Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

08 mai 2014

De mal en pis

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28 mars 2014

Survivance

Si je suis encore en vie, ce blog l'est beaucoup moins. Depuis quelques mois il vivote. Pas vraiment le temps, ni l'envie, vous l'avez deviné, je fais une pause. Je n'annonce pas encore sa mort cependant, car on ne sait jamais. Peut-être qu'un jour j'aurais l'envie, le besoin de vous parler du rythme effréné de la vie de doctorant.

Sachez simplement ceci : j'ai emmené mon petit Club BD à Bruxelles et l'ai ramené entier - avec l'aide précieuse de Marion, mon premier article scientifique en français a été accepté, j'ai sué sur mon premier article en anglais pendant quatre jours à raison de douze heures par jour, et le meilleur pour la fin, lundi je pars en Angleterre pour cinq jours, accompagnant quatre-vingt-seize gamins de 5ème, et la semaine d'après je reprends du service en latin, avec trois élèves de 4ème « en conflit ouvert avec leur professeur ». En bref, ma double vie est un rouage bien huilé, et le rythme s'est accéléré depuis un peu plus d'un mois, ce qui ne me laisse plus le temps de me morfondre.

Je continue de dévorer romans et bandes dessinées, et de regarder films plus ou moins débiles, séries et sitcoms. J'en ai pas mal dont il faudrait que je parle ici, et qui me permettraient de reprendre un certain rythme, mais en ce moment je n'aime pas ce que j'écris. Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais même supprimé cet article...

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11 avril 2013

Maladies rares etc.

Depuis quelques jours, j'ai entrepris la lecture attentive d'un petit morceau de mon corpus d'étude. Pour rappel, je travaille sur les maladies rares, et mon corpus est composé de milliers de résumés d'articles scientifiques sur le sujet. En anglais, bien sûr.

Depuis quelques jours, donc, je découvre l'univers tout à la fois aride et extrêmement riche du monde de la recherche biomédicale. Loin de tout comprendre, j'évite cependant les recherches Google : voulant bien faire, celui-ci a en effet la fâcheuse habitude de présenter des images sans qu'on ne lui ait rien demandé. Or les maladies étudiées sont peu ragoûtantes, et quand on a l'habitude de déjeuner en travaillant, ça a vite fait de vous couper l'appétit.

La lecture prolongée de tels textes a tendance à vous plonger dans une espèce de dégoût angoissé : on finit par comprendre que quand le traitement n'a pas été efficace, les patients sont morts. On parle de maladies juvéniles, signifiant par là que lesdits patients sont des enfants morts en bas âge. Certains articles décrivent les cas de patients ayant telle maladie, les premiers dans le pays : on comprend alors ce que signifie maladie orpheline.

Et de temps en temps, pour alléger sans doute le fardeau de cette souffrance humaine, les auteurs parlent de souris ou de lapins. Et le dernier en date, le plus original sans aucun doute, décrit le cas d'une de ces maladies détectées chez une caille japonaise : Generalized glycogen storage disease in Japanese quail (Coturnix coturnix japonica). Il y a même du latin !

japanesequail

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24 mars 2013

Marc Chagall

Mardi dernier, dix-sept heures. Je sors d’un séminaire passionnant où j’ai découvert qu’il existait des « linguistes heureux », et c’est le sourire aux lèvres que je m'extirpe du labyrinthe de la Sorbonne (passerelle, escalier H, cour Cujas, galerie Claude Bernard puis à gauche vers la place de la Sorbonne). Il crachine, et je me réfugie à l’UFR de grec pour attendre Manon. Lorsqu’elle arrive, il pleut à verse, et nous patientons un peu avant de partir pour le Musée du Luxembourg.

CHAGALL Marc - Autour d'elle

C’est dans un calme relatif que nous visitons l’exposition dédiée à Marc Chagall. Je connaissais surtout ce peintre pour avoir vu il y a fort longtemps sa mosaïque à Sainte-Roseline, et depuis un projet d’arts-plastiques en seconde, j’associais son nom au bleu. J’ai donc pu découvrir d’autres dimensions de son œuvre, et certaines toiles m’ont émue. L’exposition est extrêmement riche, et le nombre d’œuvres exposées est impressionnant.

CHAGALL Marc - Wonded soldier (1914)

Une fois admirés les dessins à l’encre et la superbe Vue de la fenêtre à Zaolchie, près de Vitebsk, nous entrons dans la salle aux peintures religieuses. Illustrations de l’Ancien Testament, nous admirons les anges et l’expressivité des visages tout en cherchant à deviner quelle scène est représentée avant de lire les explications. Par la suite, nous jouerons à « Où est Charlie », en quête de l’âne, du violon, du couple, de la mère à l’enfant, de l’oiseau et j’en passe.

CHAGALL Marc - Vue de la fenêtre à zaolchie, près de vitebsk (1915)

Le Christ crucifié de L’Exode me plaît : loin de la souffrance caractéristique de ce genre de scène, ses yeux fermés, son air bienveillant et apaisé donnent une impression de calme et de sécurité relative au-dessus de la foule désordonnée.

CHAGALL Marc - L'Exode

Les couleurs, quand elles ne sont pas salies de noir, me séduisent. Ce bleu récurrent est éblouissant. Et le jaune du Roi David et de La Danse apporte chaleur et réconfort. Les violets, verts, rouges sont superbes.

CHAGALL Marc - La Danse (1950)

Finalement, l’ennui à la Sorbonne a du bon. Sans lui, je ne me serais probablement jamais décidée à aller voir cette exposition, et c’eût été bien dommage.

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13 février 2013

Il paraît que...

... je fais une thèse en MIASS (Mathématiques et informatique appliqués au sciences sociales). Moi je pensais que c'était du TAL (Traitement automatique des langue), ou au pire de l'ingénierie linguistique. Mais non.

Regardez, c'est écrit ici.

these

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19 janvier 2013

Vignettes

Lundi

La nuit est tombée, et le crachin de Normandie est devenu averse. Le campus 1 est désert dans la nuit. Clef en poche, je me dirige vers la maison de la recherche, où une chambre m'attend. Les bâtiments au look socialisto-communisto-stalinien, quoiqu'entretenus, sont angoissants dans l'obscurité luisante de pluie. Passée la passerelle, le campus retrouve son sens étymologique, et devient vaste champ herbeux. Lorsque j'entre dans ma chambre surchauffée, j'éteins le radiateur et ouvre ma fenêtre sur le désert des pelouses détrempées.

Mardi

La cafétéria de la maison de la recherche, à huit heures du matin, est déserte. Seule la responsable de l'endroit s'occupe de ranger les livraisons dans la réserve. Les pains au chocolat sortent du four, je sirote mon thé, accoudée au bar. De cet étage, quand on se penche sur la rambarde, on voit de haut le plan de Rome, maquette de la Rome antique de près de 70m², datant du début du XXe siècle.

Mercredi

Pas un seul doctorant au labo à Nanterre. Je profite du calme pour avancer mes expériences syntaxiques. Mais les problèmes s'ajoutent aux erreurs, et pas l'ombre d'une solution ne pointe son museau.

Jeudi

Je reprends l'écriture. L'écriture de fiction. Plus précisément de fanfiction. Deux ans sans écrire, je suis un peu rouillée, mais l'envie me chatouillait les doigts depuis plusieurs mois. J'ai fini par céder. Le soir tombe, je finis par me mettre au travail.

Vendredi

Club BD. Préparation de l'exposition sur Angoulême. L'enthousiasme de certains fait chaud au coeur. "Madame, on refera une sortie à Angoulême l'année prochaine ?" Un peu gênée, je me contente de sourire. Où serai-je l'année prochaine ? Moi-même je n'en sais rien. Dans ce flot d'inconnu qu'est la découverte du monde de la recherche, le collège est comme un havre où jeter une ancre rassurante. J'espère pouvoir conserver ce pied-à-terre salvateur.

Samedi

Les trottoirs sont boueux, quelques traces de blanc subsistent dans les canivaux. Le parc est fermé, et à travers les grilles on peut voir les allées immaculées. Le marché du livre ancien ouvre ses portes. Les chalands sont rares, et les libraires aussi. Les quelques présents battent la semelle et blotissent leurs doigts gourds dans leurs gants.

P1020749

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10 janvier 2013

Sous les toits

J'avais déjà visité les combles de la Sorbonne, à l'occasion de ma première et dernière visite chez la conseillère d'orientation. Aujourd'hui, c'était un peu en dessous, mais on apercevait tout de même quelques morceaux de poutre et bouts de ciel (?)*. Je débarque au troisième étage de l'escalier G (le normal cette fois, pas de piège), tourne à droite conformément aux indications donnés sur le panonceau (le mail disait à gauche...), et là, je découvre une nouvelle dimension.

Un sol carrelé, d'un carrelage tout-à-fait normal, beigeasse, au troisième étage de la Sorbonne. J'ignorais même jusqu'à la présence de carrelage dans cette antique université. Je connaissais le parquet (vieux, usé, poussiéreux, craquant, ciré aux abords des quartiers administratifs), le marbre des nobles galeries du rez-de-chaussée, le linoleum des bâtiments restaurés, et même la moquette (mon errance vers le premier étage et demi n'aura pas été vaine). Mais le carrelage, en dehors des toilettes, jamais.

Murs mouchetés dans divers tons de beige, le tout est assez laid. Mais c'est carrelé. Bref, j'ai l'impression de m'être trompée. Une amie me suggère que ce couloir a peut-être le même comportement que la salle sur demande de Poudlard, et que dès demain, on y trouvera de nouveau le bon vieux parquet des familles.

C'était le niveau J, tiers 600. (Quand on cherche "salle J636" chez Google, on ne trouve que des pages faisant référence à la Sorbonne... sans doute le bâtiment (en fonction) le plus tordu de France !)

* Avec le temps qu'il fait depuis une semaine, je commence à douter qu'il y ait encore un ciel à Paris, mais bon.

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08 janvier 2013

Labyrinthique

Le séminaire devait avoir lieu en Sorbonne. Chose étonnante s'il en est, puisqu'il s'agit d'un séminaire d'un laboratoire de Nanterre. Force mails avaient été envoyés, précisant "Paris Descartes", "rue des Saint-Pères", "non en fait en Sorbonne", "mais Paris Descartes quand même". Finalement, on informa : en Sorbonne, galerie Gerson, escalier G, salle F673. Rien d'effrayant pour qui a passé quelques années en ces murs.

13:30. Je quitte la petite sandwicherie que j'aime bien, rue des Ecoles, et remonte le long de la rue Victor Cousin. J'entre dans le couloir, persuadée, après avoir croisé la galerie J.B. Dumas que la suivante est la bonne. Déconfiture totale : galerie Claude Bernard. Ne reste que la galerie Richelieu et les autres sont fermées. Un peu interdite, je jette un oeil au plan qui s'efface depuis les siècles des siècles, au bas de la salle des Actes. Galerie Gerson... j'y étais. Bref. Premier indice trompeur, car il n'y a pas d'escalier donnant directement sur cette galerie !

Sorbonne 06

Ce n'est pas tout-à-fait l'endroit où je me suis perdue, mais ce n'est pas loin au-dessus.

Escalier G... Je trouve le J, à côté du P (ce qui est tout-à-fait logique, vous en conviendrez). Et le G, en fait, je le connaissais très bien, j'avais simplement oublié son nom. Premier étage et demi, ethnologie ou que sais-je, même pas de palier. Deuxième étage, la présidence. J'imaginais pourtant qu'il s'agissait là du niveau F... Tant pis, je poursuis. Troisième, UFR d'anglais, niveau G. J'avais raison. Merdum ! Du coup j'essaye de rattraper par le demi-étage, je trouverai sans doute une correspondance.

Je découvre un laboratoire de recherche en langue française, une bibliothèque, des bureaux. Sol moquetté, silence complet, quasi-religieux. J'ose à peine poursuivre, mais j'imagine qu'un autre escalier débouche de l'autre côté de cet étroit couloir. Et effectivement, un minuscule escalier. Niveau F, bingo ! Salle 671. Pour les suivantes, il faut sortir sur la passerelle. F672, je chauffe. Et là, bam, cul-de-sac, une porte vitrée qui donne sur un débarras. Contrite, je redescends dans la cours Cujas, que je connais bien.

Je retourne à l'escalier G, en passant devant un groupe d'étudiants vautrés dans un autre escalier... G2 ! Si si ! LE SEUL escalier à porter un tel nom au monde est forcément à la Sorbonne ! Petit colimaçon au bois usé qui débouche sur un minuscule pallier. Deux salles, dont la F673. Je reprends mon souffle. Il est 13:55.

Sorbonne 08

Cette photo n'est pas récente, il ne faisait pas si beau aujourd'hui.

14:10 arrive l'organisatrice. La salle est fermée. Les appariteurs de Paris IV ne peuvent pas l'ouvrir, car c'est une salle qui appartient à Paris V. Et l'appariteur de Paris V n'est pas là. Allers-retours de la pauvre dame dans l'escalier. Finalement, un appariteur monde, tranquillement. Il vérifie. Ah oui, c'est fermé. "Je vais voir, mais les pass de Paris IV ne vont pas marcher..." Il redescends, tranquillement. Il est déjà 14:20. Finalement, on nous installe dans une salle de Paris IV. Nous avons une demi-heure de retard...

"Vive la Sorbonne !" ont dû se dire les intervenants... qui arrivaient tout droit de Nancy (de l'ATILF, pour être plus précise).

PS : une très bonne année à tous, chers lecteurs !

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28 novembre 2012

En vrac

- Une vidéo / chanson :

- Un webcomic (parfait pour procrastiner) : PhD Comics

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- Un aller / retour à Caen prévu pour jeudi, et une journée prévue à Nanterre, demain

- Quelques articles et bouquins en cours de lecture

- Des tas de projets personnels, qui incluent la BD, le latin, le Web...

- Un temps fou passé à faire mumuse avec Spip, sur une de mes innombrables pages Free

- De nombreuses notes de blog en préparation.

PS : Emil a créé un nouveau blogrien que pour ses récits mythologiques !

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13 novembre 2012

Exploration en cours

Terrain connu, mais je suis finalement entrée dans le saint des saints, la salle 206, la salle des doctorants. On m'y a attribué un bureau, et je m'y suis installée. Murs blancs, trois grandes fenêtres sur la rue et les immeubles hausmaniens en vis-à-vis. Deux grandes armoires pleines de paperasses et de livres universitaires, une imprimante inutilisée, une bouilloire, des mugs et tasses en souffrances, et une multitudes d'auréoles caféinées en dessous. Mon poste est le dix-neuvième et dernier. Pourtant, je n'ai aperçu qu'une demi-douzaine de doctorants tout au plus. Sans doute certains ont-ils des horaires moins réguliers.

Hier, j'ai délaissé le confort de la Sorbonne pour aller voir mon deuxième bureau, à Nanterre. Enfin, ce n'est pas une place attribuée, mais il y a une salle des doctorants où je pourrai me mettre lors de mes visites. Quand je suis sortie de la gare, j'ai été pour le moins dépaysée. Le ciel gris et bas n'aidait pas vraiment à alléger le paysage. Malgré les portes du quatrième étage repeintes en vert vif, je n'ai pas réussi à me départir de ce sentiment d'inconfort. Probablement mes trois années à la maison de la recherche m'ont-elles donné de mauvaises habitudes. Nous râlions, mais oubliions que nous avions beaucoup de chance d'évoluer dans un environnement luxueux.

Un peu perdue, donc, malgré ma guide, je me suis installée dans la fameuse salle. Tout en longueur, cinq postes, l'on m'a conseillé d'utiliser mon ordinateur personnel plutôt que les vieux coucous du labo. Cela dit, les gens sont beaucoup plus chaleureux et accueillants. Ils ont une salle commune pour déjeuner, avec micro-onde et réfrigérateur, concepts inexistants en Sorbonne où c'est plutôt du chacun pour soi. Les enseignants et doctorants déjeunent ensemble. Les discussions vont bon train au milieu des vapeurs de soupe.

La semaine prochaine, je partirai à la découverte de mon dernier bureau, à Caen. Je ferai également connaissance avec de nouvelles personnes, ce qui m'angoisse, comme toujours. Mais je finirai par m'y habituer. J'espère.

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