Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

10 août 2013

Période glaciaire

Titre: Période glaciaire
Auteur: Nicolas de Crécy
Editeur: Futuropolis/Musée du Louvre

Periode glaciaire

Idée originale, pour ne pas dire géniale: suivre une équipe de scientifiques, dans plusieurs centaines (milliers?) d'années, lors de leur mission en Île-de-France. Ils voyagent dans un immense désert de neige, balayé par des tempêtes glacées, et sont escortés de chiens génétiquement modifiés, doués de parole.

Le décalage créé est souvent drôle, plein d'ironie, mais il pose surtout un bon nombre de questions. D'une pièce de deux euros, Hulk, le protagoniste (chien obèse au flair "option carbonne 14"), déduit qu'il s'agit de "la carte du continent perdu, du continent gelé" qui s'appellerait l'Euro. Puis les scientifiques, débarquant dans une galerie du Louvre, déduisent des noms affichés sur les toiles qu'ils sont dans "l'établissement Delacroix". La récurrence de la nudité les étonne... et ils tirent d'étranges conclusions: "Je penche pour des fresques suggestives. Ce lieu était une maison des plaisirs pour hommes, bien entendu." Ce genre de réflexion insinue le doute dans nos esprit, tout ce que l'on a appris sur les bancs de la fac se retrouve mis en doute... et si tout ce qu'on déduisait de nos découvertes n'était dû qu'à notre imagination?

Ajouter à cet intérêt quasi-philosophique un doux graphisme, dans le quel on se laisse vite emporter.

À lire, absolument.

Posté il y a fort longtemps sur ma page Free.

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02 août 2013

Lectures d'été - 9. Le Meilleur des monde possibles

Titre: Le Meilleur des mondes possibles et autres nouvelles
Auteur: Ray Bradbury
Editeur: Gallimard, collection Folio 2€

Le Meilleur des mondes possibles

Suite à mon émerveillement et au plaisir éprouvé lors de la lecture de Celui qui attend, j'ai continué mon exploration des nouvelles de Ray Bradbury.

Toujours aussi belle, sa prose se fait envoûtante pour raconter les histoires d'amour. Dans ce recueil, cinq histoires, dont une seule ne m'a pas vraiment marquée, celle du Petit Tambour de Shiloh. Les autres sont superbes et surprenantes.

La plus "hors normes" est, selon moi, celle de La Femme illustrée. Il me semble qu'un des recueils de nouvelles de Bradbury a pour titre L'Homme illustré : cela a-t-il un rapport? Je ne sais, et peu importe. Cette histoire n'a pas été sans me rappeler certains cours de philosophie, tout comme la dernière nouvelle qui a donné son titre au recueil. Perception, sujet, désir, bonheur, morale, nombreux sont les thèmes mis en question dans ces nouvelles, qui ne sont pas seulement belles mais poussent aussi à réfléchir.

Je crois en fin de compte que l'histoire que j'ai préférée est celle de ces deux hommes, explorateurs, qui découvrent un mirage dans un désert et décident d'en faire leur gagne-pain. Les gens, émerveillés, y voient tous une ville différente: Paris, Rome, New York, Londres, et même Xanadu, sortie des vers de Coleridge. Lorsque l'homme qui leur a toujours coupé l'herbe sous le pied arrive avec l'acte de propriété du terrain d'où l'on peut admirer ce Rare miracle d'ingéniosité (titre de la nouvelle), il ne voit rien. Ce n'est pas un "pur" comme le disent les deux comparses. Foi, imagination, poésie. On ne sait pas vraiment à quoi est lié ce mirage miraculeux, mais ce sont des yeux d'enfants qui font revenir la cité effacée par les incrédules.

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30 juillet 2013

Lectures d'été - 8. Le Prince des voleurs

Titre: Le Prince des Voleurs
Auteur: Cornelia Funke
Editeur: Le Livre de poche Jeunesse (2008)

Le Prince des voleurs

En voyant la couverture, j'ai tout de suite pensé "chouette, Venise!"; en lisant la quatrième de couverture, j'ai été très intrigué par cette histoire d'enfants vivant dans les rues de Venise, protégés par un mystérieux Prince des Voleurs, d'autant que ledit prince a pour prénom Scipio, ce qui est quand même trop cool comme prénom. Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un bon livre dans le genre initiatique.

Pourtant, j'ai été déçue. Ou plutôt, je suis restée sur ma faim. Les personnages sont pour l'ensemble assez attachants (même si en fin de compte Scipio est assez insupportable), mais n'évoluent pas suffisamment. J'ai eu l'impression que les aventures dans lesquelles ils se sont engagés ne leur ont rien enseigné. Bien sûr, la situation finale connaît quelques évolutions par rapport à l'initiale, mais les personnages donnent l'impression d'être restés identiques.

En outre, il est très difficile de définir la direction que veut prendre cette histoire. Aventure, assurément. Un peu d'enquête quand nous suivons les filatures de Victor, le détective à la recherche de deux des orphelins. Jusque-là, le mélange fonctionne plutôt bien. Mais brusquement apparaît un mélange de merveilleux et de fantastique qui m'a laissée perplexe. Que cette touche magique serve un objectif dans l'histoire, pourquoi pas, mais en l'occurrence, j'ai trouvé que ce qu'elle apportait ne faisait que renforcer mon opinion: les personnages obtiennent ce qu'ils veulent, comme ça, hop, et voilà, fin de l'histoire.

J'exagère un peu, mais à peine.

Par contre, ce romant se lit tout seul, l'écriture n'est pas désagréable (même si la traduction est parfois moyenne), et puis... c'est Venise! Il suffit d'oublier Scipio. Les adultes en revanche sont assez réussis: Ida et Victor, quoiqu'assez peu réalistes (mais rien dans cette histoire n'est fait pour l'être), sont sympathiques et drôles.

Somme toute, un roman étrange, à lire pour les canaux et ruelles, les places et ponts de Venise, et la lagune. Ah oui, et chaque tête de chapitre est illustrée par l'auteur, et c'est très joli.

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29 juillet 2013

Lectures d'été - deuxième parenthèse

Titre: Le Linguiste était presque parfait
Auteur: David Carkeet (chapeau au traducteur Nicolas Richard, qui a dû s'arracher quelques cheveux sur les subtilités linguistiques inhérentes à un tel roman)
Editeur: Monsieur Toussaint Louverture (2013, paru en 1980 aux Etats-Unis)

Pour mon anniversaire, mes anciens complices d'ingénierie linguistique m'ont offert le livre idéal: un polar linguistique. Probablement unique en son genre, la bestiole s'intitule en français Le Linguiste était presque parfait, référence sympathique à la reine du crime, mais en anglais c'est encore mieux, puisqu'elle (la bestiole, faut suivre un peu) porte le titre délicieusement linguistique de Double Negative.

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Magnifique couverture (quoique peu discrète)

Le scenario est relativement simple: dans un laboratoire de linguistique (recherche sur l'acquisition du langage), un des chercheurs est retrouvé mort par un beau matin, les cheveux rasés. Le linguiste qui s'est vu emprunter son bureau pour l'exposition du cadavre par l'assassin décide de collaborer avec le lieutenant du coin, érudit et imbu de lui-même, tout en enquêtant de son côté pour découvrir qui a bien pu souffler à la jeune et jolie assistante qu'il était "un parfait trou-du-cul" et en poursuivant ses recherches sur la signification du "M'bwi" d'un petit de 16 mois.

L'ambiance est au quasi-huis-clos dans ce laboratoire, ancien pénitencier, qui abrite une garderie afin d'avoir le matériel de recherche sous la main. Cependant, on n'étouffe jamais tout-à-fait, car l'auteur maitrise l'humour, et c'est toujours un sourire en coin que nous apprenons un nouveau meurtre.

Très prenant (sans être palpitant, mais nous sommes chez les linguistes, pas chez James Bond), jamais lent, toujours amusant, très intelligent et absolument ravissant, ce livre était une parenthèse parfaite.

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26 juillet 2013

Lectures d'été - première parenthèse

Titre: Percy Jackson et le voleur de foudre
Auteur: Rick Riordan
Editeur: Le Livre de poche jeunesse

Quand j'avais vu les bande-annonces au cinéma, j'avais ri en silence afin de dissimuler mon désarroi. Aussi, quand Cécile m'a offert le premier volume des aventures de ce demi-dieu du vingt-et-unième siècle, ai-je eu un sourire dubitatif. Cependant, je sais qu'on peut lui faire confiance lorsqu'il s'agit de lecture, et son argument "ça ne se prend pas au sérieux" m'a convaincue.

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La lecture des premières lignes a en effet suffit à mettre un terme à mes craintes. Ce livre est définitivement drôle. Le scénario est ce qu'il est, quelquefois un peu simpliste, mais il est vrai que le narrateur n'est pas sérieux quand il raconte cette histoire.

Les dieux sont des boulets qui revêtent une apparence toute nouvelle à nos yeux embués de statues grecques (Poséidon - alias Barbe-à-Moules - en bermuda et chemise hawaïenne, Charon qui a découvert les costumes italiens, Dionysos condamné à surveiller la colo des héros pour avoir coursé la mauvaise nymphe...). Les héros ne sont pas toujours très vifs (ou alors ils n'ont pas suffisamment lu Hésiode et Ovide), ce qui nous donne amplement le temps de jouer aux devinettes avec l'auteur. Mais qui est ce motard tout de cuir vêtu, avec une flamme destructrice dans les yeux? Oh, c'est Arès, quelle surprise!

Sur le plan du réussi, outre ces tableaux assez hilarants et complètement déssacralisants de la mythologie, on trouve la peinture de ces adolescents qui ont des relations assez chaotiques avec leurs parents. Et oui, on ne s'est jamais vraiment demandé comment Héraclès a vécu d'avoir un père toujours absent, et un peu trop colérique. Ou ce qu'Enée pensait de sa mère. Tous ces héros sont en général des enfants adultérins. Sans compter qu'ils ont une fâcheuse tendance à attirer les monstres infernaux. Alors la moitié mortelle de la famille a parfois un peu de mal à les accepter comme ils sont.

En conclusion, j'ai été étonnée par l'originalité de l'univers, l'esprit légèrement frondeur de l'auteur (il faut quand même oser peindre les dieux grecs de cette manière), l'humour et le côté décalé du récit. Et bien sûr, même s'il a ses limites, le scénario reste tout-à-fait honorable et nous donne une histoire distrayante et facile à lire.

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17 juillet 2013

Lectures d'été - 7. Celui qui attend

Pour changer un peu des romans jeunesse, je fais une excursion dans l'univers poétique et tour à tour merveilleux et angoissant de Ray Bradbury.

Titre: Celui qui attend et autres nouvelles
Auteur: Ray Bradbury
Editeur: Librio (1995)

Celui qui attend et autres nouvelles

Ce livre recueille des nouvelles de Ray Bradbury dans ses oeuvres les plus variées: Les Machines à bonheur, L'Homme illustré, A l'ouest d'octobre, Chroniques martiennes ou encore Je chante le corps électrique et quelques autres. Se suivent des histoires merveilleusement poétiques, des contes macabres, des récits de science-fiction, des histoires angoissantes qui frisent le fantastique.

Je n'ai pas tout aimé, mais tout m'a marquée. J'ai une nette préférence pour le lyrisme de Ray Bradbury, qui m'avait tant charmée quand j'avais lu Fahrenheit 451: les récits fantastiques ont trop tendance à me donner la chair de poule pour que je les apprécie entièrement, mais je dois reconnaître qu'ils ne m'ont pas laissée de marbre. Le cauchemars que j'ai fait la nuit suivant leur lecture en est certainement une preuve.

Ce qui est très appréciable dans ce recueil, c'est qu'il ne laisse aucun genre de côté, il ne classe pas, il ne trie pas. On aborde chaque nouvelle histoire avec un oeil neuf, sans a priori et sans même savoir le ton qui sera le sien. J'ai très envie désormais de lire les Chroniques martiennes.

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10 juillet 2013

Lectures d'été - 6. Chroniques de l'Université invisible

Titre: Chroniques de l'Université invisible
Auteur: Maëlle Fierpied
Editeur: L'Ecole des Loisirs (what else ?)

Le premier roman que j'avais lu de Maëlle Fierpied qui était son second m'avait tout à la fois énormément plu et déçue. Galymède, fée blanche, ombre de Thym (comment résister à un titre pareil ?) était à la fois palpitant, original, intelligent, mais sa fin en queue de poisson donnait une impression d'inachevé assez frustrante. Comme si l'auteure s'était dépêchée de terminer. Les Chroniques de l'Université invisible souffrent du même syndrôme, mais dans une moindre mesure.

Chroniques de l'Université invisible

L'histoire ? L'on suit les mésaventures d'adolescents doués de télépathie ou télékinésie qui se retrouvent arrachés à leur vie, à leur famille, et intégrés bon gré mal gré dans une université qui se charge de leur faire développer leur don. "L'Université invisible vient de vous kidnapper. Cette organisation secrète s'intéresse à vos dons uniques, magiques, terribles. Pour les perfectionner, elle vous embarque sur une île mystérieuse. Désormais, votre présent et votre avenir sont ici. Car bientôt, dans le monde d'En Bas, plus personne ne se souviendra de vous." Voici ce qu'explique la quatrième de couverture, nous donnant d'ores et déjà l'impression que cette université a quelque chose de nuisible.

On commence par faire connaissance avec trois adolescents jusqu'à leur enrôlement au sein de l'école: Mélusine, télépathe, 11 ans, enlevée par son professeur de français (son grand-père Alioth, quoique très peu présent dans le roman, a mes faveurs, je ne sais pourquoi); Framboise, télékinésiste, 14 ans, récupérée par un Vampire (oui oui, y a des vampires dans cette histoire); et Tristan, 15 ans, télépathe, amnésique et orphelin, vivant du vol de portefeuilles dans une gare, repéré par un ami de ses parents décédés.

Autour du trio gravitent les membres de l'université, les membres d'une multinationale tentaculaire (Shiva), les vampires, et d'autres encore, plus anecdotiques. Un récit qui mèle fantastique, aventure et un monde légèrement futuriste. L'univers créé par Maëlle Fierpied est extrêmement riche, ses personnages sont colorés et vivants.

Une histoire qui se lit d'une traite et allie suspens, action et humour avec brio. Même si la fin est légèrement rapide, ce n'est que positif: on voudrait en savoir davantage!

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08 juillet 2013

Lectures d'été - 5. Et si c'était niais ?

Titre: Et si c'était niais ? Pastiches contemporains
Auteur: Pascal Fioretti
Editeur: Magnard, collection Classiques & Contemporains

L'idée de pastiches m'amusait follement, et je dois dire que le titre, faisant écho à un roman bien-connu mais que je n'ai jamais lu, m'avait interpelée dès l'entrée du volume dans les rayonnages du CDI. Aussi, j'ai profité des beaux jours pour me mettre à la lecture de cette oeuvre abrégée (oui, c'est un livre pour le collège/lycée, un specimen offert au CDI par l'éditeur, avec tout un dossier pédagogique sur le pastiche: je n'aurais pas acquis le roman sans en connaître l'existence).

Et si c'était niais, pastiches contemporains

Les auteurs pastichés, nous les connaissons tous, au moins de nom. Denis-Henri Lévy, Jean d'Ormissemon, Fred Wargas, Marc Lévis®, Amélie Notlong, Anna Galvauda... Tous sont des auteurs "à best-sellers", des habitués de la rentrée littéraire. Et je n'en ai lu aucun.

Pourtant, j'ai apprécié les pastiches. Rapidement, on voit les tocs de l'auteur, on apprécie l'exagération du pasticheur. L'écriture est savoureusement grinçante, et l'histoire délicieusement absurde. Chaque chapitre passe un auteur à la question. Les titres des chapitres sont savoureux: "Tais-toi si tu veux parler" pour Fred Wargas, "Quelqu'un m'attend, c'est tout" ou encore l'exquis "Hygiène du tube (et tout le tremblement)". Et l'ensemble des chapitre forme une intrigue policière, où un serial killer kidnappe les auteurs (sauf Jean d'Ormissemon, qui a tellement saoulé de paroles le pauvre kidnappeur qu'il a échappé à l'enlèvement).

En charge de l'enquête, une copie d'un personnage de Fred Vargas. Selon les styles, on nage dans l'incompréhension, dans un style ampoulé, dans un ego surdimensionné. Les auteurs - ou plutôt leurs doubles - sont mis en scène et ne sont pas plus épargnés que leur style.

A la fois pastiche et caricature, Et si c'était niais? fait largement sourire et se lit tout seul.

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05 juillet 2013

Lectures d'été - 4. Tara Duncan

Titre: Dara Dunca, t.1 "Les Sortceliers"
Auteur: Sophie Audouin-Mamikonian
Editeur: Pocket Jeunesse

Une histoire d'aventure dans un monde où règne la magie, cela n'a rien de très original. L'histoire de Tara, qui vit chez sa grand-mère depuis que ses parents sont morts et qui s'en va à la découverte de l'univers parallèle auquel elle appartient, est bien connue. Harry Potter vient immédiatement à l'esprit, mais également Le Seigneur des Anneaux, avec les nains barbus et les elfes blonds. Rien d'innovant, donc.

Cependant, l'humour est très accrocheur. Cette sorte d'inconscience des personnages, les situations cocasses qui se mutltiplient... On ne sait plus trop s'il s'agit d'un véritable roman d'aventures et de magie ou d'une sorte de gentille parodie du genre.

Tara Duncan, 1 - Les Sortceliers

Le personnage de Tara est assez agaçant, mais les personnages secondaires font remonter le niveau. Je dois dire que j'ai un léger faible pour la naine à la barbe tressée. Certains personnages disparaissent au cours du récit sans que l'on comprenne pourquoi, et d'autres subissent une évolution très peu crédible (mais comme ce n'est que le premier tome, on peut espérer que la suite répare ces erreurs).

Quant à la narration, elle laisse à désirer. L'objectif est clair, les péripéties se succèdent sans difficulté, le tout est extrêmement fluide, mais je ne sais pas... il manque comme un souffle qui nous emporterait dans l'aventure avec les personnages. On ne voit pas comment tous les éléments sont liés, et même s'ils le sont peut-être par la suite, quelques indices seraient bienvenus, afin de donner envie de lire le tome deux.

Pour résumer, le premier volume des aventures de Tara Duncan est amusant, voire drôle, et les personnages sont sympathiques. Mais il lui manque ce souffle épique et inspiré qu'ont les grandes saga du genre.

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26 juin 2013

Lectures d'été - 3. Treize petites enveloppes bleues

Titre: Treize petites enveloppes bleues
Auteur: Maureen Johnson
Editeur: Gallimard Jeunesse, collection Pôle fiction

Je mets l'ancienne couverture, parce qu'elle est plus jolie que celle du livre que j'ai entre les mains.

Treize petites enveloppes bleues

Le principe est simple et plus qu'intrigant. Ginny, adolescente Etats-Unienne, après la mort de sa tante, reçoit treize enveloppes bleues, chacune contenant des instructions et des indices, qui la conduisent dans un périple ahurissant à travers l'Europe.

La tante est fantasque, la jeune fille timide et effacé. Sans originalité. Mais sa traversée de l'Europe en solitaire fait envie. Londres, Edimbourg, Rome, Paris, Amsterdam, Copenhague, Corfou. A l'exception de la dernière, ce sont des destinations que je connais, et dont les souvenirs sont encore nets dans ma mémoire (Rome est plus lointain, mais comment oublier les arches du Colisée et les colonnes du forum ?).

Ginny fait des rencontres et découvre un univers dont elle ignore tout. Les descriptions des villes et des pays découverts sont pleines de clichés, et on aurait pu attendre au contraire, la chute des préjugés. Mais qu'importe ? On voyage, on prend l'avion, le train, le bateau... Et on suit le jeu de piste fou de la tante Peg. Et la galerie des personnages n'est pas pour déplaire: Richard le Londonien, Beppe le Romain, la famille Knapp, stakhanovistes du voyage, Knud le Danois, le petit groupe de l'auberge de jeunesse... sans oublier Keith, l'étudiant en théâtre anglais et roux.

Le rythme soutenu de l'histoire ne nous laisse pas vraiment le temps de souffler, et la fin, un peu surprenante, pourrait être décevante et laisser comme un arrière-goût d'inachevé. Mais je m'en suis remise, et je pense que c'est pour le mieux.

Ce roman reste clairement un roman pour adolescent, mais sa lecture est somme toute rafraîchissante et les touches d'humour ne sont pas désagréables. Par contre le "filles" ajouté à côté du label de la collection ne me plaît pas. Ce n'est pas plus un roman pour fille qu'un autre. Cette manie de genrer tout et n'importe quoi a quelque chose de profondément agaçant. Mais là n'est pas le sujet.

Bref, à lire pour les vacances, quand on commence à manquer d'air et à vouloir passer les frontières de son pays, découvrir de nouveaux horizons !

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