25 juin 2014

Outre-Atlantique, deuxième escale

Aujourd'hui, New York.

Je suis arrivée hier. En sortant du train qui traverse les campagnes de l'état de New York, le ciel s'assombrissant fait l'effet d'une chape de plomb qui vient fermer hermétiquement le récipient que forment les parois infinies des gratte-ciel. Passer du grand air au confinement de la ville me donne un hoquet de panique. Je me concentre alors sur mon plan. Je dois arriver à l'hôtel, j'ai une demi-heure de marche.

Ce matin l'angoisse est passée. Le jour s'est levé, j'ai pu prendre un petit déjeuner copieux à l'hôtel (oeuf dur, gauffres, fruits), rattrapant ainsi le dîner manqué hier soir. J'ai décidé de visiter le Metropolitan Museum et de me promener dans Central park. En gros, d'éviter les rues bruyantes et les gratte-ciel.

L'air est encore frais quand je pars. La promenade est longue, à cause de toutes ces rues à traverser. Finalement, j'entre dans Central Park, me pose quelques minutes, et arrive au Met' pour l'ouverture. Au programme: peintures occidentales (1200-1800, puis XIXe siècle), avant de déjeuner du côté de l'aile américaine. Détour par les peintures et l'art déco américain, fascinants: les peintures recèlent des trésors dont j'ignorais jusqu'à l'existence, et l'art déco met en lumière toute la démesure des Américains, avec ces pièces de demeures entièrement reconstituées à l'intérieur même du musée. Enfin, je fais un petit tour du côté des arts asiatiques: calligraphie, estampes, sculptures, l'ensemble est extrêment riche.

Le musée fermant ses portes assez tôt, je suis obligée de chercher une occupation jusqu'au soir. Je ne peux tout de même pas retourner m'enfermer à l'hôtel et attendre la fin de la journée. Sur les conseils avisés de Cécile, je prends donc la direction de la High Line, via Central Park, Broadway et Time Square, après sept heures passées à l'abris du musée. Les gratte-ciel, je finis par m'y faire. La lumière crue de l'après-midi est plus seyante que le crépuscule. Par contre, la foule de Time Square, je n'y remettrai pas les pieds tous les jours. Escale au General Post Office, puis longue promenade sur la High Line, après trois heures de marche. J'ai le plaisir de voir le soleil rosir l'horizon et se coucher de l'autre côté du fleuve.

Une fois le chemin terminé, il me faut trouver le chemin de l'hôtel et un restaurant pour apaiser ma faim et reposer mes pieds. C'est dans Chelsea que je trouve mon bonheur. Enfin, je reprends ma route, la 24e rue, d'ouest en est. Il est bientôt minuit, je vais me coucher. Demain, je pars pour Baltimore...

PS: Google me dit que j'ai fait près de 16km aujourd'hui.

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30 octobre 2013

Masculin / Masculin

Les affiches - se répondant à la perfection - sont réussies et appâtent les clients en nombre: il suffit de voir la file d'attente devant le musée à midi quand nous arrivons, et la même, dix fois plus longue, quand nous sortons à quinze heure. Le thème promet une variété de styles et de supports qui n'est pas pour me déplaire, des représentations mythologiques à la pelle (Hermès et Pâris en couverture, rien que ça) et en plus, paraît-il, le parcours est thématique et non chronologique, ce qui a l'heur de permettre des comparaisons sympathiques entre œuvres d'époques très différentes.

masculin-masculin

Cependant, nombreux furent déçus (il suffit de lire la critique d'Evene, qui ne cache pas son insatisfaction). Pas assez scientifique selon les uns, manque d'un objectif clair (à part montrer des représentations d'hommes nus, cela va sans dire) pour d'autres. Et c'est vrai, quand on prend le temps de lire les explications (ou du moins certains passages du catalogue de l'exposition), on comprend assez rapidement que l'homme nu est sous-représenté dans l'art de nos jours et que ce n'était pas le cas autrefois, bla bla bla. Que les nus féminins choquent beaucoup moins aujourd'hui, bla bla bla. Jamais n'est posée la question de ce que cela peut signifier sur notre société ou autres questions qui viennent à l'esprit quand on compare les représentations féminines et masculines. En outre, les commissaires de l'exposition sont partis du principe que tout le monde avait les représentations féminines en tête. Résultat: nous n'avions aucun point de comparaison, ce qui, pur certaines œuvres eût été on ne peut plus pertinent. Mais je ne m’appesantirai pas sur la question, parce que cette exposition, en fin de compte, je l'ai bien aimée.

etudes

1. Edmond Lebel, Etude de nu masculin de dos (1850)
2. Hermann Heid et Louis Igout, Académies de nus masculins (1875-1880)

En effet, je ne cherche pas forcément à me creuser la cervelle quand je vais voir une exposition. En général, j'attends de voir des œuvres plus ou moins connues, des œuvres que je n'aurai pas forcément la chance d'aller voir dans leur musée, des œuvres de collections particulières qui ne sortent que rarement de chez elles, ou de revoir des œuvres que j'ai aperçues à l'autre bout de l'Europe, un jour. De ce côté-là, j'ai été plus que satisfaite. Je lis rarement les explications, écrites dans une police trop petite pour mes yeux de myope, sur un mur trop sombre pour que le contraste soit bon, avec trop de gens devant pour que je puisse m'en approcher. Sans compter ma paresse sans égale.

comparaison

1. Flandrin Hippolyte, Jeune homme nu assis au bord de la mer, étude (1836)
2. Wilhelm von Gloeden, Cain, Taormine (1913)
3. Robert Mapplethorpe, Ajitto (1981)

De plus, le parcours étant thématique, j'ai trouvé que l'on ne s'ennuyait pas. Je ne dis pas que les choix des thèmes étaient pertinents ou que le choix des œuvres pour chaque thème était parfait, loin de là (avec Evene, je me demande pourquoi n'avoir pas fait un salle dédiée au martyr de Saint Sébastien, pourquoi l'avoir fait apparaître dans plusieurs thématiques, quand on avait matière à ergoter sur cet épisode biblique cher aux peintres de toutes les époques), mais l'alternance de peintures ultra-classiques, de sculptures (peut-être pas assez), de tableaux plus récents et de photographies m'ont gardée en éveil jusqu'à la fin de l'exposition.

orgueil

1. Francois-Léon Bénouville, La Colère d'Achille (1847)
2. Auguste Rodin, Etude de nu de Balzac (vers 1894)

Pour ma part, j'ai trouvé ça suffisant. J'aurais payé mon entrée, peut-être aurais-je grincé des dents, mais comme ce n'était pas le cas, je ne me plains pas. En fait, cette exposition est comme un index thématique, qui donne envie d'explorer bon nombre de pistes, comme un catalogue de références. C'est déjà pas si mal, non ?

Paul Marie Pierre Richer - Athlètes 1895

Paul-Marie-Pierre Richer, Athlètes (1895)

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24 mars 2013

Marc Chagall

Mardi dernier, dix-sept heures. Je sors d’un séminaire passionnant où j’ai découvert qu’il existait des « linguistes heureux », et c’est le sourire aux lèvres que je m'extirpe du labyrinthe de la Sorbonne (passerelle, escalier H, cour Cujas, galerie Claude Bernard puis à gauche vers la place de la Sorbonne). Il crachine, et je me réfugie à l’UFR de grec pour attendre Manon. Lorsqu’elle arrive, il pleut à verse, et nous patientons un peu avant de partir pour le Musée du Luxembourg.

CHAGALL Marc - Autour d'elle

C’est dans un calme relatif que nous visitons l’exposition dédiée à Marc Chagall. Je connaissais surtout ce peintre pour avoir vu il y a fort longtemps sa mosaïque à Sainte-Roseline, et depuis un projet d’arts-plastiques en seconde, j’associais son nom au bleu. J’ai donc pu découvrir d’autres dimensions de son œuvre, et certaines toiles m’ont émue. L’exposition est extrêmement riche, et le nombre d’œuvres exposées est impressionnant.

CHAGALL Marc - Wonded soldier (1914)

Une fois admirés les dessins à l’encre et la superbe Vue de la fenêtre à Zaolchie, près de Vitebsk, nous entrons dans la salle aux peintures religieuses. Illustrations de l’Ancien Testament, nous admirons les anges et l’expressivité des visages tout en cherchant à deviner quelle scène est représentée avant de lire les explications. Par la suite, nous jouerons à « Où est Charlie », en quête de l’âne, du violon, du couple, de la mère à l’enfant, de l’oiseau et j’en passe.

CHAGALL Marc - Vue de la fenêtre à zaolchie, près de vitebsk (1915)

Le Christ crucifié de L’Exode me plaît : loin de la souffrance caractéristique de ce genre de scène, ses yeux fermés, son air bienveillant et apaisé donnent une impression de calme et de sécurité relative au-dessus de la foule désordonnée.

CHAGALL Marc - L'Exode

Les couleurs, quand elles ne sont pas salies de noir, me séduisent. Ce bleu récurrent est éblouissant. Et le jaune du Roi David et de La Danse apporte chaleur et réconfort. Les violets, verts, rouges sont superbes.

CHAGALL Marc - La Danse (1950)

Finalement, l’ennui à la Sorbonne a du bon. Sans lui, je ne me serais probablement jamais décidée à aller voir cette exposition, et c’eût été bien dommage.

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18 août 2012

La Traversée du Louvre

La Traversée du Louvre

 Titre La Traversée du Louvre (oneshot)

Auteur : David Prudhomme

Editeur : Louvre - Futuropolis (2012)

Le dessin est frais et léger, très peu dense, clair, lumineux. On suit avec plaisir et sans trop se poser de questions ce narrateur qui nous entraîne dans le dédale du Louvre. Si l'on pensait avoir une visite guidée en règle, c'est raté.

Les chefs d’œuvre sont bien présents, tableaux ultra-connus dans leurs cadres dorés et sculptures antiques sur leur piédestal. Dès les premières pages, la comparaison est faite : toutes ces cases forment une sorte de bande dessinée géante. Au moment on l'on croit que la métaphore va être filée – des toiles qui racontent une seule histoire, celle du Louvre – on se rend compte que non.

La traversée du Louvre 02

C'est bien mieux que ça. Comme une série de dessins croqués sur le vif, cette bande dessinée raconte l'histoire – ou dresse le portrait, c'est selon – de tous les visiteurs du musée. Harassés, médusés, ennuyés, fascinés. Les portraits ne sont pas flatteurs, mais l'humour et le réalisme des scènes rend au Louvre un hommage bien plus vivant et savoureux que tout discours pompeux.

La traversée du Louvre 03


La pointe de surréalisme qui baigne l'ensemble n'a pas été sans me rappeler les rares bandes dessinées de Nicolas de Crécy que j'ai lues.

En bref, un/e histoire/portrait/hommage (rayez les termes que vous trouvez inappropriés) très agréable à lire en ces jours de canicule, pour quiconque a déjà parcouru les galeries d'un musée.

La traversée du Louvre 01

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28 février 2011

Bruxelles

Malgré la mauvaise chambre et la pluie qui est tombée sans discontinuer le second jour, nous avons eu le temps de :

- déguster un cornet de frites dans une galerie commerçante, à l'abri

- lire quelques BD à la bibliothèque du Centre de la Bande Dessinée

gaufre_liege

- goûter aux gaufres dégoulinant de sirop de Liège

- admirer les Magritte d'un des musées royaux

Magritte_Empire

- nous perdre dans cette ville dont les rues changent de nom tous les cinquante mètres

- regarder les reflets des bâtiments officiels sur les pavés luisants de la Grand-Place

- boire un thé au dixième étage du Musée des Instruments de Musique.

mim

Il nous faudra y retourner par beau temps...

PS : les photos ne sont pas de moi.

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11 février 2011

Renoir

Il fait beau, l'air est doux. Le vent joue avec les rideaux de la porte-fenêtre, le soleil fait des ombres chinoises sur le parquet. J'ai l'impression d'être dans un Renoir...

renoir__peonias_1880

Tableau découvert  à l'exposition "Passion pour Renoir", au Prado.

Renoir_ni_a_con_ave

"Niña con ave" (du latin avis, is : l'oiseau)

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12 novembre 2006

Mickey & Co.

mickey_mouseCe matin, réveil difficile. Le soleil se levait à peine qu'il a fallu quitter la chaleur bienfaisante de mon lit. J'étais en retard et n'ai même pas eu le temps de prendre de petit-déjeuner avant de partir! Cela ne m'arrive jamais, c'est dire si je tenais à aller voir cette exposition, et surtout à revoir (enfin) my dear Cécile. Mon écharpe, mon manteau, mon chapeau, et je suis partie. Le bus est vide; pas un chat à la gare; deux pelés trois tondus attendent le train. Le mien, heureusement m'attends déjà à quai: je n'ai plus qu'à me rendormir confortablement blottie dans le rayon de soleil qui perce à travers les lourds nuages de plomb.


Pourvu qu'elle n'ait pas oublié de se lever... Pourvu qu'elle n'ait pas oublié de se lever...

chat_de_cheshire Ouf! la voilà qui arrive tout sourire. Un jour elle saura où se mettre sur le quai pour se trouver en face de la porte... Je suis tellement absorbée dans la discussion que j'en ai oublié les gnomes qui piaillent derrière moi. Au fait, où sommes-nous? Est-ce qu'on a passé Invalides? Non. Heureusement, nous nous sommes préoccupé de ce détail subsidiaire à temps: les carreaux oranges approchent.

belle_au_bois_dormant Dehors, le temps est humide. Il est neuf heures, le musée ouvre ses portes à dix heures. Nous avons le temps d'aller acheter un petit-déjeuner. Et nous partons à l'assaut des Champs Elysées, déserts à cette heure-ci de la journée. Trouver une banque pour Cécile, une boulangerie pour moi-même... Ce n'est pas une mince affaire dans cette avenue qui n'aligne que bureaux de changes et restaurants! Finalement, après trois quarts d'heure de recherche assidue, nous retournons à notre point de départ, plus ou moins satisfaites. Il n'y a presque personne... Étrange: Klimt aurait amené au moins trois heures d'attente!

labelleetlabete_labelleetlabete Deux heures d'exclamations comme « Oh regarde! Alice au Pays des Merveilles: ça fait une éternité que je ne l'ai pas regardé. Il faudra qu'on se le regarde un de ces jours. » ou encore « Fantasia, je ne l'ai vu qu'une fois il y a quinze ans. Mais j'aimerais bien le revoir... ». Nous accompagnons les chansons des extraits diffusés de nos voix: « Mon amour, je t'ai vu au beau milieu d'un rêve! » ou « Un joyeux non-anniversaire! ». Nous observons les éléphants roses de Dumbo: « C'est quand même traumatisant comme scène! ». Les arbres aux yeux jaunes dans Blanche-Neige sont rétablis dans leur fonction originelle: « Ils font peur quand même ». Mais nos esprits plus aiguisés qu'alors parviennent à qualifier l'accoutrement de Blanche-Neige d'affreux, et nous élisons la robe de Belle (dans La Belle et la Bête) quand elle découvre la bibliothèque de ''Plus belle robes des Princesses des Dessins Animés de Walt Disney'' (bien que Belle ne soit pas à proprement parler une princesse). Bref, deux heures d'émerveillement. Deux heures d'une baignade des plus agréables dans la fontaine de Jouvence...

Le retour fut bien plus chaotique: RER pour Versailles Rive Gauche, pas de bus avant deux bonnes heures, donc obligée de remonter jusqu'à Chantiers, puis attendre le train, puis attendre le bus. Le dimanche, mieux vaut prendre la voiture! (Je vais chercher un recommandé mardi: j'espère que c'est mon permis...)

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