Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

30 octobre 2013

Masculin / Masculin

Les affiches - se répondant à la perfection - sont réussies et appâtent les clients en nombre: il suffit de voir la file d'attente devant le musée à midi quand nous arrivons, et la même, dix fois plus longue, quand nous sortons à quinze heure. Le thème promet une variété de styles et de supports qui n'est pas pour me déplaire, des représentations mythologiques à la pelle (Hermès et Pâris en couverture, rien que ça) et en plus, paraît-il, le parcours est thématique et non chronologique, ce qui a l'heur de permettre des comparaisons sympathiques entre œuvres d'époques très différentes.

masculin-masculin

Cependant, nombreux furent déçus (il suffit de lire la critique d'Evene, qui ne cache pas son insatisfaction). Pas assez scientifique selon les uns, manque d'un objectif clair (à part montrer des représentations d'hommes nus, cela va sans dire) pour d'autres. Et c'est vrai, quand on prend le temps de lire les explications (ou du moins certains passages du catalogue de l'exposition), on comprend assez rapidement que l'homme nu est sous-représenté dans l'art de nos jours et que ce n'était pas le cas autrefois, bla bla bla. Que les nus féminins choquent beaucoup moins aujourd'hui, bla bla bla. Jamais n'est posée la question de ce que cela peut signifier sur notre société ou autres questions qui viennent à l'esprit quand on compare les représentations féminines et masculines. En outre, les commissaires de l'exposition sont partis du principe que tout le monde avait les représentations féminines en tête. Résultat: nous n'avions aucun point de comparaison, ce qui, pur certaines œuvres eût été on ne peut plus pertinent. Mais je ne m’appesantirai pas sur la question, parce que cette exposition, en fin de compte, je l'ai bien aimée.

etudes

1. Edmond Lebel, Etude de nu masculin de dos (1850)
2. Hermann Heid et Louis Igout, Académies de nus masculins (1875-1880)

En effet, je ne cherche pas forcément à me creuser la cervelle quand je vais voir une exposition. En général, j'attends de voir des œuvres plus ou moins connues, des œuvres que je n'aurai pas forcément la chance d'aller voir dans leur musée, des œuvres de collections particulières qui ne sortent que rarement de chez elles, ou de revoir des œuvres que j'ai aperçues à l'autre bout de l'Europe, un jour. De ce côté-là, j'ai été plus que satisfaite. Je lis rarement les explications, écrites dans une police trop petite pour mes yeux de myope, sur un mur trop sombre pour que le contraste soit bon, avec trop de gens devant pour que je puisse m'en approcher. Sans compter ma paresse sans égale.

comparaison

1. Flandrin Hippolyte, Jeune homme nu assis au bord de la mer, étude (1836)
2. Wilhelm von Gloeden, Cain, Taormine (1913)
3. Robert Mapplethorpe, Ajitto (1981)

De plus, le parcours étant thématique, j'ai trouvé que l'on ne s'ennuyait pas. Je ne dis pas que les choix des thèmes étaient pertinents ou que le choix des œuvres pour chaque thème était parfait, loin de là (avec Evene, je me demande pourquoi n'avoir pas fait un salle dédiée au martyr de Saint Sébastien, pourquoi l'avoir fait apparaître dans plusieurs thématiques, quand on avait matière à ergoter sur cet épisode biblique cher aux peintres de toutes les époques), mais l'alternance de peintures ultra-classiques, de sculptures (peut-être pas assez), de tableaux plus récents et de photographies m'ont gardée en éveil jusqu'à la fin de l'exposition.

orgueil

1. Francois-Léon Bénouville, La Colère d'Achille (1847)
2. Auguste Rodin, Etude de nu de Balzac (vers 1894)

Pour ma part, j'ai trouvé ça suffisant. J'aurais payé mon entrée, peut-être aurais-je grincé des dents, mais comme ce n'était pas le cas, je ne me plains pas. En fait, cette exposition est comme un index thématique, qui donne envie d'explorer bon nombre de pistes, comme un catalogue de références. C'est déjà pas si mal, non ?

Paul Marie Pierre Richer - Athlètes 1895

Paul-Marie-Pierre Richer, Athlètes (1895)

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11 juillet 2013

La poule de cristal

Au hasard de mes errances, j'ai découvert un utilitaire d'inspiration qui s'appelle "La poule de cristal". Et le site où il se trouve est une communauté créative qui réunit des liens et des galeries de dizaines d'artistes. Et j'ai découvert ce lien sur le blog de Maëlle Fierpied, l'auteur des Chroniques de l'Université invisible et de Galymède, fée blanche, ombre de Thym. Mais prenons les choses dans l'ordre.

Le blog de l'auteure est ici: A petits pas.

Le site de la communauté créative (attention, vous allez y passer des heures) est là: Café salé.

Enfin, ce que j'ai appelé "utilitaire d'inspiration" n'est autre qu'un générateur de mots, d'idées, de phrases, pour tous ceux qui ont envie de dessiner (ou d'écrire, j'imagine que ça fonctionne aussi) mais qui n'ont pas d'idées. On se retrouve par exemple avec l'idée "une poule lugubre" ou la phrase "Un lémurien couvert de honte esquive un oracle fumant.", plutôt amusant, n'est-ce pas ? Pour ceux qui le veulent, c'est par ici: http://www.cfsl.net/poule-de-cristal/.

anne montel - renards

Anne Montel, Renards

paul echegoyen - leonardsalai

Paul Echegoyen, Leonardsalai

lionel richerand - summertime

Lionel Richerand, Summertime

 

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07 juin 2013

L'arbre qui ne meurt jamais

Vendredi dernier, pour la première fois depuis fort longtemps, j'ai été visité une exposition avec ma soeur. C'était à Neuilly, quartier chic, large rue, lumière, arbres feuillus. Même le soleil n'était pas loin. L'arbre qui ne meurt jamais, une exposition sur l'arbre dans l'art contemporain.

J'ai souvent des réticences face à l'art contemporain, mais l'élément "arbre" apportait comme une garantie: un arbre, c'est beau, n'est-ce pas? Une exposition qui a pour thème l'arbre ne peut donc pas être entièrement décevante. Et cette théorie s'est plus ou moins vérifiée au cours de la visite.

L'arbre qui ne meurt jamais

Bien sûr, on a eu droit à nos oeuvre expérimentales louches et particulièrement inesthétiques. Les commentaires, d'ailleurs, n'aidaient pas beaucoup à comprendre ce qui se passait sous nos yeux. Nous aurions aimé plus d'explications sur le "comment" que sur le "pourquoi". Les techniques employées, le moyen utilisé pour arriver à un tel résultat.

Cependant, la salle était déserte, le silence et le calme un luxe que l'on sait apprécier quand on sort des boulevards parisiens. Et certaines sculptures étaient impressionnantes, les photos superbes. Et les oeuvres sur des matérieux plus XXIe siècles d'une beauté à couper le souffle - je pense notamment à ce mobile dont les ombres portées mouvantes donnaient envie de se coucher par terre pour les regarder mieux et à cette projection d'un arbre en constante évolution, ni trop lente, ni trop rapide, profondément appaisante.

DE VILLIERS Jephan - Au travers du temps, les arches du silence

Jephan De Villiers, Au travers du temps, les arches du silence

PEREZ Javier - Otras Formas de Vida en Desarrollo

Javier Perez, Otras formas de vida en desarrollo

PLENSA Jaume - The Heart of Trees

Jaume Plensa, The heart of trees

ROUSSEAU Samuel - L'arbre et son ombre

Samuel Rousseau, L'arbre et son ombre

SHINGU Susumu - Arbre flottant

Susumu Shingu, Arbre flottant

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24 mars 2013

Marc Chagall

Mardi dernier, dix-sept heures. Je sors d’un séminaire passionnant où j’ai découvert qu’il existait des « linguistes heureux », et c’est le sourire aux lèvres que je m'extirpe du labyrinthe de la Sorbonne (passerelle, escalier H, cour Cujas, galerie Claude Bernard puis à gauche vers la place de la Sorbonne). Il crachine, et je me réfugie à l’UFR de grec pour attendre Manon. Lorsqu’elle arrive, il pleut à verse, et nous patientons un peu avant de partir pour le Musée du Luxembourg.

CHAGALL Marc - Autour d'elle

C’est dans un calme relatif que nous visitons l’exposition dédiée à Marc Chagall. Je connaissais surtout ce peintre pour avoir vu il y a fort longtemps sa mosaïque à Sainte-Roseline, et depuis un projet d’arts-plastiques en seconde, j’associais son nom au bleu. J’ai donc pu découvrir d’autres dimensions de son œuvre, et certaines toiles m’ont émue. L’exposition est extrêmement riche, et le nombre d’œuvres exposées est impressionnant.

CHAGALL Marc - Wonded soldier (1914)

Une fois admirés les dessins à l’encre et la superbe Vue de la fenêtre à Zaolchie, près de Vitebsk, nous entrons dans la salle aux peintures religieuses. Illustrations de l’Ancien Testament, nous admirons les anges et l’expressivité des visages tout en cherchant à deviner quelle scène est représentée avant de lire les explications. Par la suite, nous jouerons à « Où est Charlie », en quête de l’âne, du violon, du couple, de la mère à l’enfant, de l’oiseau et j’en passe.

CHAGALL Marc - Vue de la fenêtre à zaolchie, près de vitebsk (1915)

Le Christ crucifié de L’Exode me plaît : loin de la souffrance caractéristique de ce genre de scène, ses yeux fermés, son air bienveillant et apaisé donnent une impression de calme et de sécurité relative au-dessus de la foule désordonnée.

CHAGALL Marc - L'Exode

Les couleurs, quand elles ne sont pas salies de noir, me séduisent. Ce bleu récurrent est éblouissant. Et le jaune du Roi David et de La Danse apporte chaleur et réconfort. Les violets, verts, rouges sont superbes.

CHAGALL Marc - La Danse (1950)

Finalement, l’ennui à la Sorbonne a du bon. Sans lui, je ne me serais probablement jamais décidée à aller voir cette exposition, et c’eût été bien dommage.

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27 août 2012

Art cinétique

J'ignorais tout de l'art cinétique, ou presque. Je savais qu'il existait des mobiles, probablements une des formes d'art qui me fascinent le plus. Puis un jour, sur un blog dont j'ai perdu le nom, j'ai découvert une vidéo présentant l'oeuvre de Choe U-Ram.

Comme Canalblog refuse de jouer la vidéo que je voulais mettre, vous pouvez la voir en cliquant sur ce lien. Et en attendant, vous pouvez toujours admirer Una Lumino Portentum :

D'une finesse et d'une poésie rares, ces faune et flore d'un autre monde sont absolument superbes ! En outre, de nombreuses oeuvre ont un titre latin, comme si elles cherchaient à s'intégrer dans le classement des êtres vivants.

UnaLumino_portentum - Choe U-Ram

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01 juin 2012

Schizophrénie musicale

Cela fait bien longtemps que je voulais écrire un article à ce sujet, et c'est la lecture de la dernière note de Boulet qui m'a donné le courage de le faire. Parce que oui, Boulet est un génie et on devrait l'étudier au programme de littérature, arts-plastiques, philosophie et histoire des arts. Bref, sa note parle (pour ceux qui ne l'ont pas encore lue) de l'intolérance musicale et culinaire. C'est sur la première que j'ai envie de rebondir.

Bouffe03

Je ne suis pas une puriste, loin de là. Ou en tout cas, je ne le suis plus depuis que j'ai quitté le collège. Quand j'étais petite, ma vie musicale tournait autour de Bach et Vivaldi, et tout le reste était dénué de la moindre valeur à mes yeux, c'est à peine si je parvenais à le qualifier de musique.

baroque-en-force

Baroque en force : Haendel, Bach, Vivaldi, Purcell.
Quatre dieux de mon Panthéon personnel. Les premiers, sans doute.

Aujourd'hui, je suis une véritable schizophrène. Je connais des chansons mais pas leur titre, des chanteurs mais pas leurs albums, des airs mais pas leur interprète. On me parle de TrucMuche - "mais siii, tu la connais forcément, elle est HYPER connue!" - mais je ne connais pas, puis on me fait écouter une chanson et là, brusquement : "aaaah ! c'est donc elle qui chantait ça !" et pouf, j'oublie son nom aussi vite, ou alors je me dépèche de le confondre avec un autre.

L'autre jour, l'écoute aléatoire du répertoire "Ma Musique" sur mon ordinateur m'a donné à réfléchir. Si mes voisins entendent, ils doivent certainement croire que je me dispute avec un/e collocataire.




Vivaldi suivi de Super Junior : gouffre culturel abyssal et qu'on pourrait penser infranchissable. (Vous n'y pensiez même pas, pour vous j'ai osé.) Ensuite Césaria Evora, puis Georges Brassens, puis Rihanna, puis Haendel, puis de la guitare hawaïenne et du chant grégorien. Les rythmes changent, voire disparaissent, au gré du hasard.




Régions du monde improbables - du fin fond de l'Afrique (Amadou et Mariam) aux contrées reculées de l'Europe de l'Est (Kazaky en Ukraine), de la Scandinavie (Nightwish c'est Finlandais) au sud de l'Océanie (quelques chanteuses de Nouvelle-Zélande et Australie), en passant par l'Asie (Chine, Corée, Japon) et les îles perdues du Pacifique. Ma musique, je l'ai classée par continent, puis par pays (du coup, pour récupérer Lemon Tree, c'est coton si on a oublié que Fool Garden c'est allemand !).

p1

Les styles sont inconnus, mêlés, ou marqués mais indistincts du reste : classique-baroque-romantique, pop-rock-indé, soul-blues-jazz. Et, bien sûr, ma collection de bandes-originales de films, dessins animés et séries : Babar, Disney, James Bond, Le Seigneur des Anneaux pour n'en citer que quelques uns. J'ai même la chanson de Rondoudou (alors même que je n'ai pour ainsi dire jamais regardé les Pokémons à la télé) !

même-pas-honte !

Alors, "tu écoutes quoi comme musique" ?

Je ne sais pas. Tout. Rien. Je ne sais pas.

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23 janvier 2012

Miscellanées

En cherchant ma vidéo de Papageno hier, je suis tombée sur une interprétation assez époustouflante de Son qual nave de Riccardo Broschi. J'aime énormément la version du film Farinelli et Cecilia Bartoli, alors les deux réunis... je ne me sens plus de joie ! Si vous ne connaissez pas la version « de base », elle est à écouter avant les variations ci-dessous. Cet air me donne la chair de poule. Et cette voix ! ...

Puis, de vidéo en vidéo, j'ai découvert Kangmin Justin Kim, contre-ténor, dans une magnifique parodie de Cecilia Bartoli. Au début, j'ai cru à un montage, mais après quelques recherches plus poussées, j'ai dû me rendre à l'évidence : c'est bien lui qui chante. Dans l'ordre, vous avez la version « originale » suivie de la parodie.

D'après vous, quelle est la matière première de ce camée, œuvre de Judith G. Klausner ? Découvert ici (ce site est merveilleux, et je dois me retenir de mettre les liens vers toutes les belles choses que j'y ai vu).

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Enfin, un gif animé. Dieu sait que je n'aime guère ce genre d'illustration, mais quand j'y ai vu un commentaire lié à la SOPA de la SOPA, je l'ai trouvée très justifiée. (source)

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