lundi 2 juin 2008
Bienvenue à Poudlard... euh, la Sorbonne!
Après un déjeuner conséquent, nous nous apprêtons à affronter les dédales de la Sorbonne.
Entrées par la cour, nous passons sous l'amphithéâtre Richelieu, puis à droit direction la Scolarité. Une porte, une petite cour, une autre porte, un couloir et une troisième porte. Une femme nous demande ce que nous voulons tout en saluant une certaine Maria au téléphone.
« Bonjour, nous cherchons l'UFR d'histoire-géographie
- Alors, escalier F, deuxième étage et demi. Après, il faut demander, parce que c'est difficile à trouver. »
Un
regard éberlué plus tard, nous partons à la
recherche de l'escalier F. après deux étages, nous nous
arrêtons pour regarder un plan en coupe de l'Université.
Non seulement on nous demande de trouver le deuxième étage
et
demi
, mais en plus, il y a des morceaux du plan qui se baladent entre les
étages, deux salles entre le niveau F et le G etc. Les yeux
comme des soucoupes, nous observons ce plan plus qu'improbable. Et
pourquoi le rez-de-chaussée s'appelle-t-il niveau C? La
logique de l'administration laisse vraiment à désirer.
Nous arpentons le couloir du deuxième étage, suivant les flèches qui indiquent l'UFR de philosophie. Peut-être cela nous mènera-t-il quelque part. Puis quelques portes et cages d'escalier plus tard, nous voyons fléché en tout petit « UFR d'histoire ». Oula! Mais où est-ce que ça mène? Un tout petit escalier en colimaçon, sorte d'escalier de service, monte à une sorte d'étage qui n'en est pas un: c'est le demi-étage en question! Eurêka!
Nous montons, ouvrons une porte, nous trouvons dans un couloir qui rendrais malade un claustrophobe tant il est étroit, puis nous avisons la porte du secrétariat. « Ouvert de 9h30 à 12h30 le vendredi ». Grrrrr...
« Et si l'on partait à la recherche de l'UFR de grec?
- Tu crois qu'il est à l'étage 3 ¾?
- Sûrement. » Bientôt, les escaliers se déroberont sous nos pas, des passages secrets se dissimuleront derrière des tapisseries et Dumbledore sera le nouveau directeur de Paris IV-Sorbonne. Bienvenue à Poudlard!
lundi 26 mai 2008
Back to reality
Lever:
5h30
Départ: 6h20
Arrivée: 9h30
Petit-déjeuner.
Sieste matinale jusqu'à: 12h15
Tour du jardin: sous la
pluie
Déjeuner: en ville
Sieste jusqu'à:
17h30
Grec moderne, tour dans le jardin
Dîner:
21h30
Coucher: 22h30
Dodo
Dimanche.
Levée à sept heures et demi, j'attends que mon père revienne avec du pain frais. Après un petit-déjeuner consistant fait de thé-pain-Nutella, je m'attelle à mes révisions de grec moderne pendant que le paternel se rendort sur un Sudoku inachevé. À neuf heures quinze précisément, je quitte la maison avec mon appareil photo en poche, ma veste sur le dos et mes vieilles fausses-converses-sans-lacets aux pieds. Et je m'en vais, sur la petite route perdue au milieu des champs. Il n'y a personne. Derrière les nuages gris, le soleil se montre, timide. Un petit vent humide agite les épis verts du blé. Je ne vois devant moi que la route goudronnée, et à mes côtés, l'étendue infinie des champs. Stop. J'arrive sur la départementale, beaucoup plus passante; les voitures vont vite. Je me range sur le bas-côté, le plus loin possible du bord de la route. Les graminées m'arrivent à la taille et sont lourdes de rosée et de pluie. Bien vite, mes chaussures et chaussettes sont trempées. Mais je continue. Arrivée au rond-point, je fais demi-tour. Une heure et six kilomètres plus tard, je suis de retour dans mon jardin, le sourire aux lèvres et le silence dans les oreilles.
18h: nous sommes dans les embouteillages à Coignères. Bientôt, nous serons de retour à la maison. Je n'en ai aucune envie. Le grec moderne, c'est beaucoup mieux à la campagne.
dimanche 9 mars 2008
Martius imber*
Une veste, une écharpe et mes
baskets: ma sœur et moi allons nous promener dans la forêt. Le
ciel est gris est menaçant, mais nous comptons sur notre bonne
étoile. Malheureusement, l'astre de bonne fortune fit la
grève, ou bronzait sur quelque île du Pacifique. À
peine à une dizaine de mètres de la maison, une fine
bruine commence à tomber du ciel. Mais peu importe, nous
continuons: il ne pleuvra pas plus.
Arrivées dans la forêt, les gouttes s'épaississent. L'humidité commence à remonter sur le jean. Ma vue se brouille: mes lunettes sont couvertes de buée. Peu à peu, les cheveux dégoulinent, la pluie nous coule le long du nez, puis du menton. Je sens que l'eau a percé la barrière de mes chaussures. Le pantalon colle aux cuisses. J'ai froid dans le dos. Mais nous continuons: au point où nous en sommes...
Les rares promeneurs que nous croisons ont un parapluie. Nous discutons toutes deux, de tout, de rien. Le temps passe, l'averse continue. Quand nous nous taisons, nous entendons le bruissement de a pluie sur les feuilles mortes, dans les sous-bois. Un peu comme sur le toit d'une tente. Ça a quelque chose de réconfortant.
Nous ressortons de la forêt et approchons de la forêt quand le soleil sort des nuages et nous inonde de ses rayons. L'ondée cesse. Un arc-en-ciel immense apparaît. Entier, chatoyant dans ses sept couleurs. Du rouge à l'indigo, les nuances triomphent du nuage noir, se découpent de façon étonnante sur le ciel obscur...
* pluie de mars
samedi 29 décembre 2007
Les dernières aventures d'Incitatus
~ Mercredi 26 décembre ~
Ce jour, mon frère et moi offrons à notre sœur son cadeau d'anniversaire-Noël. Elle ne sait rien, et nous l'emmenons sur Paris.
Arrivée à la gare, juste à temps pour prendre le train, normalement. Sauf que le train est annoncé « avec un retard de quinze minutes environ ». Tssssk! Nous patientons. Le train est à l'approche, chouette! Le train est à quai. C'est qu'il va vite! Il ne freinera jamais à une vitesse pareille! En effet, le train, tout beau, semi-direct, nous passe sous le nez, laissant échapper dans l'air froid un éclat de rire sadique. Furieuse, j'entraîne frère et sœur sur un autre quai, où le train, cette fois, s'est arrêté. Mais il s'est traîné. Semi-direct, mon oeil!
À
Montparnasse, M4. O.M.G! La foule, la chaleur étouffante,
entre Montparnasse-Bienvenüe et gare du Nord. Chouette! Et puis
une fois à destination, je me rends compte qu'il faut remonter
sur un long morceau, la rue du Faubourg Saint-Denis. Et il fait nuit,
et il y a du monde. Au moins, j'ai découvert qu'il existait un
quartier pakistano-indien dans Paris... Et enfin, je vois le but de
cette escapade nocturne: le théâtre des Bouffes du Nord!
Je
récupère les places et nous montons nous installer à
la corbeille, en plein centre. Vue excellente. Et la pièce
fut... génialissime! Fous rires quasi-permanents, sourires
incessants. Sur scène six acteurs, six hommes, pour jouer tous
les personnages du Songe
d'une nuit d'été
de Shakespeare, rébaptisé pour l'occasion En attendant le songe. Pas de décors, pas de costumes: seulement des
accessoires, et des acteurs vraiment bons, qui nous ont fait croire
jusqu'au bout au rêve.
Retour par M2 (Barbès, Pigalle, Clichy) puis M13 (je suis enfin en terrain connu). Pas d'attente, ou si peu, à Montparnasse, petit changement à chantiers, et tout fut parfait. Partis à 16h30, nous étions de retour à 22h30, le sourire jusqu'aux oreilles.
~ Jeudi 27 décembre ~
Discuter avec Lu. Attendre l'arrivée du Teckel. Les regarder s'engloutir des tartines de confiture de figues, avec leur thé des écrivain anglais, sorti pour l'occasion. Discuter et délirer, dans la cuisine, dans la chambre. Puis les raccompagner à l'arrêt de bus. Juste de quoi sourire toute la journée. :)
~ Vendredi 28 décembre ~
Cela faisait trois ans que je le lui avais promis: j'ai enfin emmené mon élève au Louvre. Et je ne recommencerai pas de si tôt! C'était tout simplement é-pui-sant.
D'abord, le train. Puis le Louvre, où je découvre la joie de faire la queue pour payer une fortune l'entrée du musée. Puis le monde partout. Ceci dit, je n'avais jamais visité la partie « Arts d'Islam », est c'est vraiment magnifique! Je n'ai cessé de repenser à notre TPE, que nous avions réalisé, el Teckel et moi, sur la calligraphie arabe. Verreries, mosaïques, tapis persans... Avant de sortir, j'ai voulu montrer à mon élève la Victoire de Samothrace. Nous avons alors traversé moult pièces, complètement différentes les unes des autres, avant de parvenir à descendre l'escalier devant la Victoire, en jouant des coudes.
Pic-nique
aux Tuileries, puis direction Saint-Michel. J'en profite pour faire
quelques courses à Gibert (et Album). Chocolat viennois à
Häagen-Dazs (petite pensée pour Mimy ^^). Puis direction
Notre-Dame, où nous tombons en admiration devant l'immense
sapin illuminé, sur le parvis de la cathédrale. Vue la
file d'attente, nous n'entrerons pas. La nuit tombe, il est temps
d'aller voir les Champs.
Métro.
Les Champs sont couverts de lumière. À gauche, la
grande roue; à droite, l'Arc de Triomphe. Il ne nous reste
plus qu'à marcher jusqu'à la tour Eiffel. Mais la
demoiselle a mal aux pieds, et elle réclame des histoires pour
oublier sa douleur. J'épuise mes stocks: Proserpine,
Iphigénie, Electre, Psyche: toutes y passent. Lorsque dans le
train, elle me réclama une énième histoire, je
refusai net, ne demandant qu'une chose: le silence! Je n'aspirait
qu'au calme. Était-ce trop demander? Elle se tint coite
jusqu'à l'arrivée...
Depuis hier, j'ai mal à la gorge et le nez qui coule de plus en plus. Je me shoote donc à l'aspirine, au dafalgan et à l'advil, dans l'espoir d'être encore vivante le 31.
Sur ce, valete!
mercredi 24 octobre 2007
Ballade nécro-romantique
Pour agrandir les photos, cliquez dessus!
C'est dimanche et, avec les résidus de grève, il n'est pas évident de se rendre à Paris. Pourtant, c'est ce que nous avons fait. Nous arrivons juste à l'heure; le rendez-vous était fixé à la porte du haut du cimetière du Père Lachaise.
Rappels historiques, morceaux de biographies, portraits, anecdotes, miettes de madeleine, fragments de vers nous accompagnent dans les méandres de la nécropole. On se fraye un chemin entre les tombes, on observe les stèles délabrées avec appréhension. Les feuilles mortes craquent sous nos pas et leur gémissement résonne dans le silence dominical. Quelques rires et airs fredonnés: le guide tente de redonner vie aux morts. Mais la Chèvre de Monsieur Seguin finira dévorée par le loup, malgré nos efforts. La chute sonne, les applaudissements s'échappent, timides. Les froid est agressif, malgré le ciel pur et la lumière éclatante.
Nous arrivons à la porte du bas; le soleil descend et bientôt il fera sombre. Ses rayons rasent les dernières tombes visitées. Puis nous sortons, des bouts de mots plein la tête et notre longue promenade encore dans les pieds.
lundi 24 septembre 2007
Chronique d'un mariage, troisième épisode
~ Bonne surprise ~
L'envoi est annoncé, et c'est avec soulagement que nous nous levons de nos bancs. Sur le parvis de l'église, on retrouve quelques visages connus. Les mariés prennent la pause, les spectateurs photographient. Au dessus de nos têtes, les cloches sonnent; le soleil brille et commence lentement à descendre derrière la collégiale. La place est comble, il n'y a pas moyen de faire un pas.
Le grand-père a ressorti son uniforme et ses décorations pour l'occasion; le marié prte son haut-de-forme et son queue-de-pie avec élégance; les chapeaux donnent l'impression que la place a été fleurie pour l'occasion. Du rouge, du noir, du blanc; et certaines personnes ont osé le chamaré/perroquet. Bof! Le ridicule ne tue pas. Et elles s'amusent: ne soyons pas rabat-joie. Il n'empêche, je suis bien contente de ne pas les connaître! Elles doivent être de la famille de la mariée.
Il faut rebrousser chemin, retrouver la voiture, garée à Perpette-les-Oies. Puis il faut trouver l'endroit où a lieu le pot. C'est arrangé, nous suivrons le père du marié... quand on aura réussi à se frayer un passage dans cette cohue.
Nous nous garons au milieu des champs et entrons dans le domaine. Ont-ils loué ou est-ce que ça appartient à la famille de la mariée? C'est aux parents... oh my god! C'est immense: je ne sais plus combien de bâtiments il y a. Et un parc arboré. Magnifique.
J'erre quelques temps au milieu de tous ces visages inconnus. J'évite le champagne: à jeun, ce n'est pas une bonne idée. Finalement, je repère ma cousine. Enfin quelqu'un que je connais! Me dit-elle tout sourire. Et l'on s'en va picorer sur les buffets, discutant de tout de rien. Toujours un œil sur les chapeaux qui volettent de çà de là dans le jardin, j'ai le sourire aux lèvres. J'ai vu que l'on est à la même table. Ah? Moi je n'ai même pas vu les plans de table... mais tant mieux si l'on est ensemble.
La soirée s'annonce moins barbante que je ne le pensais.
jeudi 20 septembre 2007
Chronique d'un mariage, deuxième épisode
~ Oiseaux en cage, ou la preuve que
le ridicule ne tue pas ~
~ Remarques d'une mécréante
~
La messe est commencée, évidemment, mais notre demi-heure de retard ne nous a pas paru de trop. Je souffle, amusée, à ma génitrice: « si on avait pu se perdre un peu plus longtemps... » lorsque s'annonce l'évangile, je prie en silence pour le curé n'ait pas le mauvais goût de nous la chanter. Malheureusement, je ne fus pas entendue: tout en essayant d'étouffer le fou-rire qui me prit en écoutant la voix chevrotante du saint homme, je tendais une demi-oreille à ce qui se disait. Puis vint le sermon. J'eus alors tout le loisir de réfléchir.
* Mais quelle idée
de se marier à l'église! Pouvez-vous me dire en quoi
l'amour que se portent un homme et une femme regarde Dieu et sa
clique? Et le curé qui aime répéter: « vous
serez trois toute votre vie: Jésus vous accompagnera partout
gnagnagna... » M'enfin, depuis quand parle-t-on ménage
à trois chez les cathos? Et cette formulation explicite, je
trouve ça malsain. Pas que je sois contre les ménages à
trois, mais franchement, vivre en étant persuadé que
Dieu est avec nous est fait partie de notre ménage, ça
tourne au mysticisme le plus complet! Mais comme dit le
Teckel, tout dépend de la physionomie du Jésus en
question...
* Cette messe serait intraduisible en latin. Même Rimbaud, le fort en thème, s'y arracherait les cheveux. Je m'explique: les latins sont réputés pour être terre-à-terre; ils emploient peu de mots abstraits, même s'ils existent. Or ce sermon était tellement empli de grandes et belles idées que les latins n'y auraient compris goutte. Un peu de liberté par là, de l'amour ici, des pelletés de fraternité, d'amitié, de bonne entente, de fidélité etc. Trop peu de concret pour moi (et pour les latins), je m'ennuie ferme.
* Les chants de messe, c'est bien. Même si ce n'est pas toujours du meilleur goût, même si les frêles agneau du troupeau des fidèles ne savent pas prononcer le latin, même si c'est parfois morbide, au moins, ça occupe! Chanter à pleine voix, voilà qui empêche de rire du prêtre ou de la dame de trois rangs devant.
*
Pourquoi les dames n'ont-elles toujours pas compris que le ridicule,
s'il ne tue pas, est dangereux pour la santé mentale de ses
voisins d'église? Plumets blanc et vert, rouge et blanc, gros
papillon jaune sur le côté (pas du tout, mais alors pas
du tout, assorti aux yeux d'un bleu-vert foncé) et autre
fanfreluches. Le mieux dans tout ça, c'est qu'elles sont
fières de leur trouvaille! Et la nouvelle mode (que je n'avais
jamais vue encore) ce sont les chapeau sans fond: les cheveux sont
visibles sur le sommet du crâne. C'est vrai qu'au prix où
sont les chapeaux, on fait comme on peut pour économiser
quelques pièces! Le
ridicule ne tue pas mais ruine à coup sûr...
Nous cinq, au fond de l'église, sur la pointe des pieds dans l'espoir d'apercevoir un bout de marié(e). Nous cinq, au fond de l'église, à nous tourner les pouces pendant l'eucharistie (pas assez faim pour une ostie). Nous cinq, légèrement sceptiques face à cet engouement christique. Finalement, les mariés se sont dit oui. Cela valait-il le coup de faire tout ce tintouin, deux heures durant?
PS: Le chapeau ici présenté est beaucoup moins voyant que ceux qui étaient présents au mariage. De plus, sans tête en dessous, il est difficile de juger qu'il sied mal...
mardi 18 septembre 2007
Chronique d'un mariage, premier épisode
~ Une histoire de clochers ~
Se
lever le matin du mariage et se dire que l'on n'a rien à se
mettre. Avoir une heure et demi pour faire La Halle aux vêtements,
C&A et quelques autres boutiques où l'on ne trouvera rien.
Se rabattre sur le noir et blanc de type enterrement. Cela dit, mieux
vaut être sombre et sobre, que coloré et ridicule (des
explications viendront dans le deuxième épisode).
Partir plus tard que prévu. C'est ma sœur qui conduit. On a les embouteillages de Coignères. On doit aller jusqu'à Orléans, même après, dans une petite ville. Arriver en retard de dix minutes, se garer. Et suivre le paternel qui nous répète « ça devrait pas être loin, le clocher est juste là. » Difficile de marcher avec des talons, quand on n'en a pas l'habitude.
Au pied du clocher, se rendre compte que l'on est perdu: c'est une simple protubérence sur le toit d'une maison, qui n'a jamais connu la moindre cloche. Alors on avance dans les rues. On demande notre chemin. On arrive au pied de la collégiale. Immense, visible. Et belle, très belle.
Entrer discrètement dans l'église, aller jusqu'au fond. On n'a pas vu les mariés. On ne voit personne de connu. On reste là, debout, au fond de l'église. Finalement, nous n'avons qu'une demi-heure de retard.
samedi 25 août 2007
Vous avez été déconnecté...
Une fois l'épreuve de la plaine
céréalière d'Île-de-France passée,
on peut enfin profiter de deux jours, coupé du monde. La pluie
tombe sans cesse sur le paysage qui se délave et se dilue.
Le courage nous poussa à philosopher: un peu de doute, un malin génie, et un hôte en robe de chambre. Beaucoup de pluie: les essuie-glace ne fonctionnent pas correctement et le paysage n'en est que plus fou. De la brume et des nuances de gris s'élèvent de la terre. Le vert et les bruns disparaissent dans les nues, qui se sont abaissées.
Du Crunch, du thé, du lait, du chocolat. Un peu de musique. Deux films. Une saga. Un concept: le jeu de cartes. Et pas une seule seconde de perdue.
Dormir, manger et boire. Faire la vaisselle, de temps en temps. Puis sortir crayons, feutres, papiers et s'y perdre.
Il faut se coucher tôt (avant deux heures) parce que demain on se lève. Nous sommes fières d'avoir éteint la lumière à une heure et demi... et parlé, ri, déliré, raconté n'importe quoi jusqu'à quatre heures...
El teckel bavait devant mon fond
d'écran... J'ai été traumatisée par le
maître de Cérémonies de Cabaret.
Elle dessinait la veste de la dame de carreaux pendant que donnait
forme à un valet de pique (à droite). Elle chantait en boucle L'aigle
noir. J'entonnais « pitis
zoiseaux! » (c'est du Charpentier).
Tu crois que Snape
boit de la tisane? Il faut tuer Ginny. Remus est une bête au
lit. Harry, roi des boulets. Où il est question de pyjamas à
canards.
dimanche 24 juin 2007
Longue vie aux hellénistes!
Jeudi 21. C'est le
dernier cours de grec de l'année. Nous sommes quatre. Lu ne
viens plus depuis longtemps déjà et ma Dame-Oiselle a
quelques problèmes osseux. Ce jour-là, nous nous
attaquons à l'Odyssée, en improvisé. Et voilà
Nausicaa aux beaux bras blancs qui s'en va laver le linge des ses
frères pour qu'ils puissent aller en boîte de nuit avec
du linge propre. Soudain, au détour d'un buisson,
Ώς
ειπων θαμνων υπεδυσετο διος Όδυσσευς,
εκ
πυκινης δ ̉υλης πτορθον κλασε χειρι
παχειη
φυλλων,
ώς ρυσαιτο περι χροι μηδεα φωτος.
(A
ces mots, Ulysse émergea des broussailles. Sa forte main cassa
dans la dense verdure un rameau bien feuillu qu'il donnerait pour
voile à sa virilité.) S'ensuit une magnifique métaphore
filée, celle du lion affamée se jetant sur le troupeau.
Quatre hellénistes enragées qui rivalisent quant aux
formes verbales (là un participe aoriste second de tel verbe,
ici un impératif que personne n'avait vu venir), qui se
disputent le sens des mots à coup d'étymologies plus ou
moins vaseuses: la Marmotte va jusqu'à tout traduire de but en
blanc, se laissant porter par le sens du texte.
Il est 20h20. Nous avions rendez-vous à 19h30 devant le lycée. Peu importe, nous voilà parties vers l'antre de notre professeur de grec, à l'autre bout des Yvelines. J'avais oublié qu'il y avait tant de monde à la fête de musique à Versailles! Tant et si bien qu'après quelques errances, de nombreux feux rouges et embouteillages, « quand ça va tout droit, ça tourne », nous trouvâmes le marronnier centenaire et le cimetière et entrâmes dans le sanctuaire.
Après un festin digne de Platon en compagnie de Polo et de Bulle, après quelques rivalités et coups bas pour savoir qui serait servie en premier de mousse au chocolat, après avoir tenté de rallumer la flamme du grec, nous voilà sept dans le salon. Sept plus une chienne. Et ma Dame-Oiselle, qui après quelques verres de vin ne souffre plus du dos, et Lu partent à la découverte des CD de Mado.
Un quizz sur les slows, où la Marmotte et la Dame-Oiselle se révèlent incollables. Des musiques plus vieilles que nous, qui me rappellent les bals du village, dans le sud, les étés de mes années sans dizaine. Des chansons que j'ai (re)découvertes il y a peu. Des chansons que j'avais oubliées. Et puis, le mieux, la cerise sur le gâteau: Mado qui fait la queue-leu-leu, qui danse la macarena ou se trémousse sur Tic Tic Tac... pour rien au monde je n'aurais échangé ces fous-rires, cette insouciance qui régnait dans le salon à ce moment-là. Un beau souvenir. Et après ça, vous osez dire que le grec est une langue morte? Honte à vous, vils marauds!
..
.
Carrapicho - Tic Tic Tac
Los Del Rio - Macarena.


















