09 octobre 2008

Amphithéâtre

Après la découverte des salles non chauffées, des salles trop petites, des salles qui résonnent, aujourd'hui j'ai testé pour vous... l'amphithéâtre! Mais attention, pas n'importe quels amphithéâtres: Guizot et Richelieu, de la Sorbonne, s'il-vous-plaît.
Tout d'abord, j'ai découvert qu'amphithéâtre rimait avec inconfort le plus total. Ma foi, Guizot passe encore: les place accolées deux à deux, la tablette de vingt centimètre de large pour poser copies doubles, trieurs, pochettes et trousse. On fait plus pratique. Et puis, au bout d'une heure, votre postérieur est en souffrance. Mais votre torture est trop douce: après cela, vous enchaînez avec une heure à Richelieu.
Et là, c'est le drame. Pas de tablette du tout, des bancs étroits qui font encore plus mal aux fesses si possible. Et au bout d'une heure pliés sur vos genoux, vous avez le dos en compote. Sans compter qu'à quatre-vingt dans un amphi de six cents personnes, on est un peu ridicule.
Cela dit, l'endroit n'en reste pas moins impressionnant avec ses rangées de bancs sinueuses, ses dorures, ses peintures, et son Richelieu, majestueux, imposant, de marbre.

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08 octobre 2008

Beau en soi

Je vous fais peur tout d'un coup? Vous avez cru l'espace d'un instant avoir lu de travers? Je vous rassure: je ne me suis pas prise d'une affection aussi subite que soudaine pour la philosophie du Beau, pas plus que pour la philosophie tout court. En fait, je voudrais vous parler de quelque chose que j'ai vu, lu, regardé, admiré. Quelque chose de beau.

Tout commença par une coïncidence illustrant parfaitement "les grands esprits se rencontrent" (parce que oui, el Teckel et moi sommes de grands esprits, c'est bien connu!). Un soir que je faisais le tour des blogs, je tombai sur une page de toute bauté. Si si. Complètement némue, je me dépêche de faire part de mon enthousiasme au Teckel. Au même moment, elle faillit en faire autant, mais trop lente, elle dut se contenter de répondre "je voulais te dire la même chose". Elle me conseilla alors de faire de la publicité pour cette belle chose, idée que j'ai eue hier, mais trop fatiguée, je dus la repousser. Bref, tout ça pour dire que nous sommes unanimes (et oui, on peut être unanime à deux): allez voir la dernière planche de La Lanterne brisée, intitulée "étude sur une musique".

En règle général, cette fille dessine comme une déesse, mais en plus son encrage est sublime. Finesse et souplesse du trait s'opposent de façon géniale à la rudesse du contraste noir et blanc, sans trame, sans gris. De plus, le récit est toujours bien mené, ce qui ne gâche rien et permet de se dire que oui, la bande dessinée est un art à part entière.

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07 octobre 2008

Lectures

Lectures en cours:

  1. Une histoire de la lecture, Alberto Manguel. Au passage, j'ai envie de mettre une phrase que j'ai adorée (même s'il y a beaucoup de très belles phrases): "Ce fut (...) lorsque je touchai pour la première fois le corps de mon amant, que je me rendis compte que la littérature pouvait parfois être inférieure à l'événement véritable."
  2. Le Capitaine Pamphile, Alexandre Dumas.  Je n'en suis restée qu'aux mésaventures d'une tortue prénommée Gazelle. C'est drôle, cynique et... drôle (pour l'instant: il paraît qu'après ça devient plus sombre, avec des morts et des massacres et tout).
  3. Les Animaux célèbres, Michel Pastoureau. J'ai encore un long chemin à parcourir, depuis l'ânesse de Balaam jusqu'à Milou, aux sangliers d'Obélix et à Dolly, la brebis clônée.
  4. La Révolte des accents, Erik Orsenna. Dans la continuité de La Grammaire est une chanson douce et des Chevaliers du subjonctif.

Lectures obligatoires non entammées:

  1. Vie d'Agricola, Tacite. Le chapitre sur la géographie de la Bretagne (i.e. Grande-Bretagne actuelle) me tente énormément... (humour inside)
  2. Sur la disparition des oracles (communément appelé "De defectu oraculorum", alors que c'est un texte grec, allez savoir pourquoi!), Plutarque. Le cours d'introduction m'a fait peur, m'a laissée perplexe, j'ai surnagé dans les courant philosophiques.

Lectures tentatrices qui ne tarderont pas à s'ajouter à la liste 1:

  1. Les mille et une nuits.
  2. Bleu, histoire d'une couleur, Michel Pastoureau.
  3. Le Valet de peinture, Jean-Daniel Baltassat.
  4. Des contes et des légendes par dizaines!
  5. Et encore plein d'autres choses (notamment des mangas et des bandes dessinées)...

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Invasion

"Qui était en khâgne l'année dernière?" demanda innocemment le professeur au quatre-vingt* têtes blondes (ou pas) qui s'étaient entassées tant bien que mal dans la bibliothèque de l'UFR de grec. Et là, catastrophe.

Une marée humaine leva fièrement la main, des visages aux premiers rangs se retournèrent pour constater les dégâts, quelques rires nerveux s'étiolèrent dans l'atmosphère suffocante. C'en était fait des fâkheux. Les khâgneux avaient tout submergé. Effrayante constatation.

* Ceci est une estimation...

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Reprenons!

Finalement, je ne suis pas restée si longtemps dans mon bain: mes doigts ne sont même pas fripés!

Aujourd'hui, j'ai fait de la linguistique grecque, de la grammaire comparée, de la linguistique latine (option), de la linguistique latine (pas option) et de l'ancien français... enfin, un cours d'introduction à l'histoire de la langue française. Je n'avais pas l'impression que c'était la rentrée, malgré le stress qui m'a rongé les entrailles pendant ma demi-heure d'attente, entre 8h30 et 9h, ce matin. En fait, j'ai bien aimé les cours, mais n'ai ressenti aucun enthousiasme, un peu comme si j'étais déjà fatiguée. Ou peut-être suis-je encore fatiguée de ces trois mois d'inaction. Je ne sais pas, mais je 'étais pas dans l'optique "rentrée".

Ce matin, j'ai eu la joie de découvrir que mes pronostiques étaient exacts: nous sommes à peine dix dans le parcours "linguistique et phonologie"... dont trois rescapées de la classe de l'an dernier. Le reste se compose de khâgneux suicidaires, d'un normalien tout sauf normal et de quelques personnes âgées en manque de langues anciennes...

La bibliothèque de l'UFR de grec, où nous avons passé nos trois premières heures de cours, a vraiment un charme très particulier, mais il y fait froid. En fait, il fait froid dans toutes les salles de cette fac. Voyez-vous, de 15 à 19h, j'ai testé la salle 664, perdu au fond de la cour Saint Jacques (que l'on ne trouve pas si on ne sait pas qu'elle existe): pendant quatre heure j'ai gardé veste et écharpe en claquant des dents et en priant pour que mes orteils ne tombent pas à la sortie du cours. Grandiôse!

Demain, j'ai deux heures de cours... On verra bien comment ça se passera.

See you!

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06 octobre 2008

Longue journée

Je pourrais vous raconter ma rentrée dans les moindres détails, vous décrire les professeurs, les salles de cours, vous résumer ce que j'ai appris aujourd'hui, mais quel intérêt? Je suis fatiguée. La journée a été longue. Et j'ai froid. Je m'en vais prendre un bain. Peut-être à mon retour (si je ne me suis pas endormie et noyée dans la baignoire) aurai-je le courage de vous en dire davantage, qui sait?

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05 octobre 2008

Rentrée

couronne_laur_eDemain, c'est la rentrée. Enfin.
Je n'en pouvais plus d'attendre, de ne rien avoir à faire. En réalité, il y a des choses que j'aurais dû faire, mais à force d'inactivité, on oublie de les faire. Je n'ai pas appris mon aoriste de grec moderne pour jeudi, je n'ai lu ni Tacite ni Plutarque. J'aurais pu relire mes conjugaisons grecs, ma syntaxe latine. Mais non.
Au lieu de ça, j'ai fait un peu de tri, ici, sur ce blog. Enfin, pas encore, mais ça va venir. D'ici quelques jours, toutes mes notes d'hypokhâgne vont disparaître. Enfin, pas vraiment. Je suis en train de les faire migrer sur un autre blog, ouvert juste pour l'année d'hypokhâgne. Pourquoi? Parce qu'elle y seront mieux, entre parenthèses. Ce n'est pas comme si cette année n'avait pas été à part. Elle mérite un blog rien que pour elle. Un blog, parce que je n'avais pas le temps de scripter une page rien que pour ça. Peut-être un jour... Pour l'instant, c'est sur HYPALLAGE que ça se passe.
Mes affaires pour demain sont presque prêtes. Il ne faudra pas que j'oublie de faire mon pic-nique: à force de vacances, j'ai perdu mes habitudes. C'est étrange, quand on rentre un mois après tout le monde, on n'a pas l'impression que c'est une vraie rentrée. Avec le temps, il n'y a plus à la maison cette effervescence qui régnait les veilles de rentrée, avant.
Il est presque onze heures, je n'ai pas vraiment envie d'aller me coucher, et n'ai qu'une peur: oublier que j'ai mes premiers cours demain. Pourtant, j'ai programmé mon réveil: il sonnera à six heure trente.
Demain, à neuf heures, ce sera l'instant de vérité: la salle du deuxième étage est-elle, comme je me l'imagine jusque-là, la salle de l'UFR de grec? Réponse demain soir! (Et oui, le jour de la rentrée, je fais 9h-19h, sinon, ce n'est pas drôle.)

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02 octobre 2008

Épître à Papy

Mon petit Papy chéri,

Voilà un début plus personnel que celui qui commençait mes cartes postales, quand j'étais petite, plus personnel que le traditionnel Cher Papi. Je ne sais pourquoi j'ai eu soudain l'envie de t'écrire. Malheureusement, là où tu es aujourd'hui, il n'y a pas d'adresse.

C'est amusant, quand je pouvais encore t'écrire, je ne le faisais que lorsque j'étais en vacances, pour te dire que tout allait bien, et que je m'amusais bien. Maintenant que j'ai grandi, un peu, je crois, je réalise tout ce que je ne t'ai jamais dit, et ne te dirai que dans mes pensées et mes rêves.

Aujourd'hui, j'ai envie de te dire que tu me manques. Je pense souvent à toi, tu sais. Quand je vois cette photo posée à côté de l'aquarium, quand je vois ce sourire si rare dans mes souvenirs d'enfant, je pense à toi.

Vois-tu, aujourd'hui, plus personne ne veut jouer avec moi à la belote. Et avec le temps, les règles se sont enfuies: je ne peux même plus les enseigner à mes amies. Je vous revoie encore, Mamie et toi, sur la table ronde du salon, avec vos amis. Belote. Rebelote. C'est loin tout ça. À Fayence, je ne crois pas y retourner un jour avec tout le monde. Je ne veux plus y aller l'été. Je préfère février. Mais tu sais, Théo s'occupe du potager; on a même eu des tomates l'été dernier! Depuis que tu n'es plus là, le pêcher est mort, et on a arraché ton bébé prunier. La piscine est maintenant sous cloche, et plus personne ne peut plonger du muret: tu n'auras donc pas de successeur, tu resteras seul détenteur du titre.

Maintenant, j'ai mon permis, et dans quelques semaines, cela fera deux ans. Savais-tu que Cécile aussi avait passé le cap? Depuis le mois de mars je crois, elle l'a. D'ailleurs, la voiture que nous préférons conduire, c'est la tienne. Ton Berlingo turquoise, enfin, vert d'eau. Cet été, j'ai été surprise d'y trouver une vieille carte des environs de Savigny. Je suppose qu'elle t'appartient, non?

L'année dernière, j'ai écouté en entier, pour la première fois, ta chanson. Tu sais? Celle qui fait étoile des neiges... je crois bien que je préfère quand c'est toi qui chante.

Dans quelques mois, c'est Noël. On voit déjà des calendriers de l'Avent dans les magasins, c'est étrange. Dans quelques mois, nous serons six autour de la table, où nous aurions dû être sept. À chaque fois que je vais chez Mamie, la maison semble vide. Ou du moins, elle reste silencieuse. Tu serais étonné de voir comme la région a changé! Près de chez toi, le centre commercial pousse comme un champignon, et devant chez moi, ils construisent une résidence. Et il y a une école aussi, qui a été construite dans ton quartier. Si tu étais resté, tu en aurais conçu la charpente, je suppose.

Tu sais Papy, il est tard. J'aurais encore tant de choses à te dire! Malheureusement, une simple soirée ne suffira pas. Et puis, il faut que je garde des choses à te raconter, pour la prochaine fois.

Je t'embrasse très fort. Tu me manques.

L.

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Cafard

Je m'ennuie, alors je lis mes vieilles notes de blog, écrites quand j'étais productive en hypokhâgne.
D'un coup, j'ai réalisé une chose: la dernière fois que j'ai vu ma prof d'histoire de lycée, c'était à Fès... Cette étrangeté me donne soudain envie de pleurer.

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Arrière-goût

Des visages souriants, plus ou moins. Du soleil, beaucoup de soleil. Un peu d'alcool, mais pas trop, des quiches et des salades. Des petits groupes. Une tablée. Et ce silence. Ce silence qui s'étire, cet ange que personne n'a invité. Ce silence qui depuis me hante, me reste en travers de la gorge, comme pour m'avertir que ça ne s'est pas bien passé, ou plutôt, que ce n'est pas passé. Alors je n'en parle pas, parce que je n'en ai pas le courage, et j'essaie de ne pas y penser.

Mais un mois cloitrée dans ma chambre, ou presque, et voilà que ça me tourne dans la cervelle, un peu comme un poisson tourne dans son bocal. Je n'en parle pas, alors pas de démenti ou de confirmation. Donc l'impression reste, incertaine, flou, mouvante, amère. Ça fait mal, ou plutôt, ça fait peur. Je ne sais pas.

 

Le silence...

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