Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

11 janvier 2011

Correspondances

Le cerveau qui se déconnecte, les points de repère qui se désagrègent. Des images qui tournent en boucle derrière les yeux, même ouverts, des phrases, des personnages, des situations qui ne me lâchent plus. Voilà ce qui arrive quand un roman ou une série me captent complètement. Et ça peut durer plusieurs jours, jusqu'à ce que j'ai atteint le point final ou le générique du dernier épisode.

Dernièrement, j'ai eu le malheur de tomber sur une série que j'ai regardée en quelques nuits. Dans les moments – plus ou moins longs – où je n'étais pas plongée dans cet univers, je n'en décrochais pas pour autant. Dans de telles circonstances, difficile de lire ou de voir autre chose.

Pourtant, j'ai été au cinéma. Et je suis passée du K-drama au film d'animation franco-belge. D'Iljimaeà Une vie de chat. Et j'ai été surprise par de nombreux points « communs ». Deux histoires qui n'ont rien à voir, si ce n'est qu'il y a un cambrioleur. Des promenades nocturnes sur les toits, des serrures crochetées, des bijoux volés.

Étrange, déstabilisant, amusant.

688164iljimae_Affiche1 Une_vie_de_chat

Posté par incitatus à 19:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

02 janvier 2011

Procrastination is back

Dans quelques heures, les vacances seront terminées. J'avais des myriades de choses à faire pendant les vacances, et comme toujours, je n'ai rien fait. Ou plutôt, j'ai fait des choses, mais pas du tout ce que je devais faire. Vous savez, l'idée du devoir appelle toutes sortes d'occupations non nécessaires que sur le moment, on juge plus importantes que les nécessaires.

Mes trois projets informatiques à rendre la semaine prochaine sont restés au stade de sujet vierge. Je n'ai même pas téléchargé les logiciels nécessaires à leur réalisation. À la place, nous avons fait du tri et du rangement à la maison. Déménagement de meubles, réaménagement du salon, de la véranda.

L'odeur de cire et d'essence de térébenthine dans l'air, le bois à nouveau brillant du vieux bureau; les poussières de cendre et de charbon autour de la cheminée, les toiles d'araignée au plafond; les orchidées sous le pâle soleil de l'hiver.

Mon programme de latin pour les semaines à venir a été bâclé à toute vitesse, pour éviter à mes cauchemars de revenir (l'angoisse au réveil qu'ils se produisent est toujours présente, des jours après). Mais j'ai légèrement omis le programme de français et d'aide individualisée, sans parler du club BD, complètement oublié pendant ces deux semaines. À la trappe, la visite à la médiathèque! Au lieu de ça, j'ai fait du tri dans les vieilles cassettes vidéo.

La bande-son qui ondule, l'image qui grésille. Vieux dessins-animés, souvenirs enregistrés par une arrière-grand-tante, décédée depuis. Vagues images et réminiscences qui se retrouvent ravivées par les titres écrits à l'encre, sur les petites étiquettes fleuris des boîtiers en plastique blanc. Et ce film, enregistré à la suite d'un autre, qui n'est jamais paru en DVD. Petite merveille à ne pas perdre.


Désormais, il est nuit, et demain je travaille. J'ai passé l'après-midi à me ronger les ongles. Je n'aurai pas le temps de finir mes projets ce soir. Les vacances sont terminées, et je regarde mon agenda, dans l'attente des prochaines... Avril. C'est loin.

Posté par incitatus à 21:23 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

25 décembre 2010

Noël

Ça y est. Minuit a sonné depuis une heure. C'est Noël.

Dehors, les cloches de la cathédrale carillonnent joyeusement dans la nuit. La neige tombe en rafale depuis ce matin, a recouvert le sol d'une couche blanche et rendu les pavés glissants. Les maisons à colombages, les marchés de Noël, les odeurs d'épices et de vin dans les rues. Strasbourg sous la neige, un soir de Noël. Une sorte de rêve devenu réalité.

Pourtant.

Pourtant, demain matin, lorsque je me lèverai, je ne pourrai pas descendre dans le salon, rejoindre mes parents avec mon frère et ma sœur, en pyjama, pour le traditionnel déballage des cadeaux en famille, suivi du non moins traditionnel petit-déjeuner de Noël. Plus jamais une telle réunion n'aura lieu. Pourtant, il n'y aura pas de cadeaux pour Papa, pas de petite carte de Noël pour lui, pas de Nutella à table, plus son lait chaud au cacao amer. Il n'est plus là.

Il nous souhaite un joyeux Noël, mais comme s'il ne savait pas ce que cela signifiait. Comment Noël pourrait-il être joyeux cette année? Il garde un arrière-goût amer et désagréable.

____

Joyeux Noël à vous, chers lecteurs! J'espère que votre réveillon s'est passé dans la pure bonne humeur! Je vous embrasse,

inci

Posté par incitatus à 01:07 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , ,

30 novembre 2010

Cure de Jouvence - part two

imgUne invitation à l'Opéra, ça ne se refuse pas. Un invitation à l'Opéra royal de Versailles, ça se refuse encore moins. Que dire, donc, d'une invitation à l'Opéra royal de Versailles pour un ballet baroque, sur musique de Mozart et Gluck, avec décors en toile peinte?
Évidemment pour rien au monde je n'aurais manqué ça! Surtout avec la promesse que l'on pourrait se glisser derrière le rideau après le spectacle pour admirer l'envers du décors.

Nous sommes arrivés dans la cour pavée, puis sommes entrés dans les couloirs du château, ou plutôt devrais-je dire corridors. Nous avons été accueillis, placés avec soin, dans le parterre, au deuxième rang, pour avoir le plus de profondeur possible sur le décor.

Les lumières s'évanouissent, le rideau se lève. Et là je reste bouche bée devant le spectacle. Le décor est encore plus beau que ce qu'on pourrait espérer. C'est gigantesque, c'est sublime! Arbres, buissons, colonnades, ciels nuageux peints sur d'immenses toiles. On se croirait dans un tableau du XVIIIe siècle, vous savez, ces tableaux bucoliques à la végétation mousseuse? Et la musique, tout aussi belle, qui rythme le pas des danseurs dans leurs costumes colorés et chatoyants. C'est merveilleux. Les changements de décors donnent le vertige. L'odeur du bois et de la peinture m'enivre. Ça fait rêver, complètement. Pour un peu, on se croirait à un autre siècle.

img2

Les danseurs sautillent, virevoltent, se chamaillent. Les instruments valsent et chantent leurs airs des siècles passés. Et le décors est là, majesté incontestable dans le cadre merveilleux de l'Opéra royal.

img3

L'escalier en demi-lune côté jardin, trois étages plus haut, nous passons une porte dérobée et déboulons sur la scène, ou plutôt, au-dessus de la scène. La vue sur les cintres, les projecteurs, les décors vus du haut. Nous descendons un petit escalier en bois et tomettes, et nous foulons le bois craquant de la scène. On se sent minuscule dans l'immensité des murs et des toiles.

Photo0546

J'ai l'impression de réaliser un rêve de gamine, quand petite, je rêvais de passer à la suite des personnages dans les romans d'Annie Jay ou d'Annie Piétry pour courir le long des passages dérobés du château, d'aller dans les endroits interdits au public.

J'ai eu le plaisir de voir que j'étais encore capable de m'émerveiller, comme la petite fille que j'étais s'était émerveillée il y a plus de dix ans devant le monde des Poupées à Disney Land...

Je suis ressortie, il neigeait, et c'est avec encore des étoiles dans les yeux que j'ai regagné mon appartement parisien.

Posté par incitatus à 10:28 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

27 novembre 2010

Hiems, hiemis

C'est la fin de la journée. Déjà la lumière s'affaiblit. Il fait très froid, d'un froid mordant, depuis ce matin. Dans la salle de classe, nos yeux hagards se fatiguent devant les écrans des ordinateurs. Les explications du professeurs sont nombreuses. Rapides. Nous peinons à suivre. C'est vendredi après-midi, et la fatigue de la semaine se fait sentir. Les absents dans les rangs sont de plus en plus nombreux.

Capture

Soudain, les visages se détournent. Les yeux s'écarquillent et les sourires s'étirent. Notre attention est désormais complètement monopolisée par les flocons duveteux qui tombent sur les toits de la capitale. Nous avons entre vingt-deux et vingt-huit ans, et nous gloussons devant cette vision un peu magique malgré tout.

Ce matin, quand je me suis levée, les toits de mon impasse étaient encore saupoudrés, même si partout ailleurs dans Paris, de neige, il n'y avait plus trace. Mon impasse est un peu comme hors-les-murs, dans Paris mais hors du monde. J'aime cet endroit.

Posté par incitatus à 18:14 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 novembre 2010

Dégoût

Je me sens malade. Je n'ai pas mal au crâne, ni même à la gorge. Non, je me sens nauséeuse. Il me donne envie de vomir.

Il a une façon de penser et d'exprimer les choses – ou de ne pas les exprimer – qui me donnent juste envie de croire qu'il n'est pas celui que je connais. Que l'homme dans lequel j'ai cru si longtemps, que la personne en qui j'ai eu confiance et dont j'ai été fière toutes ces années n'est pas celui qui aujourd'hui se croit tout permis sous le seul prétexte que ça lui fait plaisir.

Il pense que sa femme et ses enfants, ce n'est pas pareil. Drôle de définition et de conception de la famille. Parce que selon lui la famille, ce n'est pas un tout*?

Qu'un homme de son âge se défausse ainsi de ses responsabilités, qu'il renie aussi facilement un engagement pris il y a vingt-cinq ans, ça ne me donne pas envie de croire en l'humanité. Que les hommes soient capables de telles bassesses, alors qu'un enfant qui fait la même chose est puni, est tout simplement impensable.

L'homme est barbare. La civilisation n'est qu'un vernis trop vite gratté. L'homme est un égoïste. La société n'est qu'un leurre, où chacun se lorgne, attendant que l'opposant attaque le premier. Chacun défend son « bonheur », mais à quel prix!

Il y a des jours où l'humanité est laide. Hideuse. Et lui est un des éléments de cet ensemble le plus en-dessous de tout.

Il fait pitié.


* Ce n'est pas aux homosexuels qu'il faudrait interdire le mariage, c'est aux gens comme lui.

Posté par incitatus à 07:33 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

29 octobre 2010

Pour une bouffée d'air marin...

... j'étais prête à faire huit heures de train dans la journée, prête à affronter les grèves et les travaux, prête à prendre l'autocar entre Rennes et Vannes. Mais il faut reconnaître que le jeu en valait la chandelle!

À Rennes, alors qu'un foule impressionnante attend le car pour se rendre qui à Vannes, qui à Lorient, le ciel est gris, l'air froid et humide, se transformant de temps à autre en cette espèce de crachin très anglais. Malgré tout, j'ai bon espoir: Vannes est au bord de la mer.

Photo0508Lorsque l'autocar arrive, le ciel présente des morceaux de bleu, le soleil inonde le parvis de la gare, l'air est doux et sent bon les vacances. Je ne suis là que pour la journée, mais je compte bien en profiter le plus possible. Mes grands-parents sont là, qui m'attendent sur le quai.

L'après-midi, nous allons voir le Golfe. Les eaux grises baignées de soleil, l'air qui sent bon l'iode et le large, les pins tordus qui donnent cette allure unique aux côtes. Respirer à pleins poumons, fermer les yeux sous les caresses du soleil, profiter de cette unique journée de vacances, avant de retourner sur Paris. Ne penser à rien, oublier les questions des grands-parents sur mon père, ne pas écouter leurs allusions et ne pas faire attention à leur discours sur la religion. Juste apprécier l'instant.

IMGP0227

La mer. Le soleil. Ces nuances de gris uniques. Ce paysage accidenté qui donne envie de rester là, à le contempler pour le reste de sa vie.

Photo0516

Le soleil. La mer.

Posté par incitatus à 14:57 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

26 octobre 2010

Formatation

Impressions à chaud, lundi midi

Il y a ceux qui bossent en Seine-Saint-Denis et qui pensent avoir plus de difficulté que tout le monde, ceux qui contestent les réformes, ceux qui racontent leur vie, ceux qui ne sont jamais contents, ceux qui pensent qu'ils n'y arriveront jamais, ceux qui sont persuadés que leur problème est le pire de tous et qu'il est insoluble, ceux qui sont sûrs d'eux et qui la ramène tout le temps...

Et moi dans tout ça, j'ai l'impression que je ne corresponds pas au modèle. Je suis encore étudiante, alors que tous les autres sont sortis de leurs études – depuis longtemps déjà pour certains (je pense entre autre à ces mères de famille qui reprennent une activité professionnelle). J'enseigne le latin, quand les autres sont profs de maths, d'histoire ou d'anglais. Je suis dans un collège-lycée où les gamins ne sortent pas franchement de milieux aisés, alors que selon les dires des autres, ils sont dans des établissements bien bourgeois qui ont les moyens. Ils parlent de leurs confrontations avec les parents, quand je n'en entends jamais parler, de pression au niveau de la direction, quand c'est le directeur que je vais voir au moindre problème.

J'ai sincèrement l'impression que je n'ai rien à apprendre ici. Ou du moins, que cette « formation » ne m'apprendra rien de très utile. Et je ne parle même pas de mes heures en temps que documentaliste et de mon unique heure de français, où je suis censée donner la suite du cours d'une collègue, qui ne m'envoie jamais le travail à l'avance.

J'ai l'impression de perdre mon temps.

Impressions à froid, mardi soir

Formatage, plutôt que formation. Ça a beau être organisé par le diocèse, on nous parle tout le temps d'éducation nationale. Le jargon du milieu écorche mes oreilles, et on nous explique clairement ce qu'il faut faire et ne pas faire. Il faut rentrer dans le moule, et faire rentrer les élèves dans le moule avec nous. C'est effrayant, et donne envie de fuir.

Si ce matin j'ai appris davantage de choses, il n'en reste pas moins que les langues anciennes n'existent pas dans ces formations. On les a déjà oubliées, laissées dans le placard, sous couvert de beaux discours. Qu'ils se démerdent donc, ils ne mourront pas sans langues anciennes. Mais qu'ils ne viennent pas se plaindre plus tard, les ignares haut perchés de l'éducation et du ministère. Moi je sais, et égoïstement, ça me suffit.

Posté par incitatus à 18:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Petits matins - Au pied du lit

Photo0507
Paris, le 26 octobre à 8h27

Posté par incitatus à 08:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 octobre 2010

Petits matins - Quand la ville dort encore...

IMGP0090

Venise, place San-Marco

Posté par incitatus à 19:48 - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,