Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

14 janvier 2007

Généalogie

arbre_campagneUne fois par an, c'est la réunion de famille. Réunion organisée par les grands-parents paternels et à laquelle sont invités: les cinq enfants (génération de mon père) et leurs conjoints, les quinze petits-enfants (dont je fais partie) avec les conjoints/fiancés/copains officiels, les cinq arrières-petits-enfants (mes petits-cousins) et ''l'invité surprise'', cousin de la génération des ''enfants'', que la génération des ''petits-enfants'' ne connaît généralement pas. Au menu cette année:

  • le patriarche ''Bomp'' (diminutif de Bon-Papa) qui a ressorti sa caméra du placard

  • la maîtresse de maison, Bonne, toute heureuse de nous voir réunis

  • les oncles et tantes qui n'ont pas changé

  • le cousin marié depuis bientôt dix ans, avec ses trois têtes blondes, Charles, Archibald et Alister

  • la cousine mariée et ses deux enfants qui arrive tout droit de Haute-Savoie

  • la cousine qui vient de finir ses études et est maintenant sage-femme

  • la cousine qui est absente parce que malade

  • la cousine qui fait des études de pharmacie

  • la ''demi-cousine'', fille de la deuxième femme d'un oncle (je n'ai jamais vraiment suivi son parcours)

  • la cousine qui annonce ses fiançailles, que l'on voit depuis quelques années maintenant qu'elle est venue retrouver son père

  • le frère et la sœur de cette cousine, vus pour la première fois aujourd'hui depuis plus de dix ans

  • la cousine qui a failli venir dans mon lycée mais finalement a préféré un lycée privé, toujours à glousser avec ma sœur

  • le cousin et mon frère, toujours fourrés ensemble

  • le dernier des cousins qui reste avec les petits-cousins

jardin_plante_fontaine_architecture_bassin_694009Après le dessert (recette familiale), le café, il est déjà quatre heures de l'après-midi. J'ai envie de rentrer. En effet, dans ce genre de réunion, je ne sais jamais où me mettre, que faire. Je n'ose m'incruster dans la conversation de mes cousines plus âgées, dont la plus proche de moi a deux ans de plus; ma sœur et sa cousine ricanent trop bien ensemble; les petits s'agitent et me fatiguent... Finalement, les deux aînés des cousins décident d'une promenade dans le parc du château pour calmer les petits. Les cousines s'y joignent. Moi aussi. Et là, dans le froid et le soir tombant, nous marchons sans trop savoir où nous allons, avec les petits qui courent, tombent, pleurent, se relèvent. Les grandes ont froid aux pieds dans leurs petites chaussures. Nous rentrons, il est six heures... Ce n'est pas tout ça, mais j'ai du travail!

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06 janvier 2007

Quand le nouveau donne accès à l'ancien.

Hier, après déjeuner, je suis partie avec ma sœur chez ma grand-mère. Pour la première fois, j'ai pris le volant, seule, sans personne à côté pour m'aider en cas de besoin, seulement ma sœur qui connaissait le chemin aussi bien que moi. (Quand je pense que la Mother est partie à Perpette en embarquant les papiers de la voiture! Pour compenser, elle a réussi à nous les scanner de là où elle était et j'ai pu les imprimer avant de partir. Faut quand être un peu (beaucoup) boulet pour partir en train et prendre avec soi les papiers de la voiture que l'on sait que sa fille va conduire!) Nous avons fait tout le trajet grâce à notre mémoire visuelle. On tourne là? - J'en sais rien. Vas-y, on verra bien. Finalement, nous sommes arrivées saines et sauves une heure après.

002Petite séance cinéma avec Mamie: Happy feet fut le film élu. Quelques sourires, quelques larmes, beaucoup de morale; un film très américain somme toute. Puis arpentage des larges allées du centre commercial immense. Nous finissons par rentrer tranquillement. Après dîner, je m'endors gentiment sur mon thème latin, dans le canapé du salon. Je monte alors pour me coucher, mais ne peux m'empêcher d'aller fouiner dans la bibliothèque. Et là, je vois l'œuvre de François Mauriac dans son intégralité, ainsi que tout Zola et Balzac... Beaudelaire et Verleine n'y sont plus parce qu'ils trônent en ce moment dans ma propre bibliothèque. Après ces visions de rêve (une telle quantité de livres m'a toujours rappelé La Belle et la Bête de Disney) et de cauchemar en même temps (mon Dieu, dire que je dois encore lire La Chartreuse de Parme et Les Misérables avant lundi!!!), je me suis endormie sereinement.

Ce matin,  départ pour Bonny. Premier arrêt: achat de pommes. Deuxième arrêt: le cimetière; nettoyage de la tombe de Papy et ma grand-mère nous montre celles de ses parents, grands-parents, oncles, tantes, cousins etc. La famille semble avoir envahi le cimetière! Troisième arrêt: une amie de ma grand-mère. Quatrième arrêt: sa demi-sœur. Cinquième et dernier arrêt: chez notre grand-oncle (frère de ma grand-mère) et sa femme pour le déjeuner. Discussions autour d'étymologies étranges, de maladies graves (en fait, de la santé d'amis à eux), de la vieillesse, du permis de conduire et de leur propre apprentissage de la conduite, de leurs souvenirs... ma sœur et moi parlons peu, mais j'ouvre tout grand mes oreilles. J'apprends que Mamie et son frère possèdent des îles sur la Loire (!) et ne parviennent pas à les vendre, ainsi que quelques expressions berrichonnes comme « vas cri l'sio d'eau pour les vio et n'oublie pas de fermer l'bario » (ne pas oublier de rouler les r – traduction « vas chercher le seau d'eau pour les veaux et n''oublie pas de fermer la clôture ») ou la "chieuv" pour la chèvre.

Retour au bercail plutôt difficile: il faisait nuit, il pleuvait, j'avais mal au crâne et pour arranger le tout, il y avait un monde fou sur la route! Un accident m'a permis de passer devant un panneau '110 rappel' à 20km/h... Finalement, après quelques hésitations sur la route à prendre et quelques frayeurs dues à la très mauvaise visibilité, nous sommes rentrées entières à la maison où nous ''attendaient'' un père jouant au poker sur l'ordinateur et un frère vautré dans le canapé devant sa X-box toute neuve... Pas de nouvelles de la mère, partie vendredi à l'autre bout de la France sans autres explications que « Je vais prendre l'air ». Ô joie!

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30 décembre 2006

Paname, Paname, Paname!

Quoi que l'on fasse, quoi que l'on dise, quoi que l'on pense, on y revient toujours.

Après une courte nuit, j'émerge difficilement à 7h. Une heure plus tard, fin prête, je quitte la maison, certes peu chauffée, mais tout de même plus qu'à l'extérieur. Le jour se lève à peine et tout est blanc. Oh non, il n'a pas neigé, mais tout est blanc de givre. Le ciel est assez impressionnant dans ses tons layette. J'arrive un peu en retard chez ma Dame-Oiselle à cause du RER. Nous commençons à travailler. Elle finit, je prends du retard. Peu importe. Puis nous décidons d'aller déjeuner sur Paris. Elle doit aller faire quelques courses, et je n'ai pas d'aspiration particulière à rentrer chez moi.

Nous voilà parties. Quelques morceaux de musiques plus tard (morceaux que nous avons assidûment recherchés jeudi), nous arrivons à Saint Lazare, l'une chantonnant « Bambino » version OSS117, et l'autre tentant de se débarrasser du « Mauvais dieu » de Manau. Bref. Déjeuner à la Pomme de Pain, puis direction le marchand de guitares pour l'achat de partitions. Je l'accompagne gentiment. Nous attendons dans cette boutique un de ses amis guitaristes qui vient pour acheter une guitare à son jeune fils: ma Dame-Oiselle a l'insigne charge de tester l'instrument.

Une fois ressortis de l'échoppe, la petite sœur boude. Mais il faut la comprendre: on ne lui a rien acheté. Puis, nous allons pour nous rendre à Gibert, afin de nous procurer le célèbre ouvrage Le Territoire français, permanences et mutations, lorsque la petite se réveille et décide qu'elle ne veut plus que ma chère et tendre l'abandonne. Nous voilà donc projetées dans le métro avec une petite fille de quatre ans...

Au retour, problèmes de RER (ça finirait par devenir normal...) et enfant fatiguée, donc surexcitée. Oh, je dois avouer que cette petite est très mignonne, mais je n'ai jamais supporté les cris des enfants dans les transports en commun. Ma patience me permet d'obtenir dix petites minutes salvatrices, avant qu'elle ne descende du train. N'allez pas croire qu'elle s'est tu, non, mais au moins, ce n'était plus des cris et des piaillements. Elle parlait.

À peine rentrée que des amis de longue date débarquent par surprise. La mère et deux de ses fils. Quelques discussions fort sympathiques, puis ils nous laissent. Nous devons mettre la table: nous avons des invités ce soir... Désormais, les invités sont repartis, et le silence est tombé sur la maison. Demain matin, mon « élève » vient à la maison pour quelques mises au point de grammaire... je vais encore devoir me lever aux aurores!

Mais je pense déjà à quand j'y retournerai, avec qui et ce que j'y ferai, à Paname. Y errer, y aller sans n'avoir rien prévu... Comme un refrain qui revient sans cesse.

Quoi que l'on fasse, quoi que l'on dise, quoi que l'on pense, on y revient toujours.

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04 décembre 2006

Escapitalade

Marie, je crois que c'est une chanson du film... Si ce n'est pas le cas, dis-le moi, je l'enlèverai.
RECTIFICATION: ce n'est pas une chanson du film, mais peu importe, ça va avec le style du film...



10170878127_61559Dimanche matin, le cerveau complètement embrumé par le manque de sommeil, je tire difficilement Cécile des bras de Morphée. Je dois prendre le bus aux aurores et retrouver ma Dame-Oiselle pour une escapade à la capitale. Je me suis proposée, seule candidate, pour l'accompagner voir un film chinois qui ne passe que là-bas. « Une comédie musicale un peu cul-cul, » m'a-t-elle annoncé. Qu'importe, le gnangnan ne me dérange pas. Et si elle m'avait nommé plus tôt l'acteur pour lequel elle allait voir ce film, j'aurais accouru encore plus vite, si c'était possible!

Nous traversâmes son fief à pied pour nous rendre sur une ligne ferroviaire qui n'est pas normale: les trains ne vont pas dans le bon sens (si M***, je te jure, ils vont de la droit vers la gauche dans cette gare! Ce n'est pas normal!) et les sonneries sont tout bonnement traumatisantes... ah la rive droite, je m'en souviendrai!

paper01


perhaps_loveNous trouvâmes le cinéma sans trop de problèmes (nous avons juste traversé deux fois la même rue parce que deux cinémas se faisaient face... il fallut choisir le bon!). Nous nous installâmes confortablement dans la petite salle et quelques personnes d'origine asiatique nous rejoignirent.

- M***, t'es sûre qu'il y a les sous-titre?
- Euh, oui, normalement...

PerhapsLove_7Le film commence. A la première chorégraphie, nous voilà toutes deux en train d'étouffer nos éclats de rire dans nos écharpes. Puis peu à peu, nous nous laissons ensorceler. Nous versons même une larme ou deux. Mais surtout, nous sommes muettes d'admiration devant le magnifique Takeshi Kaneshiro (si vous connaissez Le Secret des poignards volants...). M*** a du mal à rester calme. Et je la comprends. Mais dès qu'il commence sa chanson, nous re-voilà parties dans un fou-rire... non qu'il chante mal, loin de là, mais c'est tellement kitsch! Finalement, ce film n'était pas mal du tout.

Après cette séance de cinéma mémorable, déjeuner à l'abris d'un KFC qui traîne dans le quartier (il s'était mis à pleuvoir des cordes entre temps). Puis nous allons nous abriter dans la Fnac du coin, où nous errons deux bonnes heures avant de rentrer, épuisées par cette journée épique sous la pluie parisienne...

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Les quatre saisons...

Samedi, petite sortie au théâtre. - Qu'ai-je donc vu? - Un ballet de danse contemporaine... - Qu'ai-je donc été faire là-bas quand on sait que je ne suis pas particulièrement fana d'art contemporain? - La musique... - Quoi la musique? - Et bien, c'était du Vivaldi. Les Quatre saisons, pour être plus précise. - Alors?

- Bilan: une danse somme toute point trop bizarre (pas comme l'affectionnent les Hollandais, notamment). Évidemment, comme dans tout ballet contemporain qui se respecte, un minimum de corps nus... Je dis ça en connaissance de cause: les deux spectacles les plus étranges que j'ai vus l'an dernier n'ont guère échappé à la règle. Et celui-ci non plus! Cependant, je n'ai su ce léger détail qu'à la fin du spectacle car même avec mes lunettes, j'étais dans un léger brouillard du haut du balcon. Sinon, danseurs et danseuses impressionnants. Costumes (et coutumes?) plus ou moins étranges.  J'ai remarqué que j'avais une nette préférence pour les pas de deux... allez savoir pourquoi! Certaines chorégraphies étaient tout simplement superbes, notamment un pas de deux ou deux femmes se trouvent dans des rôles dominante/dominée alternativement, l'une se trouvant telle une poupée de son dans les mains de l'autre (voir photo 3).

BalletPreljocaj_04 BalletPreljocaj_05 BalletPreljocaj_02

Points amusants: *la chorégraphie des hommes verts... Quatre danseurs dans des combainaisons vert « martien » et dénommés Greeny. La jeune femme qui s'écrie entre deux danses: « I kissed the Greeny! ». Hilarant... Et my dear était aux anges: les martiens existent. *l'homme éponge. *le danseur en shorty orange. Véridique!

La crème de la crème: la MUSIQUE bien sûr! Ah Vivaldi, mon dieu, mon héros! Mehercule, ce type est (présent de vérité générale) un génie pour transmettre autant d'émotions dans simplement quatre saisons... Je l'aime, que dis-je aimer? Je l'idolâtre.

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21 novembre 2006

A ma mie

Marie
Ma Mie
De vue
Je vous avais perdue.
Mon coeur brisé
Etait désespéré
Et maintenant
Ranplanplan
Que vais-je faire?
Prendre le ferroviaire
Je suis à Invalides
Et mon coeur avide
Se languit
De... [reprise]

"Vers" composés lors d'une de nos nombreuses escapades dans la capitale, le jours où nous avons couru après un malheureux appareil photo, où nous avons fait la connaissance de La Boétie et où nous avons découvert que les banques fermaient le samedi après-midi...
Petites chansons d'alors:

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12 novembre 2006

Mickey & Co.

mickey_mouseCe matin, réveil difficile. Le soleil se levait à peine qu'il a fallu quitter la chaleur bienfaisante de mon lit. J'étais en retard et n'ai même pas eu le temps de prendre de petit-déjeuner avant de partir! Cela ne m'arrive jamais, c'est dire si je tenais à aller voir cette exposition, et surtout à revoir (enfin) my dear Cécile. Mon écharpe, mon manteau, mon chapeau, et je suis partie. Le bus est vide; pas un chat à la gare; deux pelés trois tondus attendent le train. Le mien, heureusement m'attends déjà à quai: je n'ai plus qu'à me rendormir confortablement blottie dans le rayon de soleil qui perce à travers les lourds nuages de plomb.


Pourvu qu'elle n'ait pas oublié de se lever... Pourvu qu'elle n'ait pas oublié de se lever...

chat_de_cheshire Ouf! la voilà qui arrive tout sourire. Un jour elle saura où se mettre sur le quai pour se trouver en face de la porte... Je suis tellement absorbée dans la discussion que j'en ai oublié les gnomes qui piaillent derrière moi. Au fait, où sommes-nous? Est-ce qu'on a passé Invalides? Non. Heureusement, nous nous sommes préoccupé de ce détail subsidiaire à temps: les carreaux oranges approchent.

belle_au_bois_dormant Dehors, le temps est humide. Il est neuf heures, le musée ouvre ses portes à dix heures. Nous avons le temps d'aller acheter un petit-déjeuner. Et nous partons à l'assaut des Champs Elysées, déserts à cette heure-ci de la journée. Trouver une banque pour Cécile, une boulangerie pour moi-même... Ce n'est pas une mince affaire dans cette avenue qui n'aligne que bureaux de changes et restaurants! Finalement, après trois quarts d'heure de recherche assidue, nous retournons à notre point de départ, plus ou moins satisfaites. Il n'y a presque personne... Étrange: Klimt aurait amené au moins trois heures d'attente!

labelleetlabete_labelleetlabete Deux heures d'exclamations comme « Oh regarde! Alice au Pays des Merveilles: ça fait une éternité que je ne l'ai pas regardé. Il faudra qu'on se le regarde un de ces jours. » ou encore « Fantasia, je ne l'ai vu qu'une fois il y a quinze ans. Mais j'aimerais bien le revoir... ». Nous accompagnons les chansons des extraits diffusés de nos voix: « Mon amour, je t'ai vu au beau milieu d'un rêve! » ou « Un joyeux non-anniversaire! ». Nous observons les éléphants roses de Dumbo: « C'est quand même traumatisant comme scène! ». Les arbres aux yeux jaunes dans Blanche-Neige sont rétablis dans leur fonction originelle: « Ils font peur quand même ». Mais nos esprits plus aiguisés qu'alors parviennent à qualifier l'accoutrement de Blanche-Neige d'affreux, et nous élisons la robe de Belle (dans La Belle et la Bête) quand elle découvre la bibliothèque de ''Plus belle robes des Princesses des Dessins Animés de Walt Disney'' (bien que Belle ne soit pas à proprement parler une princesse). Bref, deux heures d'émerveillement. Deux heures d'une baignade des plus agréables dans la fontaine de Jouvence...

Le retour fut bien plus chaotique: RER pour Versailles Rive Gauche, pas de bus avant deux bonnes heures, donc obligée de remonter jusqu'à Chantiers, puis attendre le train, puis attendre le bus. Le dimanche, mieux vaut prendre la voiture! (Je vais chercher un recommandé mardi: j'espère que c'est mon permis...)

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15 octobre 2006

Cueillette

antonio_placer1Hier soir, premier spectacle de la saison au théâtre. Pour commencer, un concert de ''musique du monde''. Mélange des cultures à tous les niveaux: langues espagnole, galicienne, française, sarde, etc; musique à un carrefour, entre flamenco, fado, tango, arabo-andalouse et bien d'autres; une chanteuse sarde, un contrebassiste mexicain, un batteur uruguayen, des Français à l'accordéon, au saxophone, à la flûte, au trombone, et lui, le chef, le chanteur, espagnol vivant à Grenoble. Ses textes sont splendides et recèlent une poésie subtile. En voici quelques grappes, cueillies comme ci, comme ça...

 

Humaine. L'Église n'est pas humaine
                    du peuple qui rageusement,
                    satanise la femme,
                    en nous privant de son savoir:
                    être Marie et Madeleine à la fois.
                    (...)
                    On diffame le sexe,
                    la taille et le regard,
                    on murmure que la beauté
                    est esclave du Diable.
                    Pomme,
                    si Dieu l'a faite sainte
                    et épouse de Antéchrist,
                    ce fut afin de pouvoir l'apaiser.
                        in ''Humaine''

   Admets que le vent va et vient
                                        de tes forêts à celles de ton voisin,
                                        le bon et le mauvais, tout fait danser.
                                            in ''Oublier ce qu'on a appris''

Mes mains cheminent vers l'été
    sur la douceur de ta peau.
    Des roses blanches et puis rouges
    sont tes caresses sur mon corps.
    Laisse-moi être le jardinier
    et cultiver tout ton dos,
    semer des baisers de fleur
    dans tes sillons d'abricot.
       in ''Sérénade''

Cette femme, cette femme me fait peur.
                    Et pourtant elle m'attire comme le silence
                    qui donne le jour à tout son, triste ou gai.
                    Quand elle parle, elle me dit des choses que je ne comprends pas,
                    Et pourtant, ce qu'elle dit a goût de poésie.
                        in ''Cette femme a goût de poésie''

   Nous buvons ensemble le couchant
                                        et la peau de la nuit s'éveille
                                        dans nos mains croît le vent
                                        et sur tes lèvres, le souffle d'une étoile.
                                            in ''Baigne la lumière''

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08 octobre 2006

Nuit blanche

Souvenirs et impressions en vrac...

Rendez-vous dans le train pour Montparnasse avec my dear Cécile. Métro 4 direction Châtelet. Collées à la paroi, l'angoisse de ne pas pouvoir descendre. ''Mais je te dis que tout le monde descendra à Saint-Michel! - On vient de quitter Saint-Michel... - Bon alors à Cité.'' Mais les portes restent obstinément closes: on ne descendra jamais. Finalement, des tas de gens (oui, des ''tas''!) descendent à Châtelet. Ouf!

''T'as un plan? - Non, et toi? - Non.'' ... Nous marchons, nous errons. Les voitures se bousculent, s'accumulent. Klaxons, appels de phares impuissants, insultes, cris. Les piétons, malins, en profitent pour se faufiler. Longer les quais. chercher une rue, la trouver par hasard. Marcher. Sur la route, sur le trottoir. Ne pas se faire marcher sur les pieds, ni en écraser; éviter les voitures, éviter les vélos.

cafe040dPuis, un groupe plus compact. Au détour d'une rue, une ''œuvre d'art contemporain'' (des guillemets, parce ceux qui me connaissent savent que je n'aime pas l'art contemporain, et que ceux qui me connaissent bien, savent que j'ai des a priori et des préjugés sur l'art contemporain). Dans une église, une ville de cire allumée se consume. Un parc laisse entendre une musique à mi-chemin entre chant grégorien et musique mystique.

C'est étrange d'arriver à Paris, de sortir de la bouche de métro alors que le ciel s'assombrit déjà. La nuit tombe doucement sur la capitale. ''Le ciel est bleu Klein cette nuit''; cette phrase me trotte dans la tête depuis un moment. Les rues tortueuses du Marais, inégalement éclairées par les lampadaires. Cette douce lumière orangée qui enveloppe la foules des noctambules.

Soudain, lové au creux d'une cour, bien protégé par une grille, un jardin, tout petit, à la française. Précieux, un peu perdu. La perle. On s'approche. Cette odeur si typique des petits buis taillés. Cette odeur que l'on retrouve dans le parc des châteaux. Cette odeur en plein centre de Paris. Mais où sommes-nous? Une pancarte: musée Carnavalet...

Des gens. Des gens partout. Des couples, beaucoup. Des mains qui se frôlent, des baisers volés. Des groupes aussi. Paris la nuit vit. Le flot humain se déverse dans les rues, petit à petit. Des vagues plus puissantes que d'autres nous submergent de temps à autre. Des bribes de conversation surprises sur un bout de chemin. Moi l'associable, j'ai pris mon bain de foule. Et j'ai aimé ça!

Paris je t'aime!

La photo n'est pas de moi.

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23 septembre 2006

Je patrimoine, nous patrimoinons

Hôtel de Beauvais, de Sens, de Sully. Archives nationales. Le Marais. RER C, Saint-Michel. Métro, ligne 11, Châtelet, Réaumur-Sébastopol. Paris désert, puis la foule. Le parvis de Notre-Dame noir de monde. Les trottoirs étroits, devoir descendre sur la chaussée pour passer. Peu de voitures. Il est tôt, trop tôt, puis il est trop tard, pour les visites guidées, il faudra revenir. Tant pis. Des heures de marche, des tours et des détours. Les rues vides, les rues bloquées. Mais pourquoi cette foule rue Saint-Antoine? Nous marchons à contre-courant, nous ne comprenons rien, comme d'habitude. Nous apprendrons plus tard qu'il s'agissait de la techno parade. Oui, c'était le 16 septembre, journée du patrimoine, avec Cécile. Déjeuner au Paradis du fruit, quai Saint-Michel. Trop tôt, nous patientons en furetant dans les coffres des bouquinistes. Nous observons le courant de la Seine. Nous sommes passées par Saint-Louis et l'Ile de la Cité: nous n'avions jamais vu ''notre'' quartier de ce point de vue-là et c'est beau. Il fait chaud, mais il ne fait pas beau; il fait lourd. Nous rentrons, il est déjà près de 19h. À Versailles obligée de descendre du train. J'attends le prochain, mais tous ont au moins vingt minutes de retard. Léger bémol qui ne parvient pas à m'ôter le sourire accroché à mes lèvres... Une journée à part, qui m'a fait oublier durant douze petites heures les soucis du quotidien. Le calme avant la tempête... c'était la semaine dernière.

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