Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

01 février 2014

Le Chevalier d'Eon

Titre : Le Chevlaier d'Eon, tome 1 "Lia"
Auteur : Agnès Maupré
Editeur : Ankama (janvier 2013)

Le Chevalier d'Eon - 1, Lia

Puisque cette année je ne vais pas à Angoulême, j'ai été traîner mes guêtres chez mon ami Gibert, où j'ai fait quelques amplettes, décidée à faire mon petit festival personnel ce week-end. Pour commencer, voici une bande dessinée dont la couverture a immédiatement attiré mon oeil friand de ces couleurs acidulées, et dont le titre m'a empêchée de réfléchir avant d'ajouter l'album à mon panier. Je vous présente donc Le Chevalier d'Eon, d'Agnès Maupré.

Le Chevalier d'Eon 01

Visuellement, c'est un délice. Le trait est fin et délicat, les couleurs font indubitablement penser à une coupe de bonbons ou à un panier de fanfreluches duveteuses. La légèreté des planches est telle qu'on en redemande une fois arrivé à la dernière page.

Le personnage intrigue et évolue parmi des noms tout aussi célèbres que le sien. Qui a lu les aventures de Nicolas le Floch (Jean-François Parot chez 10/18) ne sera pas dépaysé. De l'humour, de l'aventure, de l'intrigue politique, du secret... Tous les ingrédients sont là ! Quelques réfléxions bien senties sur les femmes ont achevé de me séduire, comme si le reste n'était pas suffisant.

Le Chevalier d'Eon 03

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28 janvier 2014

3000 façons de dire je t'aime

Puisque je suis censée travailler mais que l’urgence me fait piétiner depuis deux heures sur la même difficulté, je vais écrire sur ce blog depuis trop longtemps oublié. Et quoi de mieux pour commencer l’année 2014 qu’un livre de Marie-Aude Murail ?

3000 façons de dire je t'aime

3000 façons de dire je t’aime parle de théâtre et de trois personnages aussi différents qu’attachants. Tout commence au collège, prend forme après le lycée et s’achève bien plus tard. Chloé, « jolie jeune première » galère en hypokhâgne et lutte contre ses parents pour suivre les cours de théâtre ; Bastien, le « valet de comédie », refuse de travailler et préfère improviser sketches et gags plutôt que d’apprendre son texte ; Neville, « beau et ténébreux […] héros romantique » (ces citations sont celles de la quatrième de couverture), promène son long manteau noir dans lequel il dissimule les livres volés à la librairie et ses émotions. Tous les trois s’allient pour survivre au cours de Monsieur Jeanson, professeur au conservatoire de leur petite ville de province, en bord de Loire.

L’évolution de ces trois personnages, la façon dont ils mûrissent et grandissent, est des plus jubilatoires. Leur étrange relation est absolument fascinante. La narration est émaillée de ce "nous" mystérieux, dont on ignore l'origine. Le point de vue est bien souvent externe, chacun des trois protagonistes est décrit à la troisième personne, mais régulièrement ce "nous" impérieux vient imprimer le triangle amoureux d'une relation équilatérale, et marquer les temps forts de cette amitié fusionnelle. C’est un sourire aux lèvres que j’ai suivi leur aventure, attendrie (cœur-de-guimauve est mon deuxième prénom) et amusée. Pas de chaudes larmes pour ce roman, mais ce n’est pas un mal. Une seule envie, une fois la dernière page achevée, le relire depuis le début.

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30 novembre 2013

Dora

Titre: Dora et Dora, l'année suivante à Bobigny
Auteur: Ignacio Minaverry
Editeur: L'Agrume (2012 et 2013)

La cueillette de cette année au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil s'est révélée fructueuse (au grand dam de ma banquière). Je commencerai donc par la lecture d'une bande dessinée (ou roman graphique, comme vous voulez, je ne suis pas sectaire) qui m'avait déjà intriguée il y a quelques mois chez Gibert. Cet ouvrage, en deux volumes, s'intitule Dora (non, pas l'exploratrice), le second volume portant le sous-titre "L'Année suivante à Bobigny".

Dora

Il s'agit d'un drôle de mélange: tout à la fois quête initiatique et documentaire historique, avec des accents de roman d'espionnage, s'ajoute à la suite des questions sur l'amour, la sexualité, la politique. On pourrait penser que ça fait beaucoup pour un seul livre. Mais au contraire, tous ces aspects se croisent et s'enrichissent les uns les autres.

Le trait est simple, noir et blanc au contraste bien marqué, qui n'est pas sans rappeler celui de Marjane Satrapi ou Kiriko Nananan. De temps en temps, une touche de couleur vient faire violence à l'harmonie de la page.

Quant à la narration, elle évolue. Le point de vue interne de la protagoniste entrecoupé de textes d'archive dans le premier volume se fait chorale dans la suite. Trois narratrices prennent tour à tour la parole, racontant une histoire à trois voix. Trois histoires qui s'entrecoupent et se rejoignent dans les quartiers de la cité HLM. La quête du passé et la chasse aux nazis perdent un peu de terrain, l'actualité de la guerre d'Algérie prend corps dans la banlieue communiste, où les jeunes des bidonvilles luttent et grandissent.

On suit l'histoire non seulement parce qu'elle est riche et intéressante, mais aussi parce qu'elle est bien racontée et qu'on s'attache à ses personnages.

Petit bonus: on ne lit pas tous les jours de la bande dessinée argentine !

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16 octobre 2013

Souvenir de lycée

joseph désiré court - la mort d'hippolyte 1825

Joseph Désiré Court, La Mort d'Hippolyte, 1825

 « De son généreux sang la trace nous conduit,
Les rochers en sont teints, les ronces dégouttantes
Portent de ses cheveux les dépouilles sanglantes. »

(Jean Racine, Phèdre, V-6 - Récit de Théramène racontant la mort d'Hippolyte)

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06 septembre 2013

Lectures d'été - 11. La Quête d'Ewilan

Les deux premiers tomes de cette trilogie m'ont été gentiment prêtés par une élève très enthousiaste avant les vacances, avec la promesse qu'elle me prêterait la fin de L'autre (du même auteur) uniquement quand j'aurais lu les aventures d'Ewilan. Ce faisant, elle a réussi là où une amie a longtemps échoué: j'ai lu - et apprécié - l'univers de Pierre Bottero.

Titre: La Quête d'Ewilan, t.1 "D'un monde à l'autre" et t.2 "Les Frontières de glace"
Auteur: Pierre Bottero
Editeur: Rageot (2003)

ewilan

Au CDI, j'avais emprunté L'Autre, trilogie de Bottero, curieuse de vérifier si l'auteur valait les louanges que lui attribuait mon amie. Je dois reconnaître que j'ai été agréablement surprise, ce qui m'a permis de mettre de côté mes a prioris et d'apprécier La Quête d'Ewilan.

On y trouve un souffle épique, du merveilleux, de l'action, tout ce qui fait un bon roman jeunesse.

Cependant - et pourtant je n'ai lu que quatre titre de l'auteur - j'ai réussi à distinguer le profil type de ses héros: orphelins, ignorés du monde, rebelles, indépendants etc. Bref, pas très original. Malgré cela, j'ai bien accroché aux deux protagonistes, Ewilan, bien sûr, mais aussi son meilleur ami Salim, même si j'ai trouvé les personnages secondaires plus intéressants.

Par contre, le pouvoir dont il est question dans cet univers est à la fois original et un brin poétique. On parle ici de Dessinateurs, de personnes capables de donner une certaine réalité à ce qu'ils imaginent. En un sens, ça m'a rappelé un des premiers livres que j'ai étudiés, à l'école primaire, Emilie et le crayon magique, où les dessins réalisés avec ledit crayon prenaient vie.

Emilie et le crayon magique

En bref, La Quête d'Ewilan est une lecture facile, un roman qui se lit très vite (on est quand même pris dans l'action), mais il ne me laissera pas un souvenir impérissable. Sans doute parce qu'il me reste à lire le tome 3.

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05 septembre 2013

Lectures d'été - 10. Les Secrets d'Aramanth

Titre: Le Vent de Feu, t.1 "Les Secrets d'Aramanth"
Auteur: William Nicholson (tradution de Diane Ménard)
Editeur: Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior (2007)

Le Vent de Feu, 1 - Les Secrets d'Aramanth

Une société qui se dit parfaite, c'est forcément louche. Dans la société d'Aramanth, c'est l'égalité des chances qui fait la perfection du système, selon les dire des grands examinateurs. A chaque instant de leur existence, et ce à partir de l'âge de deux ans, les habitants sont évalués. On ne juge pas leurs capacités, mais leurs connaissances, c'est un système très scolaire en fin de compte, où les chefs de famille passent régulièrement le Grand Examen, sorte de DST annuel.

Dès les premières pages j'ai été complètement emballée. L'histoire commence par un prologue, qui raconte une légende, ou un événement qui s'est produit dans la préhistoire de la société Manth. Une histoire de Chanteur de Vent. Quand le récit à proprement parler débute, on comprend rapidement que ce Chanteur de Vent (sorte de sculpture) ne chante plus, ce qui est probablement la cause de la tyrannie qui règne.

Ce mélange assez poétique et lumineux de légende, de science-fiction, et - on le verra par la suite - de quête initiatique m'a rappelé les univers de Michel Ocelot (Kirikou) et Philippe Leclerc (Les Enfants de la pluie). J'y voyais de magnifiques aplats de couleurs rougeoyants, des ombres se mouvant sur fond de désert.

Outre ce décors très réussi, la révolte initiale de Kestrel, la protagoniste, est tout-à-fait jouissive. Le "non" qu'elle balance à la tête de son professeur et tout ce qui s'ensuit ont comme un effet cathartique. Par la suite, elle garde son esprit de rébellion et son énergie, et c'est son jumeau qui pondère la violence de son caractère. Leurs parents sont des personnages également enthousiasmants.

Les ingrédients sont classiques et assez simples dans l'ensemble, mais l'émulsion est sans faute. (Il faut vraiment que je me calme sur les métaphores culinaires quand je parle de livres). La quête comporte les opposants et adjuvants traditionnels, mais le tout dans un univers riche et original (cela dit, j'ai une culture SF très pauvre, alors ça ne signifie pas grand chose).

C'est une histoire qui n'est plus toute jeune (écrite en 2000, traduite la même année pour la première fois), mais que j'ai aimé découvrir.

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02 août 2013

Lectures d'été - 9. Le Meilleur des monde possibles

Titre: Le Meilleur des mondes possibles et autres nouvelles
Auteur: Ray Bradbury
Editeur: Gallimard, collection Folio 2€

Le Meilleur des mondes possibles

Suite à mon émerveillement et au plaisir éprouvé lors de la lecture de Celui qui attend, j'ai continué mon exploration des nouvelles de Ray Bradbury.

Toujours aussi belle, sa prose se fait envoûtante pour raconter les histoires d'amour. Dans ce recueil, cinq histoires, dont une seule ne m'a pas vraiment marquée, celle du Petit Tambour de Shiloh. Les autres sont superbes et surprenantes.

La plus "hors normes" est, selon moi, celle de La Femme illustrée. Il me semble qu'un des recueils de nouvelles de Bradbury a pour titre L'Homme illustré : cela a-t-il un rapport? Je ne sais, et peu importe. Cette histoire n'a pas été sans me rappeler certains cours de philosophie, tout comme la dernière nouvelle qui a donné son titre au recueil. Perception, sujet, désir, bonheur, morale, nombreux sont les thèmes mis en question dans ces nouvelles, qui ne sont pas seulement belles mais poussent aussi à réfléchir.

Je crois en fin de compte que l'histoire que j'ai préférée est celle de ces deux hommes, explorateurs, qui découvrent un mirage dans un désert et décident d'en faire leur gagne-pain. Les gens, émerveillés, y voient tous une ville différente: Paris, Rome, New York, Londres, et même Xanadu, sortie des vers de Coleridge. Lorsque l'homme qui leur a toujours coupé l'herbe sous le pied arrive avec l'acte de propriété du terrain d'où l'on peut admirer ce Rare miracle d'ingéniosité (titre de la nouvelle), il ne voit rien. Ce n'est pas un "pur" comme le disent les deux comparses. Foi, imagination, poésie. On ne sait pas vraiment à quoi est lié ce mirage miraculeux, mais ce sont des yeux d'enfants qui font revenir la cité effacée par les incrédules.

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30 juillet 2013

Lectures d'été - 8. Le Prince des voleurs

Titre: Le Prince des Voleurs
Auteur: Cornelia Funke
Editeur: Le Livre de poche Jeunesse (2008)

Le Prince des voleurs

En voyant la couverture, j'ai tout de suite pensé "chouette, Venise!"; en lisant la quatrième de couverture, j'ai été très intrigué par cette histoire d'enfants vivant dans les rues de Venise, protégés par un mystérieux Prince des Voleurs, d'autant que ledit prince a pour prénom Scipio, ce qui est quand même trop cool comme prénom. Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un bon livre dans le genre initiatique.

Pourtant, j'ai été déçue. Ou plutôt, je suis restée sur ma faim. Les personnages sont pour l'ensemble assez attachants (même si en fin de compte Scipio est assez insupportable), mais n'évoluent pas suffisamment. J'ai eu l'impression que les aventures dans lesquelles ils se sont engagés ne leur ont rien enseigné. Bien sûr, la situation finale connaît quelques évolutions par rapport à l'initiale, mais les personnages donnent l'impression d'être restés identiques.

En outre, il est très difficile de définir la direction que veut prendre cette histoire. Aventure, assurément. Un peu d'enquête quand nous suivons les filatures de Victor, le détective à la recherche de deux des orphelins. Jusque-là, le mélange fonctionne plutôt bien. Mais brusquement apparaît un mélange de merveilleux et de fantastique qui m'a laissée perplexe. Que cette touche magique serve un objectif dans l'histoire, pourquoi pas, mais en l'occurrence, j'ai trouvé que ce qu'elle apportait ne faisait que renforcer mon opinion: les personnages obtiennent ce qu'ils veulent, comme ça, hop, et voilà, fin de l'histoire.

J'exagère un peu, mais à peine.

Par contre, ce romant se lit tout seul, l'écriture n'est pas désagréable (même si la traduction est parfois moyenne), et puis... c'est Venise! Il suffit d'oublier Scipio. Les adultes en revanche sont assez réussis: Ida et Victor, quoiqu'assez peu réalistes (mais rien dans cette histoire n'est fait pour l'être), sont sympathiques et drôles.

Somme toute, un roman étrange, à lire pour les canaux et ruelles, les places et ponts de Venise, et la lagune. Ah oui, et chaque tête de chapitre est illustrée par l'auteur, et c'est très joli.

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29 juillet 2013

Lectures d'été - deuxième parenthèse

Titre: Le Linguiste était presque parfait
Auteur: David Carkeet (chapeau au traducteur Nicolas Richard, qui a dû s'arracher quelques cheveux sur les subtilités linguistiques inhérentes à un tel roman)
Editeur: Monsieur Toussaint Louverture (2013, paru en 1980 aux Etats-Unis)

Pour mon anniversaire, mes anciens complices d'ingénierie linguistique m'ont offert le livre idéal: un polar linguistique. Probablement unique en son genre, la bestiole s'intitule en français Le Linguiste était presque parfait, référence sympathique à la reine du crime, mais en anglais c'est encore mieux, puisqu'elle (la bestiole, faut suivre un peu) porte le titre délicieusement linguistique de Double Negative.

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Magnifique couverture (quoique peu discrète)

Le scenario est relativement simple: dans un laboratoire de linguistique (recherche sur l'acquisition du langage), un des chercheurs est retrouvé mort par un beau matin, les cheveux rasés. Le linguiste qui s'est vu emprunter son bureau pour l'exposition du cadavre par l'assassin décide de collaborer avec le lieutenant du coin, érudit et imbu de lui-même, tout en enquêtant de son côté pour découvrir qui a bien pu souffler à la jeune et jolie assistante qu'il était "un parfait trou-du-cul" et en poursuivant ses recherches sur la signification du "M'bwi" d'un petit de 16 mois.

L'ambiance est au quasi-huis-clos dans ce laboratoire, ancien pénitencier, qui abrite une garderie afin d'avoir le matériel de recherche sous la main. Cependant, on n'étouffe jamais tout-à-fait, car l'auteur maitrise l'humour, et c'est toujours un sourire en coin que nous apprenons un nouveau meurtre.

Très prenant (sans être palpitant, mais nous sommes chez les linguistes, pas chez James Bond), jamais lent, toujours amusant, très intelligent et absolument ravissant, ce livre était une parenthèse parfaite.

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26 juillet 2013

Lectures d'été - première parenthèse

Titre: Percy Jackson et le voleur de foudre
Auteur: Rick Riordan
Editeur: Le Livre de poche jeunesse

Quand j'avais vu les bande-annonces au cinéma, j'avais ri en silence afin de dissimuler mon désarroi. Aussi, quand Cécile m'a offert le premier volume des aventures de ce demi-dieu du vingt-et-unième siècle, ai-je eu un sourire dubitatif. Cependant, je sais qu'on peut lui faire confiance lorsqu'il s'agit de lecture, et son argument "ça ne se prend pas au sérieux" m'a convaincue.

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La lecture des premières lignes a en effet suffit à mettre un terme à mes craintes. Ce livre est définitivement drôle. Le scénario est ce qu'il est, quelquefois un peu simpliste, mais il est vrai que le narrateur n'est pas sérieux quand il raconte cette histoire.

Les dieux sont des boulets qui revêtent une apparence toute nouvelle à nos yeux embués de statues grecques (Poséidon - alias Barbe-à-Moules - en bermuda et chemise hawaïenne, Charon qui a découvert les costumes italiens, Dionysos condamné à surveiller la colo des héros pour avoir coursé la mauvaise nymphe...). Les héros ne sont pas toujours très vifs (ou alors ils n'ont pas suffisamment lu Hésiode et Ovide), ce qui nous donne amplement le temps de jouer aux devinettes avec l'auteur. Mais qui est ce motard tout de cuir vêtu, avec une flamme destructrice dans les yeux? Oh, c'est Arès, quelle surprise!

Sur le plan du réussi, outre ces tableaux assez hilarants et complètement déssacralisants de la mythologie, on trouve la peinture de ces adolescents qui ont des relations assez chaotiques avec leurs parents. Et oui, on ne s'est jamais vraiment demandé comment Héraclès a vécu d'avoir un père toujours absent, et un peu trop colérique. Ou ce qu'Enée pensait de sa mère. Tous ces héros sont en général des enfants adultérins. Sans compter qu'ils ont une fâcheuse tendance à attirer les monstres infernaux. Alors la moitié mortelle de la famille a parfois un peu de mal à les accepter comme ils sont.

En conclusion, j'ai été étonnée par l'originalité de l'univers, l'esprit légèrement frondeur de l'auteur (il faut quand même oser peindre les dieux grecs de cette manière), l'humour et le côté décalé du récit. Et bien sûr, même s'il a ses limites, le scénario reste tout-à-fait honorable et nous donne une histoire distrayante et facile à lire.

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