Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

16 octobre 2013

Souvenir de lycée

joseph désiré court - la mort d'hippolyte 1825

Joseph Désiré Court, La Mort d'Hippolyte, 1825

 « De son généreux sang la trace nous conduit,
Les rochers en sont teints, les ronces dégouttantes
Portent de ses cheveux les dépouilles sanglantes. »

(Jean Racine, Phèdre, V-6 - Récit de Théramène racontant la mort d'Hippolyte)

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08 octobre 2013

Des héroïnes

Club BD. Travail d'équipe. La consigne de l'atelier était: créer un héros.

Je sais, c'est vague. Avant tout il faut savoir ce qu'est un héros: personnage principal d'une fiction? demi-dieu? agit-il toujours et forcément pour le Bien? Autant de questions que je n'évoque pas, que je laisse en suspens, pour voir ce qu'ils en font. Seule aide: je leur explique ce qu'est un anti-héros (non, ce n'est pas un super-vilain), terme qui les avait laissé perplexes lors du quizz d'introduction.

Lorsque je fais le tour des équipes, après avoir croisé un hybride de Hulk et de Lapin crétin et d'autres êtres de sang-mêlé, je tombe sur une discorde. Les membres de l'équipes sont bloqués, la seule chose qu'ils savent, c'est que ce sera un garçon. Mais une des membre de l'équipe déclare qu'elle préfèrerait une fille. La question que je pose alors, "pourquoi ce choix d'un garçon?" donne lieu à une réponse qui me hérisse les cheveux sur la tête.

"Ben on peut faire plus de choses avec les garçons, on a plus de choix. Alors que les filles c'est plus délicat."

Abasourdie je suis. Et en même temps, je ne peux pas laisser passer cette chance. Je dois tenter d'ouvrir les esprits de ces petits sixième qui sont encore bercés de préjugés. En attendant de trouver une réponse mieux argumentée, je leur raconte le mythe d'Antigone, qui a défié son oncle, son roi, sa cité, la Loi, pour enterrer son frère, traître à sa patrie faisant d'elle une traitresse. Personnage de la rebelle, de l'insoumise, elle me plaît mieux que les guerrières, et sur le moment, je n'ai de pensées que pour elle, malgré sa fin tragique.

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Hier, j'avais pris le temps d'assembler une série d'images. Je leur ai parlé alors de Médée (un héros fait-il toujours le Bien?), d'Electre, d'Antigone, d'Andromaque, puis de Clélie et Bérénice (ah, Bérénice: "vous ne trouvez pas qu'abandonner l'amour de sa vie pour une raison d'état c'est héroïque?" leur ai-je dit, enthousiaste - assentiment général "ah bah oui, quand même..."). Judith également, du côté de l'Ancien Testament. Puis Jeanne d'Arc, personnage historique devenu légende, mythe, assemblant l'héroïne guerrière et la sainte. Et après cela, place à Wonder Woman, Fantômette, Nausicaä, Eowyn, Lara Croft, Mulan... j'y ajoute même les Totally Spies, Toph et Korra, pourquoi pas?

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Tout est bon pour leur faire comprendre que les hommes n'ont pas le privilège de l'héroïsme (et au passage que l'héroïsme n'est pas toujours dénué de cruauté et de violence, au contraire).

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08 août 2013

Paresse

La paresse est cette « habitude prise de se reposer avant la fatigue »[1] ; elle semble ainsi se caractériser par la paix et l’harmonie intérieures, le calme et la tranquillité d’esprit. Elle s’abandonne avec délectation dans les bras de Morphée et retrouve les délices du Royaume du Sommeil : du silence à la pénombre, en passant par le suave parfum des fleurs de pavot. Pourtant, on la retrouve dans ses lourds voiles, les cheveux défaits, aux côtés de ses confrères les sept péchés capitaux : la bouillonnante Colère, la Gourmandise aux belles joues, l’austère Avarice, l’Orgueil au regard méprisant, la voluptueuse Luxure et l’Envie aux mains tendues.

[Paresse] 07

Felix Valloton, La Paresse (1896)

Comme eux, elle est une forme de souffrance. Une douleur subtile qui s’insinue en nous tel un poison mortel. La paresse « tout à la fois désire et barre la route à son désir »[2]. Elle passe son temps à désirer quelque chose qui lui échappe. L’objet même de son désir fuit sa raison. « Je voudrais aller quelque part, je ne sais où ; je ne sais pas ce que je veux, je n’ai même pas la volonté de désirer vouloir »[3]. Et quand par malheur elle le saisit, sa volonté lui fait défaut et elle le relâche à contrecœur. Sempiternels regrets, remords éternels. La paresse souffre inlassablement. Elle devient alors mollesse, fainéantise, oisiveté stérile, négligence ; elle flirte sans pudeur avec la mélancolie et la lâcheté.

[Paresse] 13

Théodore Chassériau, Buste d'homme endormi (1844)

Mais il lui arrive de fuir le côté infernal de son penchant à l’inaction et elle navigue alors entre deux eaux, elle jongle avec flegme et flemme. Puis elle se pose et reste immobile pendant des heures. Elle ne fait rien et elle seule en est capable. Elle seule a le courage de se lever tôt pour prendre le temps de ne rien faire. Elle regarde le sable s’écouler dans le sablier, écoute le mécanisme régulier de la pendule du salon, observe les gouttes de pluie s’écraser lourdement sur les vitres. Ses cinq sens sont en éveil. Pas un éveil actif, non ! Loin de là… un éveil passif, qui ne fait que percevoir et enregistrer. Elle voit le temps passer. Elle est alors flânerie, abandon, insouciance, indolence. Et ce sont cette passivité et cette lenteur qui font sa force. Elle devient patience. Quant à l’importun qui la dérangerait dans cet état second, elle le renverrait avec l’indifférence et le calme olympien dont elle sait faire preuve; il serait en effet trop fatigant de s’énerver après ce pauvre hère !

[Paresse] 09

Lawton SParker, Paresse (1916)

Ainsi la noble Paresse vogue sans cesse entre inquiétude et quiétude ; agitation fébrile à la recherche de l’objet de son désir mais qui ne se donne pas les moyens de l’atteindre, et calme à toute épreuve de celle qui n’a ni le courage, ni l’énergie de s’inquiéter et donc abandonne tout en s’abandonnant elle-même.



[1] Jules Renard
[2] Giogio Agamben
[3] Gustave Flaubert

Ecrit en juin 2006, posté par Melendili sur son blog (à l'époque, je n'en avais pas encore), reposté le 30 mars 2008 sur mon blog Wordpress.

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07 août 2013

Procrastination

Elle n’a pas l’air comme ça, elle n’est pas grande, elle se glisse partout. Et pourtant. Pourtant, elle est terrible, elle fait souffrir, elle ronge, elle s’immisce dans les esprits les plus retors. On ne la voit pas venir. Et la voilà, qui vous souffle à l’oreille sa malédiction, un seul mot. Deux syllabes qui font miroiter devant votre regard las des perspectives infinies. « Demain… »

On ne se méfie pas, on la regarde approcher. Ses petits pieds nus qui parcourent terres et mers, de jour comme de nuit, qu’il pleuve ou qu’il vente, ont l’air bien fragile. Son doux sourire vous fait fondre, et elle ouvre sa bouche. Un poison lent s’exhale de ses lèvres fraîches, un suc qui enivre et fait oublier toute raison. « Demain… »

INGRES Jean-Auguste-Dominique - La grande baigneuse

Déesse toute puissante, elle règne sur les hommes et les dieux. Hommes et femmes, jeunes et vieux subissent sa tyrannie, sans mot dire. Ils ne voient même pas qu’ils lui sont soumis! Les six lettres scintillent dans le soleil couchant, puis illuminent le ciel nocturne. « Demain… »

Grande dame, elle nous fait courber l’échine, les uns après les autres. Nous ployons devant sa toute puissance. Contrairement à Paresse, sa sœur, elle aveugle ses victimes: non seulement ils agiront demain, mais ils s’occupent entre temps. Leurs mains s’agitent, leur cerveau cogite. Saine occupation que celle qui dissimule le retard qui s’accumule. Chaste voile que celui de cette Reine! Nos yeux éblouis s’abaissent alors qu’elle susurre « Demain… »

Ce n’est que lorsque Conscience pointe son nez crochu que nous comprenons l’illusion. Le mirage. La séduisante femme, cette fée agile, nous apparaît dans toute sa noirceur. Son sourire se fait carnassier, un éclat malfaisant brille dans ses pupilles dilatées. Conscience ouvre nos esprits et nous glissons dans le gouffre. Les abîmes de notre retard nous avalent. Mais nous n’avons plus qu’un mot à la bouche, que nous hurlons du fond de notre âme: « Demain… »

Posté le 23 novembre 2008 sur mon blog Wordpress.

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26 juillet 2013

Lectures d'été - première parenthèse

Titre: Percy Jackson et le voleur de foudre
Auteur: Rick Riordan
Editeur: Le Livre de poche jeunesse

Quand j'avais vu les bande-annonces au cinéma, j'avais ri en silence afin de dissimuler mon désarroi. Aussi, quand Cécile m'a offert le premier volume des aventures de ce demi-dieu du vingt-et-unième siècle, ai-je eu un sourire dubitatif. Cependant, je sais qu'on peut lui faire confiance lorsqu'il s'agit de lecture, et son argument "ça ne se prend pas au sérieux" m'a convaincue.

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La lecture des premières lignes a en effet suffit à mettre un terme à mes craintes. Ce livre est définitivement drôle. Le scénario est ce qu'il est, quelquefois un peu simpliste, mais il est vrai que le narrateur n'est pas sérieux quand il raconte cette histoire.

Les dieux sont des boulets qui revêtent une apparence toute nouvelle à nos yeux embués de statues grecques (Poséidon - alias Barbe-à-Moules - en bermuda et chemise hawaïenne, Charon qui a découvert les costumes italiens, Dionysos condamné à surveiller la colo des héros pour avoir coursé la mauvaise nymphe...). Les héros ne sont pas toujours très vifs (ou alors ils n'ont pas suffisamment lu Hésiode et Ovide), ce qui nous donne amplement le temps de jouer aux devinettes avec l'auteur. Mais qui est ce motard tout de cuir vêtu, avec une flamme destructrice dans les yeux? Oh, c'est Arès, quelle surprise!

Sur le plan du réussi, outre ces tableaux assez hilarants et complètement déssacralisants de la mythologie, on trouve la peinture de ces adolescents qui ont des relations assez chaotiques avec leurs parents. Et oui, on ne s'est jamais vraiment demandé comment Héraclès a vécu d'avoir un père toujours absent, et un peu trop colérique. Ou ce qu'Enée pensait de sa mère. Tous ces héros sont en général des enfants adultérins. Sans compter qu'ils ont une fâcheuse tendance à attirer les monstres infernaux. Alors la moitié mortelle de la famille a parfois un peu de mal à les accepter comme ils sont.

En conclusion, j'ai été étonnée par l'originalité de l'univers, l'esprit légèrement frondeur de l'auteur (il faut quand même oser peindre les dieux grecs de cette manière), l'humour et le côté décalé du récit. Et bien sûr, même s'il a ses limites, le scénario reste tout-à-fait honorable et nous donne une histoire distrayante et facile à lire.

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06 mai 2013

Kissing the witch

"I am inclined to think that a witch should not kiss. Perhaps it is the not being kissed that makes her a witch; perhaps the source of her power is the breath of loneliness  around her. She who takes a kiss can also die of it, can wake into something unimaginable, having turned herself into some new species." Kissing the Witch, "The Tale of the Kiss", Emma Donoghue

Kissing the witch

Treize contes, dont les douze premmiers sont des réécritures de contes connus depuis des lustres: Blanche-Neige, Cendrillon, la Belle et la Bête... Douze réécritures sous le sceau du féminisme, où les princesses ne sont plus simplement décoratives, mais où elles deviennent de véritables actrices de leur destin.

Plus que ça, ce sont désormais elles les narratrices de leur propre histoire. Récits à la première personne, chacune raconte ses aventures à un personnage du conte précédent. Blanche-Neige, par exemple, demande à sa belle-mère à la fin de son histoire : "Who were you before you married my father? And she said, Will I tell you my own story? It is a tale of a handkerchief."

L'enchâssement des récits se fait en souplesse, et c'est tout naturellement que l'on suit la nouvelle narratrice dans sa propre histoire. Les styles changent subtilement d'une conteuse à l'autre. L'ensemble est extrêmement plaisant à lire, tant pour les happy endings que pour les histoires qui serrent le coeur. Voilà qui donne envie de (re)lire les contes de Grimm et compagnie !

"And what happened next, you ask? Never you mind. There are some tales not for telling, whether because they are too long, too precious, too laughable, too painful, too easy to need telling or too hard to explain. After all, after years and travels, my secrets are all I have left to chew on in the night.
This is the story you asked for. I leave it in your mouth." (ibid.)

PS : réécriture dans un genre complètement différent, mais qui se lit tout aussi facilement, Ash de Malinda Lo, réécriture de Cendrillon, sous la forme d'un roman pour young adult.

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26 octobre 2012

Opéra

Du premier balcon, la vue est bonne. Par contre, le siège trop étroit et les genoux dans le fauteuil de devant garantissent un inconfort que seule l'entracte saura dissiper, quand, boitillant, nous descendrons dans le hall avec Manon pour étancher notre soif avec le soda le plus cher de la planète. Mais après tout, ils peuvent se le permettre : c'est le Théâtre des Champs Élysées, la classe internationale !

theatre-des-champs-elysees

Le rideau se lève. Le décors est jaune et sans grand intérêt. Voilà qui a un air de contemporanéité déjà vue, mais qu'importe. La musique s'est élevée. Et Charpentier, j'aime. L'ouverture qui chante la gloire de Louis et la Victoire donne le ton : mise en scène déplorable mais musique géniale. Les interprètes sont bons, excellents même pour certains, le chœur me donne des frissons. Par contre, on ne comprend pas grand chose aux déplacements : tout semble complètement désorganisé, rien ne paraît naturel. Et les costumes, quand ils ne sont pas d'une banalité affligeante, piquent les yeux.

Médée 02

Fort heureusement, rapidement, on fait abstraction, et on se laisse emporter dans l'univers de Médée. Jason est un crétin fini (et le seul chanteur pas terrible du lot), qui a osé abandonner la terrible Médée pour la belle Créuse. Si cette dernière a un rôle de quasi-potiche (elle ne fait pas grand chose à part séduire Jason, lui dire qu'elle l'aime, et mourir), son interprète a une voix sublime.

J'ai eu droit, en live, à mon passage préféré : « Courrez au Champ de Mars, volez, volez, jeune héros ! », et grâce au surtitrage, je connais enfin les véritables paroles.

Après l'entracte, nous n'avons pas vu la seconde partie passer. Beaucoup plus vivante et terrible, elle nous fait entrer dans le cœur du sujet. Médée craque, elle s'abandonne à la folie et confronte un a un tous les personnages. Son « duel » avec le roi est jouissif :

CREON
Quelle audace vous porte à me parler ainsi?
Vous, l'objet malheureux de tant de justes haines,
Ignorez-vous que je commande ici,
Et que mes volontés y seront souveraines,
C'est à moi seul de les régler.

MÉDÉE
Créon, sur ton pouvoir cesse de t'aveugler,
Tu prends une trompeuse idée
De te croire en état de me faire la loi.
Quand tu te vantes d'être Roi,
Souviens-toi que je suis Médée.

CREON
Cet orgueil peut-il s'égaler?

MÉDÉE
Sur l'Hymen de ta fille il m'a plu de parler,
En vain mon audace t'étonne,
Plus puissante que toi dans tes propres États,
C'est moi qui le veux, qui l'ordonne,
Tremble si tu n'obéis pas.

Elle va même jusqu'à le défier : « Sois roi si tu peux l'être ». Quand, un peu plus tard, Créuse se plaint qu'elle ne peut lui obéir, parce que «  d'un père et d'un Roi le Ciel m'a fait dépendre », Médée lui répond simplement : « j'ai parlé, c'est assez ». Mais le mieux reste à venir : sa confrontation avec Jason, dernière scène de l'opéra, fait d'elle un monstre peut-être, mais une femme d'une puissance terrifiante assurément. Jason, prêt à la suivre jusqu'en Enfer, pleure la mort de celle qu'il aime et de ses enfants, et jure de se venger. Mais elle n'ira pas en Enfer, au contraire. Sur un dragon (affirme le livret), elle s'élève dans les cieux.

Médée 05

En fin de compte, Charpentier, c'est magique.

***
Revue de presse :

" On regrette seulement que par effet de mode cette vision Médéenne soit réduite à une simple exposition contemporaine. " (Artistik rezo)

" La scénographie du plasticien allemand fort en vogue Jonathan Meese, qui « prône la dictature de l’art et pourfend le reste » (sic) faite de néons, de fenêtres et de croix métalliques, et de cercueils renversés, le tout mu par solistes et choristes, est à la fois simple, basique et laide. " (Classique aujourd'hui)

" Les chanteurs semblaient un peu perdus sur ce vaste plateau, dans des déplacements à l’allure parfois hasardeuse. " (Le blog baroque)

Pour les points positifs, il faut lire les articles en entier. Je me suis contentée des citations qui expriment peut-être plus "professionnellement" les critiques que j'ai essayé d'émettre.

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06 décembre 2011

Réveil douloureux

J'ai passé ma journée d'hier à relier Momos, Athéna, Phobos, Arès, Alecto ou Lêto à leurs parents, puis à leurs attributs puis à leurs autres relations. Je voyais danser des dieux et des déesses devant mes yeux. La dead-line était minuit. J'ai envoyé le tout à deux heures passées.

Dans mon rapport, j'ai parlé de viol et d'adultère, d'Hermaphrodite qui ne rentrait pas dans mon modèle, d'Hercule que je considérais comme mortel et de Psyché que je voyais comme une déesse, j'ai expliqué ce qu'étaient les Hécatonchires et les Cyclopes, l'égide et la marotte.

Et quand j'ai eu terminé, je n'avais plus la moindre envie de dormir. Alors j'ai fouillé dans mes scans de mangas, et j'ai découvert une perle, qui m'a collé un sourire niais au visage. Eh oui, je souris niaisement même à quatre heures du matin. Mon sourire s'est quelque peu crispé quand j'ai vu l'heure.

Une fois dans l'obscurité, j'ai repensé au dîner, à son air bouffi, à sa solitude, au blanc qui a suivi mon refus. J'ai eu mal pour lui, et je me sens coupable. Je ne devrais pas. C'est ce qu'il cherchait après tout. Mais je n'y peux rien, c'est plus fort que moi : il faut toujours que je m'inquiète pour les autres.

J'ai les yeux bouffis, et les membres endoloris. J'ai dormi trois heures et mon cours ce soir finit à vingt... J'ai envie de me recoucher.

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30 novembre 2011

Interminable liste

Examens passés :

  1. Morphologie et multilinguisme (écrit d'1h - fini en 37 minutes)
  2. Sciences affectives (oral + rapport - article "Emotional Effects of Music: Production Rules" de Klaus Scherer)
  3. English for specific purposes (oral - sujet libre : j'ai choisi de traiter les aspects socilinguistiques dans le film My Fair Lady)

my_fair_lady

A peine fini le premier semestre, nous enchaînons sur le deuxième. Pourtant, il nous reste encore mille projets à rendre dans les semaines à venir :

  1. Web sémantique (ontologie + rapport - sujet libre : la mythologie gréco-romaine)
  2. Recherche d'information (projet + rapport - sujet : la racinisation du latin)
  3. ExCom (projet + rapport : je n'ai pas encore choisi mon sujet)
  4. Unitex ("reconnaître toutes les formes des verbes du premier groupe")
    Unitex
  5. Sociolinguistique (3 transcriptions + commentaire de transcription + dissertation sur thème libre tiré du documentaire Les Roses Noires - sujet choisi : le genre, plus particulièrement la question du parler masculin et du parler féminin)
  6. Synthèse de la parole (projet + rapport - je n'ai pas encore osé regarder le contenu du sujet)

Sinon, dans le désordre :

  • une chanson faite en voix synthétique (et croyez-moi, ça prend un temps monstrueux à créer !) par le groupe du logiciel Mbrola :


  • je devais travailler cet après-midi : j'ai lu le dernier tome de One Piece et j'ai dormi
  • j'ai envie de religieuses au chocolat
  • j'ai eu un cours de droit (3h, c'est long) : c'est extrêmement intéressant, quoiqu'un peu beaucoup aride
  • Wikipédia recense 34 types de nymphes différents, dont les lampades, à l'origine du nom "lampadaire"
  • on a eu un cours de veille passionnant, même si étrangement flippant : on en ressort traumatisé de savoir qu'on se fait manipuler par l'information et un peu paranoïaque.
  • quelqu'un est arrivé sur ce blog en cherchant "surnageait invinciblement sa robe rouge ou sa figure pâle toujours aussi noble et aussi mélancolique, mais qui ne laissait paraître aucun trouble de cette transverbération" : la classe, non ?

lampade

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23 octobre 2011

Pompoko

Film complètement hallucinant et halluciné. Les personnages principaux, des tanukis, êtres fantastiques sortis tout droit de la mythologie japonaise, présentent de nombreux visages, recoupant leurs formes réelle et mythique. A la fois chien viverrin, sorte d’animal ayant l’aspect d’un chien, d’un raton laveur et d’un blaireau, et personnage burlesque aux testicules « imposants » comme dit Wikipédia. Quand on n’est pas familier de l’imaginaire japonais et qu’on a l’habitude des dessins édulcorés et asexués disneyens, voir des personnages – même animaux – sexués de manière aussi visible surprend et fait sourire. Première chose, donc, une rencontre inattendue avec une mythologie qui nous est complètement étrangère.

Pompoko

Quant à l’histoire, on retrouve les thèmes chers aux Studios Ghibli : l’urbanisation, la déforestation, l’oubli des cultes ancestraux. La forêt où nos tanukis s’ébattent depuis des siècles est menacée par la construction d’un quartier d’habitation. Désespérés, ils enchainent les tentatives et les échecs à un rythme effréné, entrecoupé de fêtes endiablées et de réunions plus ou moins fructueuses. Ces petits animaux malicieux et cocasses ont en eux quelque chose de profondément humain : ils aiment « la bonne bouffe », se laissent facilement avoir par les luxes de la vie quotidienne, ne perdent pas une seule occasion de s’amuser, et s’adaptent tant bien que mal à leur environnement.

Par ailleurs, la fin somme toute assez surprenante, ni défaite, ni victoire, sonne vrai et fait réfléchir sur la signification de l’histoire dans son ensemble. C’est une vraie réussite que ce film, et un bon moment à passer.

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