13 septembre 2012

Azimut

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Titre Azimut, tome 1 "Les aventuriers du temps perdu" (série)

Scénario : Wilfrid Lupano
Dessin et couleurs : Jean-Baptiste Andreae

Editeur : Vents d'Ouest (2012)

Avec un titre pareil, comment aurais-je pu ne pas être intriguée immédiatement ? Azimut, « Les aventuriers du temps perdu ». Qui résisterait à un titre-valise, dans lequel se rencontrent Marcel Proust et Indiana Jones ? Et le contenu est à la hauteur. Ajoutons à Proust et Indiana, Lewis Carroll, un peu de Dali, et pourquoi pas un ou deux auteurs de science-fiction, le tout saupondré de contes ancestraux et de récits d'aventure ?

Quentin de la Pérue, explorateur, débarque après deux ans d'errances maritimes et s'apprête à coloniser pour le royaume de Ponduche... la plage de Ponduche. Impossible, me direz-vous ? Que nenni, rien n'est impossible dans cet univers. Et tout s'explique quand le monarque Irénée le Magnanime explique qu'ils ont perdu le Nord. En effet, un petit rigolo s'est amusé à dérober le Pôle Nord, si bien que toutes les boussoles s'affolent.

Entre temps, Aristide Breloquinte, savant fou de son état, étudie les animaux chronoptères. Il est spécialiste des Belles Lurettes et autres Coucous des pendules. Un peintre, Eugène, se meurt d'amour et de haine pour la belle qui l'a abandonné. Et la sulfureuse Manie Ganza, princesse au passé mystérieux, en réalité voleuse de crones et qui cherche à s'attaquer à la banque du temps. Parmi ces humains évoluent des saugres, chimères improbables (animaux, poêles à bois, épouvantails et j'en passe) douées de parole, sorties d’œufs de clepsygrues.

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Vous l'aurez compris, cette fable, ce conte, cette aventure, je ne sais quel nom lui donner, mélange avec subtilité et génie le burlesque, le surréalisme, le baroque, l'imaginaire, le... bref, tout. Lapin blanc à la Alice, contes de la Saint-Glinglin, tout un mélange pétillant et frétillant sur un univers dans lequel un drame se prépare : qui a volé le Pôle Nord et dans quel but, qu'est donc cette banque du temps dont tout le monde pense qu'elle n'existe pas, qui est véritablement Manie Ganza ? Autant de mystères qui devront attendre le tome suivant.

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11 septembre 2012

Love

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Titre Love, tome 1 "Le tigre"

Scénario : Frédéric Brrémaud
Dessin et couleurs : Federico Bertolucci

Editeur : Ankama (2011)

Histoire muette, le lecteur qui n'a plus qu'à savourer les images splendides de ce livre, suit le quotidien d'un tigre au coeur de la jungle.

Le silence semble bruisser des sons de la forêt : on entend la chute d'eau, les rugissement de la panthère, les coups de griffe tranchant l'air, le pas lourd de l'éléphant. Et on admire, bouche bée, la magnificence du seigneur tigre.

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08 septembre 2012

Nouvelle marotte

La série a déjà deux ans, mais je ne suis pas à ça prêt. Découverte à la télé la semaine dernière, quatre épisodes d'un coup, j'ai eu du mal à m'arrêter. Finalement, la fin de la première saison va m'apporter un répit d'un jour ou deux, j'espère.

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Alex et la fameuse Nikita

Tirée du film, que j'ai envie mais pas encore eu l'occasion de voir, Nikita a tous les ingrédients pour me plaire. Espionnage, intrigues intriquées et tordues, trahisons, retournages de veste à la pelle, on ne sait plus qui est avec qui, complots et machinations politiques, et beaucoup d'action (les anglophones emploieraient volontier le mot si délicat de "mind fuck" à ce sujet, mais je suis trop sophistiquée pour ça). Et des personnages féminins forts. Ce n'est pas compliqué : les deux personnages centraux sont des femmes et le plus terrifiant des personnages (les psychologues sont effrayants quand ils œuvrent « pour le mal ») est une femme. Les hommes, en comparaison, semblent plus effacés, mais ce n'est qu'une vue de l'esprit. J'ai une affection toute particulière pour le hacker-geek-génial.

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En haut à gauche, Michael, un méchant-gentil-loyal-on-ne-sait-pas-envers-qui.
A sa droite, Birkhoff, mon geek préféré.

En bas à gauche, Amanda la psy traumatisante et très bizarre et détestable.
Enfin, Ryan, des renseignements à la CIA (il en fallait bien un).

Par contre, le doublage français n'a pas eu l'heur de vouloir laisser les intrigues internationales en multilingue : déjà que l'anglais a tendance à être parlé aussi facilement en Ouzbékistan qu'au fin fond de la Sibérie dans la VO, mais quand même les morceaux sous-titrés anglais sont doublés, ça devient ridicule (sans doute est-ce la faute au torrent, mais chut, faut pas le dire) ! C'est dommage, les complications linguistiques sont toujours tout-à-fait fascinantes dans les films d'espionnage. En dehors de ces détails, les voix françaises sont plutôt réussies, ce qui n'est pas souvent le cas.

En attendant, j'ai synthétisé cinq seconde de voix (clic clic pour écouter), et fait des arbres syntaxiques de ouf !

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07 septembre 2012

En attendant

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06 septembre 2012

Les Chevaux du vent

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Titre Les Chevaux du vent (twoshots)

Scénario : Lax
Dessin et couleurs : Fournier

Editeur : Dupuis (2012)

L'histoire se passe au Népal, dans le fin fond de l'Himalaya, à la frontière du Mustang et du Tibet, pendant la colonisation anglaise. Un paysan, sa femme et ses trois fils vivent dans un village reculé, isolé dans l'immensité des montagnes. Le benjamin est muet, et les autres enfants l'ont choisi comme souffre douleur. Afin de le protéger, son père l'envoie dans un monastère au Mustang, où il sera moine. Douze ans plus tard, c'est le cadet qui quitte la maison, pour s'engager dans l'armée anglaise. Le père, qui ne s'est toujours pas remis du départ de son petit dernier, décide de partir pour le monastère. Seulement, depuis le temps, les frontières du Mustang se sont fermées : il n'est plus possible d'y entrer sans laisser-passer. Alors il s'engage dans l'armée anglaise, comme cartographe : il sera alors envoyé comme espion au Mustang pour faire des relevés.

L'histoire est poignante, les dessins splendides. Les marches interminables sur les sentiers escarpés, les nuits passées dans le silence de l'Himalaya. Les querelles entre frères, la perte d'un fils, la jalousie. Le danger que l'on croit venir de la nature même du paysage est en réalité plus menaçant lorsqu'il vient des hommes.

Sorte d'épopée en deux volumes, histoire complète, presqu'une tragédie, Les Chevaux du vent, donne à voir des lieux et une époque fascinants, et raconte l'homme.

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29 août 2012

L'heure des poules

Couchée hier avec la volaille, ce matin, quatre heures, j'étais éveillée et prête à travailler.

Le silence dans l'immeuble, seuls mes pas sur le parquet craquant troublent la quiétude nocturne. La fenêtre est ouverte, mais pas un bruit dehors.

Peu à peu, les minutes puis les heures passent, le quotidien s'éveille. Six heures à peine passées, le ciel se teinte de rose et d'orangé. Le soleil semble se lever, là-bas, derrirèe mon horizon bouché par un immeuble trop grand.

Mon travail a peu avancé, mais j'ai l'esprit tranquille : j'ai récupéré mes corpus pour travailler. Ovide, Les Métamorphoses, pour la traduction automatique, et la revue TAL 2011 pour l'extraction sémantique.

Installation de programmes, lecture de cours en ligne, déchiffrage de probabilités, parcours d'arbres XML. Mon esprit s'embrouille un peu. Deux bols de caféines plus tard, je me rends compte qu'il est déjà l'heure de partir au boulot.

L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. J'aime ce dicton.

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27 août 2012

Art cinétique

J'ignorais tout de l'art cinétique, ou presque. Je savais qu'il existait des mobiles, probablements une des formes d'art qui me fascinent le plus. Puis un jour, sur un blog dont j'ai perdu le nom, j'ai découvert une vidéo présentant l'oeuvre de Choe U-Ram.

Comme Canalblog refuse de jouer la vidéo que je voulais mettre, vous pouvez la voir en cliquant sur ce lien. Et en attendant, vous pouvez toujours admirer Una Lumino Portentum :

D'une finesse et d'une poésie rares, ces faune et flore d'un autre monde sont absolument superbes ! En outre, de nombreuses oeuvre ont un titre latin, comme si elles cherchaient à s'intégrer dans le classement des êtres vivants.

UnaLumino_portentum - Choe U-Ram

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26 août 2012

Courtney Crumrin

Courtney Crumrin - 1, Les choses de la nuit

Titre Courtney Crumrin, tome 1 "Les Choses de la nuit"

Scénario et dessin : Ted Naifeh
Couleurs :  Warren Wucinich
Traduction : Achille(s)

Editeur : Akileos (2012)

Couverture d'un beau violet, assez sombre, tirant sur le pourpre, mate. Au centre, l'image d'un enfant-adolescent, visage renfrogné : je ne sais trop s'il s'agit d'une jeune fille ou d'un garçon. Bestioles dentues et poilues, bibliothèque obscure, crâne. « Les choses de la Nuit ». Mouais, tout ça m'a l'air un peu gothique, je ne suis pas fan. Mais l'éditeur s'appelle Akileos, alors bon, je retourne le livre, pour lire le résumé.

« Courtney Crumrin, c'est un peu les peurs et les angoisses des adolescents contre des spectres effrayants, à quoi on rajouterait un excellent divertissement. » Bon, après tout, pourquoi pas. Sans doute plaira-t-elle à mes collégiens.

Je plonge dans l'histoire. Le graphisme est un peu étrange et les couleurs ne me plaisent pas vraiment. Mais le scénario est pas mal fichu, et malgré moi, je tourne la page à chaque fin de chapitre pour savoir la suite. Bien entendu, la fin du volume arrivée, je n'en ai pas assez.

Les personnages sont intéressants. Les parents de Courtney (c'est donc une fille sur la couverture) m'ont rappelé ceux de Coraline, un peu. Courtney a d'ailleurs beaucoup d'une héroïne à la Burton-Gaiman. L'histoire n'est pas niaise, et certains passages sont d'une cruauté assez désarmante : son seul « ami » (ceci est un bien grand mot, disons la seule personne qui lui ait adressé la parole à l'école) se fait dévorer par une espèce de monstre* de la forêt, et personne ne s'en émeut. Bien sûr, on comprend vite que l'ambiance de ce quartier n'est pas tout à fait normale, mais tout de même.

Bref, une histoire pour adolescents, qui, sous ses airs « à la mode » et convenus, se lit sans difficulté, comme une bonne aventure. Escapade dans les sous-sols du fantastique tout-à-fait acceptable !

edit : anciennement "montre", récemmeent corrigé

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22 août 2012

Curiosity Shop

Curiosity Shop - 2, Au-dessus de la mêlée

Titre Curiosity Shop, tome 2 "1915 - Au-dessus de la mêlée"

Scénaro : Teresa Valero
Dessin : Montse Martin
Couleurs : Montse Martin & Gabor

Editeur : Glénat (2012)

Le récit s'ouvre sur un conte, que le narrateur coupe avant la fin : extrait des Mille et une nuits, Shéhérazade voit le jour se lever et se tait ; le bonhomme au chapeau melon en fait autant, au grand dam de ses auditeurs. Max, jeune fille en fleurs et pour le moins intrépide, en fait partie.

L'histoire se déroule en Espagne, alors que la première guerre mondiale fait des ravages. L'Espagne est neutre, mais cette guerre est sur toutes les lèvres et la contrebande est florissante. Dans ce décors particulier s'ouvre une chasse au trésor. Antiquaires louches, pas forcément recommandables, partent à la poursuite de la table de Salomon, au cœur du conte d'ouverture. Max, qui aide Luna, une vieille dame, à tenir sa boutique d'antiquités, refuse de rester à s'ennuyer à Madrid et part elle aussi pour Tolède, sur les traces de ce trésor légendaire.

Le dessin n'est pas désagréable, quoiqu'assez classique, et grandement mis en valeur par la couleur. La narration très dynamique, voire haletante à certains moments, nous fait suivre avec avidité les aventures de Max et des autres. Les quatre principaux personnages sont très attachants, tous à leur manière, et leur part de mystère ne fait que leur donner plus de force.

En achetant cet album (que j'ai choisi – je ne le cache pas – pour sa couverture à la Muscha), je ne pensais pas que ce serait si bien. Maintenant, je n'ai plus qu'une envie : savoir la suite ! Et le petit côté Indiana Jones au féminin qui s'en dégage n'est pas pour me déplaire, au contraire.

PS : je n'ai découvert qu'en rédigeant cet article qu'il s'agissant d'un deuxième tome. Ce fait ne m'a absolument pas dérangée pour la compréhension de l'histoire, même s'il est fort probable que certaines petites bizarreries trouvent leur explication dans le tome un.

Curiosity Shop

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La Douce

La Douce

Titre La Douce (oneshot)

Auteur : François Schuiten

Editeur : Casterman (2012)

Cette histoire, c'est celle d'un mécanicien, Léon Van Bel, presque amoureux de la locomotive qu'il conduit, la 12.004, qu'il a surnommé "la Douce". Locomotive à vapeur, cela va sans dire. Mais peu à peu, l'électricité remplace la vapeur, et les téléphériques se chargent désormais du transport des marchandises et des voyageurs. Les locomotives partent pour la féraille. Et ça, Léon, ne peut l'accepter : sa Douce, c'est toute sa vie.

Une très belle histoire aux accents réalistes - j'ai fini par comprendre qu'il ne s'agissait pas d'un récit historique quand sont apparus les téléphériques et les mystérieuses innondations - qui nous emmènent dans l'Histoire (avec un grand H) du chemin de fer. Parce que la locomotive 12.004 a existé.

Le récit est captivant, le personnage de Léon émouvant, et le graphisme de François Schuiten, comme toujours, envoûtant ! Paysages et architectures sont à couper le souffle. Et certains passages font rêver, dont une traversé du pays en voyageurs clandestins à bord d'une cabine de téléphérique. Le côté cabane improvisée a un petit quelque chose de La Tempête (de Florence Seyvos et Claude Ponti).

Bref, un délicieux mesclun d'Histoire, de train, de science-fiction et d'aventure, servi avec son superbe graphisme noir et blanc.

La Douce

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