06 août 2013

Elagage

Sans doute ai-je passé trop de temps dans le jardin, à tailler les rosiers. Ou peut-être en ai-je assez de tous ces projets, jamais finis, me rappelant sans cesse ce manque de volonté que j’aime si peu.

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Quoiqu’il en soit, je vais poster ici de vieux articles que j’avais écrits pour d’autres blogs, d’autres pages web, d’autres refuges virtuels. Je vais fermer ces autres endroits que j’avais oubliés, que personne ne visite et que j’ai négligés depuis leur création ou presque. Il est déjà difficile de s’occuper correctement de ce seul blog, alors les autres, pensez-vous !

Si ces prochains articles vous semblent différents, hors contexte, familiers parce que par miracle vous les auriez lus ailleurs, c’est qu’ils sont tout simplement réchauffés. Ou non, pas réchauffés, replantés, rempotés. Pas tout-à-fait bouturés, mais presque.

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13 juillet 2013

Fête nationale

La nuit est tombée. Les bruits nocturnes s'installent: quelques sirènes, voitures, les habitants des immeubles voisins qui reçoivent à dîner... Et brusquement, ça commence.

Les feux d'artifice. Dans la plaine, les pétarades résonnent et s'amplifient. Je m'approche de ma fenêtre et dans le ciel sombre de la nuit parisienne, je ne vois pas un, ni deux, mais sept feux d'artifice en simultané. Etonnamment, les bruits quotidiens se sont tus. On n'entend plus que les fusées qui explosent, de tous les côtés.

Je ne sais plus où poser mes yeux. A gauche, à droite, en face: derrière chaque immeuble un bouquet d'étincelles multicolores, étoiles éphémères dans le ciel d'été. Je ne sais d'où ils sont originaires, la géographie est complexe et dense dans ce coin d'Île-de-France, mais une chose est sûre, je n'ai jamais autant apprécié un feu d'artifice.

Dans quelques heures, j'aurai vécu un quart de siècle.

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27 janvier 2013

Départ

Cela faisait déjà quelque temps que je furetais sur les sites de location d'appartement, à la recherche de la perle rare. J'en avais assez de cuisiner où je dormais, de dormir où je travaillais, de travailler où je cuisinais. Assez de la salle de bain glaciale et minuscule, du parquet qui menace de s'écrouler à chaque pas, des voisins trop bruyants au travers des murs aussi fins que du papier.

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Pourtant, indéniablement, je l'aime ma chambre d'étudiant, mon studio, mon premier pas vers l'indépendance. J'en ai toujours assumé seule la charge financière, il m'a prouvé à moi-même que j'étais capable de survivre, solitaire, dans la jungle urbaine. Mais l'absence de machine à laver, de place pour mes livres, de véritable cuisine, a fini par me peser.

Pourtant, j'aime toujours autant regarder la petite ceinture et les arbres se balancer dans le ciel matinal, depuis ma fenêtre. J'aime toujours autant avoir la possibilité de descendre et d'aller faire mes courses au coin de la rue. Et par-dessus tout, j'aime toujours autant le calme de l'impasse, l'impression surréaliste de ce cerisier énorme au milieu de la ruelle, les maisons individuelles et les jardins, qui donnent à ce coin de la capitale un air extra-muros.

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Mais sans doute ai-je grandi. Je touche enfin un salaire. J'ai eu besoin de bouger. Brusquement, j'ai téléphoné, j'ai envoyé des dossiers, j'ai visité. En une semaine, j'ai visité trois appartements. Un m'a été refusé, un m'a un peu effrayé, et le dernier... et bien, le dernier, j'ai signé le bail ce matin.

Un vrai deux pièces, avec une chambre séparée de la cuisine, et une salle de bain qui n'a pas une tête de placard à balais. Un appartement digne de ce nom, au parquet luisant et aux moulures fraîchement repeintes. Bientôt, je vais déménager, et j'aurai l'impression d'avoir franchi un pas supplémentaire vers l'âge adulte.

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"Quand je serai grande..."

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12 décembre 2012

Commencement

Lundi, j'ai passé ma première nuit à Caen. La première d'une longue série, a priori.

Lorsqu'à dix-huit heures un peu passées j'ai quitté le campus, les couloirs étaient presque déserts, il faisait sombre, et j'étais frigorifiée. Le tramway, bondé, m'emmena jusqu'au centre-ville, jusqu'à mon hôtel. Quoique propre, cet hôtel semblait mal en point. La chambre avait été repeinte à neuf, mais les couloirs donnaient une impression de décrépitude qui me mettait mal à l'aise. J'avais l'impression de ne pas être à ma place. Le chauffage dans la chambre ne fonctionnait pas : je n'ai donc pas réussi à me réchauffer.

Puis je décidai d'aller dîner. La gargote de la place devant l'hôtel ne m'inspirait pas vraiment. Un petit tour sur internet m'indiqua un restaurant marocain* qui avait l'air parfait. Cinq minutes plus tard, j'étais installée au chaud, dans un petit restaurant, et l'oud me berçait pendant que je faisais mon choix. La portion de couscous que l'on me servit aurait pu facilement nourrir trois personnes. Et lorsque la pluie commença à tomber dans la nuit, je sirotais un thé à la menthe brûlant et sucré, juste ce qu'il faut pour finir de faire disparaître le mal-être qui m'avait saisie plus tôt dans l'après-midi.

Repue et apaisée, je rentrai à l'hôtel et me blottis sous les draps.

Le lendemain matin, le soleil se levait sur le château de Guillaume le Conquérant.

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La Pastilla

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01 juin 2012

Schizophrénie musicale

Cela fait bien longtemps que je voulais écrire un article à ce sujet, et c'est la lecture de la dernière note de Boulet qui m'a donné le courage de le faire. Parce que oui, Boulet est un génie et on devrait l'étudier au programme de littérature, arts-plastiques, philosophie et histoire des arts. Bref, sa note parle (pour ceux qui ne l'ont pas encore lue) de l'intolérance musicale et culinaire. C'est sur la première que j'ai envie de rebondir.

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Je ne suis pas une puriste, loin de là. Ou en tout cas, je ne le suis plus depuis que j'ai quitté le collège. Quand j'étais petite, ma vie musicale tournait autour de Bach et Vivaldi, et tout le reste était dénué de la moindre valeur à mes yeux, c'est à peine si je parvenais à le qualifier de musique.

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Baroque en force : Haendel, Bach, Vivaldi, Purcell.
Quatre dieux de mon Panthéon personnel. Les premiers, sans doute.

Aujourd'hui, je suis une véritable schizophrène. Je connais des chansons mais pas leur titre, des chanteurs mais pas leurs albums, des airs mais pas leur interprète. On me parle de TrucMuche - "mais siii, tu la connais forcément, elle est HYPER connue!" - mais je ne connais pas, puis on me fait écouter une chanson et là, brusquement : "aaaah ! c'est donc elle qui chantait ça !" et pouf, j'oublie son nom aussi vite, ou alors je me dépèche de le confondre avec un autre.

L'autre jour, l'écoute aléatoire du répertoire "Ma Musique" sur mon ordinateur m'a donné à réfléchir. Si mes voisins entendent, ils doivent certainement croire que je me dispute avec un/e collocataire.




Vivaldi suivi de Super Junior : gouffre culturel abyssal et qu'on pourrait penser infranchissable. (Vous n'y pensiez même pas, pour vous j'ai osé.) Ensuite Césaria Evora, puis Georges Brassens, puis Rihanna, puis Haendel, puis de la guitare hawaïenne et du chant grégorien. Les rythmes changent, voire disparaissent, au gré du hasard.




Régions du monde improbables - du fin fond de l'Afrique (Amadou et Mariam) aux contrées reculées de l'Europe de l'Est (Kazaky en Ukraine), de la Scandinavie (Nightwish c'est Finlandais) au sud de l'Océanie (quelques chanteuses de Nouvelle-Zélande et Australie), en passant par l'Asie (Chine, Corée, Japon) et les îles perdues du Pacifique. Ma musique, je l'ai classée par continent, puis par pays (du coup, pour récupérer Lemon Tree, c'est coton si on a oublié que Fool Garden c'est allemand !).

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Les styles sont inconnus, mêlés, ou marqués mais indistincts du reste : classique-baroque-romantique, pop-rock-indé, soul-blues-jazz. Et, bien sûr, ma collection de bandes-originales de films, dessins animés et séries : Babar, Disney, James Bond, Le Seigneur des Anneaux pour n'en citer que quelques uns. J'ai même la chanson de Rondoudou (alors même que je n'ai pour ainsi dire jamais regardé les Pokémons à la télé) !

même-pas-honte !

Alors, "tu écoutes quoi comme musique" ?

Je ne sais pas. Tout. Rien. Je ne sais pas.

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17 novembre 2011

La vie en rose

Il y a quelques jours encore, le ciel pâle et froid qui m'accueillait au réveil suffisait à me donner le sourire. Maintenant qu'il est bas et couvert, je continue à sourire. Quand je suis fatiguée et que le sommeil coule encore dans mes veines, le coin de mes lèvres s'étire malgré tout, à la moindre pensée réconfortante.

Le travail épatant qu'accomplit mon frère à LISAA, la petite carte personnalisée que m'a envoyée ma soeur, la bonne humeur et la combativité retrouvée de ma mère. Ne serait-ce qu'apercevoir la station de métro fantôme entre Odéon et Mabillon ou saluer un professeur dans le couloir pendant la pause déjeuner, ou encore voir les élèves du club BD concentrés sur l'écriture de leur scénario.

Bien sûr, dès que la liste des travaux à rendre pour les deux semaines à venir apparaît, je me mets à ronger mes ongles jusqu'au sang ou presque, à vider des litres de soda et à m'agiter devant mon ordinateur. Et quand, épuisée par plusieurs nuits trop courtes je m'endors brusquement un soir le soleil à peine couché pour ne me réveiller que le lendemain, je suis repartie pour un tour.

Le tri achevé des sections documentaires au CDI, les articles sur le genre dans le langage, l'enthousiasme d'un prof sur mon projet d'indexation de textes latins, les cours de socio-linguistique. Tout est prétexte à sourire, n'est-ce pas ? Même la saison 4 de Merlin en cours de diffusion.

Petit accompagnement musical qui met de bonne humeur (promis, ce n'est pas de la pop coréenne et c'est vraiment bien) :

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07 juin 2011

Comme ivre

La tête qui donne l'impression qu'elle va imploser. La barre au-dessus des yeux, comme si les ouvrir relevait de l'impossible. Métaphore de la cocotte-minute, du marteau. Toutes se valent, et pas une ne décrit vraiment la migraine.

Le cachet dans un verre, le Coca dans un autre. Le mélange détonnant de la caféine et de l'aspirine. La douleur va se calmer, finalement.

La fatigue. La peur d'oublier quelque chose. Penser à se lever à l'heure. Penser aux cours particuliers. Penser à corriger les copies. Penser que les conseils de classe approchent. Penser à prévenir de mon absence telle date. Penser à aller déjeuner avec le père. Penser à préparer ceci ou cela. Penser à poster la lettre pour l'assurance. Penser à l'année prochaine. Penser aux vacances.

Je me donne mille choses à faire pour ne pas penser aux révisions. Les partiels approchent. Sur les deux semaines et demie de révisions, il n'en reste qu'une, et je n'ai pas commencé. Un projet à rendre pour dans trois jours. Des cours à rattraper. Plein.

Alors je mange. Le sucre coule dans mes veines et m'alourdit. Comme si j'avais bu. Je me sens engourdie, un peu vacillante. Je ne supporte pas le sucre, mais j'aime ça. Il y en a qui fument, d'autres qui boivent. Je mange de la confiture ou du chocolat.

Puis je culpabilise. Alors pour enfouir ce sentiment, je regarde le rayon de soleil percer le ciel de plomb et saupoudrer les acacias devant ma fenêtre. Et j'écoute Andréas Scholl qui chante le Stabat Mater. Vivaldi. La panacée.

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25 mai 2011

Sur le vif

L'odeur sucrée des roses, en plein soleil, sur le chemin de la mairie.

Les pleurs d'un enfant dans le ras-le-bol ambiant de la préfecture de police.

Le regard de veau d'un élève, quand je lui demandais pour la millième fois de se taire et d'écouter le cours (sans effet).

La sensation du sable qui s'infiltre dans mes sandales.

L'excitation, plus que l'anxiété, due à mon exposé sur le hangeul ; l'envie de poursuivre pendant des heures cette présentation.

Le violon qui joue une gigue irlandaise, au premier étage de mon immeuble. Son perçu entre deux portes, dans l'escalier.

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01 mai 2011

Ce n'est qu'un début

Le mail avec le devoir de sémantique cognitive est parti. Ça y est, les dés sont jetés.

Alors que je pensais pouvoir me réjouir, je me suis rappelé ce qu'il me reste encore à faire.

Moi qui croyais pouvoir sortir la tête de l'eau, j'ai l'impression d'être encore plus profond dans l'eau vaseuse. Que des algues m'ont aggripé les chevilles et m'empêchent de remonter à la surface.

En apnée depuis le début du semestre. Ou presque.

Et en apnée pour quelques semaines encore.

Avec tout ça, je n'ai même pas le courage de préparer mes cours de latin... Ça attendra demain matin. Tant pis.

noyade

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30 avril 2011

Minuit sonne

Il est minuit. Vautrée sur mon lit, le clavier sur les genoux, je lutte contre le sommeil.

Une demi-tablette de chocolat gît sur la table. Ma concentration bat de l'aile.

Encore quatre articles à lire pour ce soir.

Polysémie. Ambiguïté. Traduction. Cooccurrences. Graphes. Calcul de recouvrement de sens.

Tout ça a le mérite de me faire oublier ce poids que j'ai dans l'estomac, ce poids lancinant qui me donne envie de pleurer, sans raison. Un poids que je n'ai pas envie de nommer désespoir, mais à qui cette appellation irait très bien.

Je lutte chaque minute pour ne pas sombrer, pour ne pas laisser tomber. C'est épuisant.

Seule une idée fixe me tient : un jour, il faudra mettre un coup de pied dans la fourmilière. Il faut faire quelque chose pour que ces formations mensongères deviennent ce qu'elles affirment être.

Je me noie en eau trouble. Mais je ne suis pas seule. Je me sais accompagnée par mes camarades d'infortune. C'est un peu - égoïstement - rassurant.

Alors je lutte. Et j'essaye de ne pas m'affaiblir.

Garder courage, travailler, pour s'en sortir. Parce qu'il le faut.

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