Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

20 novembre 2012

Akinator, le retour

akinator_defi

J'en avais déjà parlé, et en farfouillant dans l'historique des visites sur ce blog, je suis retournée voir ce qu'il devenait. Mais si rappelez-vous ! Akinator, ce fameux "génie du Web" télépathe, qui devine à quelle personne vous pensez.

Je me rappelle qu'on en a parlé une fois avec un prof, parce qu'en réalité, la technique derrière tout ça est extrêmement simpliste. Même si j'imagine qu'il faut une base de données en amont assez colossale, le principe est le même que notre "ni oui ni non". Et s'il échoue une fois, le personnage auquel vous avez pensé est ajouté à la base. Ainsi il s'enrichit et s'améliore à chaque échec.

Malgré tout, ce petit logiciel reste bluffant. Il a tout de même trouvé Julia Ogden (Les Enquêtes de Murdoch), Monk de la série éponyme et Julie Teeger, la fille de son assistante, Virgile, mon frère, Bertrand Russel, Ingvar Kamprad (fondateur d'Ikea) et Richard Stallman (père de GNU) ! Par contre, je l'ai vaincu avec Antoine Culioli (linguiste spécialiste de l'énonciation), Félix Gaffiot et Solédango (Candélabres). Les deux derniers étaient déjà un échec il y a quatre ans et demi.

montage

 

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26 juin 2012

Concordancier mortel

J'ai aujourd'hui fait la découverte d'un concept que je ne connaissais pas : il s'agit du concordancier, qui est un corpus permettant de présenter un mot recherché dans son contexte.

Bref, si je vous en parle, c'est parce qu’une collègue nous a transféré le mail d'un chercheur qui en développe un. C'est là que les choses étranges commencent (ces bizarreries démontrent que les scientifiques, et les linguistes ici en particulier, ont le sens de l'humour et des références).

- Le projet s'appelle Sarcophagus.

- Le chercheur précise que "pour les fans, l'ouverture du logiciel est digne d'un film de Tim Burton ;-)".

Il dépend de deux autres projets.

- Le premier s'appelle Carcass (le site précise "If you just want to use our corpora, all you need is Carcass.").

- Le second s'appelle Corpse.

- Les différentes versions de ce dernier ont des noms fort imagés : Iron Maiden, Killers, The Number of the Beast, ou encore Revelations...

Pour plus de détails sur ce concordancier, visitez le site.

Ils sont fous ces linguistes !

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01 juin 2012

Schizophrénie musicale

Cela fait bien longtemps que je voulais écrire un article à ce sujet, et c'est la lecture de la dernière note de Boulet qui m'a donné le courage de le faire. Parce que oui, Boulet est un génie et on devrait l'étudier au programme de littérature, arts-plastiques, philosophie et histoire des arts. Bref, sa note parle (pour ceux qui ne l'ont pas encore lue) de l'intolérance musicale et culinaire. C'est sur la première que j'ai envie de rebondir.

Bouffe03

Je ne suis pas une puriste, loin de là. Ou en tout cas, je ne le suis plus depuis que j'ai quitté le collège. Quand j'étais petite, ma vie musicale tournait autour de Bach et Vivaldi, et tout le reste était dénué de la moindre valeur à mes yeux, c'est à peine si je parvenais à le qualifier de musique.

baroque-en-force

Baroque en force : Haendel, Bach, Vivaldi, Purcell.
Quatre dieux de mon Panthéon personnel. Les premiers, sans doute.

Aujourd'hui, je suis une véritable schizophrène. Je connais des chansons mais pas leur titre, des chanteurs mais pas leurs albums, des airs mais pas leur interprète. On me parle de TrucMuche - "mais siii, tu la connais forcément, elle est HYPER connue!" - mais je ne connais pas, puis on me fait écouter une chanson et là, brusquement : "aaaah ! c'est donc elle qui chantait ça !" et pouf, j'oublie son nom aussi vite, ou alors je me dépèche de le confondre avec un autre.

L'autre jour, l'écoute aléatoire du répertoire "Ma Musique" sur mon ordinateur m'a donné à réfléchir. Si mes voisins entendent, ils doivent certainement croire que je me dispute avec un/e collocataire.




Vivaldi suivi de Super Junior : gouffre culturel abyssal et qu'on pourrait penser infranchissable. (Vous n'y pensiez même pas, pour vous j'ai osé.) Ensuite Césaria Evora, puis Georges Brassens, puis Rihanna, puis Haendel, puis de la guitare hawaïenne et du chant grégorien. Les rythmes changent, voire disparaissent, au gré du hasard.




Régions du monde improbables - du fin fond de l'Afrique (Amadou et Mariam) aux contrées reculées de l'Europe de l'Est (Kazaky en Ukraine), de la Scandinavie (Nightwish c'est Finlandais) au sud de l'Océanie (quelques chanteuses de Nouvelle-Zélande et Australie), en passant par l'Asie (Chine, Corée, Japon) et les îles perdues du Pacifique. Ma musique, je l'ai classée par continent, puis par pays (du coup, pour récupérer Lemon Tree, c'est coton si on a oublié que Fool Garden c'est allemand !).

p1

Les styles sont inconnus, mêlés, ou marqués mais indistincts du reste : classique-baroque-romantique, pop-rock-indé, soul-blues-jazz. Et, bien sûr, ma collection de bandes-originales de films, dessins animés et séries : Babar, Disney, James Bond, Le Seigneur des Anneaux pour n'en citer que quelques uns. J'ai même la chanson de Rondoudou (alors même que je n'ai pour ainsi dire jamais regardé les Pokémons à la télé) !

même-pas-honte !

Alors, "tu écoutes quoi comme musique" ?

Je ne sais pas. Tout. Rien. Je ne sais pas.

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13 novembre 2011

Cosmopolite

Un jour, quelqu'un est arrivé sur mon blog, via une traduction Google... en thai.

blogthai

* clic pour agrandir *

Et j'ai découvert il y a peu, qu'il existait une traduction coréenne du blog de Boulet ! Voyez plutôt :

boulet_coreen

* clic clic *

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15 octobre 2011

Attention, navet

"Cinéma : lieu dangereux en raison des risques de projection de navets." (Marc Escayrol)

Alors. Il y a quelque temps, je me suis arrêtée devant les affiches des Trois Mousquetaires, qui promettaient un film juste comme il faut : à côté de la plaque, avec costumes anachroniques, têtes de méchants au regard sombre et crétin, coiffures complètement ridicules (le brushing d'Orlando Bloom) et un côté décalé qui me faisait marrer toute seule dans les couloirs du métro.

Du coup, hier soir, avec Cécile, on s'est lancé. Résultat épique.

vu le 14/10/2011 ; 2D ; VOST

The Three Musketeers

J’en suis restée comme deux ronds de flan. Même une fois revenue au grand air et dans la foule nocturne d’un vendredi soir par beau temps, terrasses débordantes et trottoirs débordés, je n’en revenais toujours pas. Difficile de savoir que penser d’un tel OVNI. Parce que, oui, ce film est un OVNI. On ne peut pas dire qu’il s’agit ici de cape et d’épée, ce n’est pas non plus de la science-fiction, ni de la romance, ni du délire complet (quoique), ni historique (surtout pas historique), ni de l’espionnage. C’est bizarre.

Du côté de l’intrigue, c’est pauvre. Ou plutôt, l’intrigue originale du roman, somme toute assez simple et linéaire mais diablement efficace, a été étoffée de tas de détails aussi grotesques qu’inutiles. Les aéronefs, non contents d’être totalement anachroniques et hors contexte, n’ajoutent strictement rien à l’histoire. Là où nous aurions pu avoir de folles chevauchées à travers le pays, nous avons un pseudo-voyage en ballon sans intérêt. Et surtout, là où le roman de Dumas parvient à nous tenir en haleine tout au long de ses quelques centaines de pages – mais qui est cette mystérieuse femme qui a rendu Athos complètement apathique ? – le film nous donne la réponse, édulcorée, dès l’introduction. Question tension, c’est donc raté.

Les personnages sont ce qu’ils sont, même si Louis XIII n’est pas vraiment réussi dans son rôle de bouffon. Les mousquetaires sont assez caricaturaux, mais après tout, les originaux ne sont pas beaucoup plus nuancés. Constance est niaise et son histoire avec d’Artagnan l’est tout autant : de ce point-de-vue-là, au moins, les scénaristes sont restés dans le ton. Richelieu est assez réussi, ainsi que la Reine – quoique l’actrice ait une voix assez étrange. Par contre, ils ont complètement détourné le personnage de Buckingham, ce qui est fort dommage. Quant à Milady, personnage réellement tordu et intriguant, elle est dépeinte comme la traitresse de base, à tel point qu’elle en devient prévisible. Adieu le côté obscure et honteux du personnage !

Malgré tout, on peut noter quelques touches positives : les scènes de combat (à l’épée, pas celles avec canons et mitrailleuses) ont un bon rythme, et les costumes sont ma foi réussis. Complètement revus et corrigés, mais beaux. (Et puis j’aime le côté « mettons des pendants d’oreille à tous les acteurs ».) Cependant, les duels manquent de la légèreté des vrais films de cape et d’épée : ici on a plus affaire à des combats façon film d’action, mettant en scène des bourrins et de l’artillerie lourde. Ah, et aussi : le passage Louvre-Versailles sans arrêt est raté. Bien sûr, quand on ne fait pas la différence parce qu’on habite de l’autre côté de l’océan, ça ne doit pas gêner plus que ça. Mais pour quiconque a vécu en région parisienne et parcouru la galerie des Glaces plusieurs dizaines de fois, l’incohérence dérange. Cela dit, on n’est plus à ça près.

Pour conclure ? J’ai été surprise. Je m’attendais à un navet, mais pas de ce type-là. Film à voir si l’on a envie de se vider l’esprit et de ricaner pendant une heure et demi, sinon, ce n’est pas la peine.

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28 mars 2011

Expérience

Il était une fois, au fin fond d'un immense empire du centre de l'Europe, un monarque illuminé et un peu fou. Ce monarque, que nous prénommeront Ulrich pour plus de facilité, se posait beaucoup de questions existentielles. Parmi ces questions, il y en avait une en particulier qui le taraudait jour et nuit.

Quelle est la langue naturelle de l'être humain ? Il est bien connu que nous parlons la langue que nous apprend notre mère - ou à la limite, notre nourrice, dans le milieu de notre Prince. Mais si l'enfant n'a aucune influence, quelle langue parlera-t-il ?

Afin de répondre à cette interrogation douloureuse, Ulrich décida de mettre au point une expérience. Il choisit parmi ces fidèles sujets une vingtaine de nourrissons. Il les isola. Il élut quelques nourrices, afin que ces bébés bénéficient des meilleurs soins, mais avec pour consigne le silence absolu. Il ne fallait en aucun cas leur parler. Ainsi, il pourrait observer la langue qu'ils parleraient entre eux.

Résultat : non seulement ces enfants ne surent jamais parler, mais encore ils moururent tous très vite.

Conclusion (de la prof) : le langage fait de nous des êtres humains en cela que nous ne sommes humains qu'en relation avec d'autres humains. Autrement dit, sans langage et sans communication, pas d'humanité et une vie limitée, voire inexistante.

PS : cette expérience est véridique. On apprend des choses intéressantes à la fac !

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20 février 2011

한글

Ça y est, elle a complètement craqué, allez-vous penser.

Mais non, je n'ai fait qu'acheter un manuel de coréen chez G*bert. Parce que je finis toujours par me demander comment fonctionne une langue. A fortiori quand elle n'est pas indo-européenne. Alors quand j'ai appris que le coréen était de la même famille que le turc et le hongrois, je n'ai pas pu résister.

9782915255492FS

Une langue asiatique certes, mais qui n'a rien à voir avec le chinois. Une langue qui a un alphabet de vingt-quatre lettres, c'est déjà un bon point, non? Certes, ils utilisent encore les caractères chinois, mais tout le monde ne peut pas les lire là-bas. Ils sont réservés à une élite intellectuelle, d'après ce que j'ai compris.

Et sur cet alphabet (parce que l'histoire des écritures est au moins aussi passionnante que celle des langues), j'ai lu ici quelque chose de très intéressant:

«[Le Hangeul (nom de l'alphabet coréen)] présente la particularité unique d´avoir été créé de toutes pièces et de façon rationnelle au 15ème siècle de notre ère à l´initiative du roi Sejong (…).

Les 14 consonnes et 10 voyelles qui constituent cet alphabet reproduisent avec une rare exactitude tous les sons de la langue coréenne. Les consonnes représentent graphiquement la position des organes phonatoires (…).

En revanche les voyelles trouvent leur origine dans les principes cosmiques de la philosophie taoïste. Elles sont en effet des combinaisons des trois éléments de base : le point (.), pour le ciel; le trait horizontal (_), pour la terre; le trait vertical (|), pour l’homme. »

Korean_Hangul

Comme tout système linguistique, il a une signification politique très importante, puisque le roi Sejong a vu les grands du royaume s'opposer à ce progrès, synonyme de démocratisation de la culture. Alphabet tellement lourd de symbole qu'il a été interdit lors de l'occupation japonaise, et qu'aujourd'hui le 4 octobre – cet alphabet a été promulgué le 4 octobre 1446 par Sejong – est jour de fête nationale en Corée*.

Prochaine étape : trouver une vraie grammaire du coréen, parce que ce manuel n'est pas assez complet. Et surtout, il n'est pas organisé de façon assez rigoureuse.

* Alors la Fête Nationale a une date indéterminée, puisque les sites se contredisent tous les uns les autres. A priori ce serait plutôt le 15 août, jour de la libération. Mais la Fête du Hangeul existe vraiment (le 4 ou le 9 octobre selon les sources).

NB : le titre de cet article se transcrit « hangeul »

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15 novembre 2010

Double

Le soleil n'est pas levé, que déjà j'apprends quelque chose de cocasse. Xavier Dolan, réalisateur des Amours imaginaires et acteur que je rangerais plutôt dans la case "intellectuels", est aussi le doubleur québécois de Rupert Grint, alias Ronald Weasley, dans Harry Potter... Le rapprochement des deux est hautement hilarant, de mon point de vue. Mais sans doute est-ce le manque de sommeil qui fait cet effet.

xavier_dolan rupert_grint_cinema

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12 octobre 2010

Un poisson rouge dans le tram

Un_poisson_rouge_dans_le_tram

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21 août 2006

La confrérie des Sacs à Vin

Lors de la visite du château de Montreuil-Bellay, nous avons fait la découverte d'une étrange secte. Un groupe de gais lurons aimant festoyer dans les caves du château ont fondé la confrérie des Sacs à Vin. Étrange nom me direz-vous. En effet, surtout quand on pense que c'est ainsi que l'on appelle le petit tonneau qu'emmenait les vigneron lors des récoltes afin de se désaltérer. « Ni trop, ni trop peu », afin de ne pas s'endormir et d'avoir suffisamment chaud.

Pour intégrer la confrérie, il fallait, après un bon repas bien arrosé dans la cave, monter l'escalier à vis qui mène à la cour, et ce en arrière sans toucher les murs. Une fois l'épreuve passée, le candidat prête serment devant le portrait de Rabelais en citant les vers de ce fameux auteur: « Quand mon verre est plein, je le vide, et quand il est vide, je le pleins »! Intéressant, isn't it?

De plus, lors des grandes réceptions qui se déroulaient dans le salon, on entrait dans ladite pièce en passant sous une porte au dessus de laquelle trône une devise bien sympathique: « Tristitia mea vertitur in gaudium » (pour les non-latinistes et les paresseux – ce que je suis personnellement puisque j'ai attendu la traduction de la guide - « Ma tristesse se transforme en joie »).

Rabelais

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