Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

24 septembre 2011

Exergue

"Organized people are just too lazy to look for things."
(Bertrand Russel)

Il faut que je mette cette citation en exergue, même si je ne voulais pas faire d'exergue. (En plus, Russel est un dieu de la logique, de la philosophie et des mathématiques.)

Bertrand_Russel

Posté par incitatus à 00:26 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

05 juin 2010

Certamen In Concordia Europae Regionumque Orbis

La chaleur plombait Paris et chacun de mes pas. Je n'avais pas vraiment envie de quitter les couloirs obscurs du métro, seul endroit de la capitale où la chaleur est supportable. Le RER B ne vaut guère mieux que la ligne 4, à croire qu'ils continuent à mettre le chauffage même en plein été. Lorsque j'émerge boulevard Saint-Michel, du bon côté, le soleil me tombe dessus sans crier gare. Les touristes sont partout, impossible de faire deux pas sans en bousculer.
Finalement, je trace ma route. Le Panthéon, le lycée Henri IV. Dans le cloître, ils arrosent la pelouse: ça sent bon la terre. Lorsque j'arrive dans la salle, je prends une chaise au dernier rang (l'année dernière j'étais eu premier rang, et je n'ai pas très envie de retenter l'expérience) et attends. Mado arrive avec une heure de retard, le discours est passé, ainsi que les prix de culture. On arrive aux prix des versions, enseignement supérieur. Les accessits sont distribués, je n'ai pas encore été appelée. Mon sourire s'agrandit au fur et à mesure. L'année dernière, j'étais deuxième accessit, j'ai donc fait mieux. Troisième prix. Quatre copies ex aequo. Un nom tombe, ce n'est pas le mien. Un deuxième. Un troisième. Mon cœur accélère. Et le quatrième, le mien. J'ai gagné deux places!
Après la fin de la remise des prix, je discute avec Mado. Et un type suant, étudiant dans un institut universitaire privé, qui est en quête "de bons conseils" et "de bonnes adresses". Si tu veux des pistons, coco, c'est pas moi qu'il faut venir trouver. M'enfin, après qu'il m'a expliqué que c'était dommage que j'aie abandonné toute idée de religion parce que ça éclaire nos vocations, et que je lui ai répondu en souriant que j'avais trouvé d'autres moyens de m'éclairer et que je vivais très bien sans aller à l'église, je m'en retourne chez moi, les pieds brûlants et la tête légère.
Et j'ai un bon pour aller chercher un Budé, boulevard Raspail. Respect!

Posté par incitatus à 10:20 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

06 mai 2010

Angoisse

J'ai cours dans moins d'une heure et demi avec mes troisièmes, et j'angoisse. Mal au ventre, intestins qui se tortillent et se nouent. L'angoisse remonte dans l'estomac. L'angoisse est là, dans la gorge. Je vais devoir les engueuler et j'angoisse. Pourquoi, mais pourquoi? Le regard sarcastique et méchant de cette peste refuse de me lâcher. Vraiment, je déteste mes troisièmes. Qu'ils aillent donc au lycée et qu'ils me foutent la paix! De toute manière, ils n'aiment pas le latin.

071004181033Angoisse_site_jpg

Posté par incitatus à 13:10 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 mars 2007

Flic flac floc

bouclettes
Cheveux frisottés
Lunettes mouchetées
Pieds noyés
Chaussettes trempées

Posté par incitatus à 21:48 - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,

27 février 2007

Miroir ?

paresseux"J'ai envie de t'embêter..." Un sourire mutin se coule sur mes lèvres et mes doigts glacés glissent dans ton cou. "Tu n'es pas censée travailler?" Perfide question à laquelle tu réponds par un rire. Bien sûr que tu es censée travailler, mais tu es engluée dans cette toile, tel un insecte pris au piège. J'ai l'impression de me voir... "Hey! Réveille-toi, tu dors!" Tu relèves le nez de tes cours, ôtes tes lunettes et te recouches plus confortablement afin de te rendormir... Tu bâcles tes D.M. et sauves tes D.S. grâce à ce que tu as retenu en classe... Le matin, tu te rendors après avoir éteint ton réveil, tu refuses de sortir de sous ta couette... J'ai l'impression de me voir... Tu fais le paresseux, je suis la Paresse. Tu imites le koala, on me dit tortue. Miroir?

Posté par incitatus à 23:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

13 janvier 2007

Portrait

Vous aurez sans doute remarqué que je ne mets que peu de aucune photos de moi ici, et ce pour la simple et bonne raison que cela n'aurait aucun intérêt... Mais aujourd'hui, je vais faire une exception, étant donné que j'ai trouvé sur internet dans le grenier de mon aïeule maternelle mon portrait peint par Dali en personne!

dalicaligula
Dali, Caligula

Posté par incitatus à 09:05 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 décembre 2006

Pour toi...

andalousie_003Au début, je ne te voyais presque jamais. Chaque fois que tu rentrais, je t'accompagnais voir tes salades. Puis le temps a passé. Vous avez déménagé. Tu as eu un jardin autre qu'une plate-bande dans la cour du collège. Je te voyais quelques jours aux Grives, quand tu avais réussi à sortir de ton bureau. Nous allions te chercher à l'aéroport.
Tu étais incapable de te reposer. Tu bricolais, tu jardinais. Tu jurais, tu râlais. Je t'entends encore. « Merde! » Ta voix commençait basse puis s'élevait. De temps à autre, tu accompagnais cela d'un « chié! ». Rien ne marchait jamais comme tu le voulais, mais le résultat était toujours impressionnant.
Tu as fabriqué mon premier bureau. Tu m'as appris à clouer et à scier. Tu m'as enseigné l'arrosage des salades et comment tailler les rosiers. Tu m'as légué ton juron favori. Plus tard, tu m'a inculqué les règles de la belote.
Avec toi, j'ai parcouru la Wolfsklam « en petites foulées ». Avec toi, je me suis perdue dans Séville.
Tu avais horreur de rester inactif. Tu as travaillé toute ta vie durant, même après la retraite. Tu t'échappais dans ton atelier. Puis, enfin, tu as été réellement à la retraite. Tu avais peur de t'ennuyer. Alors tu as voyagé. Mais, à peine un an d'otium que la maladie t'a frappé. Tu n'avais jamais été malade de ta vie. Et la leucémie a osé s'attaquer à toi. Quelle injustice pour quelqu'un d'aussi honnête et droit que toi!
Tu en as réchappé une fois. Ce fut un miracle. Je m'en souviens comme si c'était hier: je rentrais de Venise et j'ai appris que les médecins n'osaient se prononcer sur ton état. Et quand tu t'es réveillé, même les spécialistes ne comprenaient pas ce qui s'était passé.
PapiJe ne t'ai pas vu à l'hôpital. Mais tu es rentré pour Noël cette année-là. Tu étais maigre. Tu marchais avec une canne. Ça m'a fait bizarre. Un semblant de paix s'était installé. Puis nous avons oublié la maladie. C'est alors qu'elle est revenue, sans prévenir. Et cette fois, tu ne t'es pas réveillé. Je l'ai appris en sortant de cours. J'allais déjeuner chez mes grands-parents. Quand j'ai vu mon père, mon frère et ma sœur qui n'étaient pas invités, je n'ai pas compris. On me l'a dit avant de passer à table. Mon sourire s'est affaissé. Une larme, unique, a coulé.
À l'enterrement, je n'ai pas pleuré. J'ai juste été bouleversée de voir mon oncle et mes cousins pleurer... Je n'avais pas réalisé. Je n'ai pas voulu te voir avant que tu ne partes définitivement. Je voulais te garder intact dans ma mémoire. Je m'en voulais de ne pas pleurer. J'ai eu peur de ne pas t'aimer.
Puis j'ai réalisé, un an après. J'ai pleuré quand je suis retourné aux Grives. J'ai compris que je n'entendrais plus tes jurons. Que tu ne chanterais plus « Étoile des neiges, mon cœur amoureux... », faux, rien que pour embêter Mamie. Tu ne chanterais plus ton unique « passer mes doigts dans les cheveux d'Esméralda! ». Tu n'éplucherais plus les haricots avec nous sur la terrasse le soir. Tu ne plongerais plus du muret dans la piscine. Tu ne ferais plus pousser tes radis. Tu n'observerais plus avec espoir ton prunier rachitique. Tu ne nous parlerais plus des charançons.
Tu ne sauras pas que j'ai eu mon permis, toi qui me l'as offert. Mais si je l'ai eu, c'est grâce à toi, je le sais. Des salades ont été replantées sur tes plates-bandes. Nous chantons encore « Étoile des neiges » ou « Esméralda ». Je t'ai pris tes espadrilles et ton chapeau de paille. Merci Papi.

Posté par incitatus à 00:19 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

19 novembre 2006

Lentilles vs Jelly

La jelly, gluante mais rapide
La lentille, petite mais costaude!
P1010014 jelly

Là, c'est moi< ... >Là, c'est Cécile
 

Posté par incitatus à 01:45 - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : ,

17 novembre 2006

Animal nocturne

Petite déjà, je dormais peu. On me couchait et j'attendais que le temps passe, les yeux grand ouverts, fixant l'obscurité. Quand on venait vérifier que je dormais, je fermais les yeux et faisait semblant de dormir. Au début, mes parents n'étaient pas dupes, puis, avec le temps, j'ai acquis de l'entraînement et l'on ne put plus deviner si je dormais ou non.
cielAu collège, je retardais l'heure de mon coucher d'un heure tous les ans et finis en troisième par me coucher en moyenne entre onze heures et minuit. Depuis, ça a dépassé la barre de minuit et je me couche régulièrement entre minuit et deux. J'ai pris l'habitude de me coucher quand je tombe de sommeil, pour la simple et bonne raison que j'ai horreur de tourner dans mon lit. Ainsi, en moins d'une seconde je dors. Souvent, je ne me souviens même plus avoir éteint ma lampe de chevet...
Pourquoi me couché-je si tard? Parce que je m'éveille à neuf heures le soir. Auparavant, je suis fatiguée et sans volonté: impossible de me mettre au travail. J'attaque rarement mes devoirs avant le dîner... Par contre, passé neuf heures, je suis en pleine forme et pourrais ranger ma chambre de fond en comble. De même, je peux travailler trois heures sur un commentaire, une synthèse sans rien trouver. Au bout de trois heures, l'inspiration s'est enfin décidée à rendre visite à mes neurones et alors je peux gratter. Il est à ce moment une heure que je n'ose avouer...

Posté par incitatus à 02:29 - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

16 novembre 2006

Folle furieuse

Rassurez-vous, il s'agit pas de moi, je ne suis pas encore furens... Il s'agit de la seule et unique conductrice de bus, et croyez-moi, c'est le pire chauffeur qui soit! Ce matin, je l'ai reconnue avant même de l'avoir vue, à la sale manie qu'elle a de rester en plein milieu de la rue au lieu de s'arrêter sur l'emplacement strié de jaune qui lui est réservé, à la sale manie qu'elle a de n'ouvrir qu'un demi-porte... Son air renfrogné dès 9h le matin, voilà qui n'est pas une impression des plus agréables. Si vous le pouvez, faites en sorte de vous asseoir, sinon vous n'êtes pas sûrs de rester debout durant tout le trajet. Elle prend les virages tellement larges que vous n'avez plus qu'à prier pour qu'il n'y ait personne en face; elle double à contresens, se rabat dans sa file au dernier moment, klaxonne à tout bout de champ... Et quand il y a des grèves, c'est la seule qui est en service! Allez savoir pourquoi...

Posté par incitatus à 14:02 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :