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Tant crie l'on Noël qu'il vient.
(François Villon, Ballade des Proverbes)
Il y a quatre âges dans la vie de l'homme:
- celui où il croit au Père Noël
- celui où il ne croit plus au Père Noël
- celui où il est le Père Noël
- celui où il ressemble au Père Noël.
(Anonyme)
« La
neige possède ce secret de rendre au cœur en un souffle la
joie naïve que les années lui ont impitoyablement
arrachée. »
(Antonine Maillet, Pointe-aux-Coques)
Intangibles, immatérielles elles
se meuvent avec lenteur, avec langueur sur le plafond de ma chambre.
Furtives. Mon œil aux aguets capture un éclat d'écarlate,
un morceau de ciel, une palme, l'or d'un vêtement. Mais à
peine effleurées, elles s'évanouissent, elles
s'évaporent.
Voilà désormais qu'un
fragment de lumière est entré dans mon œil. Il y reste
prisonnier. Un tesson de rire cristallin qui éclaire mes yeux.
Cette agréable sensation qu'il y restera, ce petit bout de
lumière, dans mon iris. Mais la couleur s'affadit. Mon œil
est toujours brillant, mais ce sont des larmes qui perlent au bord de
mes cils. Mes yeux sont gris...
"Si on bougeait la lanterne, je distinguais le cheval de Golo qui continuait à s'avancer sur les rideaux de la fenêtre, se bombant de leurs plis, descendant dans leurs fentes. Le corps de Golo lui-même, d'une essence aussi surnaturelle que celui de se monture, s'arrangeait de tout obstacle matériel, de tout objet gênant en le prenant comme ossature et en se le rendant intérieur, fût-ce le bouton de la porte sur lequel s'adaptait aussitôt et surnageait invinciblement sa robe rouge ou sa figure pâle toujours aussi noble et aussi mélancolique, mais qui ne laissait paraître aucun trouble de cette transverbération."
Quelques paroles d'une très belle chanson de Henri Salvador, qui tombe à propos...
Il fait dimanche à Marrakech
Dans l'ombre d'une de ses ruelles
Quand je vole sur tes lèvres fraîches
Le sucré des cornes de gazelle
Un jour, traînant dans le rayon bandes dessinées de Gibert, j'ai découvert ceci au dos d'un album:
De l'orgueil, tel Narcisse,
tu payeras le lourd tribu.
De la paresse, tel Pâris,
tu succomberas au lent venin.
De la gourmandise, tel Thésée,
tu subiras les immondes tourments.
De la luxure, tel Orphée,
tu goûteras le fruit amer.
De l'avarice, tel Midas,
tu apprendras la dure loi.
De l'envie, tel Prométhée,
tu connaîtras le châtiment éternel.
De la colère, telle Pandore,
tu seras l'instrument fatal.
Enfin, à la toute fin,
à ton âme par sept fois anéantie,
l'Espérance seule il te restera
pour vivre et revivre.
Je profite de ce texte, superbe, pour mettre des liens vers de textes écrits par les incarnations de Sept péchés capitaux (on attend toujours les productions de la Luxure et de la Gourmandise, mais pour palier à ce manque, un lien vers une page de citations est mis en place.)
Hier soir, premier
spectacle de la saison au théâtre. Pour commencer, un
concert de ''musique du monde''. Mélange des cultures à
tous les niveaux: langues espagnole, galicienne, française,
sarde, etc; musique à un carrefour, entre flamenco, fado,
tango, arabo-andalouse et bien d'autres; une chanteuse sarde, un
contrebassiste mexicain, un batteur uruguayen, des Français à
l'accordéon, au saxophone, à la flûte, au
trombone, et lui, le chef, le chanteur, espagnol vivant à
Grenoble. Ses textes sont splendides et recèlent une poésie
subtile. En voici quelques grappes, cueillies comme ci, comme ça...
Humaine. L'Église n'est pas humaine
du peuple qui rageusement,
satanise la femme,
en nous privant de son savoir:
être Marie et Madeleine à la fois.
(...)
On diffame le sexe,
la taille et le regard,
on murmure que la beauté
est esclave du Diable.
Pomme,
si Dieu l'a faite sainte
et épouse de Antéchrist,
ce fut afin de pouvoir l'apaiser.
in ''Humaine''
Admets que le vent va et vient
de tes forêts à celles de ton voisin,
le bon et le mauvais, tout fait danser.
in ''Oublier ce qu'on a appris''
Mes mains cheminent vers l'été
sur la douceur de ta peau.
Des roses blanches et puis rouges
sont tes caresses sur mon corps.
Laisse-moi être le jardinier
et cultiver tout ton dos,
semer des baisers de fleur
dans tes sillons d'abricot.
in ''Sérénade''
Cette femme, cette femme me fait peur.
Et pourtant elle m'attire comme le silence
qui donne le jour à tout son, triste ou gai.
Quand elle parle, elle me dit des choses que je ne comprends pas,
Et pourtant, ce qu'elle dit a goût de poésie.
in ''Cette femme a goût de poésie''
Nous buvons ensemble le couchant
et la peau de la nuit s'éveille
dans nos mains croît le vent
et sur tes lèvres, le souffle d'une étoile.
in ''Baigne la lumière''
Le ton monte. La dispute éclate. « On
dirait Mamie! » Les mots claquent et résonnent.
''Quelle rage a-t-on d'apprendre ce qu'on craint de toujours savoir!'' (Beaumarchais)
Je perds patience. Ces mots ont été répétés une fois de trop.
''On n'a pas grand mérite à perdre patience quand on est incapable d'un mouvement de colère...'' (Marcel Aymé) ''La parole douce rompt la colère, la parole dure excite la fureur.'' (La Bible)
Alors la colère sort en rafale. Je hurle. Je pars.
''Les larmes diminuent l'intensité de la colère.'' (Massa Makan Diabaté)
Je me calme...
Pour les citations, voir evene