Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

05 juillet 2011

Questions existentielles et salsifis

Travailler au centre communal d'action sociale de sa ville, c'est redécouvrir son supermarché sous un jour nouveau.

Armée de deux listes (quand ce n'est pas plus), je tente d'organiser ma visite pour gagner du temps. D'abord les produits d'entretien, puis l'eau, puis les conserves et le pain, puis les produits frais, enfin le fromage à la coupe (et l'oeuf unique de Madame R.). Malheureusement, toute ma bonne volonté est réduite à néant face aux lingettes pour lunettes : produits d'entretien ou hygiène ? La question restera sans réponse : j'ai annoncé à Madame A. que le rayon était vide. Quant à la lessive S*** pour le noir, elle n'y est pas. Toutes les marques sont en rayon, sauf celle-ci. Déconfite par ces deux échecs successifs, je me rabats sur les yaourts et autres boîtes de salsifis.

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Mais là, le dilemme me frappe à nouveau : on me demande des boîtes de pois cassés. Or, les pois cassés en conserve, ça n'existe pas (ma mère, au bout du fil, me le confirme). Que faire ? Prendre des pois secs ? Choisir des petits pois ? Des pois chiches ? Encore dix minutes de passées. En ce qui concerne la "macédoine de fruits", le choix est cornélien : faut-il opter pour le "cocktail exotique" à fond turquoise ou pour la "coupe fraîcheur" à fond rose ?

Enfin, c'est à la caisse que commence les vrais problèmes : ne pas mélanger les courses de Simone et de Thérèse. Mettre dans les bons sacs. Récupérer la monnaie de l'une et ne pas oublier la pièce d'identité de l'autre (j'ai de la chance quand on ne me demande pas la mienne en prime). C'est une concentration de tous les instants, exercice fort difficile quand on a les jambes qui flageolent et les yeux qui papillonnent, sous l'effet du Doliprane de midi...

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05 avril 2011

Mue

Pendant les vacances, le CDI va être repeint. La charge incombe aux documentalistes - nous sommes deux - de déplacer toutes les bibliothèques au centre de la pièce, afin que les peintres puissent travailler.

Il a donc fallu, d'urgence, finir le tri des livres, jeter tout ce qui était stocké et attendait que la benne se vide, ôter les vitrines - trop dangereuses et trop lourdes - des bibliothèques et tâcher d'entasser les livres au centre de la pièce tout en laissant un passage libre (le plafond sera lui aussi repeint). Jeu de cube géant, puzzle à taille humaine, stratégie et construction : équilibre précaire des piles et calcul de la place qui reste.

Photo0736

Les bras sont las, les yeux et la gorge brûlent de poussière, le dos souffre. Mais en un jour et demi, nous avons terminé!

Et bonus de la journée : le job d'été est venu à moi, alors que je n'ai posé aucun C.V. =) [Ne cherchez pas, il n'y a aucun rapport avec le reste de l'article.]

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22 juin 2010

Ludi

En cette fin d'année scolaire, mon cerveau surmené n'en mène pas large. La semaine dernière, j'ai oublié pas moins de trois cours, dont un au collège, quand même! (On l'avait avancé d'une heure aussi...)

En cette fin d'année scolaire, je ne sais plus quoi faire pour tenir mes monstres. Ça fait deux nuits que je passe à inventer des jeux, créer des mots croisés, mêlés et autres devinettes. Dans une classe, ça a très bien marché: je n'ai pas eu un bruit pendant dix bonnes minutes. Je ne les ai jamais vus aussi concentrés! Par contre, dans l'autre classe, entre celui qui me sort que j'ai gâché du papier et ceux qui décident de faire un p'tit bac en hurlant au fond de la classe... je suis ressortie vidée et avec un mal de crâne carabiné. Reste à voir ce que penseront les 4e.

Un jour, je tâcherai de rendre ces jeux interactifs et les mettrai en ligne. Un jour.

En attendant, je peaufine mes "vacances".Un boulot au CCAS à cheval entre juillet et août. Septembre, je reprends au collège, donc pas de vacances (sans compter que je suis persuadée que le Master Pro reprend plus tôt). Les deux premières semaines de juillet, je dois "rester à disposition de l'administration". Reste fin août. Voir ma sœur et son dernier copain en date à la campagne et partir en vadrouille à l'autre bout de l'Europe. Rien qu'à cette pensée, je me mets à respirer plus librement. Partir en voyage! J'ai l'impression que ça fait une éternité que je ne suis pas partie, alors qu'en septembre dernier, j'étais à Istanbul...

Et il faut ajouter là-dessus tous mes projets informatiques et "pédagogiques" (on évitera de prendre ce mot au pied de la lettre). Un site pour l'école des Mines d'Albi, des cours de latin qui se tiennent (surtout qu'il n'y a pas de manuel potable), un site pour latinistes (ça c'est du projet trèèèès lointain, mais ça reste tout de même à me trotter dans la tête), sans oublier mon propre site et mes projets d'écriture en attente depuis trop longtemps.

Conclusion: j'ai du pain sur la planche!

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27 mai 2010

Going crazy

Il est près de minuit. J'en suis à la quatrième page de mon rapport (rapport sur un projet inabouti, mais peu importe), et j'écoute Daft Punk. La fenêtre est grande ouverte sur la pluie, mes yeux hagards sur mon écran. J'ai comme un point entre les deux yeux, douleur discrète mais bien présente. Je n'en peux plus de rester assise.
Il est près de minuit, et je sens samedi qui approche. Jour redouté et espéré tout à la fois. Redouté, parce que je n'aurai jamais terminé samedi. Espéré parce que j'aurai tout rendu samedi.
Ces algorithmes, ces boucles, ces fonctions récurrentes, j'en rêve, j'en cauchemarde la nuit. Je me réveille courbaturée avec des crampes. Il ne faut pas croire, l'informatique demande une véritable résistance physique. Notamment au niveau de l'estomac et du foie. Prendre dix à quinze kilos en deux semaines, c'est possible.
Daft Punk n'a pas vraiment d'effet. Java lui n'en a que trop. Des secondaires, je n'en sais encore rien. Des immédiats, c'est certain.

La semaine prochaine, révisions de partiels et correction de copies en pagaille. Entretien d'embauche pour mon boulot de cet été aussi. Penser à donner mes horaires de master au collège. Ne pas oublier mes cours particuliers.
Mon cerveau va exploser.
Java. Java. Java.
Arbre binaire ordonné.
Argh.

Je retourne à mon rapport au lieu de raconter ma vie. De toute manière, le style est le même. J'ai ajouté un préambule dans lequel je me plains du fait que je n'ai pas pu faire tout bien parce qu'on n'a pas eu le temps...
Beuh.

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26 juillet 2006

Jeux de mains...

Cinq et cinq. Dix doigts. Dix doigts s'activent sur le clavier. À la main droite, une ampoule et des traces de pansement. Les bouts des doigts restent gris-bleu, malgré la brosse à ongle et le savon de Marseille. À la main gauche, des crevasses: je n'avais pas prévu de sparadrap pour cette main-là. Des zones plus grises se répendent sur ma peau asséchée. « C'est le métier qui rentre. » Vous parlez d'un métier! Attacher des fils de cuivre à des crochets. Et ce, pendant huit heures de suite... voilà qui m'apprendra à faire des heures sup'!

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25 juillet 2006

Aventure rocambolesque

Thiais, Choisy, Nogent-sur-Marne, Champigny, Joinville-le-pont, Saint Maur... autant de noms qui évoquent les guinguettes du bord de Marne, où l'on va guincher le dimanche. Les panneaux défilent devant mes yeux fatigués. Voilà deux heures que nous sommes partis de Plaisir. Fontenay-sous-Bois. Quelle direction faut-il suivre? Le Perreux ou Bry? Ça y est: nous sommes encore perdus. Nous sommes maintenant dans le bois de Vincennes. Demi-tour. Nous demandons notre chemin. Mais qu'avons-nous fait pour en arriver là? Commençons donc le récit par le début.

J'arrive au boulot à neuf heures, comme tous les matins. On me dit que les étiquettes ont bien avancé, mais qu'ils ont pris du retard à l'étamage. On a besoin de nous à l'usine. Celle-ci se trouve à Neuilly-sur-Marne. Ce n'est pas si loin. On peut y être ne moins d'une heure. Mais c'est sans compter sur l'A 86 qui est bloquée; les voitures sont à l'arrêt. On prend la première sortie: Choisy. Et là, même topo. Les routes bloquées. Nous parcourons trente mètres en une demi-heure. Nous empruntons un autre chemin. Voilà près de deux heures que nous sommes partis. Nous passons l'heure suivante à demander notre chemin: nous sommes perdus dans la jungle des petites villes de l'est parisien. Quand nous arrivons, c'est la pause déjeuner. Débute ensuite le travail.

Qui a dit que je n'aimais pas enlever les étiquettes? Mais c'est génial! À l'usine, nous passons notre temps debout, à accrocher les moules à tartelette sur des fil de cuivre, pour ensuite les envoyer dans le bain d'étain. Au bout de dix minutes, les ampoules apparaissent sur mes doigts douloureux. Quand on se rend compte qu'on manque de fil, on me change de poste. Je suis désormais chargée d'accrocher les fameux fils de cuivre sur les crochets. Je peux vous dire que je n'ai pas beaucoup travaillé aujourd'hui, mais suffisamment pour me rendre compte que je préférais mille fois rester assise toute la journée à côté du ventilateur à retirer des étiquettes...

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23 juillet 2006

Boulot – Dodo (le 18 juillet)

L'esprit tranquille, libre de toute pensée enquiquinante, je vais innocemment voir mon père, pour lui demander s'il aurait, par hasard, l'amabilité d'aller chercher Lu qui attend un bus qui n'est pas passé. Alors le paternel en profite pour me déclarer sournoisement qu'il m'a trouvé un travail. J'annonce la couleur: de 9h à 17h30, j'enlève des étiquettes de moules à tartelette rouillés. À force, mes ongles s'usent. Le soir, j'ai les doigts noirs. Désormais, je connais par cœur l'inscription qu'il y a sur les étiquettes:

Distribué par M6 interaction
Neuilly sur Seine
Ne convient pas à un enfant de moins de 36 mois.
À utiliser sous la surveillance d'un adulte.
À conserver.
Made in China

Je crois que le cours de philosophie sur l'aliénation du travail a fait son bonhomme de chemin dans les méandres de mon cerveau atrophié, et qu'il commence à prendre tout son sens. Et j'ai aussi compris pourquoi je tenais tant à faire des études! La première heure, on regarde ce que l'on fait, on se concentre sur les stickers. Les quatre heures suivantes, on pense à tout et à rien en même temps. On fait des projets, on se raconte des histoires. Les derniers moments sont les plus durs: on a pensé à tout; on ne sait plus sur quoi fixer nos idées. Le temps passe alors beaucoup plus lentement, et on attend avec impatience la fin.

Une fois chez moi, je peux vous dire que mes nerfs sont à fleur de peau, ma patience est à bout et mon humeur est massacrante. Mais comme dirait mon p'tit Lu, je vais me faire "d'la maille" (j'entends d'ici mon père: "Il n'y a que la maille qui m'aille"...).

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