dimanche 15 juin 2008
« Cum tamen inter se prostrati in gramine molli » (Lucrèce)

C'est
le matin, j'ouvre ma fenêtre, il pleut. Une odeur diffuse d'eau
de pluie dans l'herbe, dans les feuilles, dans les arbres. L'odeur de
la rosée matinale y ressemble étrangement; ce parfum
mouillé et frais, qui fait frémir les narines et
réveille les sens encore engourdis par une courte nuit de
sommeil. C'est le matin à Robinson, avec les coucous dans les
acacias et les tourterelles dans le pommier du Japon.
Le temps est à l'orage, il fait lourd. Avez-vous déjà remarqué que l'herbe, la terre et le bitume dégagent une fragrance entêtante à l'approche de la pluie? L'eau n'a pas commencé à tomber que déjà, l'odeur chaude de la terre gorgé de soleil, de l'herbe sombre vous monte à la tête. C'est l'après-midi à Fayence, avec la sauge et le thym sauvage, les criquets qui font silence et cède la place à l'orage.
L'air est étouffant, le soleil est haut dans le ciel, il fait beau et chaud. En bordure du chemin forestier, les graminées sont hautes et les herbes folles s'en donnent à cœur joie. Au travers des arbres, le soleil pleut tout-à-coup et frappe ce carré de verdure. Un parfum fort et lourd, dont on verrait presque s'élever les effluves, vous surprend au détour du chemin. Je suis à la montagne, je suis petite, je suis avec mes grands-parents. Je pars à la conquête de quelque glacier. Le sentier alpin, rude, raide, chauffe sous les rayons et l'herbe alentours laisse s'échapper ce même parfum lourd, qui se mêle à celui de toutes ces fleurs que l'on n'a pas le droit de cueillir.
Le seul végétal que l'on foule sans y penser – pieds nus en été, pour le plaisir – fait revenir à ma mémoire nombre de souvenirs endormis.
vendredi 4 avril 2008
Topographie de l'irréel
Avez-vous déjà imaginé un endroit dont vous ignoriez absolument tout?
Il y a fort longtemps, j'entendis parler pour la première fois de la Suisse. Le Suisse, quand vous n'êtes pas plus haut que trois pommes à genoux, ça ne ressemble pas à un pays montagneux.
À mes yeux, c'était un grand royaume, plat comme la paume de ma main quand j'étirais mes doigts. C'était aussi un désert de sable, sans fin. Des touristes en bermuda, appareil photo autour du cou, allaient et venaient suivant une ligne droite. En face, deux dunes. Sur chacune des dunes, je vous le donne en mille, un petit suisse à la framboise! Ainsi, le roi de Suisse trônait sur un couple de petits suisses roses gigantesques, seuls bâtiments du pays. Les habitants? Il n'y en avait pas. Que ces touristes. Et le ciel bleu, infiniment grand, sans un nuage. Et le désert à perte de vue, de sable ocre jaune.
C'était la Suisse.
dimanche 27 janvier 2008
Promenades à vélo
Depuis le parvis de
l'église, derrière quelques champs, après la
nationale, au fond des jardins potagers, on voit Robinson dans les
arbres. La maison semble n'avoir pas changé. À sa droite, le
camping, ouvert, comme si d'un instant à l'autre j'allais me
voir y entrer en compagnie de mon père et de ma sœur, avec
dix ans de moins, pour aller faire de la balançoire sur le terrain
désert.
Je revois la petite route
sur laquelle, petite, j'ai appris à faire du vélo sans
les petites roues. Mon père nous lançait, puis nous suivait en
courant, avant de nous laisser partir à l'aventure, seules. Sur
la droite, la route ne mène nulle part. Il y a le tunnel, en
tôle ondulée. Quand le matin nous allions chercher le
pain et les croissants en ville, tous les trois sur notre vélo,
nous hurlions dans ce tunnel qui passe sous la nationale. Nos cris
résonnaient, pour conjurer la peur et pour le plaisir de se
sentir exister. Juste après le tunnel, le chemin de terre avec
les cailloux qui font tomber. Et le Pont aux Sœurs, qui pour moi
était le pont « hausseur », peut-être
à cause de ces gros pavés irréguliers qui en
formaient le sol et nous obligeaient, ma sœur et moi, à
descendre de vélo: nous avions bien trop peur de tomber. Après
cette épreuve arrivait la côte: en ville la rue montait
raide, et pour nos petites jambes, c'était bien difficile.
Mais quelle récompense nous attendait à la boulangerie!
Les ficelles toutes chaudes et les croissants dorés. C'était
mon père qui se chargeait du trésor et nous rentrions
sagement à la maison, pour déguster notre butin.
Mouillettes géantes, chocolat chaud, le bout du croissant
trempé dans le lait, de la chicorée parfois. Les petits
déjeuners en famille, dans la grande salle.
L'après-midi, les
promenades poussaient plus loin. Le long de la Loire, sur la route,
nous allions aux Loups, et à Housson. Nous faisions la course.
Mon frère devait être derrière mon père ou
ma mère, je ne sais plus. Je me souviens de cette lumière
dans les arbres, de notre cœur qui accélérait à
la vue d'une voiture, de l'eau qui scintillait, de ces bancs de sable
qui m'angoissaient, le courant fort de la rivière, les canoës
qu'il nous arrivait de voir. Et puis cette côte, pas très
longue, mais ardue. Avec admiration je voyais mes parents qui la
montaient sur leur vélo, mais moi, je descendais et préférais
monter à pied. Par contre, la descente, quel plaisir. Quand il
n'y avait pas de voiture, avec ma sœur, c'était à celle qui irait le
plus loin sans pédaler!
Et nous rêvions de
faire des pic-niques le long de la Loire, dans l'herbe. Peut-être
l'avons-nous fait, je ne sais plus. L'herbe haute, les saules le long
de la route, les chemins sablonneux sur la rive.
C'est amusant de se dire que tous ces souvenirs restent encore bien vivants dans ma mémoire, alors que je ne retourne à Bonny que pour les enterrements et aller sur la tombe de mon grand-père...
lundi 17 décembre 2007
Ubi-quo-unde-qua.
Mes yeux sont lourds de sommeil; la fatigue sourd dans mes membres languissants. Derrière mes paupières closes, des morceaux de tous les jours, des éclats de passé, des brisures de souhaits.
Place Hoche. Des guirlandes dans les arbres. Ma grand-mère, ma mère qui me racontent mes premiers pas. Le vent froid souffle: assise sur un banc, je discute avec la marmotte en attendant de partir prendre mon train. Un rayon de soleil. Combien de fois suis-je venue ici, souriant aux éclats, avec ma cousine? Il y a du monde: il faut trouver une place pour se garer, nous allons déjeuner chez mes grands-parents.
Rue
du Faubourg-Saint-Honoré. Dans le mauvais sens, par le mauvais
bout. Les gens pleins aux as déambulant du haut de leurs
chaussures de marque, sortant des boutiques Prada, L'Oréal etc
les bras chargés d'achats. Une carte jaune au Monopoly. Des
parties interminables, dans le salon du Faré, sur la grande
table, pendant que la neige tombe sur le Mont-Blanc. À chaque
fois, je me fais battre à plate couture par mon père et
ma sœur.
Truffaut. Caverne d'Ali Baba. Coffre aux trésors. Avant, nous allions à la Ferme de Gally, et nous nous émerveillions, enfants, la fontaine, le bassin, la cascade avec toutes ses plantes et ses poissons rouges. Après, ce fut Truffaut. Observer d'un œil brillant les chiots, les lapins; un regard craintif sur les hamster et cochons d'Inde; une admiration non feinte pour les couleurs chatoyantes des poissons exotiques. Un jour, on y acheta un faux sapin. Cet arbre factice trône en ce moment dans notre salon. Pour me consoler, on me proposa de le choisir.
La Bruyère. J'y entrais la peur au ventre, en seconde. Je ne connaissais personne. J'en sortais la rage au ventre, l'an dernier. J'y connaissais des gens bien. Depuis, ma rage s'est calmée. Je découvre la fac. J'y suis bien. Et c'est avec un autre regard que je lis les chroniques de mes amis khâgneux. Je ne vois plus le château du quatrième étage, je ne traverse plus l'avenue de Paris. Je passe devant la banque de France, et je cours toujours pour avoir mon RER de 40 le matin. Beaucoup de choses ont changé, mais d'autres sont restées, et ça me rassure en quelque sorte.
mercredi 30 mai 2007
J'en ai rêvé: souvenirs
Longtemps j'ai été
très peureuse. Et s'il y avait une chose qui m'effrayait par
dessus tout, c'était le cinéma. Je n'allais au cinéma
qu'une fois par an environ, pour voir le dessin animé de Walt
Disney qui sortait. Les ''vrais'' films semblaient trop réels.
Il y avait des morts, de la violence, l'expression de peurs
viscérales... Pour ceux qui connaissent Rock o Rico,
si mes souvenirs sont bons, le dessin animé a un début
filmé qui met un scène un orage énorme. Et bien,
j'en avais peur (je ne l'ai pas revu depuis...). Même dans les
dessins animés les ''méchants'' m'effrayaient: je me
vois encore partir en courant me cacher dans la chambre de mes
parents lorsqu'apparaisait l'horrible Lucifer dans Cendrillon.
Au cinéma, je me souviens m'être bouché les
oreilles lors de l'apparition du dragon dans La Belle au
bois dormant ou à la fin
de Pocahontas.
Puis un jour de janvier, en l'an 2002, ma mère décida
d'aller voir Le Seigneur des anneaux (je sais qu'il est sorti
en 2001, mais le temps qu'il passe au théâtre Fontenay,
il fallait bien qu'un mois s'écoulât). Ma petite soeur
voulut l'accompagner. Quelle honte pour moi si je n'avais pas le
courage d'affronter un petit film de fantasy! Prenant mon courage à
deux mains j'y suis allée. Certes, j'ai passé les
trois-quarts du film à me boucher les deux oreilles et à
fermer un oeil et demi: autant dire que je n'ai pas vu grand chose!
Mais j'avais été attirée par quelque chose de
particulier: les deux yeux bleus et les cheveux blonds d'un elfe!
Alors j'y suis retournée... deux fois. J'étais guérie
et aguerrie.
Maintenant, c'est sans crainte que je découvre de nouveaux
films tous les ans. Et avec plaisir que je redécouvre les
classiques de Disney. Cependant, j'ai toujours, avant de regarder un
film que je n'ai pas revu depuis ma période lâche et
peureuse, un zeste d'appréhension. Ce qui me faisait peur dix
ans auparavant est resté dans mon esprit avec la même
dimension effrayante. L'an dernier, j'ai regardé de nouveau
Pinocchio pour la première fois depuis une éternité,
et c'était le souvenir de la baleine noire qui m'avait
empêché de le regarder avant.
..
scène surréaliste et extrêment angoissante: la parade des éléphants roses, Dumbo
à suivre...
lundi 19 mars 2007
Souvenir
Le temps d'un après-midi, dans l'ombre de la médina de Tunis.
Un goût: la douceur du thé à la menthe.
Un son: l'air stupide de cette chanson.
Une odeur: le parfum âcre du narguilé de nos voisins fumeurs.
Une texture: le soyeux des écharpes que nous venions d'acheter et avec lesquelles nous jouions.
Une image:
mardi 21 novembre 2006
A ma mie
Marie
Ma Mie
De vue
Je vous avais perdue.
Mon coeur brisé
Etait désespéré
Et maintenant
Ranplanplan
Que vais-je faire?
Prendre le ferroviaire
Je suis à Invalides
Et mon coeur avide
Se languit
De... [reprise]
"Vers" composés lors d'une de nos nombreuses escapades dans la capitale, le jours où nous avons couru après un malheureux appareil photo, où nous avons fait la connaissance de La Boétie et où nous avons découvert que les banques fermaient le samedi après-midi...
Petites chansons d'alors:
dimanche 12 novembre 2006
Divorce
Je ne ferai jamais d'anglais! Je ferai allemand-espagnol.
J'étais ferme, et ma décision était sans appel. Je ferais de l'allemand. Et c'est ce que j'ai fait. Mais la moral de cette histoire nous apprend qu'il ne faut jamais dire jamais.
L'allemand. Qu'est-ce que j'ai pu aimer ça! C'était parfois la seule matière qui me permettait d'apprécier ma semaine au collège. Une grammaire d'un logique implacable: il suffit d'appliquer bêtement les règles et ça marche, comme en mathématiques. Des phrases construites et d'une rigueur rassurante. En plus, c'est elle qui était une vraie crème. Certes, elle se faisait marcher sur les pieds, certes peu écoutaient ses cours, mais un professeur qui m'a permis d'acquérir les bases grâce auxquelles je m'en suis sortie au lycée, puis au baccalauréat.
Et il y avait aussi l'échange. Ah! L'échange... réservé
aux cinquièmes et aux troisièmes. Je l'ai fait. Les
deux fois. Il y a eu des problèmes. Les deux fois. Oh, ça
se passait toujours à merveille sur place: je m'adapte
facilement et ai horreur des complications. Alors si quelque chose
n'allait pas, je me contentais d'attendre le retour à la
maison. J'y ai vécu des expériences que je n'ai pas
vraiment appréciées: une soirée en boîte
(ma correspondante m'a proposé de rentrer au bout d'une heure
quand elle a vu à quel point je m'ennuyais) – soit dit en
passant, la boîte s'appelait la Schildkröte, la
tortue, – et une soirée dans une pizzeria où 80% des
gens présents ont fini ivres ou complètement
''shootés'' par les joints qui tournaient. Je ne savais plus
où me mettre. Quand nous sommes rentrés, j'ai suivi ma
correspondante qui ne marchait même plus droit... Mais à
part ces quelques incidents, rien de bien grave. Non, le problème
c'est quand elles sont venues. La première n'a pas
ouvert la bouche de tout son séjour: ni bonjour, ni merci, ni
merde! Et la deuxième ne pensait qu'à sortir au
skatepark, endroit où ce retrouvaient tous ceux de mon
âge et que j'avais (et que j'ai toujours du reste) en horreur.
Quand je lui ai dit que non je ne pouvais pas l'accompagner, que
j'avais des devoirs, elle m'a fait fait la tête! Non mais je
vous jure... Et le pire de tout ça, c'est qu'elle a réussi
à me faire complexer: pourquoi suis-je si différente?
Je n'aime pas sortir, je n'aime pas boire, je refuse catégoriquement
de fumer... (Autant vous dire que je refuse encore et toujours de
fumer!). Bref, deux ratages qui ne me firent pas perdre espoir.
J'entrai sereinement au lycée.
Seconde: « Il reste des places pour partir à Heidelberg dans le cadre d'un échange, ça vous intéresse? » Évidemment, je saute sur l'occasion. Magnifique voyage, une correspondante fort sympathique avec laquelle j'ai parlé comme je ne l'avais fait en quatre ans. Petit bémol: je me découvre une allergie au tabac en attrapant une laryngite après avoir suivi ma correspondante dans un café trop enfumé. 39° de fièvre m'ont fait manquer la visite du château. Cinq mois plus tard, on m'annonce qu'elle refuse de venir en France. Comme une abrutie, je prends la décision d'accueillir une autre correspondante. Celle-ci chope un rhume et veut rentrer chez elle. Je lui cède ma chambre. Elle veut changer de famille. C'est chose faite. Je n'aurai plus de correspondante avant au moins cinquante ans!
Tous ces échecs successifs m'ont complètement
découragée. Après cela, je n'ai plus eu aucune
motivation en cours. J'ai arrêté du jour au lendemain de
fournir des efforts. Je n'ai plus travaillé que sur mes bases.
Mon vocabulaire s'est évaporé peu à peu. Ma
moyenne a baissé, mais je n'en avais cure. Je donnais tout à
l'anglais! Je ne rêvais plus que d'une chose: arrêter
l'allemand. Et c'est chose faite.
Cependant, j'ai eu un pincement au coeur quand, à l'épreuve
de LV1 au bac, j'ai levé la main en même temps que le
troupeau des anglicistes. Si je n'avais pas échangé mes
langues au bac, j'aurais pu lever la main fièrement avec les
deux autres élèves d'allemand LV1. Au lieu de ça,
j'ai renié ma promesse faite en CM2 et j'ai fait comme tout le
monde... Ma fierté en a pris un coup, mais je ne regrette pas encore mon choix.
lundi 7 août 2006
Senteurs méridionales (le 3 août)
Dans l'air brûlant de
l'après-midi, le pin exhale sa forte odeur de résine.
Une main s'égare dans la haie de romarin; un doigt s'attarde
sur les fines feuilles. Son parfum entêtant y restera pendant
des heures. Marchez le soir dans l'herbe et vous sentirez le thym et
ce qu'on appelle le poivre de l'âne. Si vous approchez de la
piscine, le chlore vous piquera les yeux et le nez. Quand on arrose,
de la terre rouge du midi émane une senteur toute
particulière.
Ces odeurs, je les connais depuis
que je suis toute petite, depuis toujours. Tous les étés,
séjour de mise chez la grand-mère, dans la demeure
varoise. Pour beaucoup de gens, ces parfums signifient beaucoup. Pour
beaucoup de gens, ces senteurs sont celles du paradis. Pour moi,
elles ne signifient rien. Aucune émotion, aucun bon souvenir,
rien. Je les reconnaîtrais entre mille, ne les oublierai
certainement jamais, mais elles me laissent de marbre.
mardi 11 juillet 2006
Saint Gervais
Un lavoir avec des
têtards,
Une route qui monte
en serpentant,
Nous arrivons, il se
fait tard,
Dans le chalet des
grands-parents.
Dans le jardin, des
framboisiers par centaines. Le soir, nous rentrons au chalet tout barbouillés
du jus des fruits que nous avons dévorés tout au long de la journée. Le temps
fraîchit. Le repas touche à sa fin. La carafe contient encore de l'eau. Une
légère dispute s'élève alors pour savoir qui ira arroser "la petite
fougère" au pied du grand rosier rouge.
C'est l'après-midi,
le soleil tape fort. En maillot de bain, coiffés de bobs ayant appartenu à nos
oncles et tantes, nous ramassons les fleurs fanées coupées par mon grand-père.
Nous les trions par couleur. Plus tard, sur la table du jardin. Des assiettes
et des bols en pastiques. Les fleurs coupées attendent dans un baril de
lessive. De l'eau. Nous commençons les mélanges: nous fabriquons de la
teinture...
La Martinière... Tel était le nom de ce chalet. Aujourd'hui, des chambres d'hôte. Tout a disparu, sauf peut-être cette vue sur le toit du monde. Seule a survécu la petite fougère, qui s'épanouit dans mon jardin, au milieu des bruyères et autres azalées. Reste bien petit d'une maison si pleine de souvenirs... Encore un deuil que je ne parviens pas à faire.










