Terrain connu, mais je suis finalement entrée dans le saint des saints, la salle 206, la salle des doctorants. On m'y a attribué un bureau, et je m'y suis installée. Murs blancs, trois grandes fenêtres sur la rue et les immeubles hausmaniens en vis-à-vis. Deux grandes armoires pleines de paperasses et de livres universitaires, une imprimante inutilisée, une bouilloire, des mugs et tasses en souffrances, et une multitudes d'auréoles caféinées en dessous. Mon poste est le dix-neuvième et dernier. Pourtant, je n'ai aperçu qu'une demi-douzaine de doctorants tout au plus. Sans doute certains ont-ils des horaires moins réguliers.

Hier, j'ai délaissé le confort de la Sorbonne pour aller voir mon deuxième bureau, à Nanterre. Enfin, ce n'est pas une place attribuée, mais il y a une salle des doctorants où je pourrai me mettre lors de mes visites. Quand je suis sortie de la gare, j'ai été pour le moins dépaysée. Le ciel gris et bas n'aidait pas vraiment à alléger le paysage. Malgré les portes du quatrième étage repeintes en vert vif, je n'ai pas réussi à me départir de ce sentiment d'inconfort. Probablement mes trois années à la maison de la recherche m'ont-elles donné de mauvaises habitudes. Nous râlions, mais oubliions que nous avions beaucoup de chance d'évoluer dans un environnement luxueux.

Un peu perdue, donc, malgré ma guide, je me suis installée dans la fameuse salle. Tout en longueur, cinq postes, l'on m'a conseillé d'utiliser mon ordinateur personnel plutôt que les vieux coucous du labo. Cela dit, les gens sont beaucoup plus chaleureux et accueillants. Ils ont une salle commune pour déjeuner, avec micro-onde et réfrigérateur, concepts inexistants en Sorbonne où c'est plutôt du chacun pour soi. Les enseignants et doctorants déjeunent ensemble. Les discussions vont bon train au milieu des vapeurs de soupe.

La semaine prochaine, je partirai à la découverte de mon dernier bureau, à Caen. Je ferai également connaissance avec de nouvelles personnes, ce qui m'angoisse, comme toujours. Mais je finirai par m'y habituer. J'espère.