samedi 14 juin 2008
Oraux à la pelle
Mardi 10 juin
ἐπέρχεται δέ μοί
τι καὶ ἔμμετρον εἰπεῖν, ὅτι οὗτός ἐστιν ὁ ποιῶν
εἰρήνην μὲν ἐν ἀνθρώποις, πελάγει δὲ γαλήνηννηνεμίαν, ἀνέμων κοίτην ὕπνον τ᾽ ἐνὶ κήδει.
(197d) οὗτος δὲ ἡμᾶς ἀλλοτριότητος μὲν κενοῖ, οἰκειότητος δὲ πληροῖ, τὰςτοιάσδε
ξυνόδους μετ᾽ ἀλλήλων πάσας τιθεὶς ξυνιέναι, ἐν ἑορταῖς, ἐν χοροῖς, ἐν θυσίαις
γιγνόμενος ἡγεμών· πρᾳότηταμὲν πορίζων, ἀγριότητα δ᾽ ἐξορίζων· φιλόδωρος
εὐμενείας, ἄδωρος δυσμενείας· ἵλεως ἀγαθοῖς· θεατὸς σοφοῖς, ἀγαστὸς θεοῖς·
ζηλωτὸς ἀμοίροις, κτητὸς εὐμοίροις· Τρυφῆς, Ἁβρότητος, Χλιδῆς, Χαρίτων,
Ἱμέρου, Πόθου πατήρ· ἐπιμελὴς ἀγαθῶν, ἀμελὴς κακῶν· ἐν πόνῳ, ἐν φόβῳ, ἐν
πόθῳ, ἐν (197e) λόγῳ κυβερνήτης, ἐπιβάτης, παραστάτης τεκαὶ σωτὴρ ἄριστος,
ξυμπάντων τε θεῶν καὶ ἀνθρώπων κόσμος, ἡγεμὼν κάλλιστος καὶ ἄριστος, ᾧ
χρὴ ἕπεσθαι πάνταἄνδρα ἐφυμνοῦντα καλῆς ᾠδῆς μετέχοντα ἣν ᾄδει θέλγων
πάντων θεῶν τε καὶ ἀνθρώπων νόημα.
(Platon, Le Banquet) Vous avez vingt minutes pour faire une traduction et le commentaire.
Jeudi 12 juin
69)
Hoc loco, Q- Catule, te appello; loquor enim de tuo clarissimo
pulcherrimoque monumento. Non iudicis solum seueritatem in hoc
crimine, sed prope inimici atque accusatoris uim suscipere debes.
Tuus enim honos illo templo senatus populique Romani beneficio, tui
nominis aeterna memoria simul cum templo illo consecratur; tibi haec
cura suscipienda, tibi haec opera sumenda est, ut Capitolium, quem ad
modum magnificentius est restitutum, sic copiosius ornatum sit quam
fuit, ut illa flamma diuinitus exstitisse uideatur, non quae deleret
Iouis Optimi Maximi templum, sed quae praeclarius magnificentiusque
deposceret.
(70) Audisti Q- Minucium dicere domi suae deuersatum esse Antiochum regem Syracusis; se illud scire ad istum esse delatum, se scire non redditum; audisti et audies omni e conuentu Syracusano qui ita dicant, sese audientibus illud Ioui Optimo Maximo dicatum esse ab rege Antiocho et consecratum. Si iudex non esses et haec ad te delata res esset, te potissimum hoc persequi, te petere, te agere oporteret. Quare non dubito quo animo iudex huius criminis esse debeas, qui apud alium iudicem multo acrior quam ego sum actor accusatorque esse deberes.
(71)
Vobis autem, iudices, quid hoc indignius aut quid minus ferendum
uideri potest? Verresne habebit domi suae candelabrum Iouis e gemmis
auroque perfectum? cuius fulgore conlucere atque inlustrari Iouis
Optimi Maximi templum oportebat, id apud istum in eius modi conuiuiis
constituetur, quae domesticis stupris flagitiisque flagrabunt? in
istius lenonis turpissimi domo simul cum ceteris Chelidonis
hereditariis ornamentis Capitoli ornamenta ponentur? Quid huic sacri
umquam fore aut quid religiosi fuisse putatis qui nunc tanto scelere
se obstrictum esse non sentiat, qui in iudicium ueniat ubi ne precari
quidem Iouem Optimum Maximum atque ab eo auxilium petere more omnium
possit? a quo etiam di immortales sua repetunt in eo iudicio quod
hominibus ad suas res repetendas est constitutum. Miramur Athenis
Mineruam, Deli Apollinem, Iunonem Sami, Pergae Dianam, multos
praeterea ab isto deos tota Asia Graeciaque uiolatos, qui a Capitolio
manus abstinere non potuerit? Quod priuati homines de suis pecuniis
ornant ornaturique sunt, id C- Verres ab regibus ornari non passus
est.
(Cicéron, De Signis) Vous avez un quart d'heure pour préparer une traduction.
Vendredi 13 juin
Respicimus: angues orbibus geminis ferunt
ad saxa fluctus, tumida quorum pectora
rates ut altae lateribus spumas agunt.
Dat cauda sonitum, liberae ponto iubae
consentiunt luminibus, fulmineum iubar
incendit aequor sibilisque undae tremunt.
Stupuere mentes. Infulis stabant sacri
Phrygioque cultu gemina nati pignora
Lauconte. Quos repente tergoribus ligant
angues corusci. Paruulas illi manus
ad ora referunt, neuter auxilio sibi,
uterque fratri; transtulit pietas uices
morsque ipsa miseros mutuo perdit metu.
(Pétrone, Satiricon) Vous avez vingt minutes pour préparer une traduction et un commentaire.
vendredi 23 mai 2008
♀♂
"Being a man and being a woman in Macbeth."
Vous avez une heure...
(Dire que je rêvais d'un sujet sur le surnaturel dans Macbeth...)
dimanche 18 mai 2008
La Femme et le Dragon
Καὶ σημεῖον μέγα ὤφθη ἐν τῷ οὐρανῷ, γυνὴ περιβεβλημένη τὸν ἥλιον, καὶ ἡ
σελήνη ὑποκάτω τῶν ποδῶν αὐτῆς, καὶ ἐπὶ τῆς κεφαλῆς αὐτῆς στέφανος
ἀστέρων δώδεκα,
καὶ ἐν γαστρὶ ἔχουσα, καὶ κράζει ὠδίνουσα καὶ βασανιζομένη τεκεῖν. καὶ ὤφθη ἄλλο σημεῖον ἐν τῷ οὐρανῷ, καὶ ἰδοὺ δράκων πυρρὸς μέγας, ἔχων
κεφαλὰς ἑπτὰ καὶ κέρατα δέκα καὶ ἐπὶ τὰς κεφαλὰς αὐτοῦ ἑπτὰ διαδήματα, καὶ ἡ οὐρὰ αὐτοῦ σύρει τὸ τρίτον τῶν ἀστέρων τοῦ οὐρανοῦ καὶ ἔβαλεν
αὐτοὺς εἰς τὴν γῆν. καὶ ὁ δράκων ἕστηκεν ἐνώπιον τῆς γυναικὸς τῆς
μελλούσης τεκεῖν, ἵνα ὅταν τέκῃ τὸ τέκνον αὐτῆς καταφάγῃ. καὶ ἔτεκεν υἱόν, ἄρσεν, ὃς μέλλει ποιμαίνειν πάντα τὰ ἔθνη ἐν ῥάβδῳ
σιδηρᾷ· καὶ ἡρπάσθη τὸ τέκνον αὐτῆς πρὸς τὸν θεὸν καὶ πρὸς τὸν θρόνον
αὐτοῦ.
Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune
sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête.
Elle était enceinte, et elle criait, étant en travail et dans les douleurs
de l'enfantement.Un autre signe parut encore dans le ciel ; et voici, c'était un grand
dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes.
Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la
terre. Le dragon se tint devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer
son enfant, lorsqu'elle aurait enfanté.
Elle enfanta un fils, qui doit paître toutes les nations avec une houlette de
fer. Et son enfant fut enlevé vers Dieu et vers son trône. (Ap. 12, 1-5)
lundi 21 avril 2008
Départ
En cherchant un carnet blanc à emmener à Vienne, j'ai trouvé un vieux carnet qui m'a accompagnée en Sicile, au Pays de Galle, en Ecosse, à Paris, à Chantilly... croquis, notes, citations, j'en ai souri. J'avais oublié tout ça, ou du moins n'avais pas pris le temps d'y songer depuis longtemps...
Look. What can you see?
I see beauty in the lochs.
I see majesty in mountains.
I see legend in rocks.
And it is ours.
(Robert Adam. - sur le parvis du parlement écossais)
Demain, c'est le départ. Quatre jours pour oublier les révisions des partiels et la tonne de travail qui m'attend. Quatre jours pour changer d'air, respirer autrement et voir autre chose.
Bis bald!
dimanche 13 avril 2008
Mort sanglante
"(...)
Ecce alia monstra: celsa qua Tenedos mare
dorso repleuit, tumida consurgunt freta
undaque resultat scissa tranquillo minor,
qualis silenti nocte remorum sonus
longe refertur, cum premunt classes mare
pulsumque marmor abiete imposita gemit.
Respicimus: angues orbibus geminis ferunt
ad saxa fluctus, tumida quorum pectora
rates ut altae lateribus spumas agunt.
Dat cauda sonitum, liberae ponto iubae
consentiunt luminibus, fulmineum iubar
incendit aequor sibilisque undae tremunt.
Stupuere mentes. Infulis stabant sacri
Phrygioque cultu gemina nati pignora
Lauconte. Quos repente tergoribus ligant
angues corusci. Paruulas illi manus
ad ora referunt, neuter auxilio sibi,
uterque fratri; transtulit pietas uices
morsque ipsa miseros mutuo perdit metu.
Accumulat ecce liberum funus parens,
infirmus auxiliator. Inuadunt uirum
iam morte pasti membraque ad terram trahunt.
Iacet sacerdos inter aras uictima
terramque plangit. Sic profanatis sacris
peritura Troia perdidit primum deos. (...)"
(Pétrone, Satiricon, LXXXIX)
Après deux heures passées à la traduction de Lucrèce avec commentaire grammatical et à des exercices de thème sur le système hypothétique, me voilà partie à la bibliothèque. J'ai une préparation à faire pour dans l'après-midi, et du pain sur la planche.
Des vers. Plus de soixante vers. J'ai
trois heures. Vaillamment, je m'attaque à Pétrone, et à
son récit de la prise de Troie. Au début, je me dis que
ça va aller, puis au fur et à mesure de ma progression
je me dis que non. Je rame. Les mots sont tous ambigus et les phrases
alambiquées. C'est maniéré, précieux,
presque trop rococo.
Le cheval, la traîtrise de
Sinon. Bon. D'accord. Laocoon arrive. Je dresse l'oreille. J'ai
parfois l'impression de traduire du Virgile en concentré. Il
n'y a pas de doute, l'arrivée des angues orbibus geminis
nous prépare à la mort du Neptuno sacer.
Et je souris, repensant à cette soirée, sur la plage de
Chypre, où nous avions fait une reconstitution de cet épisode
fameux. Et je jubile en repensant au texte de Virgile, si beau!
Dans la journée, j'ai donc passé cinq heures sur ce bout de poème: trois en préparation (que je n'ai d'ailleurs pas terminée, parce que soixante vers, c'est beaucoup) et deux en cours. Ma foi, des journées comme celle-là, pourquoi pas?
dimanche 2 décembre 2007
Grammaire & Co
Ses vitraux ne chatoyaient jamais tant que les jours où le soleil se
montrait peu, de sorte que fît-il gris dehors, on était sûr qu’il
ferait beau dans l’église; l’un était rempli dans toute sa grandeur par
un seul personnage pareil à un Roi de jeu de cartes, qui vivait
là-haut, sous un dais architectural, entre ciel et terre; (et dans le
reflet oblique et bleu duquel, parfois les jours de semaine, à midi,
quand il n’y a pas d’office,—à l’un de ces rares moments où l’église
aérée, vacante, plus humaine, luxueuse, avec du soleil sur son riche
mobilier, avait l’air presque habitable comme le hall de pierre
sculptée et de verre peint, d’un hôtel de style moyen âge,—on voyait
s’agenouiller un instant Mme Sazerat, posant sur le prie-Dieu voisin un
paquet tout ficelé de petits fours qu’elle venait de prendre chez le
pâtissier d’en face et qu’elle allait rapporter pour le déjeuner); dans
un autre une montagne de neige rose, au pied de laquelle se livrait un
combat, semblait avoir givré à même la verrière qu’elle boursouflait de
son trouble grésil comme une vitre à laquelle il serait resté des
flocons, mais des flocons éclairés par quelque aurore (par la même sans
doute qui empourprait le rétable de l’autel de tons si frais qu’ils
semblaient plutôt posés là momentanément par une lueur du dehors prête
à s’évanouir que par des couleurs attachées à jamais à la pierre); et
tous étaient si anciens qu’on voyait çà et là leur vieillesse argentée
étinceler de la poussière des siècles et monter brillante et usée
jusqu’à la corde la trame de leur douce tapisserie de verre.
M.Proust, Du côté de chez Swann
Etudier les subordonnées du textes
samedi 10 novembre 2007
Henry James... version
Voilà qui donne envie de faire de la version. D'abord impressionné par la longueur du texte, on se laisse avoir par le contenu et on se couche à pas d'heure, après avoir achevé sa préparation, satisfait.
"On a brilliant day in May, in the year 1868, a gentleman was
reclining at his ease on the great circular divan which at that period
occupied the centre of the Salon Carre, in the Museum of the Louvre.
This commodious ottoman has since been removed, to the extreme regret
of all weak-kneed lovers of the fine arts, but the gentleman in
question had taken serene possession of its softest spot, and, with his
head thrown back and his legs outstretched, was staring at Murillo's
beautiful moon-borne Madonna in profound enjoyment of his posture. He
had removed his hat, and flung down beside him a little red guide-book
and an opera-glass. The day was warm; he was heated with walking, and
he repeatedly passed his handkerchief over his forehead, with a
somewhat wearied gesture. And yet he was evidently not a man to whom
fatigue was familiar; long,
lean, and muscular, he suggested the sort
of vigor that is commonly known as "toughness." But his exertions on
this particular day had been of an unwonted sort, and he had performed
great physical feats which left him less jaded than his tranquil stroll
through the Louvre. He had looked out all the pictures to which an
asterisk was affixed in those formidable pages of fine print in his
Bädeker; his attention had been strained and his eyes dazzled, and he
had sat down with an aesthetic headache. He had looked, moreover, not
only at all the pictures, but at all the copies that were going forward
around them, in the hands of those innumerable young women in
irreproachable toilets who devote themselves, in France, to the
propagation of masterpieces, and if the truth must be told, he had
often admired the copy much more than the original. His physiognomy
would have sufficiently indicated that he was a shrewd and capable
fellow, and in truth he had often sat up all night over a bristling
bundle of accounts, and heard the cock crow without a yawn. But Raphael
and Titian and Rubens were a new kind of arithmetic, and they inspired
our friend, for the first time in his life, with a vague self-mistrust.
An observer with anything of an eye for national types would have had no difficulty in determining the local origin of this undeveloped connoisseur, and indeed such an observer might have felt a certain humorous relish of the almost ideal completeness with which he filled out the national mould. The gentleman on the divan was a powerful specimen of an American."
vendredi 2 novembre 2007
Harrius Potter
jeudi 6 septembre 2007
Sagesse néerlandaise
"Qu'est-ce donc que le mariage? Filer, enfanter, regretter."
jeudi 16 août 2007
El arbol del olviso
(Je ne mets que la traduction de cette chanson. Pour les hispanistes, cherchez sur la toile!)

Dans mon coin il y a un arbre
On l'appelle l'arbre de l'oubli
Où vont se faire consoler
Vidalita
Les moribonds de l'âme
Pour ne plus penser à toi
Sous l'arbre de l'oubli
Je me suis couchée pour une petite nuit
Vidalita
Et je me suis endormie
Quand je me suis réveillée
J'ai pensé à toi encore une fois
Car j'avais oublié de t'oublier
Vidalita
Au moment où je m'étais couchée.
(Lhasa)












