Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

08 juin 2011

Passe-Muraille

Découvert au hasard de mes errances sur la toile, un artiste pas ordinaire.

Un homme qui a inventé la cape d'invisibilité, un homme qui a le pouvoir de se fondre dans les murs, un homme qui se fait caméléon.

Liu Bolin, artiste chinois, sculpteur de son état, a fait de lui-même son support. Si j'ai bien compris les quelques informations que j'ai glanées sur lui, il a commencé ses peintures lorsque le quartier d'artistes dans lequel il résidait a été détruit.

Son procédé ? Sa personne devient le support d'un trompe-l'oeil à taille humaine. Sur ses vêtements, un assistant reproduit le décors, de façon à ce qu'il disparaisse entièrement. Le résultat est immortalisé par une photographie, et le tout est proprement effarant.

Voyez plutôt :

Hiding_in_the_City__Dragon_Series__No_6_on_9_pannels

Piazza_San_Marco__2010_

Hiding_in_the_City_No_71__Bulldozer

Il m'a fallu du temps pour le trouver dissimulé dans le bulldozer...

Family

La photo de cette famille, engloûtie par le rouge du drapeau chinois, est, je trouve, particulièrement oppressante...

People_s_Policeman

L'homme invisible est parmi nous !

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11 février 2011

Hero

Je l'avais déjà vu, il y a longtemps. Et c'est avec plaisir que j'ai pu le revoir, en VO cette fois-ci.

Ce film raconte une légende, et est filmé comme tel. Rien de réaliste dans la façon dont les scènes sont filmées, pas plus que dans les décors gigantesques ou les costumes monochromes.

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Tout plan est un nouveau tableau.

L'histoire existe sur plusieurs plans simultané. La voix off, qui ne parle pas mais écrit, au début, voix la plus ancrée dans la réalité. Puis la cour, avec l'énigmatique Sans Nom, qui raconte une histoire, relayé par l'empereur. Dominante noire, pour cette obscure réalité, qui tente de démêler le vrai du faux, qui est se veut à la fois politique et historique.

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Puis les récits successifs d'une même histoire. Plusieurs versions. Du rouge au blanc, en passant par le vert et le bleu. Plus on approche de la vérité, plus les couleurs pâlissent. Successions d'estampes, de tableaux à l'aquarelle.

Exquise finesse, détails ciselés sur fond nu. Les combats sont peut-être d'une lenteur exagérée au début, mais le récit s'enhardit. Plus la vérité approche, plus les épées sont nerveuses. Les flèches sifflent. On se laisse envoûter, sans cependant éprouver la moindre émotion.

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Un film à voir pour sa pure beauté graphique. Parce qu'en fin de compte, les personnages disparaissent dans cette immensité violemment colorée. Seul l'empereur garde quelque chose de vivant en lui : les autres semblent complètement déshumanisés.

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