Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

28 avril 2010

Inci aux bords de mer

L'ascenseur monte en silence jusqu'au septième étage. Les pas feutrés bruissent dans cette atmosphère si typique des couloirs d'hôtel. La femme ouvre la porte de la chambre et nous laisse découvrir la pièce qui sera nôtre pour les quatre jours à venir.

Mon regard saute sur la baie vitrée. Je tire le voilage, ouvre la fenêtre, sors sur le balcon et retourne dix ans en arrière. Le vent froid, légèrement salé de la mer, en bas. Les gens, tout petits, sur le sable de la plage. Le bruit lointain des vagues, en bas, tout en bas, parce que la mer descend loin à Dinard. Les rochers, noirs, rugueux, véritables repères pour les gosses qui s'improvisent ingénieurs.

Je me souviens, nous passions des heures entières à jouer dans les marigots, dans ces mêmes rochers. Je prenais les bottes de ma mère, plus hautes que les miennes. Nous marchions dans ses flaques géantes, dans ces mini-étangs à l'eau translucide. Nous ramassions des coquillages, guettions les crabes, creusions des canaux pour que la marée montante ne détruise pas notre forteresse de sable. Et inévitablement, nous mettions de l'eau dans nos bottes.

Lorsqu'il était l'heure de goûter, nous nous précipitions chez le marchand de gaufres, à l'angle de la plage, juste en face du casino. Il n'a pas bougé. Les gaufres ont le même goût de vacances à la mer et d'enfance oubliée.

Il y avait aussi la piscine d'eau de mer, vaste bassin en ciment mangé par les algues et dont on ne voit pas le fond. Présence inquiétante d'une eau stagnante et obscure. Elle est toujours là, toujours aussi inquiétante, sous ces grandes maisons bourgeoises plantées sur la corniche. Étrange mélange.

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21 décembre 2006

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Faux

06_03_blog_tz1_06_fullCette année, il brille de mille feux, tout en n'étant pas trop tape-à-l'œil. Des couleurs presque automnales. Il croule sous de légères décorations et il ne donne en aucun cas l'impression d'être surchargé. Il est beau. Un cône, bien régulier, trop régulier. Cette rectitude, cette exactitude font de lui ce qu'il est: un faux. Il lui manque quelque chose, mais quoi? Une odeur de résine, les épines qui s'éparpillent autour du pot. La vie.

Voilà plusieurs années que j'ai capitulé. J'ai abandonné ma lutte pour un vrai sapin, j'ai rangé au placard mon slogan « sans vrai sapin, pas de vrai Noël! ». Je me suis rendue: que voulez-vous faire contre quatre dissidents qui en plus vous proposent vicieusement de choisir le faux, en consolation. Mais un jour, le vieux synthétique laissera la place un jeune arbre vert et vigoureux; tout n'est pas perdu. « Just believe... »

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18 décembre 2006

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Une petite chanson, qui rappelle bien des souvenirs!

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11 décembre 2006

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Le jour où j'ai découvert que le Père Noël n'existait pas

En CP, jeune et innocente, je gambadais dans la cours de récréation en compagnie de mes deux meilleures amies A. et C. Puis, A. est montée sur un banc et a attroupé les gens qui passaient par là. Elle a alors déclaré solennellement que le Père Noël n'existait pas. C. et moi n'avons pas voulu la croire, et à 16h30, à la sortie des cours, la première chose que nous demandâmes à nos mères fut « Maman, pas vrai que le Père Noël il existe, hein? Pas vrai qu'il existe? » Et là, ce fut le drame. Nos pires attentes se trouvèrent confirmées par les mots cruels qui se déversèrent des lèvres maternelles. Mes yeux s'emplirent de larmes.

- Mais alors, je ne serai jamais la Mère Noël?

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06 décembre 2006

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Bonne Saint Nicolas! Chez nous, on ne la fête pas ou peu, mais je crois que dans certaines régions elle est bien plus importante que Noël... Pour tout le monde, voici les paroles d'une chanson que vous avez sûrement apprise à l'école.

Les trois petits enfants

Ils étaient trois petits   enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.

  S'en vont un soir chez le boucher:
  - Boucher voudrais-tu nous loger ?
  - Entrez, entrez petits enfants,
  Y'a de la place assurément.

  Ils n'étaient pas sitôt entrés,
  Que le boucher les a tués.
  Les a coupés en p'tits morceaux,
  Mis au saloir comme des pourceaux.

  Saint Nicolas au bout d'sept ans
  Vint à passer dedans ces champs,
  Alla frapper chez le boucher:
  - Boucher, voudrais-tu me loger ?

  - Entrez, entrez, Saint Nicolas,
  Il y a d'la place, y n'en manque pas !
  Il n'était pas sitôt entré
  Qu'il a demandé à souper.

   - Voulez-vous un morceau de veau ?
   - Je n'en veux pas, il n'est pas beau !
   - Voulez-vous un morceau d' jambon?
   - Je n'en veux pas, il n'est pas bon !

  Du petit salé, je veux avoir
  Qu'y a sept ans qu'est dans le saloir !
  Dès qu'le boucher entendit ça,
  Hors de la porte, il s'éclipsa.

  Boucher, boucher, ne t'enfuis pas !
  Repens-toi, Dieu te pardonnera !
  Saint-Nicolas alla s'asseoir
  Dessus les bords de ce saloir.

  - Petits enfants qui dormez là
  Je suis le grand Saint Nicolas,
  Et le saint étendit trois doigts,
  Les p'tits se r'lèvent tous les trois

  Le premier dit : J'ai bien dormi !
  Le second dit : Et moi aussi !
  Et le troisième, le plus petit :
  Je croyais être au Paradis !

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Pour toi...

andalousie_003Au début, je ne te voyais presque jamais. Chaque fois que tu rentrais, je t'accompagnais voir tes salades. Puis le temps a passé. Vous avez déménagé. Tu as eu un jardin autre qu'une plate-bande dans la cour du collège. Je te voyais quelques jours aux Grives, quand tu avais réussi à sortir de ton bureau. Nous allions te chercher à l'aéroport.
Tu étais incapable de te reposer. Tu bricolais, tu jardinais. Tu jurais, tu râlais. Je t'entends encore. « Merde! » Ta voix commençait basse puis s'élevait. De temps à autre, tu accompagnais cela d'un « chié! ». Rien ne marchait jamais comme tu le voulais, mais le résultat était toujours impressionnant.
Tu as fabriqué mon premier bureau. Tu m'as appris à clouer et à scier. Tu m'as enseigné l'arrosage des salades et comment tailler les rosiers. Tu m'as légué ton juron favori. Plus tard, tu m'a inculqué les règles de la belote.
Avec toi, j'ai parcouru la Wolfsklam « en petites foulées ». Avec toi, je me suis perdue dans Séville.
Tu avais horreur de rester inactif. Tu as travaillé toute ta vie durant, même après la retraite. Tu t'échappais dans ton atelier. Puis, enfin, tu as été réellement à la retraite. Tu avais peur de t'ennuyer. Alors tu as voyagé. Mais, à peine un an d'otium que la maladie t'a frappé. Tu n'avais jamais été malade de ta vie. Et la leucémie a osé s'attaquer à toi. Quelle injustice pour quelqu'un d'aussi honnête et droit que toi!
Tu en as réchappé une fois. Ce fut un miracle. Je m'en souviens comme si c'était hier: je rentrais de Venise et j'ai appris que les médecins n'osaient se prononcer sur ton état. Et quand tu t'es réveillé, même les spécialistes ne comprenaient pas ce qui s'était passé.
PapiJe ne t'ai pas vu à l'hôpital. Mais tu es rentré pour Noël cette année-là. Tu étais maigre. Tu marchais avec une canne. Ça m'a fait bizarre. Un semblant de paix s'était installé. Puis nous avons oublié la maladie. C'est alors qu'elle est revenue, sans prévenir. Et cette fois, tu ne t'es pas réveillé. Je l'ai appris en sortant de cours. J'allais déjeuner chez mes grands-parents. Quand j'ai vu mon père, mon frère et ma sœur qui n'étaient pas invités, je n'ai pas compris. On me l'a dit avant de passer à table. Mon sourire s'est affaissé. Une larme, unique, a coulé.
À l'enterrement, je n'ai pas pleuré. J'ai juste été bouleversée de voir mon oncle et mes cousins pleurer... Je n'avais pas réalisé. Je n'ai pas voulu te voir avant que tu ne partes définitivement. Je voulais te garder intact dans ma mémoire. Je m'en voulais de ne pas pleurer. J'ai eu peur de ne pas t'aimer.
Puis j'ai réalisé, un an après. J'ai pleuré quand je suis retourné aux Grives. J'ai compris que je n'entendrais plus tes jurons. Que tu ne chanterais plus « Étoile des neiges, mon cœur amoureux... », faux, rien que pour embêter Mamie. Tu ne chanterais plus ton unique « passer mes doigts dans les cheveux d'Esméralda! ». Tu n'éplucherais plus les haricots avec nous sur la terrasse le soir. Tu ne plongerais plus du muret dans la piscine. Tu ne ferais plus pousser tes radis. Tu n'observerais plus avec espoir ton prunier rachitique. Tu ne nous parlerais plus des charançons.
Tu ne sauras pas que j'ai eu mon permis, toi qui me l'as offert. Mais si je l'ai eu, c'est grâce à toi, je le sais. Des salades ont été replantées sur tes plates-bandes. Nous chantons encore « Étoile des neiges » ou « Esméralda ». Je t'ai pris tes espadrilles et ton chapeau de paille. Merci Papi.

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01 décembre 2006

Ombres chinoises

GU90346_4Intangibles, immatérielles elles se meuvent avec lenteur, avec langueur sur le plafond de ma chambre. Furtives. Mon œil aux aguets capture un éclat d'écarlate, un morceau de ciel, une palme, l'or d'un vêtement. Mais à peine effleurées, elles s'évanouissent, elles s'évaporent.
Voilà désormais qu'un fragment de lumière est entré dans mon œil. Il y reste prisonnier. Un tesson de rire cristallin qui éclaire mes yeux. Cette agréable sensation qu'il y restera, ce petit bout de lumière, dans mon iris. Mais la couleur s'affadit. Mon œil est toujours brillant, mais ce sont des larmes qui perlent au bord de mes cils. Mes yeux sont gris...

cavalier_jardin_du_carrousel"Si on bougeait la lanterne, je distinguais le cheval de Golo qui continuait à s'avancer sur les rideaux de la fenêtre, se bombant de leurs plis, descendant dans leurs fentes. Le corps de Golo lui-même, d'une essence aussi surnaturelle que celui de se monture, s'arrangeait de tout obstacle matériel, de tout objet gênant en le prenant comme ossature et en se le rendant intérieur, fût-ce le bouton de la porte sur lequel s'adaptait aussitôt et surnageait invinciblement sa robe rouge ou sa figure pâle toujours aussi noble et aussi mélancolique, mais qui ne laissait paraître aucun trouble de cette transverbération."

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12 novembre 2006

Divorce

Je ne ferai jamais d'anglais! Je ferai allemand-espagnol.

J'étais ferme, et ma décision était sans appel. Je ferais de l'allemand. Et c'est ce que j'ai fait. Mais la moral de cette histoire nous apprend qu'il ne faut jamais dire jamais.

L'allemand. Qu'est-ce que j'ai pu aimer ça! C'était parfois la seule matière qui me permettait d'apprécier ma semaine au collège. Une grammaire d'un logique implacable: il suffit d'appliquer bêtement les règles et ça marche, comme en mathématiques. Des phrases construites et d'une rigueur rassurante. En plus, c'est elle qui était une vraie crème. Certes, elle se faisait marcher sur les pieds, certes peu écoutaient ses cours, mais un professeur qui m'a permis d'acquérir les bases grâce auxquelles je m'en suis sortie au lycée, puis au baccalauréat.

drapeau_allemand Et il y avait aussi l'échange. Ah! L'échange... réservé aux cinquièmes et aux troisièmes. Je l'ai fait. Les deux fois. Il y a eu des problèmes. Les deux fois. Oh, ça se passait toujours à merveille sur place: je m'adapte facilement et ai horreur des complications. Alors si quelque chose n'allait pas, je me contentais d'attendre le retour à la maison. J'y ai vécu des expériences que je n'ai pas vraiment appréciées: une soirée en boîte (ma correspondante m'a proposé de rentrer au bout d'une heure quand elle a vu à quel point je m'ennuyais) – soit dit en passant, la boîte s'appelait la Schildkröte, la tortue, – et  une soirée dans une pizzeria où 80% des gens présents ont fini ivres ou complètement ''shootés'' par les joints qui tournaient. Je ne savais plus où me mettre. Quand nous sommes rentrés, j'ai suivi ma correspondante qui ne marchait même plus droit... Mais à part ces quelques incidents, rien de bien grave. Non, le problème c'est quand elles sont venues. La première n'a pas ouvert la bouche de tout son séjour: ni bonjour, ni merci, ni merde! Et la deuxième ne pensait qu'à sortir au skatepark, endroit où ce retrouvaient tous ceux de mon âge et que j'avais (et que j'ai toujours du reste) en horreur. Quand je lui ai dit que non je ne pouvais pas l'accompagner, que j'avais des devoirs, elle m'a fait fait la tête! Non mais je vous jure... Et le pire de tout ça, c'est qu'elle a réussi à me faire complexer: pourquoi suis-je si différente? Je n'aime pas sortir, je n'aime pas boire, je refuse catégoriquement de fumer... (Autant vous dire que je refuse encore et toujours de fumer!). Bref, deux ratages qui ne me firent pas perdre espoir. J'entrai sereinement au lycée.

Seconde: « Il reste des places pour partir à Heidelberg dans le cadre d'un échange, ça vous intéresse? » Évidemment, je saute sur l'occasion. Magnifique voyage, une correspondante fort sympathique avec laquelle j'ai parlé comme je ne l'avais fait en quatre ans. Petit bémol: je me découvre une allergie au tabac en attrapant une laryngite après avoir suivi ma correspondante dans un café trop enfumé. 39° de fièvre m'ont fait manquer la visite du château. Cinq mois plus tard, on m'annonce qu'elle refuse de venir en France. Comme une abrutie, je prends la décision d'accueillir une autre correspondante. Celle-ci chope un rhume et veut rentrer chez elle. Je lui cède ma chambre. Elle veut changer de famille. C'est chose faite. Je n'aurai plus de correspondante avant au moins cinquante ans!

drapeau_anglais Tous ces échecs successifs m'ont complètement découragée. Après cela, je n'ai plus eu aucune motivation en cours. J'ai arrêté du jour au lendemain de fournir des efforts. Je n'ai plus travaillé que sur mes bases. Mon vocabulaire s'est évaporé peu à peu. Ma moyenne a baissé, mais je n'en avais cure. Je donnais tout à l'anglais! Je ne rêvais plus que d'une chose: arrêter l'allemand. Et c'est chose faite.

Cependant, j'ai eu un pincement au coeur quand, à l'épreuve de LV1 au bac, j'ai levé la main en même temps que le troupeau des anglicistes. Si je n'avais pas échangé mes langues au bac,  j'aurais pu lever la main fièrement avec les deux autres élèves d'allemand LV1. Au lieu de ça, j'ai renié ma promesse faite en CM2 et j'ai fait comme tout le monde... Ma fierté en a pris un coup, mais je ne regrette pas encore mon choix.

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26 octobre 2006

Voyage onirique...

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26_10_2006_2306_20La Toussaint, il y a quatre ans. Je pars en pèlerinage avec mes grands-parents et ma cousine, les mêmes avec lesquels je partais à Rome quatre auparavant. Nous partons en train couchette de Paris et arrivons à Milan. Puis Bergame, puis Padoue, et enfin Venise en car. Pèlerinage sur les traces du Pape Jean XXIII organisé par le prêtre vénitien de la paroisse Notre-Dame. Qui est ce Pape? Aucune idée... Des étapes, je n'ai que peu de souvenirs. Par contre, s'il me reste une chose de ce voyage, c'est l'envie d'y retourner... à Venise.
26_10_2006_2303_04Nous sommes hébergés dans un couvent, où les bonnes soeurs ne parlent qu'italien.  Le prêtre joue l'interprète puis nous laisse; il dort chez lui. Quelle chance il a: avoir une maison dans la ville d'eau, le rêve! Découverte des chambres. quatre lit, deux lavabos dans la chambre et un coin douche-WC-bidet qui fait en gros un mètre sur trois (sans plaisanter!).
Une messe tous les jours, dans une église différente. Le tourisme que nous pratiquons, je vous le promets, est des plus atypiques. Après la messe, une visite guidée de ladite église. Et devinez qui est la guide? Le père Silvano évidemment! Et il s'y connaît en histoire de l'art; ses explications sont passionnantes.
26_10_2006_2255_39L'après-midi, visite libre. Alors nous suivons nos grands-parents dans les étroites ruelles, les lieux communs où les touristes se bousculent, les vaporetti, les musées, les petits restaurants qui poussent par centaines le long des canaux et sur les places. Nous dévorons des yeux les palais vénitiens aux chaudes couleurs, le charme des petits ponts tordus, des placettes englouties par les bâtisses immenses. Saint Georges, La Salute, San Marco... Nous avons même droit à la messe de la Toussaint dans San Marco! Je me souviens, c'était en italien et j'ai préféré observer les dallages magnifiques qui se trouvaient à mes pieds que d'écouter.
26_10_2006_2257_35Une excursion à Burano, petite île de pêcheurs aux maisons multicolores: splendide! magnifique! merveilleux! beau... en soi et pour soi (!). Puis une excursion à Murano, la très célèbre île des verriers de Venise. Toutes ces couleurs scintillant dans les vitrines. Cela donne un air précieux à l'endroit. On n'ose toucher, on dévore du regard.
26_10_2006_2307_53Beaucoup plus de choses restent encore en ma mémoire, mais je ne sais dans quel sens les prendre... L'envie qui me prends de vouloir me perdre dans ce dédale. De m'y aventurer sans carte, de marcher pendant des heures sans but précis avant de m'effondrer sur une chaise de la terrasse d'un café. Mais mes grands-parents ne me laisse même pas descendre dans la rue pour poster une carte postale en compagnie de ma cousine. - Les ronflements des grands-parents la nuit. Je siffle. Je réveille ma cousine. Nous rions en silence. - Nous ne ferons pas de promenade en gondole. Pourquoi? question d'argent... c'est trop cher.- Les pâtes. A tous les repas. On s'en lasse? Certainement pas! Comment peut-on se lasser des pasta? Impossible! - Un palais qui me fait rêver. J'ai oublié son nom. Nous restons devant; je le croque. Rez-de-chaussée pour les marchandises, premier étage: l'étage noble, les étages suivants pour les domestiques. Une façade rouge orangé, des bords de fenêtre blancs. Qu'a-t-il de plus que les autres? Je ne sais. Un petit quelque chose...
Voilà quatre ans que nous sommes revenus, par un jour de pluie, je m'en souviens. Voilà quatre que je rêve d'y remettre les pieds et de m'y perdre, pour de vrai.

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18 août 2006

Art épistolaire ou le plaisir d'écrire

Plaisir d'écrire

Quand j'étais petite, chez ma grand-mère, il y avait toujours un moment consacré à l'écriture des cartes postales. Celle obligatoire pour les parents, puis celles pour les copines dont on a soigneusement noté l'adresse dans son carnet. On fait des brouillons, Mamie les corrige. Toutes commencent par la même chose: « Chère unetelle, Comment ça va? Moi ça va bien. J'espère que tu passe de bonnes vacances... ». Quand on n'a pas d'idées, on recopie le brouillon sur toutes les cartes.

Puis, en grandissant, j'ai conservé cette habitude. Au début, j'écrivais dans l'espoir d'une réponse. Personnellement, je laisse rarement une lettre sans réponse. Maintenant, c'est tout simplement le plaisir d'écrire qui prime. Et le plaisir de faire plaisir. Parce qu'écrire, on peut le faire tout le temps, pour soi, sur un blog. Mais la correspondance écrite a ceci de particulier qu'elle fait plaisir aux deux bouts de la chaîne. Vous pouvez amener le fait qu'il y a aujourd'hui les mails et les sms. Mais il n'y a pas le plaisir de tenir dans ses mains une feuille de papier. L'écriture est en soi une signature, une marque de l'autre bien plus personnelle qu'un surnom écrit à la va-vite au bas d'un courriel.

Et il y a aussi le plaisir que l'on prend à choisir ses mot en fonction du destinataire. Illustrer une feuille vierge avec un motif assorti à la couleur du papier que l'on a choisie pour la personne en particulier. S'appliquer à bien écrire, faire de belles phrases. Puis choisir le timbre pour qu'il ne jure pas avec l'enveloppe. Autant de détails qui sont des clins d'oeil à la personne à laquelle on pense. Un présent que l'on fait à ceux qui nous manquent. Un cadeau qui ne demande qu'un peu de temps et quelques pensées...

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