Vous en parlerez à votre cheval...

Des anecdotes plus ou moins inintéressantes sur la vie d'une tortue folle de grammaire et de langues anciennes et à l'esprit tordu. Blog créé juste parce que l'envie m'en démangeait.

27 septembre 2013

Un peu d'étymologie

Depuis quelques jours, je lis avec angoisse et dégoût mon nouveau corpus de thèse. Il est constitué d'articles de synthèse sur les maladies rares. Contrairement aux résumés d'articles scientifiques, qui ne traitent que d'un élément à la fois et ne sont donc pas toujours aussi horribles que la maladie, ces synthèses sont tout à la fois complètes et détaillées sur les signes, symptômes et conséquences desdites maladies.

Alors que j'essayais de ne pas assimiler les conséquences mortelles de la maladie de Huntington, j'ai bien été obligée de me pencher sur le terme intrigant de chorea. En effet, annotant les symptômes dans les textes, j'étais condamnée à comprendre ce dont il s'agissait afin de savoir s'il fallait le surligner ou non.

Première étape, traduire l'adjectif choreatic à l'aide de G**gle. Puis chercher dans un dictionnaire (Mediadico me semblait tout indiqué) la définition de choréique. "Qui souffre de chorée", j'étais bien avancée. Et entre parenthèses, "danse de Saint Guy". Voilà qui devenait très curieux.

En réalité, le terme chorée désigne une maladie nerveuse, qui se manifeste par des mouvements involontaires et incontrôlés. On l'appelle vulgairement la danse de Saint Guy ou manie dansante.

choree

Quand on y réfléchit, on comprend pourquoi cette maladie porte un tel nom. Χορεία (khoreia) signifie "danse" en grec ancien. On retrouve le même terme quand on parle des choeurs antiques, qui dansaient dans l'orchestre suivant une chorégraphie bien définie, ou encore de Terpsichore, muse bien connue des danseurs dont le nom signifie "danseuse de charme".

terpsichore jean-marc nattier 1739

Jean-Marc Nattier, Terpsichore (1739)

Tant qu'à continuer sur la lignée étymologique de cet article, parlons un peu de Guy. Étonnamment, son martyr n'a aucun lien avec une danse ou une folie quelconque. Pourtant, c'est à lui que l'on a adressé des prières lorsqu'en 1518 une épidémie de danse a frappé les habitants de Strasbourg, dont des dizaines sont morts d'épuisement après avoir gesticulé (ou dansé, c'est selon) pendant des jours sans pouvoir s'arrêter.

Épidémie_danse

Son nom, à notre ami Guy, est germanique, et issu de la racine wid- le bois (d'où, j'imagine, le wood anglais). A ne pas confondre avec la racine wiks- qui donne, en latin, viscum, qui a donné notre gui de l'an neuf, mais aussi et surtout la viscosité, et tout ce qui est visqueux. Et la glu viendrait aussi de là, puisqu'elle est préparé à partir de la plante.

Pour finir, une petite recette de glu au gui, datant de 1855 :

"La glu extraite du gui est une des plus anciennes, quoique celle du houx soit connue depuis plusieurs siècles. Nos pères préparaient cette glu avec les baies du gui sacré, tant vénéré par les dгuides. Ils faisaient bouillir ces fruits dans l'eau, les pilaient, et passaient la liqueur chaude pour en séparer les semences et la peau; ils attribuaient à cette glu des propriétés résolutives et émollientes. Cette méthode est presque généralement abandonnée aujourd'hui, d'abord parce que le gui est plus rare, les forêts étant beaucoup moins nombreuses qu'autrefois, et que l'on préfère employer à cet usage l'écorce de la plante au lieu des baies. Le procédé mis en pratique dans ce dernier cas est assez semblable à celui que l'on emploie pour la préparation de la glu du houx. On fait pourrir l'écorce de gui dans des pots pendant dix à douze jours dans un lieu humide; on la pile ensuite et on en fait une bouillie sur laquelle on verse de temps en temps de l'eau de fontaine fraiche; puis on remue souvent le tout avec un bâton jusqu'à ce que la glu y adhère; on la place alors dans des pots que l'on recouvre d'eau que l'on a le soin de renouveler souvent." (William Duckett,Dictionnaire de la conversation et de la lecture)

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15 septembre 2013

Lectures d'été - 12. Demain les chiens

(Je prolonge un peu l'été, certes. Il n'a pas été assez long pour me laisser le temps de terminer la vingtaine de livres que j'avais empruntés.)

Titre: Demain les chiens
Auteur: Clifford Donald Simak
Editeur: J'ai lu, collection "Science-fiction"

Demain les chiens

Sur Wikipédia, cet ouvrage est considéré comme un recueil de nouvelles. Je ne suis pas tout-à-fait d'accord. J'ai vu dans Demain les chiens un roman. Ou plus exactement, une série de mythes fondateurs cimentés par une exégèse que l'on ne peut pas laisser de côté. C'est ce ciment qui m'a fait voir un tout où l'on pourrait considérer plusieurs unités indépendantes.

L'histoire? Celle de l'humanité, dans les millénaires à venir. Le roman est composé de huit contes, qui se suivent chronologiquement et ont un rapport plus ou moins étroit les uns avec les autres. Un personnage - le robot Jenkins, - une famille - les Websters, - entretiennent le lien. En réalité, nous comprenons grâce aux introductions des contes que l'humanité n'est plus depuis longtemps, que la civilisation qui a ces mythes entre les mains est celle des chiens. Les huit récits racontent à petite touche ce qu'est devenue la race humaine.

Empreint d'une poésie et d'un lyrisme qui ne sont pas sans rappeler Ray Bradbury, ce récit que d'aucuns qualifient de post-apocalyptique reste très optimiste. Même si le suspense n'est pas celui de l'action et du momentané, la fin de chaque conte laisse planer un doute, une question. Que va devenir la race humaine? Quelle sera la conséquence sur le long terme de telle action?

Car non seulement l'écriture est agréable, l'histoire optimiste, mais le narrateur pose également bon nombre de questions existentielles, soulève des problèmes philosophiques fascinants. Et pourtant, je ne suis pas une fanatique des questionnements abstraits, mais amenés comme c'est fait ici, j'en redemande.

En somme, Demain les chiens est une belle et saine lecture, qui nous fait voyager dans le temps et dans l'espace, et pose - entre autres - la question de l'Autre et de l'Ailleurs. Peut-on penser autrement qu'en tant qu'humain? Changer de point de vue? Il ne s'agit pas d'une lecture facile, mais d'une lecture qui fait grandir, si je puis me permettre quelques poncifs.

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14 septembre 2013

Promenade n°4 : le Nid d'Aigle

Le Tramway du Mont-Blanc. Ce train à crémaillère historique, qui fête ses cent ans cette année, je l'ai découvert dans une émission sur Arte, il me semble. Depuis que je l'ai vu, j'ai eu envie de l'emprunter. Un train qui grimpe près de deux mille mètres de dénivelé, ce n'est pas rien !

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Aussi dimanche 18 août nous sommes-nous rendues à la gare à Saint-Gervais, bien en avance pour être sûres d'avoir une place. Le temps est splendide, il risque d'y avoir foule. Comme le soleil est déjà brûlant, nous faisons l'acquisition de casquettes "collector" afin d'éviter les coups de soleil une fois arrivées là-haut. Là-haut, c'est le Nid d'Aigle, 2380 mètres, point de départ pour l'aiguille du Goûter et le Mont-Blanc, au pied du glacier de Bionassay.

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Le train arrive en cahotant. Deux wagons aux bancs en bois, déjà bien remplis (le point de départ est au Fayet). Complètement surexcitée, je déniche une place assise à côté d'un couple d'Allemands (ou de Suisses, ou d'Autrichiens... bref de germanophones), très bavards. Je dégaine l'appareil photos, et me prépare à mitrailler le paysage à travers la fenêtre.

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Rapidement le train ralentit (si si, je fais les figures de style que je veux), la pente s'accentue. Ma mère, assise dans le mauvais sens, glisse sur son banc. Les sacs se déplacent si on ne les retient pas. Bientôt, nous avons dépassé les arbres et la vallée se découvre en bas. A gauche, la montagne est à la verticale, à droite, c'est un à-pic vertigineux. Le train avance, bringuebalant.

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Le col du Tricot se découvre, et au fond, le glacier, les aiguilles, le Mont-Blanc. C'est grandiose. On se sent si minuscule, si insignifiant. C'est prodigieux, époustoufflant. Les germaniques parlent trop, trop fort. J'ai besoin de recueillement face à cette merveille de la nature.

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Après une heure de route, le TMB arrive à son terminus. Le chemin de randonnée est raide, étroit et bondé. Trente centimètres pour doubler les touristes chinois qui prennent la pose et les inconscientes en sandales et semelles compensées. Nous avançons lentement, moitié marchant, moitié escaladant. Enfin nous déballons notre pic-nique sur un rocher plat. Deux chamois se découpent en haut sur la crète. Les glaces de Bionassay miroitent, bleutées, dans le soleil de midi.

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Lorsque nous atteignons la gare pour le retour, le temps se couvre brusquement. En un quart d'heure, nous avons la tête dans les nuages. Les pull-overs sont sortis des sacs à dos, les lunettes de soleil rangées.

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Avant et après...

Et le trajet du retour commence. Les randonneurs saluent le passage du train, le long des voies. La vallée nous rend le soleil, disparu dans les hauteurs. Le soir, nous assistons à un lever de lune sur le Mont-Blanc.

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12 septembre 2013

Club BD, cru 2013 - 1. L'imparfait du futur

Titre: Une épatante aventure de Jules, t.1 "L'imparfait du futur"
Auteur: Emile Bravo
Editeur: Dargaud (2012; première édition en 1999)

Une épatante aventure de Jules, 1 - L'imparfait du futur

Un jeune garçon est réquisitionné par un organisme scientifique pour effectuer un voyage intergalactique, en direction d'une étoile, un voyage qui a pour destination Alpha du Centaure.

Tout excité à l'idée de cette opportunité, il se jette dans l'aventure sans se poser plus de questions. Ses parents, ignorant tout en matière d'astronomie et astrophysique, envisagent la chose comme un voyage de huit semaines en colonie de vacances. Mais rapidement, Jules - car c'est le nom de notre jeune héros - comprend qu'on ne lui a rien dit.

Il rencontre celle qui sera sa compagne de voyage, la scientifique chargée d'étudier faune et flore extraterrestres, le pilote et les deux scientifiques qui ont créé le vaisseau capable d'atteindre la vitesse de la lumière. Il se rend compte qu'il ignore tout des conséquences d'un tel voyage, notamment qu'avec la relativité, ce qu'il vivra comme huit semaines prendra huit ans sur Terre.

L'histoire est palpitante et drôle du début à la fin. Complètement barrée, elle pose également des questions intéressantes. La rencontre avec les extraterrestres est des plus instructives. Les personnages ne sont pas piqués des hannetons. Et la relation entre Jules et son petit frère est à la fois violente et on ne peut plus réaliste.

En bref, une bande dessinée réussie qui se lit très facilement. Pour les jeunes de 7 à 77 ans, comme qui dirait. Contente que cette série ait été rééditée, sinon je ne l'aurais jamais découverte.

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06 septembre 2013

Lectures d'été - 11. La Quête d'Ewilan

Les deux premiers tomes de cette trilogie m'ont été gentiment prêtés par une élève très enthousiaste avant les vacances, avec la promesse qu'elle me prêterait la fin de L'autre (du même auteur) uniquement quand j'aurais lu les aventures d'Ewilan. Ce faisant, elle a réussi là où une amie a longtemps échoué: j'ai lu - et apprécié - l'univers de Pierre Bottero.

Titre: La Quête d'Ewilan, t.1 "D'un monde à l'autre" et t.2 "Les Frontières de glace"
Auteur: Pierre Bottero
Editeur: Rageot (2003)

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Au CDI, j'avais emprunté L'Autre, trilogie de Bottero, curieuse de vérifier si l'auteur valait les louanges que lui attribuait mon amie. Je dois reconnaître que j'ai été agréablement surprise, ce qui m'a permis de mettre de côté mes a prioris et d'apprécier La Quête d'Ewilan.

On y trouve un souffle épique, du merveilleux, de l'action, tout ce qui fait un bon roman jeunesse.

Cependant - et pourtant je n'ai lu que quatre titre de l'auteur - j'ai réussi à distinguer le profil type de ses héros: orphelins, ignorés du monde, rebelles, indépendants etc. Bref, pas très original. Malgré cela, j'ai bien accroché aux deux protagonistes, Ewilan, bien sûr, mais aussi son meilleur ami Salim, même si j'ai trouvé les personnages secondaires plus intéressants.

Par contre, le pouvoir dont il est question dans cet univers est à la fois original et un brin poétique. On parle ici de Dessinateurs, de personnes capables de donner une certaine réalité à ce qu'ils imaginent. En un sens, ça m'a rappelé un des premiers livres que j'ai étudiés, à l'école primaire, Emilie et le crayon magique, où les dessins réalisés avec ledit crayon prenaient vie.

Emilie et le crayon magique

En bref, La Quête d'Ewilan est une lecture facile, un roman qui se lit très vite (on est quand même pris dans l'action), mais il ne me laissera pas un souvenir impérissable. Sans doute parce qu'il me reste à lire le tome 3.

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05 septembre 2013

Travaux pratiques

Après une matinée noyée dans la paperasse administrative, je me suis occupée de ma publicité pour le Club BD. Deux heures à chercher des images nouvelles, une disposition que je n'ai pas encore utilisée... voilà qui m'a bien vidé la tête. Et c'est parti pour la quatrième édition du Club BD !

affiche 2013-2014

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Lectures d'été - 10. Les Secrets d'Aramanth

Titre: Le Vent de Feu, t.1 "Les Secrets d'Aramanth"
Auteur: William Nicholson (tradution de Diane Ménard)
Editeur: Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior (2007)

Le Vent de Feu, 1 - Les Secrets d'Aramanth

Une société qui se dit parfaite, c'est forcément louche. Dans la société d'Aramanth, c'est l'égalité des chances qui fait la perfection du système, selon les dire des grands examinateurs. A chaque instant de leur existence, et ce à partir de l'âge de deux ans, les habitants sont évalués. On ne juge pas leurs capacités, mais leurs connaissances, c'est un système très scolaire en fin de compte, où les chefs de famille passent régulièrement le Grand Examen, sorte de DST annuel.

Dès les premières pages j'ai été complètement emballée. L'histoire commence par un prologue, qui raconte une légende, ou un événement qui s'est produit dans la préhistoire de la société Manth. Une histoire de Chanteur de Vent. Quand le récit à proprement parler débute, on comprend rapidement que ce Chanteur de Vent (sorte de sculpture) ne chante plus, ce qui est probablement la cause de la tyrannie qui règne.

Ce mélange assez poétique et lumineux de légende, de science-fiction, et - on le verra par la suite - de quête initiatique m'a rappelé les univers de Michel Ocelot (Kirikou) et Philippe Leclerc (Les Enfants de la pluie). J'y voyais de magnifiques aplats de couleurs rougeoyants, des ombres se mouvant sur fond de désert.

Outre ce décors très réussi, la révolte initiale de Kestrel, la protagoniste, est tout-à-fait jouissive. Le "non" qu'elle balance à la tête de son professeur et tout ce qui s'ensuit ont comme un effet cathartique. Par la suite, elle garde son esprit de rébellion et son énergie, et c'est son jumeau qui pondère la violence de son caractère. Leurs parents sont des personnages également enthousiasmants.

Les ingrédients sont classiques et assez simples dans l'ensemble, mais l'émulsion est sans faute. (Il faut vraiment que je me calme sur les métaphores culinaires quand je parle de livres). La quête comporte les opposants et adjuvants traditionnels, mais le tout dans un univers riche et original (cela dit, j'ai une culture SF très pauvre, alors ça ne signifie pas grand chose).

C'est une histoire qui n'est plus toute jeune (écrite en 2000, traduite la même année pour la première fois), mais que j'ai aimé découvrir.

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04 septembre 2013

Effet de lumière dans la vallée de Saint-Gervais

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Promenade n°3 : Cupelin

Journée plus tranquille ce jour-là, nous nous sommes rendues à pied à l'ancien chalet de mes grands-parents. La route du Château est étroite et empruntée par les voitures, nous faisons donc attention à rester bien visibles. A droite, autrefois, il y avait des chèvres dans ce terrain, les arbres en ont gardé les cicatrices même si les chèvres ont disparu. Un hôtel trois étoiles a vu le jour, "La Ferme de Cupelin".

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Ma mère me décrit tout ce qui a changé, ce qui est resté intact. J'étais trop petite pour avoir observé tout ça, à l'époque, mais certaines choses reviennent. Enfin, au détour d'un virage, la fontaine, au bas du chemin du Bulle. Les têtards sont toujours là. La saison est tardive, ils ont leur quatre pattes. Celui que ma mère a attrapé se sauve par petits bonds au creu de sa main.

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Plutôt que de continuer sur la route, j'opte pour le chemin, dont le goudron a été récemment refait. Contrairement aux nombreux endroits que nous avons vus, ici les haies sont drues. J'avais remarqué que les jardins étaient rarement limités, laissant les terrains s'entremêler et la vue offerte. Dans ce quartier, c'est tout l'inverse. Les habitants cherchent à disparaître. Et le vainqueur n'est autre que l'ancien chalet familial.

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A l'époque, on le voyait de loin, et sa vue sur le Mont-Blanc était unique. Aujourd'hui il est dévoré par d'énormes haies de thuyas. Les arbres ont tellement grandis que la vue doit être mangée par leur branches. Afin de jeter un oeil, nous sommes obligées d'entrer dans l'allée. Le chalet n'a pas vraiment changé. Les roses trémières fleurissent toujours le long du garage. Mais le jardin est étouffant, et les framboisiers ont disparu.

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En redescendant, nous visitons Cupelin. Les potagers, la chapelle, les vieux chalets... Je me sens chez moi, je n'ai pas envie de repartir.

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02 septembre 2013

Promenade n°2 : l'Alpette

Le téléphérique, rouge dans mes souvenirs et blanc aujourd'hui, s'élance au-dessus du vide. Les sensations se réveillent, je ne les ai pas oubliées. L'impression de tomber, la secousse au niveau du pilône, l'émerveillement. La vue est splendide. Arrivées en haut, le panorama est gigantesque.

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La marche est difficile. La côte est raide et en plein soleil, les cailloux du chemin sont glissants. Je me réfugie dans un rythme de tortue, regarde mes pieds et longe la clôture électrifiée du champ, dans l'herbe. De temps à autre, les clarines résonnent non loin de là, mais les vaches restent invisibles.

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Au niveau du restaurant d'altitude, une souche à l'ombre me tend les bras. Je me pose un instant, essayant de reprendre mon souffle. Ma mère propose de redescendre, mais j'ai envie de continuer, voir ce qu'il y a plus loin. Tous les dix pas, la vue change. Nous sommes plus haut, plus à l'ouest ou plus au sud, peu importe. Jamais l'oeil ne se pose sur les mêmes montagnes.

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Alors nous poursuivons un peu, jusqu'aux télésièges. Là, nous rendons les armes. Les herbes folles ont l'air confortable. Une petite sieste s'impose dans les graminées, les pieds face au Mont Joly ou je ne sais quel autre sommet.

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Avant de repartir, nous assistons au départ de deux parapentes. "Plouf", comme je disais étant petite, ils se sont jetés dans le vide, déployant leurs ailes multicolores au-dessus de la vallée.

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Le soir, le soleil couchant rosit le massif des Miages.

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