26 juin 2014

Outre-Atlantique, troisième escale

Sur la septième avenue, le traffic est dense ce matin. Taxis, bus, camions de livraison klaxonnent et slaloment; les piétons se massent en direction de la gare. J'attends le car pour Baltimore.

Le bus, réfrigéré, me lâche dans la chaleur suffocante de la banlieue de Baltimore. C'est quasi-désertique, ou c'est du moins l'impression que l'on a quand on arrive de Manhattan. Au bout du parking, un hôtel, où je demande comment rejoindre le centre-ville. On  m'indique le McDo: ça tombe bien, j'ai faim. Je finis par trouver l'arrêt de bus. Trois quart d'heures plus tard, j'ai quitté la banlieue et rejoint le port avec ces grands hôtels. La climatisation du hall me tombe dessus sans crier gare. On me donne une chambre au dousième étage.

Ce soir, alors que je dînais tranquillement au fond de mon lit devant quelques épisodes de Castle (la grande surface bio du coin propose un buffet de salades fort intéressant), l'orage a éclaté. Les éclairs flashent dans le ciel, le tonnerre roule puis éclate juste au dessus, amplifié entre les immeubles. En bas, les arbres ploient sous le vent, les piétons courent se mettre à l'abris. Bientôt le déluge vient frapper aux fenêtres.

Posté par incitatus à 04:45 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

25 juin 2014

Outre-Atlantique, deuxième escale

Aujourd'hui, New York.

Je suis arrivée hier. En sortant du train qui traverse les campagnes de l'état de New York, le ciel s'assombrissant fait l'effet d'une chape de plomb qui vient fermer hermétiquement le récipient que forment les parois infinies des gratte-ciel. Passer du grand air au confinement de la ville me donne un hoquet de panique. Je me concentre alors sur mon plan. Je dois arriver à l'hôtel, j'ai une demi-heure de marche.

Ce matin l'angoisse est passée. Le jour s'est levé, j'ai pu prendre un petit déjeuner copieux à l'hôtel (oeuf dur, gauffres, fruits), rattrapant ainsi le dîner manqué hier soir. J'ai décidé de visiter le Metropolitan Museum et de me promener dans Central park. En gros, d'éviter les rues bruyantes et les gratte-ciel.

L'air est encore frais quand je pars. La promenade est longue, à cause de toutes ces rues à traverser. Finalement, j'entre dans Central Park, me pose quelques minutes, et arrive au Met' pour l'ouverture. Au programme: peintures occidentales (1200-1800, puis XIXe siècle), avant de déjeuner du côté de l'aile américaine. Détour par les peintures et l'art déco américain, fascinants: les peintures recèlent des trésors dont j'ignorais jusqu'à l'existence, et l'art déco met en lumière toute la démesure des Américains, avec ces pièces de demeures entièrement reconstituées à l'intérieur même du musée. Enfin, je fais un petit tour du côté des arts asiatiques: calligraphie, estampes, sculptures, l'ensemble est extrêment riche.

Le musée fermant ses portes assez tôt, je suis obligée de chercher une occupation jusqu'au soir. Je ne peux tout de même pas retourner m'enfermer à l'hôtel et attendre la fin de la journée. Sur les conseils avisés de Cécile, je prends donc la direction de la High Line, via Central Park, Broadway et Time Square, après sept heures passées à l'abris du musée. Les gratte-ciel, je finis par m'y faire. La lumière crue de l'après-midi est plus seyante que le crépuscule. Par contre, la foule de Time Square, je n'y remettrai pas les pieds tous les jours. Escale au General Post Office, puis longue promenade sur la High Line, après trois heures de marche. J'ai le plaisir de voir le soleil rosir l'horizon et se coucher de l'autre côté du fleuve.

Une fois le chemin terminé, il me faut trouver le chemin de l'hôtel et un restaurant pour apaiser ma faim et reposer mes pieds. C'est dans Chelsea que je trouve mon bonheur. Enfin, je reprends ma route, la 24e rue, d'ouest en est. Il est bientôt minuit, je vais me coucher. Demain, je pars pour Baltimore...

PS: Google me dit que j'ai fait près de 16km aujourd'hui.

Posté par incitatus à 05:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
24 juin 2014

Outre-Atlantique, première escale

Faisons original : c'est depuis l'Adirondak, perdu au milieu de nulle part, tout au Nord des Etats-Unis, que je vais vous conter la première étape de mon voyage outre-Atlantique. Arrivée jeudi dernier à Montréal, en tout début d'après-midi, après un trajet sans surprise, j'ai pu profiter d'un temps splendide adouci par un petit vent frais des plus agréables avant de descendre vers le Sud où m'attendent des températures aux allures suffocantes.

Le vol m'a permis d'échanger quelques banalités avec un voisin Québécois fort disert, et de découvrir trois films récents pour passer le temps (Minuscule - sympathique, - Le Quai d'Orsay - très bien adapté de la bande dessinée éponyme - et Yves Saint-Laurent - intéressant avec de belles images). L'arrivée a eu ses surprises (les bagages arrivés avant les passagers, qui nous attendent sur un tapis immobilisé, le douanier qui me demande de déclarer la valeur de mon poster pour le colloque...), mais une fois en centre-ville, j'ai pu me vautrer sur la première étendue herbeuse que j'ai croisée et m'endormir.

Vendredi j'étais seule pour parcourir les rues de Montréal et (re)découvrir son atmosphère. J'ai donc suivi les conseils d'une amie et choisi de visiter le centre d'histoire de la ville. Grand bien m'en a pris. J'ai appris énormément d'éléments historiques à travers maquettes des différents types d'habitations et biographies de femmes et d'hommes ayant eu une relation privilégiée avec Montréal. Une exposition temporaire à la scénographie des plus ingénieuses présente la ville des années folles, sous l'éclairage des différents traffics qui pouvaient s'y faire. Scandale! est son titre. Après un déjeuner dans le Vieux-Montréal, j'ai opté pour une visite au Château Ramezay, maison du gouverneur datant du XVIIe siècle et présentant de nouveau éléments sur l'histoire de la province québécoise. En bonus, une exposition sur les crimes célèbres de l'époque et leurs châtiments.

Samedi, j'ai suivi K., l'ami qui m'héberge, sur le belvédère du Mont-Royal. Nous redescendons à pied vers le centre-ville avant de nous arrêter au Musée des Beaux-Arts. Si les collections ne sont pas transcendantes, le musée en lui-même vaut le détour. Salles spacieuses, exposition aérée, canapés moelleux et organisation pertinente. Le musée présente quatre bâtiments, auxquels on accède par le sous-sol. Le premier offre une collection d'art international du Moyen-Âge au XXIe siècle. A l'exception d'un James Tissot que j'ai eu la joie de voir dans son environnement d'origine (je l'avait découvert lors d'une exposition à Paris), rien ne m'a vraiment marquée. Cependant, les audioguides, gratuits, proposent une playlist assortie aux oeuvres, présentant ainsi une histoire de la musique parallèle à l'histoire de la peinture. Très agréable le Jean-Chrétien Bach devant un Gainsborough! Le deuxième pavillon offre une collection d'art du Québec des plus intéressantes. L'ordre chronologique est de mise ici aussi, mais je découvre avec intérêt des artistes locaux (inuits ou colons). Enfin les deux derniers bâtiments présentent une colection de mobiler et d'artéfects archéologiques à l'intérêt limité. En sortant, six heures plus tard, nous nous posons sur le campus de l'Université McGill.

Dimanche, c'est jardin botanique. Le soleil chauffe. Les rosiers en fleurs enbaument. Les serres recèlent des trésors de lianes et de fleurs étranges. Le jardin japonais apaise avec les clapotis de ses ruisseaux. Les rhododendrons et azalées ne sont plus en fleurs, mais la promenade sous les pins, les pieds qui s'enfoncent dans l'humus, est des plus agéables. Le jardin chinois, conçu en Chine et importé par bateau en pièces détachées, présente quelques bonzaïs à l'âge vénérable de 215 ans. Le potager, le jardin de monastère, le carré des plantes toxiques, nous permettent d'évoquer des souvenirs d'enfance, culture de pomme de terre et compote de rhubarbe. Après le déjeuner, nous traversons l'avenue et nous rendons de l'autre côté du stade olympique, au biodôme. Ce que c'est ? Quand j'y ai mis les pieds, je n'en avais aucune idée. Puis j'ai découvert qu'il s'agissait de serres immenses, reconstituant différents environnements. La forêt tropicale a vite fait de nous mettre en eau, mais les aras s'ébrouant dans les arbres immenses, les crocodiles se chauffant au bord de l'eau ou encore les grenouilles aux couleurs incroyables dans leur vivarieum ont raison de notre réticence. Plus loin, la région montagneuse du Canada nous montre castors et loutres. Le lynx s'est caché. La zone du Labrador voit danser quelques manchots et macareux. Absoluement réussi !

Aujourd'hui lundi, j'ai pris l'Adirondak pour New York. Difficile de partir quand il reste tant à voir.

Posté par incitatus à 00:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
14 septembre 2013

Promenade n°4 : le Nid d'Aigle

Le Tramway du Mont-Blanc. Ce train à crémaillère historique, qui fête ses cent ans cette année, je l'ai découvert dans une émission sur Arte, il me semble. Depuis que je l'ai vu, j'ai eu envie de l'emprunter. Un train qui grimpe près de deux mille mètre de dénivelé, ce n'est pas rien !

P1030298

Aussi dimanche 18 août nous sommes-nous rendues à la gare à Saint-Gervais, bien en avance pour être sûres d'avoir une place. Le temps est splendide, il risque d'y avoir foule. Comme le soleil est déjà brûlant, nous faisons l'acquisition de casquettes "collector" afin d'éviter les coups de soleil, une fois arrivées là-haut. Là-haut, c'est le Nid d'Aigle, 2380 mètres, point de départ pour l'aiguille du Goûter et le Mont-Blanc, au pied du glacier de Bionassay.

P1030443

Le train arrive en cahotant. Deux wagons aux bancs en bois, déjà bien remplis (le point de départ est au Fayet). Complètement surexcitée, je déniche une place assise à côté d'un couple d'Allemands (ou de Suisses, ou d'Autrichiens... bref de germanophones), très bavards. Je dégaine l'appareil photos, et me prépare à mitrailler le paysage à travers la fenêtre.

P1030431

Rapidement le train ralentit (si si, je fais les figures de style que je veux), la pente s'accentue. Ma mère, assise dans le mauvais sens, glisse sur son banc. Les sacs se déplacent si on ne les retient pas. Bientôt, nous avons dépassé les arbres et la vallée se découvre en bas. A gauche, la montagne est à la verticale, à droite, c'est un à-pic vertigineux. Le train avance, bringuebalant.

P1030491

Le col du Tricot se découvre, et au fond, le glacier, les aiguilles, le Mont-Blanc. C'est grandiose. On se sent si minuscule, si insignifiant. C'est prodigieux, époustoufflant. Les germaniques parlent trop, trop fort. J'ai besoin de recueillement face à cette merveille de la nature.

P1030457

Après une heure de route, le TMB arrive à son terminus. Le chemin de randonnée est raide, étroit et bondé. Trente centimètres pour doubler les touristes chinois qui prennent la pose et les inconscientes en sandales et semelles compensées. Nous avançons lentement, moitié marchant, moitié escaladant. Enfin nous déballons notre pic-nique sur un rocher plat. Deux chamois se découpent en haut sur la crète. Les glaces de Bionassay miroitent, bleutées, dans le soleil de midi.

P1030479

P1030474

P1030481

Lorsque nous atteignons la gare pour le retour, le temps se couvre brusquement. En un quart d'heure, nous avons la tête dans les nuages. Les pull-overs sont sortis des sacs à dos, les lunettes de soleil rangées.

P1030459

P1030485

Avant et après...

Et le trajet du retour commence. Les randonneurs saluent le passage du train, le long des voies. La vallée nous rend le soleil, disparu dans les hauteurs. Le soir, nous assistons à un lever de lune sur le Mont-Blanc.

P1030548

Posté par incitatus à 00:25 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
04 septembre 2013

Promenade n°3 : Cupelin

Journée plus tranquille ce jour-là, nous nous sommes rendues à pied à l'ancien chalet de mes grands-parents. La route du Château est étroite et empruntée par les voitures, nous faisons donc attention à rester bien visibles. A droite, autrefois, il y avait des chèvres dans ce terrain, les arbres en ont gardé les cicatrices même si les chèvres ont disparu. Un hôtel trois étoiles a vu le jour, "La Ferme de Cupelin".

P1030383

Ma mère me décrit tout ce qui a changé, ce qui est resté intact. J'étais trop petite pour avoir observé tout ça, à l'époque, mais certaines choses reviennent. Enfin, au détour d'un virage, la fontaine, au bas du chemin du Bulle. Les têtards sont toujours là. La saison est tardive, ils ont leur quatre pattes. Celui que ma mère a attrapé se sauve par petits bonds au creu de sa main.

P1030388

Plutôt que de continuer sur la route, j'opte pour le chemin, dont le goudron a été récemment refait. Contrairement aux nombreux endroits que nous avons vus, ici les haies sont drues. J'avais remarqué que les jardins étaient rarement limités, laissant les terrains s'entremêler et la vue offerte. Dans ce quartier, c'est tout l'inverse. Les habitants cherchent à disparaître. Et le vainqueur n'est autre que l'ancien chalet familial.

P1030390

A l'époque, on le voyait de loin, et sa vue sur le Mont-Blanc était unique. Aujourd'hui il est dévoré par d'énormes haies de thuyas. Les arbres ont tellement grandis que la vue doit être mangée par leur branches. Afin de jeter un oeil, nous sommes obligées d'entrer dans l'allée. Le chalet n'a pas vraiment changé. Les roses trémières fleurissent toujours le long du garage. Mais le jardin est étouffant, et les franboisiers ont disparu.

P1030392

En redescendant, nous visitons Cupelin. Les potagers, la chapelle, les vieux chalets... Je me sens chez moi, je n'ai pas envie de repartir.

P1030413

Posté par incitatus à 09:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

02 septembre 2013

Promenade n°2 : l'Alpette

Le téléphérique, rouge dans mes souvenirs et blanc aujourd'hui, s'élance au-dessus du vide. Les sensations se réveillent, je ne les ai pas oubliées. L'impression de tomber, la secousse au niveau du pilône, l'émerveillement. La vue est splendide. Arrivées en haut, le panorama est gigantesque.

P1030339

La marche est difficile. La côte est raide et en plein soleil, les cailloux du chemin sont glissants. Je me réfugie dans un rythme de tortue, regarde mes pieds et longe la clôture électrifiée du champ, dans l'herbe. De temps à autre, les clarines résonnent non loin de là, mais les vaches restent invisibles.

P1030344

Au niveau du restaurant d'altitude, une souche à l'ombre me tend les bras. Je me pose un instant, essayant de reprendre mon souffle. Ma mère propose de redescendre, mais j'ai envie de continuer, voir ce qu'il y a plus loin. Tous les dix pas, la vue change. Nous sommes plus haut, plus à l'ouest ou plus au sud, peu importe. Jamais l'oeil ne se pose sur les mêmes montagnes.

P1030346

Alors nous poursuivons un peu, jusqu'aux télésièges. Là, nous rendons les armes. Les herbes folles ont l'air confortable. Une petite sieste s'impose dans les graminées, les pieds face au Mont Joly ou je ne sais quel autre sommet.

P1030356

Avant de repartir, nous assistons au départ de deux parapentes. "Plouf", comme je disais étant petite, ils se sont jetés dans le vide, déployant leurs ailes multicolores au-dessus de la vallée.

P1030376

Le soir, le soleil couchant rosit le massif des Miages.

P1030379

Posté par incitatus à 09:40 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
18 août 2013

Promenade n°1 : le Bettex

Nous prenons l'ancienne route du Bettex, les virages en épingles à cheveu, l'étroitesse obligeant à se garer en cas de croisement, la côte est raide, même pour une voiture. Peu à peu les chalets s'espacent. Certains sont anciens, j'en reconnais même quelques uns. D'autres sont en construction. Il n'y a pas grand monde en cette saison, mais l'hiver, ça grouille. Le Bettex, mes premières leçons de ski. J'aperçois les remontées mécaniques, immobiles sous le soleil auguste.

P1030299

Nous empruntons le chemin des VTT, à la recherche d'un peu d'ombre pour pic-niquer. Vue sur le Mont-Blanc, dans les herbes hautes, c'est parfait. Le sandwich noix de jambon-tome de Savoie n'en est que plus savoureux. Les promeneurs / randonneurs qui nous croisent nous saluent et nous souhaitent bon appétit. Personne ne juge, personne ne commente. Les promeneurs ne sont là que pour l'air pur qui est à tout le monde et le paysage. Ils savent apprécier le silence des hauteurs et le conserver.

P1030308

La promenade sinue à travers champs, puis dans les bois. Partout de l'eau, minuscules rus, petits torrents descendus directement des glaciers. Quelques acrobaties nous amènent au bord du courant. Pieds nus dans l'eau transparente et glacée.

P1030306

Le soir, du balcon de l'appartement, nous assistons au feu d'artifice tiré du centre-ville, plus bas dans la vallée.

P1030309

Posté par incitatus à 17:20 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
15 août 2013

Retour aux sources

Mardi dans l'après-midi, je m'extasiais sur l'autoroute suspendue dans la montagne. Nous étions avec ma mère sur l'A40, en direction de Saint-Gervais-les-Bains. Viaduc après viaduc, j'observais émerveillée ce paysage si familier et pourtant si lointain. J'avais l'impression d'être revenue dix ans en arrière. Après chaque tunnel creusé dans la roche, un nouveau paysage s'offrait à nous. Rotondité des roches brunes, monts hérissés de sapins, et un peu plus loin, les aiguilles enneigées qui s'alignaient à l'horizon.

P1030297

Après un dîner en ville mardi, où nous avons pu noter tous les changements survenus depuis quelques années et suivre les pas de souvenirs plus ou moins anciens, hier nous nous sommes rendues à Megève. Les laiteries, fromageries, charcuteries et autres épiceries ont été remplacées par des boutiques de luxe et de vêtements. Dommage pour nos estomacs affamés. Cependant, cartaines choses ont survécu: les calèches sur la place, le photographe dans sa ruelle, bien qu'ayant troqué ses pellicules argentiques pour des appareils numériques, le cinéma, le téléphérique de Rochebrune (même s'il n'est plus rouge)...

P1030281

En marchant un peu plus haut au-dessus de la ville, en s'élevant vers les pistes herbeuses, le bruit des voitures s'amoindrit, le silence propre à ces paysages grandiôses se fait appaisant. Les télésièges ont suspendu leur vol pour la saison, vides. Tous les souvenirs de mes cours de ski, rarement heureux, me reviennent et j'en ris aujourd'hui. Mais je préfère toujours l'herbe à la neige, et mes pieds ancrés sur le plancher des vaches plutôt que sur des skis.

P1030283

Posté par incitatus à 10:45 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
12 juin 2012

Librairies basques

Je rentre rarement dans les librairies. Je dois reconnaître que j'aime avoir la paix, et que les "grandes surfaces livresques" sont en général plus proches de chez moi que les petites librairies. (Et je ne compte pas le géant Gibert dans les libraires, tant il est immense.)

- [EDIT DU 15/06/2012] : Cependant, lorsque nous errons dans les rues de Saint-Jean-de-Luz,  nous passons devant une petite librairie, fermé en ce jeudi de l'Ascension. Au travers des vitres, la blanche fraîcheur des murs nous donne envie d'y entrer, pour effleurer les livres d'images et albums jeunesse qui trônent dans ces étagères propres et nettes. La lumière, la parche haute qui sépare l'espace jeunesse du reste. Un petit banc pour feuilleter les albums de bande dessinée. Les étagères sont des Billy et des Expedit, ça se voit tout de suite. Cela n'en qu'un air plus familier, plus familial presque à cette librairie, dissimulée au coeur du silence. Le Cinquième Art...

68151386

- Cependant, alors que le ciel gris avait fait fuir la foule des rues de Bayonne, et ce malgré la Fête du chocolat, nous errions dans la vieille ville, jetant des coups d'oeil plus ou moins appuyés sur les vitrines. Puis, une librairie attira notre regard. La Librairie de la Rue en Pente. Dans sa vitrine, douze romans plus un : les douze meilleurs romans du mois et le plus mauvais. Disposée à côté de chaque opus, une pancarte manuscrite avec la critique, enlevée, élogieuse, fort bien écrite. Sur la pancarte verte, la descente en flamme du "raté". Mordante, la critique fait sourire et nous pousse à entrer. L'intérieur est à l'image de l'extérieur : charmant, avec partout les avis des libraires qui immanquablement donnent envie de feuilleter, quand ce n'est pas de lire. De tant en temps, une pépite de méchanceté et de sarcasme. Des libraires qui n'ont pas leur langue dans leur poche ! Voyez plutôt :

"Clélia, jeune généticienne surdouée, est chargée d'établir l'ADN de Voltaire à partir de son cerveau conservé à la Comédie Française. Mais un voleur le dérobe et fait savoir qu'il a l'intention de le cloner pour relever le niveau de l'intelligentsia française. Jusqu'au plus haut de l'État, c'est l'affolement. Le commissaire Attias est chargé de retrouver la précieuse relique... Comment peut-on à ce point rater un roman à partir d'un sujet aussi savoureux ? Car, à l'évidence, l'auteur n'a pas su choisir entre le roman policier qui est ici réduit à sa plus simple expression, la comédie de moeurs, malgré de nombreux détails censés faire vrai et qui tombent comme un cheveu de la perruque de Voltaire dans la soupe romanesque, et la fable philosophique à la manière du sage de Ferney et qui aurait pu être une charge bien piquante contre nos philosophes de cour d'aujourd'hui. Rien de tout cela, mais un roman poussif et paresseux qui manque sa cible malgré des citations à répétition de l'auteur de Candide. Certains feraient mieux de cultiver leur jardin..." (Surmonté du titre "Vous avez économisé 18 euros")

Vous pouvez lire les critiques des libraires de la Rue en Pente sur leur blog. (Attention, ça donne envie de tout lire, ou presque !)

P1020042

- Cependant, alors que la pluie s'est abattue sur Biarritz, nous avons trouvé refuge dans une libraire, non loin de la plage. Sorte de caverne d'Ali Baba au décors fantastique, tenant à la fois du bateau de croisière et du vieux cinéma, le Bookstore est, je pense, unique en son genre. Petits escaliers, recoins secrets, mezzanines, poufs, canapé devant la baie vitrée, piles de livres dans les escaliers... Sorte de labyrinthe où tout est objet de tentation. Les livres présentés donnent envie de les ouvrir et de les découvrir, les sièges accueillants sont là pour nous inviter à prendre un instant de repos - recueillement - au milieu de ce décors merveilleux. Il nous aura été difficile de ressortir.

Suite à mes périgrinations sur la toile, j'ai découvert que cette librairie avait bien failli fermer, mais que finalement les deux salariées du domaine avaient pu reprendre l'affaire. Jolie histoire que celle de cette librairie, que l'on peut lire sur ce blog. La librairie elle-même n'a pas de site, mais on peut la suivre sur Faceb**k quand on y a un compte (il suffit de chercher "Bookstore de Biarritz"). Et on en entend aussi parler sur ce blog (images à l'appui : je n'ai personnellement pas osé prendre de photos...).

bookstore

Posté par incitatus à 09:26 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
30 mai 2012

Saint-Jean-de-Luz

P1010987

Rouge basque sur les volets, ciel bas et menaçant mais lumière éblouissante malgré tout. Il fait bon, il fait beau, il fait chaud. Sieste sur la plage, les pieds dans l'eau froide, le nez dans le vent. Rue piétonne encombrée, boutiques alléchantes, petits restos appétissants. Macarons, jambons, fromages. Le port, le petit train, la plage. Tous les ingrédients sont réunis pour un lieu de villégiature idéal. Même la pluie s'est abstenue pour notre premier jour au Pays Basque...

P1010982

P1010995

Posté par incitatus à 00:28 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,