, étudie les animaux chronoptères. Il est spécialiste des Belles Lurettes et autres Coucous des pendules. Un peintre, Eugène, se meurt d'amour et de haine pour la belle qui l'a abandonné. Et la sulfureuse Manie Ganza, princesse au passé mystérieux, en réalité voleuse de crones et qui cherche à s'attaquer à la banque du temps. Parmi ces humains évoluent des saugres, chimères improbables (animaux, poêles à bois, épouvantails et j'en passe) douées de parole, sorties d’œufs de clepsygrues.

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Vous l'aurez compris, cette fable, ce conte, cette aventure, je ne sais quel nom lui donner, mélange avec subtilité et génie le burlesque, le surréalisme, le baroque, l'imaginaire, le... bref, tout. Lapin blanc à la Alice, contes de la Saint-Glinglin, tout un mélange pétillant et frétillant sur un univers dans lequel un drame se prépare : qui a volé le Pôle Nord et dans quel but, qu'est donc cette banque du temps dont tout le monde pense qu'elle n'existe pas, qui est véritablement Manie Ganza ? Autant de mystères qui devront attendre le tome suivant.

11 septembre 2012

Love

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Titre Love, tome 1 "Le tigre"

Scénario : Frédéric Brrémaud
Dessin et couleurs : Federico Bertolucci

Editeur : Ankama (2011)

Histoire muette, le lecteur qui n'a plus qu'à savourer les images splendides de ce livre, suit le quotidien d'un tigre au coeur de la jungle.

Le silence semble bruisser des sons de la forêt : on entend la chute d'eau, les rugissement de la panthère, les coups de griffe tranchant l'air, le pas lourd de l'éléphant. Et on admire, bouche bée, la magnificence du seigneur tigre.

love

6 septembre 2012

Les Chevaux du vent

Les chevaux du vent - 1 Les chevaux du vent - 2

Titre Les Chevaux du vent (twoshots)

Scénario : Lax
Dessin et couleurs : Fournier

Editeur : Dupuis (2012)

L'histoire se passe au Népal, dans le fin fond de l'Himalaya, à la frontière du Mustang et du Tibet, pendant la colonisation anglaise. Un paysan, sa femme et ses trois fils vivent dans un village reculé, isolé dans l'immensité des montagnes. Le benjamin est muet, et les autres enfants l'ont choisi comme souffre douleur. Afin de le protéger, son père l'envoie dans un monastère au Mustang, où il sera moine. Douze ans plus tard, c'est le cadet qui quitte la maison, pour s'engager dans l'armée anglaise. Le père, qui ne s'est toujours pas remis du départ de son petit dernier, décide de partir pour le monastère. Seulement, depuis le temps, les frontières du Mustang se sont fermées : il n'est plus possible d'y entrer sans laisser-passer. Alors il s'engage dans l'armée anglaise, comme cartographe : il sera alors envoyé comme espion au Mustang pour faire des relevés.

L'histoire est poignante, les dessins splendides. Les marches interminables sur les sentiers escarpés, les nuits passées dans le silence de l'Himalaya. Les querelles entre frères, la perte d'un fils, la jalousie. Le danger que l'on croit venir de la nature même du paysage est en réalité plus menaçant lorsqu'il vient des hommes.

Sorte d'épopée en deux volumes, histoire complète, presqu'une tragédie, Les Chevaux du vent, donne à voir des lieux et une époque fascinants, et raconte l'homme.

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