Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

28 mars 2014

Survivance

Si je suis encore en vie, ce blog l'est beaucoup moins. Depuis quelques mois il vivote. Pas vraiment le temps, ni l'envie, vous l'avez deviné, je fais une pause. Je n'annonce pas encore sa mort cependant, car on ne sait jamais. Peut-être qu'un jour j'aurais l'envie, le besoin de vous parler du rythme effréné de la vie de doctorant.

Sachez simplement ceci : j'ai emmené mon petit Club BD à Bruxelles et l'ai ramené entier - avec l'aide précieuse de Marion, mon premier article scientifique en français a été accepté, j'ai sué sur mon premier article en anglais pendant quatre jours à raison de douze heures par jour, et le meilleur pour la fin, lundi je pars en Angleterre pour cinq jours, accompagnant quatre-vingt-seize gamins de 5ème, et la semaine d'après je reprends du service en latin, avec trois élèves de 4ème « en conflit ouvert avec leur professeur ». En bref, ma double vie est un rouage bien huilé, et le rythme s'est accéléré depuis un peu plus d'un mois, ce qui ne me laisse plus le temps de me morfondre.

Je continue de dévorer romans et bandes dessinées, et de regarder films plus ou moins débiles, séries et sitcoms. J'en ai pas mal dont il faudrait que je parle ici, et qui me permettraient de reprendre un certain rythme, mais en ce moment je n'aime pas ce que j'écris. Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais même supprimé cet article...

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14 octobre 2013

Club BD, cru 2013 - 4. Dengeki Daisy

Titre: Dengeki Daisy, t.1
Auteur: Hyousuke Motomi
Editeur: Kazé (2010)

Dengeki Daisy - 1

Ce titre m'a été prêté par une amie. Ayant personnellement beaucoup de mal avec les shôjo (manga pour filles), je n'en lis pour ainsi dire aucun. Seule exception notable il y a fort longtemps pour l'étrange Infirmerie après les cours. Aussi, quand cette amie m'a présenté Dengeki Daisy, j'ai mis un certain temps à commencer les volumes qui attendaient sur ma table de nuit.

Finalement, j'ai été agréablement surprise. Le dessin n'est pas fou, et l'histoire n'échappe pas à quelques clichés. Mais dans l'ensemble, c'est drôle et léger. Enfin, au début, du moins. L'héroïne, Teru, est seule au monde depuis la mort de son grand frère. La seule personne qui veille sur elle est un dénommé Daisy, avec qui elle ne communique que par mails.

C'est vrai, c'est bizarre comme synopsis. Mais on fait avec ce qu'on a. Là où le manga est bien, c'est que l'héroïne, qui aurait pu être complètement ramollie du cerveau - à l'instar de Tohru dans Fruits basket, - a un caractère bien trempé. Elle une boulette finie, mais ne se laisse pas marcher sur les pieds pour autant.

Autour d'elle et de la mort de son frère plane un mystère. Des histoires de virus informatique, de piratage, de sécurité nationale. Comme toute héroïne de shôjo, elle a un certain nombre de squelettes dans le placard familial. A certains moments, le suspens efface presque complètement l'histoire d'amour sous-jacente, et c'est des plus agréables. Quelques bouffés d'air frais pour qui n'aime pas franchement les romances trop sucrés des mangas "pour filles". Et l'humour est omniprésent, même lorsque l'histoire devient trop lourde, ce qui allège sensiblement l'ambiance.

Un manga à essayer, fille ou garçon (il ne faut pas se laisser faire par la classification genrée des éditeurs).

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13 octobre 2013

Club BD, cru 2013 - 3. Barakamon

Titre: Barakamon, t.1
Auteur: Satsuki Yoshino
Editeur: Ki-oon (2012)

Barakamon - 1

Toujours dans l'optique "plus de mangas", j'ai également pris - au hasard encore une fois - Barakamon sur l'étagère des nouveautés. (Ce qu'un livre édité en 2012 faisait sur l'étagère des nouveautés à la fin de l'été 2013 reste un mystère... peut-être a-t-il été mis en avant pour la sortie du tome 6.)

Barakamon, c'est l'histoire d'un calligraphe imbu de sa personne, jeune prodige au talent reconnu par tous. Jusqu'au jour où un conservateur de musée juge son travail insipide: notre jeune calligraphe, piqué au vif, le frappe, mettant ainsi en péril sa carrière. Afin de réfléchir à ses actes et de se calmer, on l'envoie sur une petite île perdue au fin fond de la province. Dure sanction pour un citadin qui aime briller en société !

Ce titre, je l'ai choisi parce qu'il y avait de la calligraphie au coeur de l'histoire. Et aussi parce que ça se passait à la campagne. Pour qui a lu le délicieux Manabé Shima de Florent Chavouet (carnet de voyage-bande dessinée réalisé après un séjour dans un minuscule village de pêcheurs sur une île du Japon), le contexte n'est pas le moins du monde dépaysant. Cette peinture rurale est tout-à-fait savoureuse, et les personnages hauts en couleurs.

Ce qui est très appréciable avec ce manga, c'est qu'il est à peu près inclassable. Avant lecture, je l'aurais volontiers rangé avec les shônen, mais par la suite, je suis restée dubitative. Pas d'action, pas de grands élans d'amitié, pas (encore) d'histoire familiale dramatique... Juste un personnage insupportable, qui s'adoucit au contact de la population locale, dénuée de préjugés et assez franche, une gamine pot-de-colle et des tas d'autres perssonages qu'il fait bon croiser au détour d'une page. L'histoire est bien, les personnages attachants et l'ambiance très plaisante. On ressort de cette lecture d'excellente humeur, et avec l'agréable impression d'avoir lu autre chose que du préformaté.

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12 octobre 2013

Club BD, cru 2013 - 2. Hell's Kitchen

Titre: Hell's Kitchen, t.1
Auteurs: Mitsuro Nishimura et Gumi Amazi
Editeur: Dargaud, collection Dark Kana (2013)

Hell's Kitchen - 1

L'année dernière, nombre de mes élèves m'avaient demandé "plus de mangas" dans la sélection. J'ai alors essayé, dans la mesure du possible, d'exaucer leur souhait. Bien sûr, c'est mal me connaître s'ils pensent que je vais leur offrir sur un plateau du Fairy Tail ou autres Black Butler, séries qu'ils connaissent déjà et qui - à mon humble avis - se ressemblent un peu. Rien ne les empêche, cependant, de les apporter au Club: je serai ravie de les lire et de changer d'avis !

Donc, j'ai cherché des séries sur des thèmes originaux, récentes, tout public. Difficile. D'autant plus que je n'y connais en fin de compte pas grand chose, que je ne suis pas l'actualité (non plus) dans ce domaine, et que les offres sont énormes. Je me suis donc contentée, pour une première sélection, de ce que j'ai pu trouver sur le présentoir "nouveautés" de la F*ac. Et parmi ces nouveautés, Hell's Kitchen.

Un démon sorti tout droit des Enfers désire se délecter de l'âme du plus grand cuisinier. C'est bien connu, une âme de cuistot, c'est goûtu. Donc le voilà en quête du plus grand chef. Petit problème, on n'en trouve plus d'aussi bons qu'autrefois: les âmes qu'il a goûtées jusqu'à présent avaient un arrière-goût d'orgueil ou autre défaut indigeste. Il décide donc de former l'âme qu'il dévorera plus tard. Ainsi un collégien, qui ne sait même pas faire une omelette, se retrouve harcelé par un démon pour apprendre la grande cuisine.

L'idée de départ est sympathique et donne lieu à des situations cocasses. Ce n'est pas d'une folle originalité, mais ça parle de mangeaille, alors quel mal peut-il y avoir à lire ce manga ?

Le problème tient surtout au scénario. Je ne sais pas si la série est longue ou a prévu de l'être, mais un personnage qui réussi toutes les épreuves qu'on lui soumet sans broncher, je trouve ça trop facile. Un bon shonen enseigne que la réussite n'est pas systématique, et qu'il faut faire des sacrifices ou autre. Mais là, vraiment, on lit en se demandant pourquoi on n'a pas déjà fermé le bouquin au chapitre précédent. C'est divertissant, certes, mais ça ne suffit pas.

Lu il y a un mois, j'ai déjà oublié le nom des personnages.

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15 septembre 2013

Lectures d'été - 12. Demain les chiens

(Je prolonge un peu l'été, certes. Il n'a pas été assez long pour me laisser le temps de terminer la vingtaine de livres que j'avais empruntés.)

Titre: Demain les chiens
Auteur: Clifford Donald Simak
Editeur: J'ai lu, collection "Science-fiction"

Demain les chiens

Sur Wikipédia, cet ouvrage est considéré comme un recueil de nouvelles. Je ne suis pas tout-à-fait d'accord. J'ai vu dans Demain les chiens un roman. Ou plus exactement, une série de mythes fondateurs cimentés par une exégèse que l'on ne peut pas laisser de côté. C'est ce ciment qui m'a fait voir un tout où l'on pourrait considérer plusieurs unités indépendantes.

L'histoire? Celle de l'humanité, dans les millénaires à venir. Le roman est composé de huit contes, qui se suivent chronologiquement et ont un rapport plus ou moins étroit les uns avec les autres. Un personnage - le robot Jenkins, - une famille - les Websters, - entretiennent le lien. En réalité, nous comprenons grâce aux introductions des contes que l'humanité n'est plus depuis longtemps, que la civilisation qui a ces mythes entre les mains est celle des chiens. Les huit récits racontent à petite touche ce qu'est devenue la race humaine.

Empreint d'une poésie et d'un lyrisme qui ne sont pas sans rappeler Ray Bradbury, ce récit que d'aucuns qualifient de post-apocalyptique reste très optimiste. Même si le suspense n'est pas celui de l'action et du momentané, la fin de chaque conte laisse planer un doute, une question. Que va devenir la race humaine? Quelle sera la conséquence sur le long terme de telle action?

Car non seulement l'écriture est agréable, l'histoire optimiste, mais le narrateur pose également bon nombre de questions existentielles, soulève des problèmes philosophiques fascinants. Et pourtant, je ne suis pas une fanatique des questionnements abstraits, mais amenés comme c'est fait ici, j'en redemande.

En somme, Demain les chiens est une belle et saine lecture, qui nous fait voyager dans le temps et dans l'espace, et pose - entre autres - la question de l'Autre et de l'Ailleurs. Peut-on penser autrement qu'en tant qu'humain? Changer de point de vue? Il ne s'agit pas d'une lecture facile, mais d'une lecture qui fait grandir, si je puis me permettre quelques poncifs.

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06 septembre 2013

Lectures d'été - 11. La Quête d'Ewilan

Les deux premiers tomes de cette trilogie m'ont été gentiment prêtés par une élève très enthousiaste avant les vacances, avec la promesse qu'elle me prêterait la fin de L'autre (du même auteur) uniquement quand j'aurais lu les aventures d'Ewilan. Ce faisant, elle a réussi là où une amie a longtemps échoué: j'ai lu - et apprécié - l'univers de Pierre Bottero.

Titre: La Quête d'Ewilan, t.1 "D'un monde à l'autre" et t.2 "Les Frontières de glace"
Auteur: Pierre Bottero
Editeur: Rageot (2003)

ewilan

Au CDI, j'avais emprunté L'Autre, trilogie de Bottero, curieuse de vérifier si l'auteur valait les louanges que lui attribuait mon amie. Je dois reconnaître que j'ai été agréablement surprise, ce qui m'a permis de mettre de côté mes a prioris et d'apprécier La Quête d'Ewilan.

On y trouve un souffle épique, du merveilleux, de l'action, tout ce qui fait un bon roman jeunesse.

Cependant - et pourtant je n'ai lu que quatre titre de l'auteur - j'ai réussi à distinguer le profil type de ses héros: orphelins, ignorés du monde, rebelles, indépendants etc. Bref, pas très original. Malgré cela, j'ai bien accroché aux deux protagonistes, Ewilan, bien sûr, mais aussi son meilleur ami Salim, même si j'ai trouvé les personnages secondaires plus intéressants.

Par contre, le pouvoir dont il est question dans cet univers est à la fois original et un brin poétique. On parle ici de Dessinateurs, de personnes capables de donner une certaine réalité à ce qu'ils imaginent. En un sens, ça m'a rappelé un des premiers livres que j'ai étudiés, à l'école primaire, Emilie et le crayon magique, où les dessins réalisés avec ledit crayon prenaient vie.

Emilie et le crayon magique

En bref, La Quête d'Ewilan est une lecture facile, un roman qui se lit très vite (on est quand même pris dans l'action), mais il ne me laissera pas un souvenir impérissable. Sans doute parce qu'il me reste à lire le tome 3.

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05 septembre 2013

Travaux pratiques

Après une matinée noyée dans la paperasse administrative, je me suis occupée de ma publicité pour le Club BD. Deux heures à chercher des images nouvelles, une disposition que je n'ai pas encore utilisée... voilà qui m'a bien vidé la tête. Et c'est parti pour la quatrième édition du Club BD !

affiche 2013-2014

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Lectures d'été - 10. Les Secrets d'Aramanth

Titre: Le Vent de Feu, t.1 "Les Secrets d'Aramanth"
Auteur: William Nicholson (tradution de Diane Ménard)
Editeur: Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior (2007)

Le Vent de Feu, 1 - Les Secrets d'Aramanth

Une société qui se dit parfaite, c'est forcément louche. Dans la société d'Aramanth, c'est l'égalité des chances qui fait la perfection du système, selon les dire des grands examinateurs. A chaque instant de leur existence, et ce à partir de l'âge de deux ans, les habitants sont évalués. On ne juge pas leurs capacités, mais leurs connaissances, c'est un système très scolaire en fin de compte, où les chefs de famille passent régulièrement le Grand Examen, sorte de DST annuel.

Dès les premières pages j'ai été complètement emballée. L'histoire commence par un prologue, qui raconte une légende, ou un événement qui s'est produit dans la préhistoire de la société Manth. Une histoire de Chanteur de Vent. Quand le récit à proprement parler débute, on comprend rapidement que ce Chanteur de Vent (sorte de sculpture) ne chante plus, ce qui est probablement la cause de la tyrannie qui règne.

Ce mélange assez poétique et lumineux de légende, de science-fiction, et - on le verra par la suite - de quête initiatique m'a rappelé les univers de Michel Ocelot (Kirikou) et Philippe Leclerc (Les Enfants de la pluie). J'y voyais de magnifiques aplats de couleurs rougeoyants, des ombres se mouvant sur fond de désert.

Outre ce décors très réussi, la révolte initiale de Kestrel, la protagoniste, est tout-à-fait jouissive. Le "non" qu'elle balance à la tête de son professeur et tout ce qui s'ensuit ont comme un effet cathartique. Par la suite, elle garde son esprit de rébellion et son énergie, et c'est son jumeau qui pondère la violence de son caractère. Leurs parents sont des personnages également enthousiasmants.

Les ingrédients sont classiques et assez simples dans l'ensemble, mais l'émulsion est sans faute. (Il faut vraiment que je me calme sur les métaphores culinaires quand je parle de livres). La quête comporte les opposants et adjuvants traditionnels, mais le tout dans un univers riche et original (cela dit, j'ai une culture SF très pauvre, alors ça ne signifie pas grand chose).

C'est une histoire qui n'est plus toute jeune (écrite en 2000, traduite la même année pour la première fois), mais que j'ai aimé découvrir.

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02 août 2013

Lectures d'été - 9. Le Meilleur des monde possibles

Titre: Le Meilleur des mondes possibles et autres nouvelles
Auteur: Ray Bradbury
Editeur: Gallimard, collection Folio 2€

Le Meilleur des mondes possibles

Suite à mon émerveillement et au plaisir éprouvé lors de la lecture de Celui qui attend, j'ai continué mon exploration des nouvelles de Ray Bradbury.

Toujours aussi belle, sa prose se fait envoûtante pour raconter les histoires d'amour. Dans ce recueil, cinq histoires, dont une seule ne m'a pas vraiment marquée, celle du Petit Tambour de Shiloh. Les autres sont superbes et surprenantes.

La plus "hors normes" est, selon moi, celle de La Femme illustrée. Il me semble qu'un des recueils de nouvelles de Bradbury a pour titre L'Homme illustré : cela a-t-il un rapport? Je ne sais, et peu importe. Cette histoire n'a pas été sans me rappeler certains cours de philosophie, tout comme la dernière nouvelle qui a donné son titre au recueil. Perception, sujet, désir, bonheur, morale, nombreux sont les thèmes mis en question dans ces nouvelles, qui ne sont pas seulement belles mais poussent aussi à réfléchir.

Je crois en fin de compte que l'histoire que j'ai préférée est celle de ces deux hommes, explorateurs, qui découvrent un mirage dans un désert et décident d'en faire leur gagne-pain. Les gens, émerveillés, y voient tous une ville différente: Paris, Rome, New York, Londres, et même Xanadu, sortie des vers de Coleridge. Lorsque l'homme qui leur a toujours coupé l'herbe sous le pied arrive avec l'acte de propriété du terrain d'où l'on peut admirer ce Rare miracle d'ingéniosité (titre de la nouvelle), il ne voit rien. Ce n'est pas un "pur" comme le disent les deux comparses. Foi, imagination, poésie. On ne sait pas vraiment à quoi est lié ce mirage miraculeux, mais ce sont des yeux d'enfants qui font revenir la cité effacée par les incrédules.

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30 juillet 2013

Lectures d'été - 8. Le Prince des voleurs

Titre: Le Prince des Voleurs
Auteur: Cornelia Funke
Editeur: Le Livre de poche Jeunesse (2008)

Le Prince des voleurs

En voyant la couverture, j'ai tout de suite pensé "chouette, Venise!"; en lisant la quatrième de couverture, j'ai été très intrigué par cette histoire d'enfants vivant dans les rues de Venise, protégés par un mystérieux Prince des Voleurs, d'autant que ledit prince a pour prénom Scipio, ce qui est quand même trop cool comme prénom. Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un bon livre dans le genre initiatique.

Pourtant, j'ai été déçue. Ou plutôt, je suis restée sur ma faim. Les personnages sont pour l'ensemble assez attachants (même si en fin de compte Scipio est assez insupportable), mais n'évoluent pas suffisamment. J'ai eu l'impression que les aventures dans lesquelles ils se sont engagés ne leur ont rien enseigné. Bien sûr, la situation finale connaît quelques évolutions par rapport à l'initiale, mais les personnages donnent l'impression d'être restés identiques.

En outre, il est très difficile de définir la direction que veut prendre cette histoire. Aventure, assurément. Un peu d'enquête quand nous suivons les filatures de Victor, le détective à la recherche de deux des orphelins. Jusque-là, le mélange fonctionne plutôt bien. Mais brusquement apparaît un mélange de merveilleux et de fantastique qui m'a laissée perplexe. Que cette touche magique serve un objectif dans l'histoire, pourquoi pas, mais en l'occurrence, j'ai trouvé que ce qu'elle apportait ne faisait que renforcer mon opinion: les personnages obtiennent ce qu'ils veulent, comme ça, hop, et voilà, fin de l'histoire.

J'exagère un peu, mais à peine.

Par contre, ce romant se lit tout seul, l'écriture n'est pas désagréable (même si la traduction est parfois moyenne), et puis... c'est Venise! Il suffit d'oublier Scipio. Les adultes en revanche sont assez réussis: Ida et Victor, quoiqu'assez peu réalistes (mais rien dans cette histoire n'est fait pour l'être), sont sympathiques et drôles.

Somme toute, un roman étrange, à lire pour les canaux et ruelles, les places et ponts de Venise, et la lagune. Ah oui, et chaque tête de chapitre est illustrée par l'auteur, et c'est très joli.

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