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Vous en parlerez à votre cheval...
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2 août 2013

Lectures d'été - 9. Le Meilleur des monde possibles

Titre: Le Meilleur des mondes possibles et autres nouvelles
Auteur: Ray Bradbury
Editeur: Gallimard, collection Folio 2€

Le Meilleur des mondes possibles

Suite à mon émerveillement et au plaisir éprouvé lors de la lecture de Celui qui attend, j'ai continué mon exploration des nouvelles de Ray Bradbury.

Toujours aussi belle, sa prose se fait envoûtante pour raconter les histoires d'amour. Dans ce recueil, cinq histoires, dont une seule ne m'a pas vraiment marquée, celle du Petit Tambour de Shiloh. Les autres sont superbes et surprenantes.

La plus "hors normes" est, selon moi, celle de La Femme illustrée. Il me semble qu'un des recueils de nouvelles de Bradbury a pour titre L'Homme illustré : cela a-t-il un rapport? Je ne sais, et peu importe. Cette histoire n'a pas été sans me rappeler certains cours de philosophie, tout comme la dernière nouvelle qui a donné son titre au recueil. Perception, sujet, désir, bonheur, morale, nombreux sont les thèmes mis en question dans ces nouvelles, qui ne sont pas seulement belles mais poussent aussi à réfléchir.

Je crois en fin de compte que l'histoire que j'ai préférée est celle de ces deux hommes, explorateurs, qui découvrent un mirage dans un désert et décident d'en faire leur gagne-pain. Les gens, émerveillés, y voient tous une ville différente: Paris, Rome, New York, Londres, et même Xanadu, sortie des vers de Coleridge. Lorsque l'homme qui leur a toujours coupé l'herbe sous le pied arrive avec l'acte de propriété du terrain d'où l'on peut admirer ce Rare miracle d'ingéniosité (titre de la nouvelle), il ne voit rien. Ce n'est pas un "pur" comme le disent les deux comparses. Foi, imagination, poésie. On ne sait pas vraiment à quoi est lié ce mirage miraculeux, mais ce sont des yeux d'enfants qui font revenir la cité effacée par les incrédules.

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30 juillet 2013

Lectures d'été - 8. Le Prince des voleurs

Titre: Le Prince des Voleurs
Auteur: Cornelia Funke
Editeur: Le Livre de poche Jeunesse (2008)

Le Prince des voleurs

En voyant la couverture, j'ai tout de suite pensé "chouette, Venise!"; en lisant la quatrième de couverture, j'ai été très intrigué par cette histoire d'enfants vivant dans les rues de Venise, protégés par un mystérieux Prince des Voleurs, d'autant que ledit prince a pour prénom Scipio, ce qui est quand même trop cool comme prénom. Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un bon livre dans le genre initiatique.

Pourtant, j'ai été déçue. Ou plutôt, je suis restée sur ma faim. Les personnages sont pour l'ensemble assez attachants (même si en fin de compte Scipio est assez insupportable), mais n'évoluent pas suffisamment. J'ai eu l'impression que les aventures dans lesquelles ils se sont engagés ne leur ont rien enseigné. Bien sûr, la situation finale connaît quelques évolutions par rapport à l'initiale, mais les personnages donnent l'impression d'être restés identiques.

En outre, il est très difficile de définir la direction que veut prendre cette histoire. Aventure, assurément. Un peu d'enquête quand nous suivons les filatures de Victor, le détective à la recherche de deux des orphelins. Jusque-là, le mélange fonctionne plutôt bien. Mais brusquement apparaît un mélange de merveilleux et de fantastique qui m'a laissée perplexe. Que cette touche magique serve un objectif dans l'histoire, pourquoi pas, mais en l'occurrence, j'ai trouvé que ce qu'elle apportait ne faisait que renforcer mon opinion: les personnages obtiennent ce qu'ils veulent, comme ça, hop, et voilà, fin de l'histoire.

J'exagère un peu, mais à peine.

Par contre, ce romant se lit tout seul, l'écriture n'est pas désagréable (même si la traduction est parfois moyenne), et puis... c'est Venise! Il suffit d'oublier Scipio. Les adultes en revanche sont assez réussis: Ida et Victor, quoiqu'assez peu réalistes (mais rien dans cette histoire n'est fait pour l'être), sont sympathiques et drôles.

Somme toute, un roman étrange, à lire pour les canaux et ruelles, les places et ponts de Venise, et la lagune. Ah oui, et chaque tête de chapitre est illustrée par l'auteur, et c'est très joli.

17 juillet 2013

Lectures d'été - 7. Celui qui attend

Pour changer un peu des romans jeunesse, je fais une excursion dans l'univers poétique et tour à tour merveilleux et angoissant de Ray Bradbury.

Titre: Celui qui attend et autres nouvelles
Auteur: Ray Bradbury
Editeur: Librio (1995)

Celui qui attend et autres nouvelles

Ce livre recueille des nouvelles de Ray Bradbury dans ses oeuvres les plus variées: Les Machines à bonheur, L'Homme illustré, A l'ouest d'octobre, Chroniques martiennes ou encore Je chante le corps électrique et quelques autres. Se suivent des histoires merveilleusement poétiques, des contes macabres, des récits de science-fiction, des histoires angoissantes qui frisent le fantastique.

Je n'ai pas tout aimé, mais tout m'a marquée. J'ai une nette préférence pour le lyrisme de Ray Bradbury, qui m'avait tant charmée quand j'avais lu Fahrenheit 451: les récits fantastiques ont trop tendance à me donner la chair de poule pour que je les apprécie entièrement, mais je dois reconnaître qu'ils ne m'ont pas laissée de marbre. Le cauchemars que j'ai fait la nuit suivant leur lecture en est certainement une preuve.

Ce qui est très appréciable dans ce recueil, c'est qu'il ne laisse aucun genre de côté, il ne classe pas, il ne trie pas. On aborde chaque nouvelle histoire avec un oeil neuf, sans a priori et sans même savoir le ton qui sera le sien. J'ai très envie désormais de lire les Chroniques martiennes.

10 juillet 2013

Lectures d'été - 6. Chroniques de l'Université invisible

Titre: Chroniques de l'Université invisible
Auteur: Maëlle Fierpied
Editeur: L'Ecole des Loisirs (what else ?)

Le premier roman que j'avais lu de Maëlle Fierpied qui était son second m'avait tout à la fois énormément plu et déçue. Galymède, fée blanche, ombre de Thym (comment résister à un titre pareil ?) était à la fois palpitant, original, intelligent, mais sa fin en queue de poisson donnait une impression d'inachevé assez frustrante. Comme si l'auteure s'était dépêchée de terminer. Les Chroniques de l'Université invisible souffrent du même syndrôme, mais dans une moindre mesure.

Chroniques de l'Université invisible

L'histoire ? L'on suit les mésaventures d'adolescents doués de télépathie ou télékinésie qui se retrouvent arrachés à leur vie, à leur famille, et intégrés bon gré mal gré dans une université qui se charge de leur faire développer leur don. "L'Université invisible vient de vous kidnapper. Cette organisation secrète s'intéresse à vos dons uniques, magiques, terribles. Pour les perfectionner, elle vous embarque sur une île mystérieuse. Désormais, votre présent et votre avenir sont ici. Car bientôt, dans le monde d'En Bas, plus personne ne se souviendra de vous." Voici ce qu'explique la quatrième de couverture, nous donnant d'ores et déjà l'impression que cette université a quelque chose de nuisible.

On commence par faire connaissance avec trois adolescents jusqu'à leur enrôlement au sein de l'école: Mélusine, télépathe, 11 ans, enlevée par son professeur de français (son grand-père Alioth, quoique très peu présent dans le roman, a mes faveurs, je ne sais pourquoi); Framboise, télékinésiste, 14 ans, récupérée par un Vampire (oui oui, y a des vampires dans cette histoire); et Tristan, 15 ans, télépathe, amnésique et orphelin, vivant du vol de portefeuilles dans une gare, repéré par un ami de ses parents décédés.

Autour du trio gravitent les membres de l'université, les membres d'une multinationale tentaculaire (Shiva), les vampires, et d'autres encore, plus anecdotiques. Un récit qui mèle fantastique, aventure et un monde légèrement futuriste. L'univers créé par Maëlle Fierpied est extrêmement riche, ses personnages sont colorés et vivants.

Une histoire qui se lit d'une traite et allie suspens, action et humour avec brio. Même si la fin est légèrement rapide, ce n'est que positif: on voudrait en savoir davantage!

8 juillet 2013

Lectures d'été - 5. Et si c'était niais ?

Titre: Et si c'était niais ? Pastiches contemporains
Auteur: Pascal Fioretti
Editeur: Magnard, collection Classiques & Contemporains

L'idée de pastiches m'amusait follement, et je dois dire que le titre, faisant écho à un roman bien-connu mais que je n'ai jamais lu, m'avait interpelée dès l'entrée du volume dans les rayonnages du CDI. Aussi, j'ai profité des beaux jours pour me mettre à la lecture de cette oeuvre abrégée (oui, c'est un livre pour le collège/lycée, un specimen offert au CDI par l'éditeur, avec tout un dossier pédagogique sur le pastiche: je n'aurais pas acquis le roman sans en connaître l'existence).

Et si c'était niais, pastiches contemporains

Les auteurs pastichés, nous les connaissons tous, au moins de nom. Denis-Henri Lévy, Jean d'Ormissemon, Fred Wargas, Marc Lévis®, Amélie Notlong, Anna Galvauda... Tous sont des auteurs "à best-sellers", des habitués de la rentrée littéraire. Et je n'en ai lu aucun.

Pourtant, j'ai apprécié les pastiches. Rapidement, on voit les tocs de l'auteur, on apprécie l'exagération du pasticheur. L'écriture est savoureusement grinçante, et l'histoire délicieusement absurde. Chaque chapitre passe un auteur à la question. Les titres des chapitres sont savoureux: "Tais-toi si tu veux parler" pour Fred Wargas, "Quelqu'un m'attend, c'est tout" ou encore l'exquis "Hygiène du tube (et tout le tremblement)". Et l'ensemble des chapitre forme une intrigue policière, où un serial killer kidnappe les auteurs (sauf Jean d'Ormissemon, qui a tellement saoulé de paroles le pauvre kidnappeur qu'il a échappé à l'enlèvement).

En charge de l'enquête, une copie d'un personnage de Fred Vargas. Selon les styles, on nage dans l'incompréhension, dans un style ampoulé, dans un ego surdimensionné. Les auteurs - ou plutôt leurs doubles - sont mis en scène et ne sont pas plus épargnés que leur style.

A la fois pastiche et caricature, Et si c'était niais? fait largement sourire et se lit tout seul.

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5 juillet 2013

Lectures d'été - 4. Tara Duncan

Titre: Dara Dunca, t.1 "Les Sortceliers"
Auteur: Sophie Audouin-Mamikonian
Editeur: Pocket Jeunesse

Une histoire d'aventure dans un monde où règne la magie, cela n'a rien de très original. L'histoire de Tara, qui vit chez sa grand-mère depuis que ses parents sont morts et qui s'en va à la découverte de l'univers parallèle auquel elle appartient, est bien connue. Harry Potter vient immédiatement à l'esprit, mais également Le Seigneur des Anneaux, avec les nains barbus et les elfes blonds. Rien d'innovant, donc.

Cependant, l'humour est très accrocheur. Cette sorte d'inconscience des personnages, les situations cocasses qui se mutltiplient... On ne sait plus trop s'il s'agit d'un véritable roman d'aventures et de magie ou d'une sorte de gentille parodie du genre.

Tara Duncan, 1 - Les Sortceliers

Le personnage de Tara est assez agaçant, mais les personnages secondaires font remonter le niveau. Je dois dire que j'ai un léger faible pour la naine à la barbe tressée. Certains personnages disparaissent au cours du récit sans que l'on comprenne pourquoi, et d'autres subissent une évolution très peu crédible (mais comme ce n'est que le premier tome, on peut espérer que la suite répare ces erreurs).

Quant à la narration, elle laisse à désirer. L'objectif est clair, les péripéties se succèdent sans difficulté, le tout est extrêmement fluide, mais je ne sais pas... il manque comme un souffle qui nous emporterait dans l'aventure avec les personnages. On ne voit pas comment tous les éléments sont liés, et même s'ils le sont peut-être par la suite, quelques indices seraient bienvenus, afin de donner envie de lire le tome deux.

Pour résumer, le premier volume des aventures de Tara Duncan est amusant, voire drôle, et les personnages sont sympathiques. Mais il lui manque ce souffle épique et inspiré qu'ont les grandes saga du genre.

26 juin 2013

Lectures d'été - 3. Treize petites enveloppes bleues

Titre: Treize petites enveloppes bleues
Auteur: Maureen Johnson
Editeur: Gallimard Jeunesse, collection Pôle fiction

Je mets l'ancienne couverture, parce qu'elle est plus jolie que celle du livre que j'ai entre les mains.

Treize petites enveloppes bleues

Le principe est simple et plus qu'intrigant. Ginny, adolescente Etats-Unienne, après la mort de sa tante, reçoit treize enveloppes bleues, chacune contenant des instructions et des indices, qui la conduisent dans un périple ahurissant à travers l'Europe.

La tante est fantasque, la jeune fille timide et effacé. Sans originalité. Mais sa traversée de l'Europe en solitaire fait envie. Londres, Edimbourg, Rome, Paris, Amsterdam, Copenhague, Corfou. A l'exception de la dernière, ce sont des destinations que je connais, et dont les souvenirs sont encore nets dans ma mémoire (Rome est plus lointain, mais comment oublier les arches du Colisée et les colonnes du forum ?).

Ginny fait des rencontres et découvre un univers dont elle ignore tout. Les descriptions des villes et des pays découverts sont pleines de clichés, et on aurait pu attendre au contraire, la chute des préjugés. Mais qu'importe ? On voyage, on prend l'avion, le train, le bateau... Et on suit le jeu de piste fou de la tante Peg. Et la galerie des personnages n'est pas pour déplaire: Richard le Londonien, Beppe le Romain, la famille Knapp, stakhanovistes du voyage, Knud le Danois, le petit groupe de l'auberge de jeunesse... sans oublier Keith, l'étudiant en théâtre anglais et roux.

Le rythme soutenu de l'histoire ne nous laisse pas vraiment le temps de souffler, et la fin, un peu surprenante, pourrait être décevante et laisser comme un arrière-goût d'inachevé. Mais je m'en suis remise, et je pense que c'est pour le mieux.

Ce roman reste clairement un roman pour adolescent, mais sa lecture est somme toute rafraîchissante et les touches d'humour ne sont pas désagréables. Par contre le "filles" ajouté à côté du label de la collection ne me plaît pas. Ce n'est pas plus un roman pour fille qu'un autre. Cette manie de genrer tout et n'importe quoi a quelque chose de profondément agaçant. Mais là n'est pas le sujet.

Bref, à lire pour les vacances, quand on commence à manquer d'air et à vouloir passer les frontières de son pays, découvrir de nouveaux horizons !

25 juin 2013

Lectures d'été - 2. La Loi du roi Boris

Titre: La Loi du roi Boris
Auteur: Gilles Barraqué, illustrations de Catherine Meurisse
Editeur: Nathan

D'abord, j'ai vu "illustré par Catherine Meurisse". Cette charmante illustratrice m'avait déjà séduite avec ses Hommes de Lettres, lorsqu'elle m'a offert un Marcel serrant une madeleine géante contre son coeur en dédicace.

Ensuite, la quatrième de couverture offrait, au-dessus du résumé, en rouge et en gras "Une seule lettre vous manque, et tout est dépeuplé". Le résumé, parlant d'un roi s'ennuyant qui, pour passer le temps, déclare la guerre à une lettre de l'alphabet, a fini de me convaincre.

Et si ce n'était pas assez, l'exergue:

Ferventes pensées envers ce cher Perec,
Subtil barbichu, baron d'Oulipo, toujours parmi nous !

La Loi du roi Boris

La Loi du roi Boris a été à la hauteur de mes espérances. Ce récit n'a pas été sans me rappeler Petit Homme et les princesses de Yack Rivais. Boris III interdit dans son royaume l'usage du e, et voilà les habitants privés de crevettes, de beurre, de pêches... Le premier Ministre devient Officiant principal, le boulanger pâtissant... Sous peine de se voir un doigt tranché, il est interdit de prononcer ou d'écrire le trait banni.

Le peuple rit d'abord. Puis se rebiffe. Kléber de Mettemberg, premier Ministre rebaptisé après la réforme Kobor di Mottomborg, mène la résistance, à l'aide de ses filles Hélène et Thérèse, ainsi que de sa femme, Edmée. La devise ? "Que l'e !" La règle ? Que des e, des traits bannis et profanes.

Les jeu sur le fond et la forme est savoureux. Le lecteur guette la faute, cherche le e qui se serait glissé malencontreusement dans un discours officiel. En vain. On s'amuse de l'absurdité de la situation.

Drôle, intelligent, délirant, ubuesque. Farce linguistique et bel hommage à l'Oulipo.

24 juin 2013

Lectures d'été - 1. La Guerre des ombres

Bientôt ce sont les vacances d'été, ce qui signifie pour moi, pas de refuge au CDI pendant deux mois. Afin de rendre cette séparation moins difficile, j'ai effectué lors de mon dernier jour une vingtaine d'emprunts, pour occuper mon été et préparer des mini-expositions sur différents thèmes (et aussi pour savoir ce que recelle notre fonds en sicence-fiction et en littérature jeunesse).

Pour commencer facile, j'ai choisi les deux premiers tomes de La Guerre des ombres. "A partir de 9 ans" précise la quatrième de couverture. C'est peut-être un peu jeune pour un collège-lycée, mais après lecture, ça devrait plaire à certains. Il ne faut jamais se fier aux indications d'âge.

La guerre des ombres

Titre: La Guerre des ombres, t.1 "A la poursuite du chat Néo" et t.2 "L'Enfant des Maroïnns verts"
Auteur: Kim Jin-Kyeong
Editeur: Picquier, collection Picquier Jeunesse

Yuri part à la recherche de son chat Néo, qui s'est enfui dans le métro, accompagné du mystérieux Suhyeon, que personne ne semble connaître et qui pourtant est dans la même classe que Yuri. A partir de là, tout dérape. Une grand-mère un peu sorcière sort de nulle part et les emmène dans le Monde des Objets Perdus, au-delà des murs du métro. On découvre des chiens-ombres, des hommes-escargots, une Forêt-Mère en danger de mort.

A la surface de la Terre, le couvre-feu est de rigueur, mais une manifestation menace d'être réprimé par d'étranges militaires qui appartiennent à une armée privée. Dans l'autre monde, Yuri apprend qu'elle doit retrouver l'âme de la Reine de la Forêt-Mère.

Et comme si ce n'était pas assez tordu, de nouveau détails, tous plus fous les uns que les autres, apparaissent toutes les pages. Ce récit, sorte de voyage initiatique peuplé de rêves et de cauchemars, fourmille d'idées qui sont autant de preuves d'une imagination débordante. A la fois palpitant et angoissant, le voyage de Yuri suit la trame d'un conte traditionnel avec la forme d'un roman d'aventures, tout en se parant des atours des récits fantastiques et merveilleux.

A partir de neuf ans, certes, mais peut se lire bien plus tard également. Malheureusement, le tome 3 n'est pas encore sorti à ce jour...

19 janvier 2013

Vignettes

Lundi

La nuit est tombée, et le crachin de Normandie est devenu averse. Le campus 1 est désert dans la nuit. Clef en poche, je me dirige vers la maison de la recherche, où une chambre m'attend. Les bâtiments au look socialisto-communisto-stalinien, quoiqu'entretenus, sont angoissants dans l'obscurité luisante de pluie. Passée la passerelle, le campus retrouve son sens étymologique, et devient vaste champ herbeux. Lorsque j'entre dans ma chambre surchauffée, j'éteins le radiateur et ouvre ma fenêtre sur le désert des pelouses détrempées.

Mardi

La cafétéria de la maison de la recherche, à huit heures du matin, est déserte. Seule la responsable de l'endroit s'occupe de ranger les livraisons dans la réserve. Les pains au chocolat sortent du four, je sirote mon thé, accoudée au bar. De cet étage, quand on se penche sur la rambarde, on voit de haut le plan de Rome, maquette de la Rome antique de près de 70m², datant du début du XXe siècle.

Mercredi

Pas un seul doctorant au labo à Nanterre. Je profite du calme pour avancer mes expériences syntaxiques. Mais les problèmes s'ajoutent aux erreurs, et pas l'ombre d'une solution ne pointe son museau.

Jeudi

Je reprends l'écriture. L'écriture de fiction. Plus précisément de fanfiction. Deux ans sans écrire, je suis un peu rouillée, mais l'envie me chatouillait les doigts depuis plusieurs mois. J'ai fini par céder. Le soir tombe, je finis par me mettre au travail.

Vendredi

Club BD. Préparation de l'exposition sur Angoulême. L'enthousiasme de certains fait chaud au coeur. "Madame, on refera une sortie à Angoulême l'année prochaine ?" Un peu gênée, je me contente de sourire. Où serai-je l'année prochaine ? Moi-même je n'en sais rien. Dans ce flot d'inconnu qu'est la découverte du monde de la recherche, le collège est comme un havre où jeter une ancre rassurante. J'espère pouvoir conserver ce pied-à-terre salvateur.

Samedi

Les trottoirs sont boueux, quelques traces de blanc subsistent dans les canivaux. Le parc est fermé, et à travers les grilles on peut voir les allées immaculées. Le marché du livre ancien ouvre ses portes. Les chalands sont rares, et les libraires aussi. Les quelques présents battent la semelle et blotissent leurs doigts gourds dans leurs gants.

P1020749

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