vendredi 20 juin 2008
Venise
Demain, c'est le départ! Je quitte le plancher des vaches pour quatre jours à Venise. Je ne sais plus depuis combien d'années exactement j'attends ce départ. Depuis mon premier voyage dans cette ville. J'étais avec ma cousine et mes grands-parents. Là, j'y vais seule, avec ma grand-mère. Quatre jours pour couper avec le monde réel, quatre jours pour cicatriser de ce dernier oral râté ("Délie", soit maudite!). Mon sac (encore plus petit que pour mon voyage à Vienne) est fait. Il ne me reste plus qu'à mettre un peu d'ordre dans ma chambre, et surtout dans mes cours, qui jonchent le plancher et ailes de géant m'empêchent de marcher.
L'autre jour, j'avais peur de n'avoir rien à faire. En réalité j'ai réussi à trouver des petites choses, par-ci par-là. Un anniversaire. Puis un autre. Bourgogne. Granville. Une invitation pour aller à l'armada de Rouen. Une proposition pour quelques jours à Limeuil.
Je serai de retour le 25, avec plein de photos (je l'espère).
mardi 17 juin 2008
Thème grec: la dernière ligne droite
C'est l'heure. Trois pages de sujet: Thème et linguistique grecs.
Page 1: mes yeux s'ouvrent, papillonnent, croient avoir mal lu. Mais que nenni! C'est bien le sujet: j'ignore tout des trois bonshommes dont elle nous parle, et le rapport qu'ils peuvent bien avoir avec la grammaire historique. Je passe.
Page 2: mouais, bon, j'y reviendrai plus tard: je préfère commencer par le thème.
Page 3: THEME GREC Mes yeux sautent sur l'auteur. Clignent. S'étonnent. Sont dubitatifs. S'émerveillent de l'ingéniosité du professeur, qui décidément, aime faire l'original: Marquis de Sade, La Philosophie dans le boudoir. Ne vous emballez pas mes amis! Dès la première lecture, les interrogations furent interrompues. Voyez plutôt:
"Puisque nous croyons un culte nécessaire,
imitons celui des Romains : les actions, les passions, les héros, voilà
quels en étaient les respectables objets. De telles idoles élevaient
l'âme, elles l'électrisaient ; elles faisaient plus : elles lui
communiquaient les vertus de l'être respecté. L'adorateur de Minerve
voulait être prudent. Le courage était dans le cœur de celui qu'on
voyait aux pieds de Mars. Pas un seul dieu de ces grands hommes n'était
privé d'énergie ; tous faisaient passer le feu dont ils étaient
eux-mêmes embrasés dans l'âme de celui qui les vénérait ; et, comme on
avait l'espoir d'être adoré soi-même un jour, on aspirait à devenir au
moins aussi grand que celui qu'on prenait pour modèle."
Fini dans les temps. Page 2 réussie. Page 1... page 1. J'ai écrit trois lignes, parce que ma religion m'interdit de rendre une copie blanche. Demain, dernière épreuve: oral sur l'élégie romaine. Une amie aujourd'hui a eu droit à "La vie rustique chez Tibulle"... c'est pas gagné, c'est moi qui vous le dis!
mercredi 11 juin 2008
Nihil
Le 21 juin, je m'envole pour quatre jours à Venise, cadeau d'anniversaire de ma grand-mère: ça c'est bien!
Et après ça, RIEN, NEANT, VIDE. Trois mois à me tourner les pouces... shit!
Je ne suis pas déçue, je ne suis pas déçue, je ne suis pas déçue, je ne suis pas déçue, je ne suis pas déçue... [P'tain! Zut! Je n'aime pas ce genre de mail!]
dimanche 8 juin 2008
[vide]
Pffffffff.... serait ce que j'ai envie de dire. Depuis ce matin, je n'ai presque rien fait. Alors que j'étais censée réviser ma littérature pour demain, je me suis contentée de jouer sur ce site diabolique (dont j'ai trouvé le lien chez Algésiras) et de comparer Socrate et Snape (ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien moi-même!).
Je tourne en rond, écoute ma play-list en boucle, et ne parviens même pas à aligner trois mots quand l'envie me prend d'écrire. Sur la toile, le silence est de mort, et ça ne m'aide pas à me bouger. L'impression que tout le monde a été happé par cette fin d'année, qu'il ne reste rien que du vide.
Et l'idée de me lever à cinq heures demain matin m'épuise d'avance. Au moins aurai-je le sac assez léger pour marcher demain midi. Parce que vendredi, Gaffiot et dico de thème sur l'épaule, je n'ai pas eu le courage de marcher jusqu'à Invalides comme j'en avais le projet.
Par contre, j'ai réussi à me traîner de Saint Lazare à Malesherbes, en passant par la rue de Stokholm puis par la rue du Rocher. Et cette rue, je l'aime. D'abord, il n'y a quasiment pas de voitures, et c'est donc beaucoup plus silencieux. Ensuite, il y a à peu près quatre à cinq fois moins de piétons; or, je ne prends pas la ligne 3 pour éviter les gens: si c'est pour les retrouver rue de Rome, c'est gentil mais non merci! Enfin, cette rue est belle. On a le plaisir de passer plusieurs mètres au-dessus de la rue de Madrid et de regarder de haut les passants, en bas, tout petits. Et il y a le 53 rue du Rocher: une petite cour pavée, des verrières... à faire rêver. J'ai découvert il y a peu qu'il s'agissait d'une école maternelle.
jeudi 5 juin 2008
Partiels
Demain, c'est le début de la fin, le premier jour des partiels du deuxième semestre. Pour commencer en beauté, thème et linguistique latins!
Puis lundi, littérature française – Moyen-Âge ou XVIe, le sort en décidera.
Mardi, un oral sur Le Banquet de notre ami Platon: Aristophane? Alcibiade? Diotime? Qui ferai-je parler? Le professeur le choisira.
Jeudi, nouvel oral de langue latine: Lucrèce ou Verrès? Haha, si l'un est nettement plus intéressant, l'autre est plus facile. J'espère que ma bonne étoile brillera.
Vendredi, devinez quoi? Et oui, encore un oral: Pétrone. Évidemment, les trois quarts de nos textes ont été choisis parmi les passages les plus scabreux, sinon ce ne serait pas drôle. Ma foi, pourvu que le texte élu soit un version! entre Tacite et Virgile mon cœur ne balance pas.
Lundi,
langue française. Un peu de logique et de
grammaire-je-ne-sais-plus-comment-on-l'appelle. Puis lexicologie et
stylistique. Rien de très difficile
facile: technique pure et vocabulaire, bachotage.
Mardi, thème et linguistique grecs, pour finir en beauté? Non, parce que...
mercredi, oral de latin. (Et oui, encore. À croire qu'on aime ça!) Sujet: l'élégie à Rome. (exemple de sujet donné par la prof: « Lesbie »)
Ajoutez à tout cela, quelque part au milieu de la semaine, un oral de culture générale grecque, et vous aurez la recette complète des partiels de lettres classiques.
dimanche 1 juin 2008
Je révise (peut-être)
Cela fait deux
jours que je me dis « Ce soir, tu finis ton cours de
linguistique latine. Au moins le premier semestre. » Et
puis non. Je ne le finis pas. Un coup de fatigue, et me voilà
vautrée sur mon lit, plongée dans le lecture des
aventures de sœur Fidelma de Kildare, dalaigh
de droit brehon au VIIe siècle, et enquêtant en
compagnie du moine Eadulf. Une moniale Irlandaise appartenant à
l'Eglise de Colomba et un moine Saxon appartenant à l'Eglise
romaine. Cette lecture policière passionnante a vite fait de
m'attirer loin de mes révisions. Cependant, je lui dois une
fière chandelle. Dans le premier tome, une citation de
l'historien Ammien Marcellin était mise en exergue. Aussitôt,
je trépignai de joie, puisque cet éminent auteur
faisait partie de mon cours de culture générale latine.
Or vendredi dernier, partiel de culture latine. Une heure, trois questions, et des révisions inachevées.
1/ Les écrits de Tacite. Mouais. Tacite, je cite ces cinq écrits et n'oublie pas de mentionner l'obscurité et la difficulté de son style. De quoi parlent ses écrits? Hey oh, il faut pas pousser non plus! J'ai dit « révisions inachevées ».
2/ L'historiographie païenne au IVe s. Euh. Vous êtes sûr qu'il y avait des historiens à cette époque Monsieur? Vous ne préférez pas un topo sur la poésie d'Ausone et sur sa célèbre description de la Moselle? Désespérée, je laisse errer mon regard dans la pièce. Soudain, mes yeux se posent sur Le suaire de l'Archevêque, mal dissimulé dans mon sac. Mais c'est bien sûr! Ammien Marcellin! Je le cite, avec sa Res gestae, ainsi qu'une œuvre que je pensais anonyme mais qui ne l'est pas, oubliant au passage les trois autres historiens du siècle.
3/ L'humanisme du Quatrocento. Vous n'avez pas plus vague comme sujet? Tsssk.
Bref, si je n'ai que trop peu révisé aujourd'hui à cause d'elle, au moins m'a-t-elle aidée lors de mon partiel vendredi. Qui « elle »? Mais sœur Fidelma! Suis un peu!
En ce jour, je suis en mesure de vous dire pourquoi le J est à côté du I, pourquoi le X a la forme du [khi] grec, ce qu'est la qoppa (non ce n'est pas de la charcuterie!), et de vous raconter la fin des deux premières aventures de Fidelma. Il me reste le tome 3 à dévorer, ainsi que toute l'aventure des sifflantes, aspirées et liquides et l'aventure des flexions verbales latines. Passionnant! (Un jour peut-être je réviserai Cicéron, Lucrèce, Pétrone et Platon pour les oraux...)
vendredi 23 mai 2008
Mère nature
Demain, retour au vert: je m'en vais réviser mon grec moderne et mon histoire de la littérature latine de l'Empire à la Renaissance, dans ma maison de campagne, parmi les chèvres... changer d'air me fera le plus grand bien! A bientôt amis lecteurs.
jeudi 22 mai 2008
Discussion avec moi-même
-
Que fais-tu sur cette page blanche, alors que tu n'as rien à
dire et que Macbeth t'attend
avec impatience?
- Comment cela je n'ai rien à dire?
- Non, tu n'as rien à dire. Tu n'as d'ailleurs rien posté depuis dimanche, tu n'es absolument pas sérieuse, Inci.
- Oh, toi ça va! Ferme ton clapet, espèce de rabat-joie.
- Les insultes sont interdites sur cet espace publique.
- J'ai encore le droit de t'insulter, sycophante de mes deux, puisque je suis chez moi, jusqu'à preuve du contraire.
- Bref. Que fais-tu ici alors que tu dois réviser ton partiel d'anglais, qui, pour information, a lieu demain?
- Eh bien je me détends, et j'écris.
- Je vois bien que tu écris. Mais faut-il que je te rappelle que tu n'as assisté qu'à deux cours d'anglais ce semestre, et que tu dois donc au moins relire la pièce?
- Bon, bon, ça va. En même temps, ce n'est pas comme si je n'avais rien fait cette semaine.
- Hum... permets-moi d'émettre quelques doutes là-dessus.
- Non.
- Comment ça non?
- Non, je ne te permets pas d'émettre des doutes. À mon tour de jouer les moralisatrice: que fais-tu de ces trois jours passés à bosser mon dossier sur l'Apocalypse, non-stop, avec en tout et pour tout cinq heures de sommeil dans le sang? Que fais-tu de cette nuit dernière passée à traduire Quintilien? De ces journées à trimballer les douze kilos du Bailly ou du Gaffiot? De cette nuit passée à réviser Platon? À préparer Pétrone? Et que vas-tu faire de ce partiel de grec moderne qui se profile la semaine prochaine? Et de celui de culture général latine? Ose encore dire que je n'ai rien fait!
- ...
- Bien. Parfait, même. Je vais donc pouvoir écrire.
- Et que vas-tu écrire? Je te rappelle que tu n'as pas d'idées.
- Et alors? Je suis sûre que le récit de mon premier entretien d'embauche va les intéresser.
- Euh...
- Oui, bon, d'accord, peut-être pas. Alors, peut-être mes projets pour l'an prochain?
- Mais tu n'en as pas!
- Certes, mais et alors? J'ai peut-être des projets pour les semaines à venir?
- Tu n'as pas tes partiels dans les semaines à venir? Tu sais, ces espèces d'examens qui se déroulent sur une période indéterminée et qui te bouffent tout ton mois de juin ou presque? Tu sais, ces textes que tu dois réviser, parce qu'en lettres classiques, tu as droit à cinq oraux (il est bien connu que le latin et le grec ancien se parlent encore couramment).
- D'accord, mais ce n'est pas parce que j'ai des examens que je n'ai pas envie de faire autre chose. Par exemple, j'ai très envie d'écrire des fics. J'aimerais avoir le temps de lire la Divine comédie de Dante, et toutes les bandes dessinées de la bibliothèque. Et je voudrais prendre le temps de me mettre vraiment à l'html et aux autres langages informatiques, et peut-être qu'un jour, je serai mon propre hébergeur...
- Mouais.
- Allez, ça suffit, laisse-moi écrire!
- Mais tu viens de tout dire.
- Ah...
lundi 12 mai 2008
Envies
Après-demain,
neuf heures, m'attendra sur ma table un magnifique sujet de
littérature grecque. Socrate en retard? Aristophane et ses
hommes-boules? La naissance d'Éros?
En ce moment, mes six textes d'une longueur considérable
m'attendent sous mon nez. Mais je n'arrive pas à m'y mettre.
J'ai très envie de finir mon dossier sur l'Apocalypse: mettre en page les illustrations de Dürer et Doré, faire quelques recherches complémentaires sur le genre ''science-fiction post-apocalyptique'', comparer assidûment les fléaux des sept coupes et les dix plaies d'Égypte...
Envie d'écrire des aventures pitoyables, de décrire des héros boulets, de dessiner des êtres ressemblant à des humains (parce que le résultat est plus que souvent douteux).
Envie
de me replonger dans mes généalogies des fondateurs:
écrire la vie de chacun des membres de la famille Slytherin,
inventer l'origine de Helga Poufsouffle, dessiner les écus de
la famille Serdaigle et créer de toutes pièces une
lignée de Gryffondors.
Envie aussi de cuisiner. Passer des heures aux fourneaux, réaliser des recettes dans lesquelles je ne m'étais encore jamais lancée, et refaire mes préférées. Faire de l'hypocras. Des gâteaux. Des entremets. Et les manger.
Envie de sortir au soleil, de marcher dans la forêt, aller voir où en sont les acacias. Respirer de plus près la glycine dont le parfum me parvient par la fenêtre grande ouverte de ma chambre.
Envie de partir, de bouger. Aller à Limeuil et passer des journées abrutissantes à arracher orties et mauvaises herbes, à tondre, tailler et couper. Pour m'endormir le soir, courbaturée mais apaisée.
Parce que j'en ai assez de me dire qu'il faut que je travaille mais de ne rien faire. Assez de m'angoisser pour des devoirs qui ne compteront même pas dans la moyenne. Assez d'assister à des cours sans intérêt (pour certains) alors que le soleil brille dehors et que le beau temps nous appelle.
samedi 10 mai 2008
Sensations culinaires
Vue:
la pesée du sucre et de la farine, le chiffre qui évolue
sur la balance digitale. Pas assez, pas trop, précision et
rigueur.
Ouïe: le fouet qui bat les œufs dans la jatte, un bruit creux et liquide, régulier et rapide.
Toucher: le blanc d'œuf qui poisse sur les doigts, l'aigu de la coquille d'oeuf sur le pouce qui ouvre.
Goût: celui, doux et chaud, de la peau du lait, qui s'est formé sur le liquide bouillant.
Odorat: le parfum fort et sucré, exotique aussi, du liquide ambré que contient le petit bouchon noir de la bouteille de Saint James. Une fragrance qui évoque les îles et leurs plantations. L'odeur du rhum.
Cannelés.











